samedi 11 juillet 2020

L'agression d'un groupe de randonneurs libanais par des miliciens du Hezbollah à proximité du lieu où a été assassiné le pilote de l'armée libanaise Samer Hanna en 2008 (Art.819)


En cette belle journée estivale, Wissam a cru naïvement qu’il vivait dans un beau pays méditerranéen et qu’il pouvait en profiter avec ses amis pour faire une jolie randonnée, un plongeon et un pique-nique. Cap sur les bords de la rivière Zahrani et sur les abords du village d’Arabsalim. Ce sont des localités situées sur Jabal Amel, une région montagneuse magnifique du sud du Liban. Ça ne vous dit rien ? Mais c’est l’autre côté du village de Sojoud voyons ! Toujours rien ? On fera un tour plus tard et une piqure de rappel plus loin.

Trois heures après leur arrivée, sans aucune sommation, un déluge de pierres s'est abattu sur Wissam et ses amis, 4 hommes et 2 femmes. Inquiet, un d’entre eux quitte le groupe et se précipite vers les lanceurs de pierres sur la colline et se présente, Ahmad Mahboubat de la Sûreté générale. Pauvre Ahmad, il se croyait sur le territoire libanais ! Il s’est vu répondre par un des trois énergumènes اير فيك وبامن العام (« je t’en*ule et en*ule la Sûreté générale »). Wissam arrive aussitôt et le trouve par terre, entre les pieds de trois hommes. Il s’est demandé naïvement si son ami n’avait pas manqué de respect aux بهايم devant lui. La réponse n’a pas tardé, un de ces derniers l'a roué de coups sans aucune retenue. Naïvement encore, il lui a attiré l’attention qu’il pourrait le tuer en le frappant sur la tête. Le colosse lui a rétorqué, mais justement c’est mon intention. La racaille s’est déclarée « appartenir au Hezbollah », que les randonneurs ne pouvaient pas « venir ici pour se saouler », « avec des femmes » et « polluer la terre des martyrs ». Le moment le plus glaçant de ce témoignage c’est lorsque l’intervieweur demande à Wissam, comment ont-ils fait pour s’échapper à leurs agresseurs. « A vrai dire, nous n’avons pas pu nous échapper, ils se sont ennuyés (…) au bout d’une heure ». D’après lui, deux snipers étaient postés en hauteur, ils n’attendaient que le feu vert pour abattre les intrus comme des gibiers.

Wissam a été condamné à une peine d'une quinzaine de coups de bâton pour un crime qu'il n'a pas commis. Il est tuméfié. La peine d'Ahmad Mahboubat est aggravée parce qu'il a osé révéler qu'il était de la Sûreté générale. Il est toujours hospitalisé. Il est victime de multifractures aux bras et d’un traumatisme au niveau des cervicales. Le but de l’opération terroriste était clair, dissuader les randonneurs non seulement de revenir dans la région, encore moins avec des femmes et de l’alcool, mais aussi pour que cela se sache, afin que d'autres Libanais ne soient pas tentés d’y mettre les pieds.

Comme je l’ai annoncé dans l’intro, tout cela s’est passé à un jet de pierre du village de Sojoud. Eh oui, c’est là où l’officier Samer Hanna, pilote d’hélicoptère de l’armée libanaise a été abattu à bout portant par un milicien du Hezbollah le 28 août 2008. Son assassin a été victime de graves hallucinations qui l’ont empêché de bien distinguer le « Cedrus libani » du drapeau du Liban, de la « Maguen David » du drapeau d’Israël ! La légende dit qu’il a cru que Tsahal faisait une opération commandos dans le coin ! L’affaire a fait tellement de bruit, surtout que la victime était chrétienne et l'assassin chiite, que le Hezbollah a été contraint de livrer ce dernier au tribunal militaire. Il a été arrêté quelques semaines et remis en liberté sous caution ! Michel Aoun et Gebrane Bassil ont tout fait pour minimiser ce meurtre de sang-froid, afin de ne pas menacer la nouvelle alliance Hezb-CPL conclue deux ans auparavant, surtout que nous étions la veille des élections législatives de 2009. L’assassin est mort en 2014 au cours des combats miliciens du Hezb à la frontière syro-libanaise. Il n’a jamais été jugé pour son crime. Il a même été élevé par le Hezb et le CPL aussi, au rang de martyr. Quant à Samer Hanna, il n’a été déclaré que victime d’un fait divers et de la malchance.

On essaie d’enterrer l’affaire en cours surtout en faisant croire qu’on ne sait pas trop si les trois zozos sont vraiment du Hezb ou d’Amal, voire s’ils n'appartiennent à aucun des deux partis. Foutaises, ils étaient armés, portaient des vêtements militaires, avaient des talkies-walkies, et surtout, ils agissaient avec beaucoup de décontraction. Pour passer des gens à tabac pendant une heure sans se soucier de quoi que ce soit, il faut avoir les reins solides et bénéficier d’une immunité. La région de Sojoud-Arabsalim était et est de facto une « zone milicienne » sous le contrôle du duo chiite, notamment du Hezbollah, malgré les résolutions 1551 et 1701. Personne, pas même l’armée libanaise, n’y est autorisé à y trainer, encore moins à s’entrainer, et apparemment, même à se divertir, surtout avec des femmes et de l’alcool.

Rien ne semble avoir changé depuis le martyre de Samer Hanna en 2008. Hezb ou Amal, les Libanais n'en ont cure, bienvenue dans « l’iranisation du Liban » où des miliciens imposent une loi islamiste, en parallèle avec la Constitution et les lois en vigueur. Si le tueur de cet officier de l’armée libanaise avait terminé sa vie en prison, on n’en serait pas là sans l'ombre d'un doute. Alors de deux choses l’une : soit le sud du Liban fait partie du territoire libanais, les agresseurs doivent alors écopés d’une lourde peine et la région déclarée par Hassann Diab en personne ouverte à tous les randonneurs libanais, hommes et femmes, avec ou sans alcool ; soit ce n’est pas le cas, le divorce est acté et il n’y a plus qu’à négocier les modalités de la séparation. Le mot de la fin, je le laisse à Wissam, déterminé à passer l’été dans les eaux douces de cette belle région, épargnée par l'urbanisation sauvage. Sa conclusion est terrible : « Quand Israël nous a occupé, nous pouvions nous installer à la frontière israélo-libanaise ! Ce n’est pas permis qu’un occupant bizarroïde nous tue de cette manière de nos jours. »

#لا_لأيرَنة_لبنان


vendredi 10 juillet 2020

Erdogan obtient enfin l'islamisation du musée Ayasofia et la ré-islamisation de la basilique Sainte-Sophie d'Istanbul (Art.818)


France vs Turquie, 24 heures séparent ces deux décisions historiques.

. D’un côté, on a un Emmanuel Macron, président d’une République française laïque, qui donne son feu vert non seulement pour reconstruire Notre-Dame de Paris (photo perso ; beaucoup d'anticléricaux ont protesté d’ailleurs et aurait souhaité laisser le bâtiment en ruine !), mais surtout pour le faire à l’identique (sans hérésie architecturale contemporaine !), parce qu’il a estimé que la cathédrale chrétienne est un héritage cultuel et culturel précieux pour tous les Français (chrétiens, athées et non chrétiens), et pour l’ensemble de l’humanité.

. Et de l’autre côté, un Recip Tayyip Erdogan, président d’une République de Turquie laïque aussi, qui a tout fait pour ré-islamiser cet édifice unique au monde (photo Arild Vagen), par son triple caractère, musée-mosquée-église, afin que son identité musulmane récente sur moins de 500 ans, en tant que mosquée Ayasofya (1453-1934), domine son identité laïque actuelle en tant que musée du même nom (depuis sa désaffectation en 1934), et surtout, son identité chrétienne ancienne sur plus de 1 100 ans, en tant que basilique Sainte-Sophie (360-1453).

Conscient de la place qu’occupe l’édifice spécial dans la mémoire collective chrétienne et musulmane à la fois, en Occident et en Orient simultanément, le père de la nation turque, Mustafa Kemal Atatürk, a eu le génie et le courage de désacraliser la mosquée afin de « l’offrir à l’humanité » dit-il. Hélas, cette belle initiative n’a pas duré un siècle, parce qu’un islamiste des temps modernes en costard-cravate, en a décidé autrement. Il n’y a peut-être pas assez de lieux de culte musulmans à Istanbul !

Et voilà comment Macron se montre digne et respectueux de cet héritage inestimable. Le président français libère la France de ses débats byzantins et la projette dans l’avenir. Et voici comment Erdogan se montre indigne et irrespectueux de cet extraordinaire héritage. Le président turc emprisonne la Turquie dans ses débats byzantins et son passé ! Ataturk, Macron, Erdogan, aux hommes d'État, les grands pas et l’humanité reconnaissante, et aux politicards extrémistes, les petits pas et une humanité consternée. Le président turc s'est empressé pour annoncer que la première prière musulmane est programmée pour le vendredi 24 juillet. L'absurde dans toute cette histoire, qui dure depuis l'entrée en politique du nouveau gardien de la Sublime porte dans les années 1990, les musulmans en général, turcs en particulier, n'ont absolument rien gagné. Ce ne sont pas les mosquées qui manquent sur les bords du Bosphore. Par contre, il ne faut pas être devin pour imaginer qu'il n'y a pas un seul citoyen du monde qui n'a pas une mauvaise opinion de la Turquie ce soir.


jeudi 9 juillet 2020

La subvention par le gouvernement libanais de 300 produits de consommation et matières premières agricoles et industrielles, un pas de plus sur la route du Zimbabwe (Art.817)


C’est un pas de plus sur la route du Zimbabwe et son billet mythique. Le gouvernement libanais a décidé d’obliger la Banque centrale à subventionner plus de 300 produits de consommation et matières premières agricoles et industrielles. « L'objectif est de couvrir 80% de ce que les citoyens consomment dans les magasins », nous dit le ministre de l’Economie, Raoul Nehmé, de haut de sa tour d’ivoire après avoir fumé une bonne partie de sa moquette. Quand on parcourt la liste qu'il a publiée, on se rend compte que ce qu'il a dit est le comble de la niaiserie. A défaut de prendre le contrôle du secteur bancaire, on dirait que Hassann Diab et ses parrains, le quatuor infernal Aoun-Bassil-Berri-Nasrallah, est déterminé à le couler et à gaspiller encore et toujours un peu plus des dépôts des Libanais ! Voici la nouvelle mesure stupide d’un gouvernement qui brille par son incompétence.

*

1. La liste des produits subventionnés publiée par le ministère de l’Économie laisse beaucoup à désirer.
. Si la subvention de l’huile d’olive, des haricots secs et des fèves, du thon et des sardines en conserve, de l’ail et des oignons, du zaatar et du sumac, qui font partie de la base de notre alimentation, se justifie pleinement, personne n'a compris pourquoi le hommous (pois chiche), qui est le pilier de la gastronomie libanaise, ne figure pas sur cette liste ! Pour laisser à Israël la paternité de ce délicieux mets peut-être ? Ce gouvernement nase veut subventionner les noix de cajou et les hot-dogs, mais pas le hommous, comprenne qui pourra.
. Comment subventionner efficacement les viandes importées et les poissons frais avec des prix actuels allant jusqu’à 50 000 et 75 000 LL ?
. Est-ce indispensable de subventionner sel, sucre, huile de palme, huile de tournesol, huile de maïs, fromages pasteurisés, mortadelle, corned-beef, dattes, raisins/abricots/cranberries secs, gingembre, moutarde, les jus concentrés d’oranges / ananas / pommes / grenades / cocktails, l’aspartame, ainsi que les colorants, exhausteurs de goût et conservateurs ?
. Et allez comprendre par quoi la subvention des noix du Brésil, noix de macadamia, café instantané, lait concentré sucré, champignons en boite, moutarde, acide citrique, chips, dentifrices, gants, lames de rasage, piles et insecticides se justifie-t-elle, en tant que produits de « première nécessité » qui composent 80% du panier libanais ?

2. Allez expliquer à ces amateurs parachutés ministres et à leur chef narcissique, qu'on ne peut pas remplir les tonneaux des Danaïdes, tant que ces fichus tonneaux sont troués. En d'autres termes, tant que les frontières du Liban, entrées et sorties, ne sont pas contrôlées d’une main de fer par les forces armées libanaises, toute subvention de quelle que nature que ce soit est inefficace. L’Etat libanais doit d’abord étendre sa souveraineté à l’aéroport et aux ports, ainsi qu’à la frontière syro-libanaise, actuellement sous l’emprise du Hezbollah, pour éviter le trafic des produits subventionnés. Non mais, comment peut-on par exemple subventionner les engrais, les pesticides, les produits améliorant le sol et les médicaments vétérinaires, sans imaginer un trafic avec la Syrie, pays agricole et d’élevage, en ruine, comme c’est le cas avec les produits céréaliers et les hydrocarbures, qui nous a couté jusqu’à présent des centaines de millions de dollars ?

