samedi 27 septembre 2014

Quelle appellation faut-il choisir pour désigner l'organisation terroriste d'Abou Bakr el-Baghdadi : Etat islamique, Daech, EI, EIIL, ISIL ou ISIS ?


Les mots ont évidemment leur importance. Dans un article paru le 26 septembre, Lucien Jedwab, chef du service Correction du quotidien Le Monde précise : « Provisoirement, nous recommandons de mettre “‪‎Etat islamique” entre guillemets lors de la première mention dans l'article, si possible en précisant “l'organisation”. Ensuite, on s'évertuera à mettre le sigle EI ». Bon, chacun son choix. C’est le mien depuis le début : l’usage systématique des guillemets, ainsi que la désignation de la bande d'Abou Bakr el-Baghdadi par l’organisation. Qui est intéressé par cette question sémantique, peut lire l’échange que j’ai eu il y a une dizaine de jours à l’occasion de la publication de mon article sur la « 4e guerre du Golfe ». En voici un résumé.

Ce n’est pas seulement le mot « Etat » qui pose problème, mais c’est aussi la référence « islamique ». Après maintes réflexions, j’ai décidé contrairement à certains politiques et journalistes, de désigner « l’Etat islamique » par « Etat islamique ». Je trouve que l’usage systématique des acronymes Daech, ISIS ou ISIL, ne convient pas. Non seulement, que c’est sous l’appellation « Etat islamique » que cette organisation terroriste se fait connaitre, mais en plus, si on rentre dans le jeu de la légitimité du mot "Etat" et de la susceptibilité pour le mot "islamique", il va falloir s’astreindre à l’autocensure et changer pas mal d’appellations et de noms courants. Tenez, par exemple, aux yeux de certains « Abou Bakr el Baghdadi » porterait bien préjudice à Abou Bakr, le 1er calife, et à Bagdad, la prestigieuse capitale de l’Irak ; le « Hezbollah » porterait préjudice à « Allah » ; la « République islamique d’Iran » porterait préjudice à la religion islamique aussi ; les « Born Again Christians » porteraient préjudice au christianisme et même au Saint-Esprit ; « l’Eglise de scientologie » porterait préjudice à « l’Eglise catholique » ; les « témoins de Jéhovah » porteraient préjudice à « Jéhovah »; j’en passe et des meilleures. Voilà pourquoi j’ai décidé d’opter pour la dénomination originale, et de la cerner systématiquement par des guillemets, pour signifier que l’usage de l'appellation « Etat islamique » est doublement abusif. Wa ektada el tawdi7.

J’ai évidemment hésité entre les nombreuses options. Mon côté « scientifique » me faisait pencher dès le départ plutôt vers l’appellation originale, et que pour les réserves, il fallait la mentionner systématiquement cernée de guillemets. J’ai procédé ensuite par élimination. Je trouvais les acronymes occidentaux, enfantins, stérilisés, voire sympathiques (ISIS fait penser à la mythologique grecque !). « Daech » collait bien, le mot à sonorité arabe accroche. Cet usage vaut celui de tout nom propre. Personnellement, j’étais conforté dans le choix des guillemets, quand je me suis rendu compte que cette multiplication des acronymes -Daech et même Dache/Déche selon les prononciations des gens non arabophones, EI, EIIL, ISIL et même ISIS- crée une certaine confusion chez les gens. Le plus comique, et c’est arrivée avec d’autres personnes !, quand j’ai entendu ce mot la toute première fois, j’ai cru qu’il s’agissait d’une personnalité poussiéreuse sortie de je ne sais où ! Autre règle, que j’ai appliquée dans l’article 242, c’est l’usage fréquent du mot « organisation » pour désigner cet « Etat », et souligner son côté primitif.

Réf. 

jeudi 25 septembre 2014

« Les moustachus ont bombardé Daech », selon les Nouvelles de l'armée saoudienne


« Les moustachus qui ont bombardé Daech ». Pas la peine que la féministe Fourest monte sur ses grands chevaux, il n’y a pas encore de femmes dans l’armée de l’air saoudienne, le terme n'est donc pas sexiste. Bon, sérieux. Parce que l’argent est le nerf de la guerre, les forces américaines, saoudiennes et émiraties, ont attaqué pour la première fois des installations pétrolières qui sont sous contrôle de ‪‎Daech‬, et qui génèrent des revenus considérables à l’organisation terroriste (2 millions $/j). Parmi les 13 cibles attaquées en ‪Syrie‬ dans la nuit de mercredi, figurent 12 sites pétroliers à l’Est du pays. La participation des pays arabes dans les raids dépassait celle des Etats-Unis nous dit-on. C’est ce qui permettra de couper l’herbe sous les pieds des djihadistes. Le monde arabo-sunnite remplit activement « sa » part du contrat, en combattant les extrémistes sunnites en Syrie, il ne reste plus qu’au monde perso-chiite de remplir la sienne : pas en combattant les extrémistes sunnites, mais en combattant les extrémistes chiites et alaouites, qui nourrissent les premiers, et aux Chrétiens d'Orient de se débarrasser de leur esprit communautaire. Si chacun balayait devant sa porte, le Moyen-Orient serait bien propre !

mercredi 24 septembre 2014

Destruction par l’armée américaine d’un Centre de commandement de « l’Etat islamique / Daech » à Raqqah (photos et vidéo)


Malgré les jérémiades de yallé tale3loun wou ma byé3jebounn el 3ajab, voici quelques détails sur les premières frappes américaines menées le 23 septembre contre « l’Etat Islamique » (EIIL/Daech) en Syrie, dans le cadre de la « quatrième guerre du Golfe ».

1. Les frappes aériennes ont été menées principalement par les Etats-Unis. Les portes-avions et les croiseurs qui ont pris part aux opérations militaires appartiennent à la 5e flotte américaine. Ils sont dans les eaux internationales de la Mer rouge et du Golfe arabique. Les navires de guerre américains de la Méditerranée orientale n’ont pas participé aux opérations. Il faut dire que le Pentagone a dû modifier ses plans d’attaques à la dernière minute, après le pied de nez historique de Gebran Bassil au Conseil de sécurité de l’ONU et cette mise en garde ferme du ministre libanais des Affaires étrangères, effectuée lors de son week-end passé à Las Vegas, tiraillé entre l’église Mar Charbel et l’église Mar Garabet, décrétant explicitement que « le Liban ne servira pas de base pour mener des attaques étrangères contre Daech, ni de couloir pour les avions de la coalition internationale », et admettant implicitement, qu’il peut servir de base à la milice du Hezbollah pour pousser le pays du Cèdre et sa population à s’enliser dans la guerre civile syrienne.

2. Cinq pays arabes ont participé directement et indirectement aux frappes aériennes : Arabie saoudite, Qatar, Emirats, Bahrein et Jordanie. Des renseignements transmis par les rebelles syriens via les pays arabes, ont permis de mieux choisir les cibles et le bon moment pour les attaquer.

3. Opérations aériennes: 50 raids effectués, 30 en Syrie et 20 en Irak. Opérations navales : 160 missiles de haute précision tirés, dont 47 Tomahawk, ce « nuage de colère » en amérindien, qui vaut plus de 650 000 $ la pièce, le prix d’un pied-à-terre à Paris. Voilà où conduit le fanatisme religieux ! A l’heure de l’austérité économique, c’est précisément là où la contribution financière des pays du Golfe est précieuse pour parvenir à affaiblir et à anéantir « l’Etat islamique ». Les Etats-Unis ont menés au total, près de 200 raids en Irak à ce jour. L'effet de surprise a permis grâce à ces frappes étendues et massives, d'infliger de lourdes pertes aux djihadistes de Daech, qui se croyant à l'abri en Syrie, auraient rapatrié une partie de leurs hommes et de leurs armes du front irakien.

4. Cibles atteintes : centres de commandement de l'Etat islamique / Daech, sites d'entraînement, bases, dépôts, véhicules armés et camions de ravitaillement, dans les régions de Raqqah (QG des terroristes), Alep (QG des Khorasan, groupe lié à al-Qaeda) et Deir el-Zour. Bilan : plus de 120 djihadistes tués (selon l’OSDH, une ONG syrienne).