3. La subvention indirecte des produits, en vendant des dollars à un prix préférentiel fixe aux importateurs, fabricants et transformateurs (sur la base de 1$ = 3 900 LL, alors que sur le terrain le dollar dépasse les 9 000 LL), l’Etat libanais aide d’abord les entrepreneurs et non les consommateurs, nuance. Avec des contrôles insuffisants, rien, absolument rien, ne permet de garantir la baisse du prix final à la caisse des grandes surfaces.

4. Ce genre de subventions ne fait pas de distinction entre les consommateurs, la classe riche et aisée, qui peut acheter les produits sans subvention, et les classes moyennes et pauvres, qui a réellement besoin de ces subventions.

5. Quant à la subvention des produits allants de l’huile de palme hydrogénée au sel tétrasodium d’éthylènediaminetétraacétique (C10H12N2Na4O8 pour les curieux), en passant par la gomme xanthane, la soude caustique, les huiles minérales, le glucono-delta-lactone, les pâtes chimiques des conifères, les polymères, les plastiques, les rouleaux, les papiers, les plaques, les cartons, et j’en passe et des meilleurs, visant en théorie à aider les industriels et les professionnels au Liban, non mais qui va contrôler cela au pays des magouilles, alors que ce gouvernement n’est même pas fichu de dégraisser le mammouth, renvoyer chez leurs protecteurs politiques, les milliers de fonctionnaires fictifs attestés par des commissions d’enquête depuis des années ?

*

Cette liste de subventions coutera aux finances publiques entre 1,5 et 2 milliards de dollars par an. C'est l'équivalent de la moitié de nos produits importés jadis ! Celles-ci seront financées par des prélèvements sur les transferts d'argent vers le Liban via les sociétés type Western Union et OMT. C'est beaucoup d'argent, pour une efficacité douteuse. Rien ne garantit que les deux milliards de dollars de subventions aideront les consommateurs et les professionnels libanais de la manière la plus efficace. Dans les conditions actuelles, ces subventions ne feront que dilapider les réserves en dollars de la Banque centrale, donc des banques privées, donc des déposants. Il faut remplacer ces subventions par des cartes de paiement et des bons d’achat ciblés, réservés aux familles et aux professionnels qui sont réellement dans le besoin, concernant des produits vraiment de première nécessité, le hommous en tête. Et pour une meilleure efficacité, ce gouvernement incompétent ferait mieux d'envisage au plus vite des moyens de contrôle sur les fraudeurs, les ports, l’aéroport et la frontière syro-libanaise. Et s'ils en sont incapables, qu’ils partent !


mercredi 8 juillet 2020

Non à l'iranisation du Liban (Art.816) !
🇱🇧 لا لأيرَنة لبنان 🇮🇹


Ne me tenez responsable que de la traduction officielle de ce slogan, tout jeu de mots qui en découle est le fruit d’esprits dérangés, par l’évolution géopolitique pardi 😊

🇱🇧 لا لأيرَنة لبنان 🇮🇹

Vous n'avez pas le temps, je vous fais un résumé. Le discours du chef du Hezbollah hier n'avait qu'un but, profiter de la léthargie d'une majorité de Libanais, منقسمين بين اللامبالاة وحب الكيف , pour mettre le pays du Cèdre sur orbite autour de la République islamique d'Iran. Ce à quoi beaucoup d'entre nous répondent, « non à l’iranisation du Liban », déguisée en un tapage médiatique sur l'ouverture vers l'Est, càd Damas-Téhéran-Pékin. Tout le reste n'est que palabres, قرط حكي . Voilà pourquoi le gouvernement narcissique mis en place par le Hezb et ses alliés doit partir aujourd'hui plutôt que demain, il représente un plus grand danger pour l'avenir du Liban que le Hezb lui-même. Extraits.

على ابواب ذكرى حرب تموز ... نستذكر فيها الخسائر الكبرى للعدو الاسرائيلي في لبنان

N'importe quoi. La guerre déclenchée par le Hezbollah le 12 juillet 2006 a permis à Israël de s'acharner sur le Liban avec une hystérie militaire inouïe, ce qui nous a coûté une dizaine de milliards $, l'équivalent de 50% de notre PIB de l'époque. Du côté d'Israël, c'était seulement 4%.

عندما طرحنا موضوع التوجه شرقاً كنت واضحا ان التوجه شرقا لا يعني ان ندير ظهرنا للغرب

Foutaises. La preuve, la chaine du Hezbollah, al-Manar, est le seul média libanais qui tourne le dos à une manifestation fondamentale des modes de vie à la fois de l'Occident et de l'Orient, les festivals de musique, dont celui de Baalbek.

نطلب من الايرانيين مساعدتنا في توفير الوقود... قبول الجانب الإيراني ببيع لبنان مشتقات نفطية بالليرة اللبنانية تضحية كبيرة لأن إيران بحاجة للعملات الصعبة

Quelle rigolade, l'Iran cherche à briser son isolement international qui asphyxie son économie, en utilisant le Liban, comme la Syrie d'ailleurs, grâce à l'aide précieuse des idiots utiles.

إيران لديها شبه اكتفاء ذاتي بالمواد الزراعية وصناعاتها متقدمة ومتطورة والنموذج الإيراني أرسل قمرا صناعيا إلى السماء

Poudre aux yeux. La grande civilisation perse n'est plus que l'ombre d'elle-même, l'Iran est réduit à recourir à Photoshop pour fabriquer des drones et réussir ses lancements de missiles. Hélas, la grande richesse de la 3e puissance pétrolière et gazière ne permet pas aux Iraniens de profiter de cette manne par la faute de l'idéologie extrémiste du régime des mollahs.

لبنان لا يملك لا مؤهلات ولا ظروف النموذج الايراني، فإيران صمدت 40 سنة أمام العقوبات وما زالت

Merci. Cela prouve que l'Iran reste bel et bien le modèle pour le Hezbollah, ce sont "les qualifications et les conditions" qui ne permettent pas l'iranisation du Liban. El-sayyed a oublié de rajouter "pour le moment".

المصرف المركزي عليه ان يدفع مليارات الدولارات لتغطية حاجة لبنان من المشتقات النفطية، واذا قلنا لايران ان تبيعنا النفط بالليرة اللبنانية، فكم سنوفر على البنك المركزي؟

Heureux sont les autruches et les idiots utiles du Hezb, ils croient qu'on peut remplir les tonneaux des Danaïdes ! Si Nasrallah et ses alliés, Aoun, Bassil et Berri, se soucient des dollars et des dépôts bancaires des Libanais, ils doivent fermer la frontière syro-libanaise à tous les trafics, confier le secteur électrique à EDF ou à Siemens et partir à la retraite. La confiance reviendra au galop.

التعامل مع ايران بشأن النفط له بركات كبيرة جدا على موجودات المصرف المركزي والبنوك والمودعين والصناعة والتجارة، وهو ما نسير عليه في النقاشات

C'est un aveu franc que le Hezb met tout son poids dans l'iranisation du Liban. Ca serait une "bénédiction pour protéger les dépôts bancaires de la Banque centrale et des banques privées du Liban" ! L'Ours de la République a raison, Hassan Nasrallah est vraiment coupé du monde, il ne sait toujours pas que l'Iran est au ban des nations.

الدولة اللبنانية صامتة في وقت تهاجم السفيرة الأميركية حزباً لبنانياً وتتهمه بأبشع الأوصاف عبر الاعلام... أن أخطر ما تفعله السفيرة الأمريكية في لبنان هو التحريض بين اللبنانيين والدفع نحو الحرب الأهلية

C'est incroyable cette tendance du Hezb et des hezbollahi-compatibles à oublier systématiquement que le Hezbollah est accusé aussi des attentats terroristes ayant visé Rafic Hariri, Georges Haoui, Elias el-Murr et Marwan Hamadé. On se demande qui "monte la tête des Libanais et les pousse à la guerre civile le plus, l'ambassadrice américaine à Beyrouth ou le Hezbollah lui-même ?

قرار القاضي اللبناني الشريف محمد مازح بمنع السفيرة الأمريكية من الحديث إعلاميًا يعبر أن في لبنان قضاة وطنيون وشجعان... وأتمنى من القضاء اللبناني أن يعيد النظر بردة فعله تجاه القاضي مازح وأن يتصرف معه بنفس مستوى الوطنية الذي عبر عنه... كتلة الوفاء للمقاومة ستتقدم بعريضة لوزارة الخارجية اللبنانية للمطالبة باستدعاء السفيرة الأمريكية ومطالبتها بالالتزام بالاتفاقيات الدولية

Encore un aveu que la décision stupide prise par le juge des référés de Sour, Mohammad Mazeh, est politicienne et répond au desiderata du Hezbollah. Elle vise en réalité à museler les médias libanais et faire taire les citoyens libanais critiques du parti milicien. Une raison de plus pour dire non à l'iranisation rampante du Liban.

#لا_لأيرَنة_لبنان


lundi 6 juillet 2020

Le harcèlement du vloggeur Pierre Hachach par des militants du CPL (Art.815)


Le vloggeur Pierre Hachach est victime d'un harcèlement de rue orchestré à ce qu'il paraît par des militants du CPL. De plus, il a été arrêté par les autorités libanaises locales et se trouve actuellement au Sérail de Batroun.

Pour faire court, nul ne doit être privé de liberté, arrêté, emprisonné et mis derrière les barreaux au Liban, Pierre Hachach en tête, tout simplement parce qu'il s'est exprimé sur les réseaux sociaux, quels que soient les propos qu'il a prononcés, sauf exception, comme par exemple l'appel au meurtre lancé par le député du Hezbollah Jamil el-Sayyed contre ceux qui viendraient manifester et prononcer des insultes en bas des fenêtres des politicards, sans que personne de l'Etat, du gouvernement, du parlement et des services de sécurité ne vienne ne serait-ce que lui tirer les oreilles !

Et ce n'est pas tout. Personne ne doit être autorisé à détourner les lois en vigueur, de Gebrane Bassil à l'autre juge zélé du Hezb de Sour compris, pour museler la liberté d'expression au pays du Cèdre.
Qui a un problème de quelle que nature que ce soit avec qui que ce soit a le choix entre zapper, bloquer, porter plainte ou refroidir sa tête dans un congélateur 🥶


Si Ennio Morricone n'est plus parmi nous, c'est qu'il est devenu un immortel ! (Art.814)


🇮🇹 Pour un certain nombre d’entre nous, de tous âges, il fait partie de nos plus vieux souvenirs, de nos lointaines émotions, de notre découverte du monde cinématographique. Et pourtant Ennio Morricone est un compositeur ! Oui sauf que son nom est apposé sur plus de 500 affiches de film. De tous les grands réalisateurs avec qui il a travaillé, on retient surtout le nom de Sergio Leone, son ami d’école. Ensemble ces deux Italiens popularisent les westerns spaghettis et donnent au monde des œuvres mythiques, dont deux trilogies. Une vidéo de l’INA dans les commentaires ↓ permet de mieux comprendre la collaboration réussie entre les deux hommes, le mariage consommé et fécond entre le cinéma et la musique. La première trilogie est jouée par Clint Eastwood qui n'était à l'époque qu'une légende naissante : Pour une poignée de dollars (1964), Et pour quelques dollars de plus (1965) et Le Bon, la Brute et le Truand (1966). La seconde se compose de : Il était une fois dans l'Ouest (1968), Il était une fois la révolution (1971) et Il était une fois en Amérique (1984). Mais Ennio Morricone c’est aussi Mission (Roland Joffé, 1986), Les Incorruptibles (Brian de Palma, 1987) et Les Huit Salopards (Quentin Tarantino, 2015).

Stanley Kubrick, une légende du 7e art, demanda un jour au légendaire Sergio Leone : « How did you get that effect of the music and the image in One Upon a Time in the West? » Le réalisateur italien lui répondit : « Well, I wrote the music first. » Par le légendaire Ennio Morricone ! C’est que la musique est au film, ce que l’âme est à l’être humain. Point de chef d’œuvre cinématographique, sans ces mélodies vitales pour mettre de l’émotion sur les images, animer les personnages, faire oublier la fiction et passer de la « mise en scène » à « une tranche de vie », enfin bref, paver la voie aux spectateurs pour entrer dans le film. En 2007, Ennio Morricone a reçu un Oscar d'honneur pour l’ensemble de sa carrière « en reconnaissance de ses contributions magnifiques et multiples à l'art de la musique de film ».

Il est très difficile de choisir une de ses œuvres et une seule qui puisse donner une idée de l'étendue de sa créativité. C’est une aberration pour un nom comme Ennio Morricone. Voici une sélection de ses musiques pour les westerns spaghettis de Sergio Leone, la barre de progression permet de découvrir une trentaine de titres. Dans les thèmes moins connus, j'ai sélectionné aussi ↓ « Here’s to You, Nicola and Bart », chantée avec la sublime voix de légendaire Joan Baez, parue en 1971 dans la bande originale du film Sacco et Vanzetti de Giuliano Montaldo, un hommage à deux anarchistes d'origine italienne Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti accusés de meurtres et exécutés dans les années 1920 aux États-Unis. Entre les deux, il y a les incontournables chefs d’œuvre pour Mission et pour Once Upon a Time in America, tous deux joués par Robert De Diro, encore une légende.

L’Italie et le monde sont en deuil aujourd’hui. Mais Ennio Morricone nous laisse un héritage musical considérable et inestimable qui fait de lui un immortel. Arrivederci maestro 😎


vendredi 3 juillet 2020

L'hystérie et la stupidité du bouffon Joseph Abou Fadel face à la logique et à l'intelligence du journaliste Nadim Koteich (Art.813)


Dire qu’il est malade, c’est lui rendre service et le déclarer non responsable de ses allégations venimeuses. C'est un homme gorgé de haine, cela ne fait aucun doute. Mais Joseph Abou Fadel est avant tout un grand abruti. "هيدى "مشروع بني آدم ما اكتمل" متل ما بقول "دب الجمهورية On part avec 1600 cm3 de cerveau et 100 milliards de neurones, pour avoir à l’arrivée une logique de chlekkéh مَنطِق شْلِكِّه , sans une lueur d’intelligence. Le débat hier soir sur MTV l’a encore prouvé. Au journaliste Nadim Koteich qui dénonçait le cadeau aberrant de la centrale électrique de Batroun que le gouvernement de Hassann Diab a fait à Gebrane Bassil en pleine crise économique et alors que le Liban est au bord de la banqueroute, il a répondu : « Vous avez massacré les Chrétiens. Vous avez ruiné les Chrétiens. Ces députés qui sont allés à Taef ont massacré les Chrétiens (…) Vous ne voulez que des gens pour vous applaudir comme le patriarche Sfeir (...) Nous serons sans pitié avec ceux qui ont vendu le pays à Taef, sans pitié. Nous n’aurons pas de pitié pour eux, quels qu’ils soient. » بهوريات وعنتريات واحد مسطول خالص مريض

Ce que Joseph Abou Fadel a dit hier soir est dangereux mais aussi d'une stupidité sans nom. Des Chrétiens tués et massacrés, il y a eu des milliers durant les guerres aouniennes absurdes de libération et d’élimination déclenchées par Michel Aoun entre février 1989 et octobre 1990. Ce qui ruine aujourd’hui les Chrétiens c’est le soutien direct du parti chrétien du CPL et des leaders chrétiens Aoun-Bassil et indirect de tous les « idiots utiles chrétiens d'Orient » à un parti milicien islamiste classé terroriste et accusé de l’assassinat d’un Premier ministre, un Hezbollah qui parasite l’Etat libanais et empêche le retour de la prospérité dans les foyers libanais. Quant à Taef, les imbéciles chrétiens dans son genre qui n'arrivent toujours pas à digérer cet arrangement politique, doivent bien comprendre que sans Michel Aoun, cet accord n’aurait jamais existé ! C’est l’obstination d’un général mégalomaniaque et suicidaire, qui ne voulait pas quitter le pouvoir, durant deux interminables années, qui a conduit à l’accord de Taef. Alors s’il veut se montrer « sans pitié » à ce sujet, c’est avec Michel Aoun qu’il doit commencer à l’être et avec personne d'autre.

Non cher Marcel Ghanem, hier dans ton émission, il n'y avait pas de « liberté d'expression » et de « deux avis différents ». L'agressivité et l'incitation à la haine ne sont pas des points de vue ! N'importe quel Libanais, chrétien de surcroit, femme ou homme, comme votre obligé, maronite de confession, s'est retrouvé dans les paroles sensées de Nadim Koteich, chiite de confession, plutôt que dans la crise hystérique délirante et paranoïaque de cet imposteur, chrétien de confession. C'est avec les Nadim Koteich que nous ferons renaître le pays du Cèdre, pas avec les fossoyeurs comme les Joseph Abou Fadel. Que cet énergumène parle au nom de qui il veut, mais jamais au grand jamais au nom des Libanais ou des Chrétiens du Liban et d'Orient. Il nous fait honte. Qu'il parle « au nom des crétins », وبإسم كل أَهبَل وهَبْلاء وكل هُبْل وهَبْلاوات لبنان وسائِر المشرِق , c'est à sa portée et c'est déjà beaucoup pour lui.


jeudi 2 juillet 2020

En 2030, le taux de change du dollar américain au Liban pourrait être à 500 000 LL ! (Art.812)


Vision 2030 🇱🇧 Flashback 2020. Le Liban traverse l’une des pires périodes de son histoire. Ce n’est pas la pire, il y a eu plus graves. Je pense surtout au désastre économique sous le règne d’Amine Gemayel/Rachid Karamé, Michel Aoun Premier ministre, Elias Hraoui/Omar Karamé (1982-1992) et les députés de l’époque (1972-1992). A cause de tout ce beau monde, le dollar américain a grimpé de 5 LL à 1 700 LL, soit une augmentation de 34 000 %. Eh oui ! Rapporté à la situation actuelle, il faut imaginer un dollar sautant de 1 500 LL à 500 000 LL en dix ans. Le Liban vision 2030, c’est bonjour le Venezuela, bienvenue au Zimbabwe, avec son billet mythique de "cent mille milliards de dollars", si nous ne décidons pas de nous révolter 🤺

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Certes, nous avons encore de la marge mais avec un dollar qui s’approche de la barre des 10 000 LL, le pire est encore à venir. C’est inéluctable parce le quintet infernal au pouvoir, Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah & Co, ministres et députés inclus, la poule mouillée d'Achrafieh comprise, « n’est pas bon à rien, il est mauvais à tout ». Concentrons-nous sur le pouvoir exécutif.

• On a un président de la République Michel Aoun et un chef de Parlement Nabih Berri, qui ont beau se montrer en pleine forme, ont l’âge de leurs artères, octogénaires, et qui passent plus de temps sur leurs ennuis de santé que sur les dossiers financiers.

• On a un président de l’ombre Gebrane Bassil qui se prend pour Don Quichotte de la République libanaise et qui a réussi l’exploit de ramener les Libanais de la voiture à l’âne et de l'électricité à la bougie en à peine 12 ans.

• On a le chef d’un parti milicien islamiste, Hassan Nasrallah, qui se prend pour le Guide suprême de la République libanaise et qui a réussi l’exploit de transformer la Suisse de l’Orient en Venezuela de l’Asie en moins de 30 ans.

• On a un grand narcissique Hassann Diab, un dyslexique du Sérail qui se teint les cheveux et qui explique devant son miroir malgré le désastre en cours qu’il a « réalisé 97% de son programme » alors qu’il n’a pas encore franchi la barre des 3% de ce qui est demandé.

• On a une ministre de la Défense Zeina Akar qui nous annonce que « la communauté internationale a fermé ses portes à ce gouvernement » au lieu d’aller fermer la frontière syro-libanaise pour inverser la tendance, ou encore mieux, de la boucler.

• On a un ministre de l’Intérieur Mohammad Fehmi ex-militaire qui avoue sans aucune gêne avoir tué deux miliciens durant la guerre (Kataeb/FL probablement) et jure fidélité à celui qui l’a protégé de la cour martiale, Michel Aoun.

• On a une ministre de la Justice Marie-Claude Najm experte financière qui agresse le gouverneur de la banque centrale Riad Salamé mais qui zappe son domaine d’activité, le rejet des nominations judiciaires par le président de la République.

• On a un ministre des Affaires étrangères Nassif Hitti qui rappelle à l’ambassadeur d’Allemagne que le Hezbollah est une composante du Liban mais oublie qu’il est poursuivi dans l’attentat terroriste du 14 février 2005 par le TSL.

• On a un ministre de l’économie Raoul Nehmé qui se contredit deux fois par jour.

• On a une ministre de l'Information Manale Abdel Samad qui nous annonce avec son joli minois que le gouvernement ne s’est pas excusé pour le jugement stupide pris par un juge égaré à Sour alors que l’ambassadrice américaine avait affirmé le contraire.

• On a un ministre de la Santé Hamad Ali Hassan qui conseille aux Libanais de rester chez eux avant d’aller faire un bain de foule non masquée dans la Bekaa porté sur les épaules des militants du Hezbollah.

• On a un ministre de l’Énergie Raymond Ghajar qui se bat pour imposer en pleine crise économique la construction d’une troisième centrale électrique dans le fief de Gebrane Bassil, le Batroun.

• On a un ministre des Finances Ghazi Wazni le soi-disant technocrate, qui a un rôle important dans les négociations avec le FMI actuellement, qui fait savoir que son parti (Nabih Berri) refuse l’audit approfondi sur les comptes de la Banque centrale par une société reconnue sous prétexte, avancé par les deux ministres du Hezbollah, qu’elle serait liée à Israël, car ses experts seraient de confession juive, et qu’il y a « un risque sérieux que certaines informations soient divulguées à des entités hostiles. » Non sans blague, comme quoi, que le Liban est au bord de la faillite ?

• Et on a un tas de ministres aux abonnés absents et qui ne servent absolument à rien, à part à s'engraisser au frais de la princesse, l'Etat et les Libanais.

• Et on a d’innombrables conseillers, des Alain Bifani à la pelle, qui accusent le système actuel alors qu’ils sont le système depuis la nuit des temps, qui dénoncent l’impasse dans laquelle on se trouve alors que ce sont eux qui nous y ont conduits, qui refusent d’être complices alors qu’ils sont les fautifs, qui quittent les ministères à temps, comme les rats fuient les cales des navires naufragés, afin de ne pas avoir à rendre des comptes devant le tribunal du peuple libanais.

Non mais comment voulez-vous que cette bande de guignols nous sauve du pire moment de notre histoire ? Qui ne veut pas faire les réformes nécessaires au Liban ? Qui a peur d’un audit approfondi des comptes publics ? Qui craint qu’on découvre comment l’argent public a été gaspillé au cours de toutes ses années ? Qui a la trouille qu’on dévoile le degré de corruption de la classe politique libanaise qui a ruiné les Libanais et placer le Liban au bord de la banqueroute ?

*

Nous sommes face à un grand scandale et un danger existentiel. Ce détail gravissime sur les tergiversations à effectuer un audit sérieux est à mettre en perspective avec certaines infos qui circulent en coulisse. A l’issue de la 16e réunion du Liban avec le FMI, Martin Cerisola, le directeur adjoint du FMI et chef des négociateurs internationaux, aurait fait savoir à ses interlocuteurs libanais que « malgré six semaines de négociations, nous n’avons pas avancé d’un iota (…) vous ne pouvez pas continuer comme ça, vous n’êtes pas sérieux dans la mise en œuvre du plan financier et des réformes (…) et tant que vous ne l’êtes pas, les négociations n’ont aucun intérêt ». Affligeant. Une classe politique nase croit que la communauté internationale va encore lui filer des milliards de dollars de l'argent des contribuables occidentaux et arabes, sans contrepartie, sans engagement et sans preuve que les fonds ne seront pas gaspillés et pillés comme à l'accoutumée.

L’histoire se répète. Si nous voulons éviter le scénario catastrophique des années 1982-1992, que le dollar passe de 1 500 LL à 15 000 LL, et continue son chemin vers les 500 000 LL, il est temps de descendre massivement dans les rues et sur les routes pour réclamer la chute du gouvernement de Hassann Diab. Pas parce que c'est une bande d'imposteurs, narcissiques et pas sérieux, mais parce qu'aujourd'hui ils représentent un véritable danger pour le Liban et pour les Libanais.


mercredi 1 juillet 2020

Le juge de Sour s'est prononcé "au nom du peuple libanais" avec la permission de "mon souverain l’imam Hussein" et de "mon souverain Ali le Grand" (Art.811)


Un dernier mot avant de tourner la page de la mascarade qui a mis un peu de joie et de fierté dans les esprits des « idiots utiles » du Hezb, le temps que le ministre libanais des Affaires étrangères retourne au travail. Après ce weekend grotesque marqué par la tentative du juge de Sour de museler les médias libanais, sous-prétexte de leur interdire d’interviewer l’ambassadrice des Etats-Unis au Liban, afin de créer une « jurisprudence » pour faire taire toute critique du parti-milicien par les citoyens libanais du pays du Cèdre, Nassif Hitti a convoqué Dorothy Shea lundi.

Côté libanais, c’est la langue de bois pour éviter le ridicule qui tue. « La discussion a été franche (…) concernant les développements actuels, les relations bilatérales et la coopération entre les deux gouvernements ». Hitti a souligné aussi l’importance de la liberté d’expression et d’information au Liban, qui sont des « droits sacrés ». Bon, disons que le ministre a compris qu’il faut éviter l’ânerie commise début mai, quand il a convoqué l’ambassadeur allemand, après l’interdiction des activités du parti milicien chiite libanais en Allemagne, pour lui signifier que le « Hezbollah est une composante politique essentielle du pays qui représente une large catégorie du peuple et qui fait partie du Parlement libanais ». D'ailleurs c'est mot à mot ce qu'a dit le juge de Tyr pour justifier son jugement bidon. Les pauvres ils ont tous les deux été frappés d’amnésie sélective, ils ont oublié de préciser à tout hasard que le Hezb est accusé aussi de l’attentat terroriste commis en plein coeur de Beyrouth le 14 février 2005 ayant tué un ancien Premier ministre du Liban, Rafic Hariri, et 21 autres personnes.

La vérité sur la rencontre, il faut la chercher du côté américain. « La question la plus importante dont nous avons discuté était la décision judiciaire. Nous avons tourné la page sur la décision malheureuse dans laquelle je vois un détournement de l’attention (des Libanais) de la détérioration de la situation économique au Liban (…) Les États-Unis sont prêts et continueront d'aider le peuple libanais tant que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour s'attaquer aux causes de la crise ». Tu peux rêver ma chère Dorothy !

Le meilleur c’est pour la fin, ce post du juge Mohamad Mazeh, par lequel le grotesque est arrivé. Après avoir appris que ses supérieurs le convoqueraient pour s’expliquer, il a saisi les réseaux sociaux pour se protéger. Décidément ce juge a séché beaucoup de cours de droit au cours de ses études. On se demande comment a-t-il pu obtenir son diplôme, sans jamais entendre parler du « devoir de réserve » qui interdit au fonctionnaire d’utiliser sa fonction pour faire de la propagande. Enfin, hier dans l’après-midi, il est sorti de son silence et il n'aurait pas dû le faire.

« N’ai-je pas raison ? Évidemment, si Allah le veut. Par conséquent, je m’en fous d’être sanctionné ou pas. Louage à Allah, Seigneur des mondes, avec la permission de mon souverain l’imam Hussein et mon souverain Ali le Grand… » Non non non, ce n’est pas la prière d’un docteur en théologie. C’est le constat d’un magistrat libanais qui commente les conséquences d’une décision judiciaire prise « Au nom du peuple libanais », qui pouvait avoir des conséquences gravissimes sur les Libanais, les médias du Liban et les relations du Liban avec la plus grande puissance au monde, les Etats-Unis. لا حول ولا قوة الا بالله, يا يسوع دخيل اسمك . Nous avons eu droit à tout -Allah deux fois, seigneur, souverain deux fois, imam, Ali et Hussein- et pas un seul mot de droit ! Et vous avez toujours des « idiots utiles » du Hezb qui viennent vous expliquer en l’an de grâce 2020, comment le Liban a retrouvé sa dignité et sa souveraineté avec la décision stupide de cet homme et que le pays du Cèdre doit se tourner vers l’Est et s'aligner sur l'axe Damas-Téhéran-Pékin. Et dire qu’à « Berytus » notre Beyrouth de jadis, il y a moins de 1 500 ans, se situait la plus importante école d'enseignement et d'étude du droit et de la jurisprudence de tout l’Empire romain, détruite par un séisme en l’an 551. Nul doute à ce sujet, la bêtise qui frappe le Liban actuellement est le plus puissant des séismes de tous les temps.

#L_iranisation_du_Liban_ne_passera_pas 🇱🇧


mardi 30 juin 2020


Si le peuple libanais et l’armée libanaise ne peuvent plus s’offrir le même luxe que vous les politiciens et les cliques de politiciens, ici Gebrane Bassil et ses friends, un barbecue et des brochettes, eh reito ba2ta inchallah, allez au diable !

 

dimanche 28 juin 2020

Les arrières-pensées hezbollahiennes de l'interdiction aux médias libanais d'interviewer l'ambassadrice américaine au Liban (Art.809)


Croire que la décision du juge des référés de Sour vise à faire taire l’ambassadrice américaine au Liban est naïf. سطلنة . Le jugement de Mohamad Mazeh est une décision hezbollahi-compatible par excellence. En se prononçant sur une interdiction d'une ANNÉE svp, contre l'ambassadrice américaine ET contre les médias libanais, le magistrat n'a pas jugé uniquement ce qu'elle a dit ou ce qu'on a partagé, mais ce qu'elle dira et ce que l'on partagera à l'avenir. Une absurdité au niveau juridique et une raison de plus pour casser et annuler le jugement illico presto.

A vrai dire la décision judiciaire d'hier vise d’une part, à contrôler le contenu éditorial des médias libanais au Liban, et d’autre part, à créer une jurisprudence afin de justifier ultérieurement le muselage des esprits libanais critiques du Hezbollah, la principale anomalie, pas la seule, qui empêche l’édification d’un Etat de droit et le retour de la prospérité au Liban. Tout le reste n’est que palabres, قرط حكي . C’est là où l’on mesure la portée de la bêtise de certains compatriotes qui sont en liesse depuis hier car le Liban aurait retrouvé sa dignité et sa souveraineté. C’est c’là bande d’ « idiots utiles » du Hezb, à l’ombre et au gré d’un parti islamiste milicien fier d'être viscéralement lié à la République islamique d'Iran !

L’iranisation du Liban ne passera pas, suite. Dans une première réaction à la décision de ce juge politisé d’interdire aux médias sur le territoire libanais d’interviewer l’ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea a repris mot à mot ce que Bakhos Baalbaki avait déclaré dans son post de fin d’après-midi hier : « Cette décision est digne de l’Iran, pas du Liban ».

Soutien total à MTV, qui en interviewant Dorothy Shea, démontre qu’on ne musèle pas les médias au pays du Cèdre car la liberté d’expression est garantie par la plus haute norme juridique au Liban, la Constitution de la République libanaise, qui est au-dessus des traités internationaux, qui sont eux-mêmes au-dessus des lois nationales libanaises qui sont à leur tour au-dessus des usages bidon que le Hezbollah veut imposer dans notre pays. Encore un cours de droit que le brave juge de Sour a séché durant ses études 😋


samedi 27 juin 2020

Un juge des référés interdit aux médias libanais d'interviewer l'ambassadrice des Etats-Unis au Liban (Art.808)


L’iranisation du Liban ne passera pas ! Le plus grotesque dans la décision du juge des référés de Sour prise il y a quelques heures, est son début et sa fin. « Au nom du peuple libanais (...) il est interdit aux médias libanais et étrangers travaillant sur le territoire libanais -tv/radio/presse/internet- d’interroger l’ambassadrice des Etats-Unis au Liban pendant un an, sous peine de fermeture administrative du média fautif pendant un an et d'une amende de 200 000 US $. » C'est tragi-comique ! Le magistrat des référés, qui normalement prend des dispositions à caractère urgent en attendant le jugement sur le fond, se prononce sur une contrainte d'un an, non mais quelle mascarade ! En tout cas, entre le début et la fin, on a droit à une dissertation bâclée, rédigée à la demande d’une plaignante libanaise de Tyr, sur comment Dorothy Shea aurait par ses déclarations à la chaine arabe al-Hadath, « porté atteinte au peuple libanais » et « menacé la paix civile et la cohabitation ».

Il va falloir rappeler à Mohamad Mazeh, مع حفظ الالقاب وكامل الاحترام , qu'il donne l'impression d'avoir séché quelques cours à la fac, portant sur la liberté de la presse et des libertés individuelles au Liban, qui sont garanties par la Constitution de la République libanaise, dans le préambule, ainsi que dans les articles 8 et 13. « La liberté d’exprimer sa pensée par la parole ou par la plume, la liberté de la presse, la liberté de réunion et la liberté d’association, sont garanties dans les limites fixées par la loi ». En se prononçant sur « un des partis libanais, qui a une représentation importante au niveau parlementaire et ministériel, et une base populaire conséquente », Dorothy Shea, n’a pas enfreint les lois libanaises contrairement à ce que prétend le juge libanais. En partageant les déclarations de l'ambassadrice américaine, les médias libanais non plus n'enfreindront pas les lois en vigueur au Liban. La réalité est ailleurs. Dorothy Shea et les médias qui partagent ses déclarations, transgressent plutôt les usages que le Hezbollah tente d'imposer au Liban, nuance. Si les déclarations de l'ambassadrice américaine sont déplacées, pour l'Etat libanais bien entendu, il revient au ministre libanais des Affaires étrangères et personne d'autre de réagir à l'incident diplomatique, et non à un juge de le faire, des référés en plus, un samedi pendant que les dirigeants libanais sont aux abonnés absents.

N'en déplaise à Mohamad Mazeh, les déclarations de l’ambassadrice américaine ne conduisent pas à « une nouvelle discorde ». Il faut arrêter de mentir et de croire ses propres mensonges ! Mais au fait, de quelle discorde s’agit-il au juste ? La discorde entre les Chiites et les Sunnites ? Elle date de la nuit des temps, il y a 1 388 ans pour être précis, bien avant la découverte de l'Amérique. La discorde entre l’Iran et l’Arabie saoudite ? Elle est en place depuis deux générations déjà (1979). La discorde entre le 8-Mars et le 14-Mars ? Elle a eu lieu quand Hassan Nasrallah a dit « Merci à la Syrie des Assad » et est allé soutenir militairement ce que l’autre camp considère comme une tyrannie. La discorde entre le Hezbollah et ses alliés, et le reste des Libanais ? Elle est dans les cœurs et les esprits d'une partie du « peuple libanais » au nom duquel ce juge de Tyr prétend se prononcer, depuis que le Hezbollah est accusé de l’attentat terroriste qui a couté la vie à l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et à 21 autres personnes en 2005, et surtout, depuis que ce parti milicien est le principal obstacle à l’édification d’un état de droit et au retour de la prospérité au pays du Cèdre.

Cette décision est digne de l’Iran, pas du Liban. Elle est à la fois absurde et d'une stupidité inqualifiable. Elle est essentiellement politicienne et juridiquement infondée. Elle est prise dans une double violation de la Constitution libanaise qui garantit la liberté de la presse et de la Convention de Vienne qui régit les relations diplomatiques. De ce fait, elle doit être cassée et déclarée nulle et non avenue. Et avant que je n’oublie, que les autruches de notre contrée et les idiots utiles du Hezbollah -qui pavoisent bêtement sans se rendre compte que ce juge politisé jusqu'à la moelle vise à museler la presse libanaise et non l'ambassadrice américaine- aient la présence d'esprit de prévenir Mohamad Mazeh, que la monnaie au Liban est la livre libanaise et non le dollar américain. Eh oui, il va falloir corriger cette erreur grotesque et réécrire à la main comme le veut la tradition, les cinq pages du jugement ou l'annuler pour vice de forme 😊


vendredi 26 juin 2020

Peut-on vraiment parler de « Présidence résistante » à propos du mandat d'Amine Gemayel à la tête du Liban entre 1982 et 1988 ? (Art.807)


On peut résumer son mandat par tout et par bien des formules, sauf par ce titre inadapté. A l’occasion de la sortie du livre « La Présidence résistante », quelques réflexions sur une période que j’ai vécue au quotidien.

• Amine Gemayel était le maillon faible des Gemayel. Il n’avait ni la prestance de ce monument national, son père, cheikh Pierre, l’homme de l’indépendance et de la souveraineté du Liban, ni le charisme de son frère, Bachir, l’homme qui voulait libérer le Liban de toutes les occupations, palestinienne, syrienne et israélienne, et qui avait réussi l'exploit d'être élu par des députés chrétiens, chiites, druzes et sunnites, avec le feu vert de l'Arabie saoudite !

• L'ancien président de la République a décroché la présidence dans un contexte national spécial, l’impasse politique dans laquelle le Liban a été plongé dans la nuit du 14 septembre 1982, à l’annonce de la mort du président élu, Bachir Gemayel, tué dans un attentat terroriste exécuté par le Parti national syrien.

• Qu’il l’ait voulu ou pas, qu’importe puisque le résultat est le même, Amine Gemayel a été le dernier président de la République libanaise dans sa version المارونية السياسية entre 1943 et 1988 où le fonctionnement de l’Etat libanais était dominé par la communauté maronite, avant les réformes constitutionnelles de l'Accord de Taëf, voté en novembre 1989. Après Amine Gemayel, le Liban est passé à la السنية السياسية entre 1990 et 2005, et ensuite à la الشيعية السياسية depuis 2005. Sans se perdre dans les détails, il n’a pas su tirer profit d’une époque où les prérogatives du président de la République étaient importantes, pour rassembler les Libanais autour du projet d’un nouveau Liban souverain et épanouissant pour tous les enfants de la patrie toutes confessions confondues, comme avait réussi avant lui son frère, Bachir Gemayel.

• De son mandat, je ne retiens sur le plan économique que son fiasco pour empêcher l’envolée délirante du dollar par rapport à la livre libanaise. A sa prise de fonction en 1982, le taux de change était à 5 LL/1 $. Eh oui, 5 livres libanaises seulement malgré 7 ans de guerre et d'invasions, de bombes et de sang ! Au début de la guerre en 1975, on était seulement à 2,5 LL/1 $, l’augmentation était donc importante, mais plafonnée à 200%, le dollar n’a fait que doublé ! A son départ de Baabda en 1988, le taux de change a grimpé à plus de 400 LL/1 $. Par conséquent, sous le règne d'Amine Gemayel et des gouvernements de Chafic Wazzan, Rachid Karamé et Salim el-Hoss, et des députés de 1972 (restés en place jusqu'en 1992), nous sommes passés de 5 LL à 400 LL le dollar, soit une augmentation astronomique de 8 000 %, c’est tout simplement hallucinant ! Les conséquences étaient sans commune mesure avec ce que nous connaissons actuellement, une augmentation du taux de change de entre 350% (5 000 LL/ 1 $) et 500% (7 500 LL/1 $), avec deux différences de taille, certes, nous n’avions pas de dettes pratiquement et nous importions beaucoup moins qu’aujourd’hui. Sur le plan économique, le mandat d’Amine Gemayel a été un désastre pour le peuple libanais tout entier, qui a permis en plus, à beaucoup de profiteurs et de rapaces, d’hommes et de femmes, politiques et d’affaires, de s'engraisser, de spéculer et de s’enrichir facilement. Une partie de la fortune de certains date de cette époque et vient de ce moyen d'enrichissement immoral.

• De son mandat, je ne retiens sur le plan militaire que le désastre de la guerre de la Montagne en ce sinistre mois de septembre 1983, par sa faute entre autres. Alors que les Israéliens ont tout fait pour favoriser militairement au moment de leur retrait vers le Sud-Liban, la milice druze du Parti socialiste (dirigée par Walid Joumblatt) par rapport à la milice chrétienne des Forces libanaises (dirigée par Fadi Frem, le cousin d'Amine Gemayel), et que les affrontements étaient inéluctables, Amine Gemayel a demandé aux responsables FL, notamment à Samir Geagea (commandant du front), de résister 24 heures et de tenir le carrefour stratégique de Bhamdoun avec ses hommes, le temps qu’il prenne les dispositions nécessaires pour envoyer l’armée libanaise étendre la souveraineté de l’Etat libanais sur cette vaste région du Mont-Liban, les cazas d'Aley et du Chouf. Les braves combattants des Forces libanaises n’ont pas tenu 24h, ni 48h d’ailleurs, mais 72h, face à une horde politico-militaro-milicienne, druze, chiite, gauchiste, palestinienne, syrienne et soviétique. Les zones de combats comme tout le "réduit chrétien" étaient soumis à un déluge de fer et de feu d'une rare violence. En vain ! Amine Gemayel n’a jamais donné l’ordre à l’armée libanaise de se rendre à Bhamdoun ni le 4 ni le 5 ni le 6 septembre, obligeant les miliciens des FL à effectuer un "repli tactique" vers Deir el-Qamar, après l’évacuation des populations chrétiennes rescapées des massacres (2 700 disparus, 1 155 civils tués et 368 miliciens FL morts durant les combats). Plus de 15 000 civils et miliciens chrétiens ont été assiégés pendant trois mois par les miliciens druzes de Walid Joumblatt, déterminé à l'époque d'avoir la tête de Samir Geagea. Il ne l’a jamais eue.

• De son mandat, je ne retiens sur le plan politique que la fin stupide et chaotique de ses six années de présidence. Alors que l’heure était grave à un quart de l’expiration de son mandat, alors que ses négociations avec Hafez el-Assad la veille pour trouver un arrangement ont échoué (près de 4 heures!), alors que tout le monde politique libanais était mobilisé pour étudier toutes les possibilités offertes pour passer au mieux la vacance du poste présidentiel, alors que les communautés chrétiennes notamment maronite étaient en état d’alerte maximale à Bkerké après l’impossibilité d’élire un président de la République dans les temps maronite comme le veut le Pacte national islamo-chrétien, alors que les Libanais retenaient leur souffle, on a beau cherché, Amine Gemayel était perdu de vue au palais présidentiel de Baabda. On a fini par le retrouver dans un coin, devant un miroir, se coiffant et vérifiant son look avant d’enregistrer son message à la nation, annonçant urbi et orbi la calamiteuse nomination de Michel Aoun comme Premier ministre intérimaire d'un gouvernement militaire de six généraux, dont les trois membres musulmans ont aussitôt démissionné. C'est la péché originel.

Eh oui, Amine Gemayel est en quelque sorte le « père politique » du général. Sans lui, Michel Aoun serait parti à la retraite depuis belle lurette. Comble du malheur des Libanais, c’était un secret de Polichinelle !, Amine Gemayel n’avait pas beaucoup d’estime pour Michel Aoun, dont la carrière militaire laissait à désirer. Il l'avoue indirectement dans son livre d'ailleurs. Malgré les réserves sur la personne, il l'a nommé quand même. Il ne l’a fait que parce qu’il était persuadé que sous les autorités d'un général qui se prend à la fois pour Napoléon et De Gaulle, Aoun entrera en conflit avec Geagea. Amine Gemayel n'a jamais accepté l'indépendance des FL par rapport aux Kataeb, d'où la raison d'être de la première intifada en 1985, menée par Elie Hobeika et Samir Geagea. En 1988, il a tablé sur le fait que le général lancera rapidement l’armée libanaise sur la milice des Forces libanaises, ce qui lui permettrait de faire d’une pierre deux coups, éliminer les deux hommes forts de la scène chrétienne, faciliter son retour sur la scène nationale comme sauveur et nouveau président de la République. La suite, tout le monde la connait. Ne respectant pas la mission qui lui a été confiée, permettre au plus vite d’élire un nouveau président de la République, Michel Aoun lance deux guerres meurtrières, contre la Syrie (des mois durant à partir de mars 1989) puis contre les Forces libanaises effectivement (une semaine en février 1989, puis des mois durant à partir de janvier 1990), qui achèveront la guerre civile libanaise par la défaite du camp chrétien et l’extension de l’occupation syrienne à tout le Liban, pendant quinze ans.

*

Il était de bonne intention sans doute, mais enfin, l'enfer est pavé de bonnes intentions ! Il a été frileux et contrairement à ce qu'il dit, il n'a pas bien résisté aux pressions. Une chose est sûre, Amine Gemayel a pris de trop mauvaises décisions à de très nombreux moments clés de l'histoire du Liban. Il y a beaucoup de choses à dire encore sur ce sujet, comme par exemple sur l'accord du 17-Mai (1983) avec Israël et le forcing souverainiste à Beyrouth-Ouest en février 1984, deux projets qui ont foiré. Mais je préfère terminer plutôt sur le point précédent. Par son livre « La Présidence résistante », l’ancien président de la République libanaise, Amine Gemayel, cherche à couper l’herbe sous le pied de ses frères ennemis, Michel Aoun et Samir Geagea, afin d'être le premier de ce couple à trois à écrire ses « Mémoires » et de ce fait, à (ré)écrire l'histoire à sa guise et faire oublier aux Libanais le bilan désastreux de son mandat entre 1982 et 1988 🤔


Paula Yacoubian semble prendre le Parlement libanais pour une ONG et confondre son métier de députée avec les activités d’une jeune militante (Art.806)


Elle s’est illustrée au début de sa nouvelle carrière politicienne il y a deux ans, en se faisant soigneusement photographier arrivée cheveux en l'air et en scooter au Parlement et en votant « Nadine Labaki » pour présider l’Assemblée nationale. « Une position historique » svp car « l’État libanais n’honore pas la réalisatrice libanaise alors qu’elle le mérite ». Par la suite, il y a eu l’épisode rocambolesque sur le kidnapping farfelu de Hariri par Voldemort. « Bien sûr qu’il n’était pas retenu de force par MBS », quand elle travaillait pour le Futur, et un an plus tard quand le Futur lui a tourné le dos, « évidemment qu’il était retenu de force par MBS » ! Il y a eu aussi l’hommage au cowboy Nawaf el-Moussawi, pour son « grand professionnalisme au Parlement », un député que même le Hezbollah ne peut plus voir en peinture. Bavarde sur tous les sujets sauf que les années passent et il n'y a toujours rien, aucun coup de gueule contre l'anomalie que constitue les armes du Hezbollah au Liban, principal obstacle à l'édification d'un Etat de droit et au retour de la prospérité au pays du Cèdre.

Mais oubliez tout cela, aujourd’hui la députée d’Achrafieh est débordée. Il y a d’abord la « plantation de salades » نزلة كرم الزيتون بعد طرنبة البنزين على طريق العدلية. Ce n'est pas que l'idée soit mauvaise, mais bon, avec le projet des « œufs de cailles » sur lequel travaille l'autre député du quartier, l'imminence grise du CPL, Nikos, non mais les Beyrouthins vont se faire des menus de régime d’enfer et oublier tout le reste ! Cette semaine, notre jolie députée était mobilisée pour empêcher l’expulsion de squatteurs âgés à Achrafieh car « on n’expulse pas les gens au milieu de la nuit et en temps de Corona, jusqu'à la fin du mois de juillet ». Peut-être de jour, après le Corona, sous la chaleur d'enfer du mois d'août ? En tout cas, cela ne l’avait pas empêché dans le passé de donner un bon coup de main aux « propriétaires anciens » dans leur offensive au Conseil constitutionnel et de ne pas clairement se prononcer pour la non-expulsion des « locataires anciens » des appartements qu'ils louent en toute légalité et de la ville dans laquelle ils sont installés depuis 40, 50 ou 60 ans.

Autre sujet de mobilisation, l'appel solennel des Libanais-e-s avant-hier, capture d'écran. « Nous sommes tous toi. Comme ça serait beau de porter le voile, ne serait-ce que pour une journée, par respect pour toi et en reconnaissance de ce que tu as enduré. » Tout ça parce qu’une femme voilée qui voulait couper le principal axe routier de Beyrouth, le Ring, s’est fait insulter par un homme de la brigade anti-émeute. La députée était outrée. « La révolution est une femme libanaise, au temps rétrograde de la masculinité et de l’ignorance ». Indépendamment de ce qu'il a dit au juste, incompréhensible d'ailleurs, toute généralisation à partir d’un fait divers est stupide, surtout s’elle a une motivation populiste !

Enfin bref, à part qu’elle manque d’authenticité, Paula Yacoubian semble prendre le Parlement libanais pour une ONG et confondre son métier de députée avec les activités d’une jeune militante ! Je ne sais pas trop ce que vous en pensez les ami-e-s, mais je crois que députée ou militante, ce n’est pas pareil, ni le même prix ni le même coût ni le même salaire. S’il n’y a qu’une réforme à faire passer au pays du Cèdre et une seule, ça serait celle-ci : que chacun fasse son boulot, consciencieusement, et les vaches seront bien gardées au Liban. Mais justement, comment la faire passer ? 😋

PS : Le métier de député ne consiste pas à faire de la poésie et de la prose ou de l’élevage et de l’agriculture -version moderne, branchée, revue et corrigée des mariages et des enterrements des députés de jadis!- encore moins à déposer des projets de loi, plus ou moins utile et plus ou moins bâclé, sans tenir compte de leur chance d’aboutir et d’être adoptés ! Ça serait trop facile et chèrement payé.


dimanche 21 juin 2020

Gebrane Bassil souhaite rétablir le "service militaire" au Liban, afin d' "éduquer les jeunes" ! La dérive inquiétante du chef du CPL, pro-Hezbollah et pro-Assad plus que jamais (Art.805)


Il est bavard comme une pie. Et pourtant, le discours du chef du Courant patriotique libre hier se divise en deux catégories, pas trois. D'une part, nous avons eu droit à "la grenouille qui se veut aussi grosse que le bœuf". لا يفهموا أنّه بسقوط مشروعنا تسقط الدولة Et d'autre part, nous nous sommes tapés "les aventures de Don Quichotte de la République libanaise". محاولة إسقاط الحكومة، في سياق المؤامرة الاقتصاديّة التي يتعرّض لها لبنان... ... المنظومة السياسيّة والماليّة المتحكّمة بالبلد منذ التسعين... وتعالوا ، اقتلوني سياسياً واغتالوني معنوياً، ما بدّي أعمل رئيس جمهورية بس بدنا تحارب الفساد والخ Enfin bref, une heure de conférence de presse pour ces quelques extraits marquants et inquiétants 🤔

► Gebrane Bassil était, est et restera, pro-Hezbollah

الفتنة المسيحية الاسلامية ممنوعة، وخطوط التماس في الشيّاح لن ترجع، ومش مظاهر الحماية الذاتيّة المزيفة بتمنعها
Et dire que ce sont les propos de celui qui soutient sans réserve le parti-milicien du Hezbollah! Il s'agit d'une pique aux sympathisants du parti des Forces libanaises et du Courant du Futur qui ont fait barrage aux hordes de militants du duo chiite, Amal-Hezbollah, qui ont tout cassé sur leur passage à Beyrouth, il y a quelques jours.
انّما التفاهمات العميقة يلّي تشهد عليها كنيسة مار مخايل
14 ans après la signature du "Document d'entente" entre Michel Aoun et Hassan Nasrallah, Gebrane Bassil renouvelle l'Alliance avec le Hezbollah
لهيك لن تقوى على إسقاط هيدا التفاهم أيّ قوّة
Et il exprime sans ambiguïté qu'il fera tout ce qui est dans son pouvoir pour la protéger. ll est très clair à ce sujet.

أمّا الآن فالخطر الوجودي يطال الدولة وبنائها، والمقاومة وحماية لبنان
Le chef du CPL met le Liban, l'Etat libanais et la "Résistance" (Hezbollah) sur un pied d'égalité. Il n'a toujours pas compris que "l'anomalie" que constitue la situation du Hezb au pays du Cèdre est non seulement le principal obstacle à l'édification d'un Etat de droit au Liban, mais que le parti-milicien est la plus grave menace pour le pays du Cèdre, comme l'a prouvé la guerre de Juillet 2006 et son classement sur la liste des organisations terroristes par la majorité des pays arabes et occidentaux. Tant que le Hezb fait la pluie et le beau temps, le Liban ne renouera pas avec la paix et la prospérité.

► Gebrane Bassil a tourné, tourne et tournera encore longtemps autour du pot, rétablir des relations normales avec une Syrie au ban des nations, par la faute de Bachar el-Assad

والآن تأتون لنا بعنصر جديد اسمه قيصر... ليسكّر علينا الشرق ويقطع عنا الهواء... إن طبّق فيعني قطع حدود... نحن لدينا حدود مشتركة مع سوريا... وسوريا هي رئتنا مع العالم العربي، فهل يريدون قطعنا عنه؟ قطعنا عن عروبتنا؟ ولسنا غربيين، بل سنبقى عرباً ومشرقيين بثقافة متنوعة غربية وشرقية
"La Syrie est notre poumon avec le monde arabe" 😳 روح يا ملك العروبة C'est pas bon du fumer sa moquette GebB !

لماذا يعمل بعض الغرب وبعض حلفاء الغرب في الداخل على إجبارنا ادارة وجهنا حصراً باتجاه الشرق؟! هل يعرفون نتائج ذلك ويتحملون المسؤولية
L'imposteur veut faire croire que c'est "l'Occident et ses alliés à l'intérieur" qui le contraignent de se tourner vers la Syrie, l'Iran et la Chine, alors que cela fait des années qu'il oeuvre en tant que ministre des Affaires étrangères pour le grand retour de la Syrie de Bachar el-Assad dans la Ligue arabe, comme si de rien n'était. La dernière fois c'était la veille du déclenchement du soulèvement du 17 octobre au Caire. "N'est-il pas temps pour la Syrie de revenir au sein de la Ligue arabe ?"

الصراع على موضوع سوريا يضعف لبنان في مواجهة مخطّط توطين النازحين
Quelle autruche! Je l'ai dit et redit, je persiste et signe, le régime syrien fait tout ce qui possible et imaginable pour empêcher les 1,5 million de réfugiés et de déplacés syriens au Liban de retourner en Syrie, afin de coloniser le pays du Cèdre. Bachar el-Assad est donc la principale personne qui complote pour implanter les réfugiés syriens au Liban, avec l'aide de beaucoup d' "idiots utiles" du régime.

الخلاف على موضوع السلاح الآن واقحامه في اجندة الحراك يفقد لبنان عنصر قوّة ويضعفه في مواجهة مخطّط توطين اللاجئين
Un mélange des genres douteux et grave. Encore une déclaration claire pour que la milice du Hezbollah garde ses armes ! Gebrane Bassil prétend que soulever la question du désarment du Hezb (pas comme le veut la résolution 1559 seulement, mais comme l'exige la Constitution libanaise à travers l'Accord de Taef!), tenez-vous bien, fait perdre au Liban une certaine force et conduirait à l'implantation des réfugiés syriens au Liban ! En d'autres termes, selon le chef du CPL, les armes du Hezb, empêcheraient cette implantation. Foutaises, en s'alliant au régime syrien, les ex-8Mars sont les "idiots utiles" de Bachar el-Assad dans son projet de colonisation du pays du Cèdre via les réfugiés syriens. Chapeau les gars!

► Gebrane Bassil et son boulet du pied droit, l'électricité 24h/24
مشكلتنا بالكهرباء أنّنا نريدها 24/24 لنوقف العجز بالموازنة بسبب تسعيرة مدعومة هم وضعوها تؤدّي الى خسارة من مليار الى مليارين دولار بالسنة ... نريدها 24/24 لنوقف الموتورات التي تأخذ من المواطنين مليارين دولار بالسنة وهم يريدون إبقاءها لأنّهم مستفيدين منها. نريدها 24/24 على الغاز لنوقف استيراد الفيول الغالي والمغشوش، وهم يريدون إبقاءها على الفيول لأنّهم مستفيدين منه. هيدا الفيول بيموّل نفس المنظومة.
سلعاتا نريدها لأنّ من دونها لا كهرباء 24/24 كوننا بحاجة لـ 3 مواقع لنؤمّن الـ24/24
C'est Grebrane Bassil dans toute sa splendeur, un imposteur. Il nous fait oublier pendant 30 secondes que depuis 2008, soit 12 ans, lui et son parti, ont mis la main sur le secteur électrique ; que depuis 1990, ce sont les alliés de son camp politique, proAssad-proHezb, qui contrôlent ce secteur vache à lait, sans partage avec les autres forces politiques ; et que lui, son parti et tout ce camp, ont été pendant longtemps les fervents défenseurs de gaspiller l'argent public sur les aberrants navires-centrales flottants turcs, un point qu'il a zappé totalement. Quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse, son fiasco pour ramener l'électricité 24h/24 pour 2014 comme il l'a promis en 2011 déjà, restera à jamais son boulet du pied droit, responsable de l'équivalent de la moitié des 90 milliards de dollars des dettes du Liban.

► Gebrane Bassil et son boulet du pied gauche, le barrage de Marj Bisri
سدّ بسري ... قبضوا الاستملاكات ويطالبون بإلغاءه ابتزازاً لأنّهم يريدون متعهّد معيّن لهم
أقول لأهل بسري، اسألوا أهل عين دارة كيف روّحوا عليهم سدّهم وندموا! لا تروّحوا عليكم هذا المشروع الحيوي البيئي المائي الإنمائي وتندموا عليه لاحقاً لأنّه لن ينفع الندم. هذا السدّ هو لكم وليس للتيّار الوطني الحر، هذه المياه هي لكلّ بيروت وليس للتيّار الوطني الحر... ستنتفعون من انمائه ومياهه في بسري، وستتمشون حوله وتفرحوا به، كما يتنزّه اليوم كل اللبنانيين على درب المسيلحة ويمّرون جنب سدّها، وكما يفرح الآن أهل اليمونة والبقاع بسدّها، وأهل الكواشرة وعكّار بسدّها، وأهل القيسماني وبعبدا بسدّها، وقريباً أهل بلعا وجرد البترون بسدّها، وأهل جنّة وجبيل بسدّها وأهل بقعاتا والمتن بسدّها؛ سيدشن هذه السدود أحد غيرنا وسيشرب الناس من مياهها وسينسون الكذب والخداع وسينسب بعض السياسيين الإنجاز لهم كما فعلوا سابقاً ،لا مشكلة، ولكن دعوا المشاريع تمشي والمناطق تزدهر والناس تتطوّر وأوقفوا نكدكم وخداعكم واتركوا البلد يتقدّم.
C'est un des plus grands scandales au Liban, l'autre boulet du pied gauche de Gebrane Bassil, l'aberrant barrage de Marj Bisri, un projet controversé, dénoncé par les spécialistes, construit dans une zone géologique inadaptée, sismique de surcroit, qui va détruire 6 millions m2 de la plus belle prairie-vallée du Liban, pour acheminer de l'eau très polluée, à une population peu sensible aux économies d'eau, dans un pays sans compteurs d'eau généralisés, où une frange importante de la population ne paie pas sa consommation et à la tuyauterie vétuste et qui fuit dans sa partie publique comme dans sa partie privée, sachant que les alternatives intelligentes existent !

► Bassil, un révolutionnaire incompris
ترجّينا المجتمع المدني ان ينتفضوا معنا ضد يلّي وقفوا المشاريع؛ بس لمّا انتفضوا، انتفضوا علينا، وبدل ما يساعدونا على وقف العرقلة، صاروا جزء إضافي منها وصاروا ينمّروا علينا بكلمة "ما خلّونا"...
C'est l'histoire du menteur qui finit par croire ses mensonges, "on nous a empêchés" de réaliser les projets, alors que le CPL a contrôlé et contrôle depuis 15 ans, pendant un bon moment au moins, la présidence de la République, jusqu'à un tiers des conseil des ministres et un quart des parlements, il a gouverné seul avec ses alliés à deux reprises (2011-2014 et depuis début 2020).

► Bassil met en garde
وأنا أنبّه أنّه من اليوم وطالع، ما رح نسمح بالتعدّي المادي والمعنوي علينا
بعدني عم هدّي شبابنا ليتحمّلوا الشتيمة والتعدّي من أي أزعر بحجّة أنّه ينتمي الى الحراك، لكن الى متى؟ خلص
Vous êtes prévenus, dorénavant Gebrane Bassil ne retiendra pas les militants du CPL. Ah parce que jusqu'à maintenant tout se passait en les retenant ?

► Bassil et la frontière grande ouverte entre le Liban et la Syrie
كما على لبنان، ولمصلحته، أن يأخذ جدّياً الاجراءات الآيلة الى ضبط الحدود ووقف التهريب على المعابر الشرعية وغير الشرعية. كذلك على لبنان ولمصلحته، وقف تسرّب الأموال الى سوريا لأنه هو بحاجة ماسة اليها. ووقف دعم المحروقات والقمح وبعض المواد لأنّها بذلك تتسرّب خارجه وهو بحاجة اليها.
Cela relève de l'imposture ! Depuis le 26 avril 2005 et le retrait du dernier soldat syrien, que les esprits souverainistes réclament le contrôle de la frontière entre le Liban et la Syrie d'une main de fer, en vain, à cause du camp "Merci la Syrie des Assad". Entre 2011 et 2014, quand Aoun et Bassil ont gouverné avec Berri, Diab, Frangié, Joumblatt et Nasrallah, la frontière syro-libanaise est restée grande ouverte, à l'afflux de réfugiés, afin que les miliciens du Hezbollah puissent circuler librement ! Aujourd'hui, les mêmes sont de retour, seuls au pouvoir, indirectement. Et comme à l'époque, la frontière syro-libanaise reste grande ouverte, à la fuite des dollars et aux trafics du fioul et du blé.

► Au final, Gebrane Bassil a une peur bleue de la jeunesse !
وهنا أتمنى أن يعاد التفكير باعتماد برنامج الخدمة العسكرية لإنصهار اللبنانيين وتعزيز الانتماء الوطني ولتربية الشبان على محبّة الوطن بدل ما يلعنوه، وكذلك على اعتماد برنامج الخدمة المدنية بالزراعة والقطاف وتجليل الأراضي وتجهيز المشاعات، وبالبيئة والأنهر والشواطئ، والكثير من الأنشطة التي تربط الشاب اللبناني بأرضه وبيئته وطبيعته عوض ربطه بمشاريع وأفكار مشبوهة
C'était vers la fin, tout le monde avait décroché, il est passé totalement inaperçu. C'est sans doute l'extrait le plus grave du discours de Gebrane Bassil, parce que tout le reste, nous le connaissions déjà, Gebrane nous gâche le paysage politique depuis plus de 15 ans. Ce qui est nouveau, c'est cette confidence. Le chef du CPL souhaite ni plus ni moins de rétablir un "service militaire" et un "service civil" au Liban, afin d' "éduquer les jeunes" et blablabla, pour leur apprendre "à aimer le pays au lieu de le maudire", et patati et patata, afin de "renforcer l'affiliation nationale" et "relier les jeunes libanais à leur terre, leur environnement et leur nature, au lieu de les lier à des projets et des idées suspectes".

Mon pauvre Bassil, ce qui est particulièrement "suspect" c'est d'avoir la prétention d'éduquer les jeunes ! Et si c'est si suspect, c'est parce que ce genre de réflexion ne peut sortir que d'un esprit non-démocratique. Il montre le vrai visage d'un des plus importants leaders politiques au Liban, qui pèse sur l'échiquier politique, un jeune présidentiable qui a des dents longues, qui se veut branché, qui se croit moderne et qui à l'arrivée ne pense qu'à museler les esprits critiques. Mais GebB, si tu veux vraiment apprendre aux jeunes et moins jeunes du Liban et de la diaspora "à aimer le Liban au lieu de le maudire" renonce au testament de ton beau-père, donc à ton héritage politique, la présidence de la République libanaise ! Chez un notaire, pas à la télé, non mais ton nez a touché la caméra hier 🤥


vendredi 19 juin 2020

Samir Geagea avoue enfin, qu'il aurait commis une erreur en poussant à l'élection de Michel Aoun comme président de la République libanaise (Art.804)


Pas tout à fait comme certains l’ont espéré et comme d’autres l’ont présenté وأخيرًا بق البحصة الحكيم 🤩 Voici exactement ce que Samir Geagea, chef du parti des Forces libanaises, a dit au quotidien koweitien al-Qabas à propos de l’accord de Meerab et de l’élection de Michel Aoun. « À première vue, cette impression est peut-être correcte (l’accord a eu plus d’inconvénients que d’avantages pour les FL), mais je ne l’ai pas sentie en pratique (…) A l’époque, nous avons estimé, cela pourrait être faux, que l’élection du général Aoun valait mieux que la vacance (du poste présidentiel)… Nous étions devant deux choix. » Trop de « peut-être » pour dégager une certitude.

Le problème de l’accord de Meerab, c’est qu’officiellement, c’est un accord Geagea-Bassil/FL-CPL, alors qu’officieusement, c’est un accord Geagea-Aoun. C’est un détail pour certains, mais enfin, le diable est dans les détails. C’est un couple à trois, trois présidentiables de surcroit, comment voulez-vous qu’il tienne ? Encore un détail, ce jour-là, c’est l’hôte Geagea qui avait lu urbi et orbi les engagements pris entre les deux partis, pas Aoun et Bassil. Les invités étaient physiquement devant el-Hakim, mais mentalement, ils étaient ailleurs, avec el-Sayyed. Sur le fond, l’accord Geagea-Aoun, avec Bassil caché dans le placard, incluait un volet secret, le partage des parts chrétiennes du fromage. Et c’est là où réside la tare originelle de l’accord de Meerab, ses auteurs espéraient calquer le modèle chiite. Au duo Berri-Nasrallah, on a voulu opposer le duo Geagea-Aoun. Erreur, les leaders chiites se retrouvent sur pratiquement tout, enfin l’essentiel, les leaders chrétiens sur quasiment rien, enfin pas sur les questions stratégiques, notamment au sujet du Hezbollah et de la Syrie des Assad.

Le problème de l’élection de Michel Aoun à l’initiative de Samir Geagea, est qu’on a offert la présidence de la République au général sur un plateau en argent !

- D’une part, l’élection n'était pas méritée. Les amnésiques sélectifs l’ont oublié vite, l’élection de Michel Aoun a eu lieu après le boycott par le général et ses alliés, de 44 séances parlementaires et une vacance du poste présidentiel de près de 900 jours. Son élection était une prime au blocage. Et encore, le général n’était pas à son premier blocage du fonctionnement démocratique des institutions libanaises. De décembre 2006 à mai 2008, le Parlement libanais et le centre-ville de Beyrouth étaient fermés par Berri, Nasrallah et Aoun, responsables d’une vacance présidentielle qui a duré six mois.

- D’autre part, l’élection était sans contrepartie. Figurez-vous, j’étais le premier opposant au 8-Mars, à proposer le nom d'un des piliers de ce camp, Michel Aoun, pour la présidence de la République, la veille de la vacance du pouvoir en mai 2014, près de deux ans avant Hakim. Mais à la différence de Samir Geagea, j’avais fixé une condition, que Michel Aoun déchire dans l’Eglise Mar Mikhael et devant les caméras, le « Document d’entente » qu’il avait signé le 6 février 2006 avec Hasssan Nasrallah ! Eh oui, les paroles s’envolent, les gestes restent.

Cela étant dit, je ne suis pas de ceux qui croient que tous nos problèmes viennent de l’arrivée au pouvoir de Michel Aoun. Les prérogatives du président de la République sont si limitées, qu’il ne possède pas le luxe de peser réellement sur les décisions politiques au Liban. Ce sont les rapports de force au sein du Parlement, ainsi que l’hégémonie du duo chiite Berri-Nasrallah sur l’Etat libanais, qui décident de ce qui se fait et ne se fait pas au pays du Cèdre. Aoun président ou pas, le duo Aoun-Bassil tire sa force de son parti, le Courant patriotique libre, et de ses électeurs et sympathisants. La faute politique impardonnable de ces deux leaders chrétiens, c’est d’utiliser cette force électorale et populaire chrétienne, pour soutenir le parti-milicien chiite du Hezbollah, une anomalie qui empêche l’édification d’un Etat de droit au Liban et le retour de la prospérité au pays du Cèdre.

En tout cas, la faute commise dans l’élection de Michel Aoun, « bonjour hakim », est avant-tout une faute collective, elle est partagée par tout l’échiquier politique libanais. Ses alliés bien sûr, Hassan Nasrallah et Nabih Berri, comme ses adversaires bien entendu, Saad Hariri et Walid Joumblatt, « bonjourein ya chabeb ». Sans eux, l’élection du général n’aurait pas eu lieu. Avec ou sans Samir Geagea, l’élection du général était assurée. L'erreur politique de Joumblatt et de Hariri est grande. L’accord de Meerab et la candidature de Michel Aoun n’auraient jamais vu le jour si plusieurs mois auparavant, dès l’été 2015, le Courant du Futur n’avait pas proposé Sleimane Frangié, l’ex-ennemi juré de Geagea, celui qui considère Hassan Nasrallah comme le « souverain de tous » et Bachar el-Assad comme son « frère », pour la présidence de la République libanaise. C’est donc au tour de ces deux hommes politiques, notamment Saad Hariri, de faire leur mea culpa. Oh ce n’est pas demain la veille. Le Beik est une girouette qui tourne au gré du vent et des intérêts. Quant à cheikh Saad, il multiplie les rencontres, les déjeuners et les grands sourires ces derniers jours, avec Nabih Berri, Walid Joumblatt et Sleimane Frangié. Il ne manquerait plus qu'il partage une فتة حمص avec Hassan Nasrallah وعفى الله عن ما مضى . Seuls Michel Aoun, Gebrane Bassil et Samir Geagea ne trouvent plus grâce à ses yeux. Comprenne qui pourra. C'est à se demander si nous n'assisterons pas au lancement d'un Meerab 2.0 ? Peut-être que oui, peut-être que non. Bienvenue au Liban 🤔


jeudi 18 juin 2020

Alors que le Liban est en pleine négociation avec la communauté internationale pour obtenir des aides financières, le chef du Hezbollah libanais rend hommage à l'ex-chef du Jihad islamique palestinien (Art.803)


Cela est passé inaperçu et pourtant, ce que Hassan Nasrallah a fait aura forcément des conséquences néfastes pour l'ensemble des Libanais, toutes appartenances communautaires et tendances politiques confondues. Alors que le Liban doit faire face à la plus grave crise économique de son existence, sachant qu’il est endetté à hauteur de 90 milliards de dollars soit pas loin de 200% de son PIB, qu'il négocie durement pour obtenir le soutien financier des pays arabes et occidentaux, et que le Moyen-Orient est à la veille de l’entrée en vigueur de Caesar Act, les plus lourdes sanctions américaines infligées à la tyrannie des Assad et à ses soutiens, qui feront très mal au Liban si le quintet au pouvoir continue sa politique de l'autruche, le chef du Hezbollah a tenu à s’adresser aux Libanais. Beaucoup d’entre eux ne l’écoutent plus. Ils ont tort, ils devraient le regarder au moins.

Que le narcissique en chef, qui a obtenu son poste de Premier ministre dans une pochette surprise, arrête de parler à son miroir, regarde ses compatriotes droit dans les yeux et leur explique comment il espère retrouver la « confiance » des Libanais du Liban et de la diaspora, ainsi que celle des investisseurs étrangers et des dirigeants des pays arabes et occidentaux, ramener le Liban à renouer avec le génie phénicien du commerce et récupérer son titre de Suisse de l’Orient, et faire en sorte que les dollars coulent à lot sur les comptes bancaires et alourdissent les poches des travailleurs, avec ceci ?

*

Oubliez nos différends politiques avec Hassan Nasrallah, voici le décor de la conférence de presse du chef du Hezbollah, préenregistrée et diffusée le mardi 16 juin.

A sa gauche, la photo d’un homme, un certain Hajj Hassan Farhat, présenté comme le « chef jihadiste » svp. Il fait partie des miliciens de la première heure, « la génération fondatrice du Hezbollah et de la Résistance islamique au Liban », qui a combattu aussi en Syrie. Soit.

A sa droite, la photo d’un certain Docteur Ramadan Abdallah Chalh, mort il y a dix jours. L’homme est présenté comme « l’ex-secrétaire général du mouvement du Jihad islamique » ! Houston we have a problem, oh, même trois. C’est l’ex-chef palestinien d’un parti-milicien palestinien à la fois islamiste et jihadiste, classé terroriste par les pays occidentaux, dont les États-Unis et l’Union européenne, comme le Hezbollah d’ailleurs. Sa branche armée est appelée, saraya el-qods. Sous son règne, de 1995 à 2018, nombreux attentats terroristes ont été commis. Lui-même est sur la liste noire américaine du terrorisme, un des Most Wanted Terrorists recherchés par le FBI. Il vivait tranquillement au Liban car le Jihad islamique a pignon sur rue, comme n’importe quelle ONG. Mais bon, il sera enterré à Damas, où est basé le Jihad islamique, qui est en réalité une organisation palestinienne sunnite vassale de la Syrie alaouite des Assad et de l’Iran chiite des mollahs.

*

Hassan Nasrallah consacrera une grande partie de son discours à ces personnalités « jihadistes », qui « si les circonstances le permettaient, ils mériteraient un hommage national et des cérémonies commémoratives ». Il l’a expliqué en long et en large, urbi et orbi, dans l’indifférence générale des autruches, des hezbollahi-compatibles et des idiots utiles du Hezb.

Cela ne l’a pas empêché de consacrer le reste de son discours à la situation financière au Liban. « Les Américains empêchent le transfert de quantités suffisantes et nécessaires de dollars au Liban », ils font même « pression sur la Banque du Liban pour éviter d’injecter des dollars en quantité suffisante sur le marché ». Il a révélé même que « le Hezbollah ramène des dollars au Liban. Où et comment, c’est une autre histoire… La question du dollar est un complot contre le Liban, le peuple libanais, l'économie libanaise et la livre libanaise, avant qu'il ne soit un complot contre la Syrie. » Et patati et patata et blablabla. Wlak ya sayyed Hassan, avec ce décore et ce discours le 16 juin, les Américains n’ont nullement besoin de « faire pression » sur la Banque centrale libanaise, ni de « retenir les transferts » du billet vert vers le Liban, qui est leur monnaie nationale soit dit au passage !, ni d’organiser je ne sais quel « complot » contre le pays du Cèdre. Certains le font beaucoup mieux qu’eux, en faisant tout ce qui est possible et imaginable pour saboter la « confiance » dans notre pays.

Je laisserai le mot de la fin au chef du Hezbollah lui-même. Une fois n’est pas coutume, je partage entièrement son constat. « Voyons dans cette affaire de dollar qui est notre ennemi, notre adversaire et notre problème (…) Reconnaissons nos massacreurs et nos bouchers (…) Sachons qui humilie notre pays et notre peuple, afin de savoir comment traiter le problème de la manière la plus appropriée. » Il ne croit pas si bien dire, sauf que les autruches, les imposteurs et les idiots utiles sont légion dans nos contrées 🤔


mercredi 17 juin 2020

Les sanctions américaines contre contre le régime de Bachar el-Assad, la loi César, vise surtout à sortir l'Iran et le Hezbollah de la Syrie (Art.802)


Cet album odieux a été méticuleusement constitué, à la manière de Snowden, par un dénommé César, le pseudo d'un ex-photographe militaire syrien ayant fui la Syrie avec 45 000 clichés concernant 11 000 prisonniers, syriens pour la majorité, dont des Libanais selon certaines informations, affamés, torturés et mis à mort par le régime de Bachar el-Assad, entre 2011 et 2013.

Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a rien pu faire contre ce crime contre l’humanité, à cause de la Russie et de la Chine qui ont opposé une quinzaine de vetos au total sur des résolutions concernant la Syrie. Agissant en dehors du cadre de l’ONU, les Etats-Unis par contre ont réussi à la fois à anéantir Daech (via la coalition arabo-occidentale, 2014-2019), éliminer l’arsenal chimique de la Syrie (via les menaces de frappes d’Obama, 2013) et faire pression sur le régime syrien, via la loi César, votée par le Congress et signée par le président Donald Trump (2019). Elle entre en vigueur aujourd’hui.

« Caesar Syria Civilian Protection Act of 2019 » fait couler beaucoup d’encre dans nos contrées. Les spéculations vont bon train. Quelles conséquences pour la Syrie précisément, le Moyen-Orient en général et le Liban en particulier ? Il est important de le savoir pour mieux envisager l’avenir.

*

Pour se faire une idée précise, il faut d’abord évaluer la portée de la loi César. « La loi établit des sanctions supplémentaires et des restrictions financières contre les institutions et les individus liés au conflit en Syrie… les étrangers qui (1) fournissent un soutien important ou s'engagent dans une transaction importante avec le gouvernement syrien ou ceux agissant au nom de la Syrie, de la Russie ou de l'Iran ou (2) sont sciemment responsables de graves violations des droits de l'homme contre le peuple syrien… ceux qui fournissent divers biens ou services à la Syrie ». Il est donc clair, cette loi fera très mal au régime de Bachar el-Assad, mais aussi à ses soutiens, la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais.

Mais la question que tout le monde se pose ce matin est de savoir jusqu’où ira ce mal : jusqu’à parvenir par la pression économique, à ce que l’on n’a pas pu obtenir par la diplomatie et les armes, la fin de la guerre, avec ou pas, la chute de la tyrannie des Assad, après 50 ans de dictature et de terreur, en Syrie et au Liban ?

Difficile de le prédire dès à présent pour diverses raisons.

1. L’objectif de la loi César ne le laisse pas supposer. Il s’agit de « mettre un terme au massacre massif du peuple syrien, à encourager un règlement politique négocié et à tenir les auteurs de violations des droits humains syriens responsables de leurs crimes ». D'ailleurs, le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo vient de lever tout doute à ce sujet : « Nous prévoyons beaucoup plus de sanctions et ne nous arrêterons pas tant qu'Assad et son régime n'auront pas mis fin à leur guerre inutile et brutale contre le peuple syrien et que le gouvernement syrien n'aura pas accepté une solution politique ». C'est donc la politique de la carotte et du bâton.

2. Il n’est pas question d’offrir à l’organisation terroriste jihadiste Daech, les conditions favorables pour renaitre de ses cendres.

3. La loi prévoit de nombreuses exceptions, plutôt vagues. Les sanctions pourraient être levées à condition de « mettre fin aux bombardements des civils/installations médicales/écoles, d'assurer un meilleur accès aux aides humanitaires, de libérer les prisonniers politiques, de laisser les réfugiés retourner chez eux, de traduire les auteurs de crimes de guerre devant la justice et de lancer un processus de vérité et de réconciliation crédible et indépendant en Syrie ».

4. Des exemples de régimes sous sanctions, ce n’est pas cela qui manque dans l'histoire. Les faire tomber par les sanctions, c’est tout une autre histoire. La Syrie est déjà sous sanction, la Russie et l’Iran eux-mêmes sont sous sanctions aussi et depuis belle lurette.

5. Le régime syrien maitrise parfaitement la contrebande et le marché noir, via ses protecteurs, la Russie et l’Iran, et ses voisins, l'Irak, la Jordanie et le Liban.

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A ce propos, Bachar el-Assad est béni des dieux des Enfers, il possède un extraordinaire échappatoire, le Liban. Ses alliés, le camp des ex-8Mars (شكرا سوريا الاسد), sont non seulement nombreux, mais en plus, ils sont au pouvoir, via le quintet Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, seul sans partage, comme au début de la guerre syrienne. En laissant la frontière syro-libanaise grande ouverte entre 2011 et 2014, ils lui ont rendu un énorme service en lui permettant de se délester de 2 millions de déplacés syriens, des opposants potentiels pour le régime. En entravant leur retour en Syrie par tous les moyens, nous sommes à la 10e année de la guerre!, Assad a même réussi à transformer les ressortissants syriens au Liban, en colonisateurs potentiels du pays du Cèdre.

Et comble de la chance pour ce régime maléfique, ses adversaires au Liban, le camp des ex-14Mars, Hariri-Joumblatt-Gemayel-Geagea, sont dispersés, désorganisés et pas vraiment doués pour s'unir et y faire face. Leur ex-chef, Saad Hariri, est tout sourire en compagnie de l'Istèz que du Hakim ! Comprenne qui pourra.

Toujours est-il qu'en gardant la frontière syro-libanaise grande ouverte, le quintet au pouvoir assure au régime de Bachar el-Assad une perfusion permanente de dollars américains par la Banque du Liban, et toutes sortes de contrebandes, dont des produits soutenus par la Banque centrale libanaise. 15 millions de dollars ont été injectés ces trois derniers jours sur le marché libanais, aussitôt aspirés par les spéculateurs sans scrupules au Liban et en Syrie. Au pays du Cèdre, nous sommes passés d’une consommation de 2,24 millions de litres de mazout dans les premiers mois de 2019, à 8,87 millions de litres pour la même période en 2020. Et malgré tout cela, vous avez le narcissique en chef, parachuté Premier ministre, qui continue à interroger son beau miroir, se teindre les cheveux et à s'envoyer des fleurs !

*

Pas la peine d’en rêver, la loi César a peu de chance de mettre un terme à la guerre civile en Syrie ou à faire tomber le régime de Bachar el-Assad. Ce n’est même pas son objectif. Les nouvelles sanctions américaines pourraient mieux encadrer la guerre syrienne et mieux protéger les civils. Mais elles visent plutôt à faire pression sur le régime syrien, et son principal parrain, Vladimir Poutine, pour éliminer l’Iran et ses vassaux, les milices chiites, notamment libanaises, le Hezbollah, de l'échiquier syrien. A Bachar el-Assad, le message sous-entendu est clair, s’il veut profiter de sa victoire militaire à moyen terme, il doit d’abord couper ses liens avec l’Iran et le Hezbollah. A Vladimir Poutine, le message sous-entendu est tout aussi clair, s’il veut tirer profit du sauvetage du régime syrien à moyen terme, il doit d’abord faire pression sur Assad pour se débarrasser de l’Iran et du Hezbollah. A long terme, le message sous-entendu aux deux est encore plus clair, pas de reconstruction de la Syrie, sans solution politique, sachant que le volume global de destruction évalué par l'ONU à 400 milliards de dollars, fait baver beaucoup de rapaces du Liban, de France et du reste du monde.

Voilà ce qu'il en est au juste, à nous de savoir où sont nos intérêts. La Syrie est plus que jamais au ban des nations. Au lieu de tendre la main au pestiféré de Bachar el-Assad, comme l'a fait comprendre hier le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le Liban doit lui tourner le dos, l'envoyer au diable et contrôler la frontière syro-libanaise d'une main de fer.

PS : A la guerre comme à la guerre, c’est à peine si certains s’en souviennent encore. Pour d’autres, les crimes de guerre sont imprescriptibles. Alors que les « idiots utiles » demandent toujours des preuves, je l’avais compris dès le départ, notamment en mars 2015. « Si les divinités maléfiques devaient s’incarner en un homme, elles prendraient Bachar el-Assad pour corps et Daech pour âme… Le dernier tyran des Assad ne pourra jamais échapper à deux actes abominables qu’il a commis… le massacre chimique de Ghouta (1 400 morts en quelques minutes) et l’album de César (l’industrialisation de la torture). »


lundi 15 juin 2020

Témoignage d'un Israélien originaire de la communauté juive libanaise : « Arriver en Israël en 1966, en provenance du Liban, c’est comme quitter Gaza aujourd’hui pour se rendre à Tel Aviv ! » (Art.801)


Témoignage intéressant d’un homme de confession juive originaire du Liban, Léon Derziyé, né à Beyrouth en 1954. Ses parents étaient issus de deux familles nombreuses, 12 et 7 enfants, comme beaucoup de ses compatriotes de cette génération. Il vivait dans le quartier beyrouthin de Wadi Abou-Jmil, avec ses grands-parents, ses oncles, ses tantes et ses innombrables cousins et cousines aux alentours. J’ai des vagues souvenirs de ce quartier d'avant la guerre, une tante y habitait. Je me rappelle encore de ce lieu paisible avec des maisons anciennes magnifiques et des impasses ombragées. Tout a été rasé. Léon a appris le français, l'arabe et même l’hébreux, à l'école svp. Je ne crois pas qu'il subsiste encore une seule école qui enseigne cette langue dans tout le Moyen-Orient en dehors d'Israël ! La communauté juive, officiellement reconnue comme l'une des 17 communautés religieuses du Liban, se réunissait sereinement à la synagogue pour les chabbats comme pour les fêtes juives. Léon parle encore très bien le libanais. Son père a exercé la médecine à Beit Chabeb dans le Metn, caza chrétien à dominante maronite, et à Tibnine dans Bint-Jbeil, caza musulman à dominante chiite. Soupçonné d’espionnage en 1964, très déçu de l’avoir été, il a décidé deux ans plus tard de partir pour d'autres cieux. Léon avait 12 ans. Voici son histoire. Il la raconte sans rancune avec le sourire et beaucoup de nostalgie.

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Deux passages de ce court-métrage, entrecoupé par de nombreux souvenirs en noir et blanc, ont retenu mon attention.

1. « Pourquoi on dit que les Juifs du Liban vivaient bien? C'est parce qu'à aucun moment, ils n’ont été agressés ou tués comme en Europe, ou contraints de quitter leurs villages. Au Liban, nous n’avions rien de tout cela. Voilà pourquoi nous devrions dire aux Libanais, شكرا, merci. » (9:32-10:10)

2. « Arriver en Israël en 1966, en provenance du Liban, c’est comme quitter Gaza aujourd’hui pour se rendre à Tel Aviv ! A l’époque, il y avait une différence énorme entre le Liban, spécialement Beyrouth, et Tel Aviv. Il n’y avait rien à Tel-Aviv. Au Liban, on voyait de belles voitures, les derniers modèles de l’année (...) La vie à Beyrouth était belle. La vie en Israël était pauvre. Celui qui avait une Vespa (scooter), se prenait pour un chef de quartier ! » (10:58-11:57)

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Ô Léon, mais maintenant c’est exactement l’inverse ! La pauvreté est à Beyrouth et la richesse à Tel Aviv. Ceux qui ont des scooters, notamment immatriculés à Dahyié, sont les chefs des quartiers sud de la banlieue de Beyrouth, fief du Hezbollah, mais aussi du centre-ville et des quartiers voisins de la capitale, ils sont les maitres du taux de change du dollar américain au pays du Cèdre, de sa fuite en Syrie pour sauver le soldat Bachar et même de l'avenir du Liban et de l'ensemble des Libanais. Voilà où nous étions dans les années 1960, mieux qu'Israël !, et voici où nous en sommes dans les années 2020, sur la même longueur d’onde que Damas et Téhéran. C'était comme quitter Gaza pour Tel Aviv ! Nous savions que notre Liban était florissant, mais à ce point, je n'en reviens pas. Nous devrions donc dire un grand MERCI aux dirigeants incompétents du Liban et rendre hommage à la mythologie brodée autour de la lutte contre Israël par جبهة الصمود والتصدي والممانعة والمقاومة

De la Suisse de l’Orient, il ne reste plus rien de ce qui nous a valu ce surnom dans les années 1960. Le secteur bancaire est sérieusement affaibli par le quintet du pouvoir libanais, Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, notamment avec leur stupide décision d'injecter les réserves en dollars de la Banque centrale sur un marché soumis aux tempêtes spéculatives et avec une frontière syro-libanaise grande ouverte à tous les trafics. Par les temps qui courent, ça fait beaucoup de bien de se souvenir des deux points clés de ce témoignage, la tolérance et la prospérité, elles nous seront essentielles pour rebondir. « Si tu me le demandes, au final, j’aimerai bien y retourner. J’ai voyagé dans le monde. Je suis sûr que le Liban et Beyrouth pourraient être des endroits magnifiques. » Oh mollo-mollo Léon, ce n'est pas demain la veille, ni pour l'un ni pour l'autre 🤔


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