5. Quelques déclarations fort utiles. Jennifer Psaki, porte-parole du département d'Etat (USA): « Nous n'avons pas coordonné nos actions avec le gouvernement syrien. Nous n'avons pas donné de notification à l'avance aux Syriens, ni d'indication sur le moment des frappes ni sur les cibles spécifiques. » Le régime syrien lui, assure avoir été informé par les Américains du début des frappes. Par contre, le président iranien, Hassan Rohani, dénonce un acte militaire illégal, mené sans l'approbation de Damas. Bon, je pense que ce n’est pas la peine d’aller plus loin, chacun a déjà sa petite idée sur la question.

Affaire à suivre.

dimanche 21 septembre 2014

A propos de l'étrange libération des otages turcs par Daech, selon Erdogan, "c'est une victoire de la diplomatie"


« Il n'a pas été question d'argent du tout, il y a seulement eu des négociations diplomatiques et politiques. Et c'est une victoire de la diplomatie » Alors récapitulons. Pour libérer ses 46 otages détenus par « l’Etat islamique », Recep Tayyip ‪‎Erdogan‬ nous fait croire que la ‪‎Turquie‬ n’a pas versé de rançon aux ravisseurs. Alors pourquoi les tarés de Raqqa les ont-ils libéré bordel ? Enno, la asbeb inséniyé ! 

Les otages libanais sont décapités et se font égorger ou buter, comme les otages américains et britanniques, mais par contre, les otages turcs retournent à Istanbul avec de nombreux cadeaux de « calife » Ibrahim, l’usurpateur du califat, Abou Bakr el-Baghdadi. Cherchez l’erreur ! 

En tout cas, maintenant que la Sublime Porte n’a plus d’otages avec ‪‎Daech‬, elle pourra s’engager pleinement contre les djihadistes, au lieu de rester honteusement à l’écart de la coalition internationale et de compter sur les Etats-Unis pour débarrasser le monde musulman, des barbares de « l’‪‎Etat islamique‬ ». A moins qu’Erdogan, l’islamiste-soft, comme le désignent gentiment les naïfs occidentaux, n’ait donné des gages aux islamistes-hards, de continuer la politique infâme de la Turquie suivie depuis plus de deux ans, laissant la frontière turco-syrienne largement ouverte aux djihadistes de tout poil. Quand je pense que la Turquie veut adhérer à l’Union européenne ! Allah yer7am trabak ya Atatürk.

A en croire certains, « La République islamique d’Iran » va donc lutter contre « l’Etat islamique d’Irak et du Levant », lol ! La barbarie de Daech ne rendra pas Assad respectable. « Dans la lutte contre l’EIIL, nous ne pouvons pas compter sur le régime d’Assad qui terrorise son propre peuple, un régime qui ne retrouvera jamais la légitimité qu'il a perdue. » C’est le big boss de la Maison-Blanche himself qui le dit !

vendredi 19 septembre 2014

Enjeux du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse du Royaume-Uni


Non mais, ce n’était vraiment pas le moment pour l’‪‎Europe‬ d’ouvrir la boite de Pandore des revendications identitaires ! Toutes mes félicitations aux Ecossais d’avoir saisi le grand enjeu de ce référendum qui dépassait les préoccupations de l’‪Ecosse‬ et du Royaume-Uni. NON à l’indépendance irresponsable et à l’esprit séparatiste des régions du monde. OUI à l’autonomie responsable et à l’esprit de fédération pour les pays du monde. Une question de principe.
  
Ce problème dépasse les Ecossais. Et pas que l’Europe. Il n’y a pas un seul pays au monde qui n’a pas d’ennuis identitaires ou frontaliers, avec des revendications séculaires de tel ou tel groupe social/éthnique/religieux, etc. On imagine le bordel planétaire ! Et tout ça, à un moment où la planète a tant de graves problèmes à régler : difficultés économiques, guerres, famines, changement climatique, problèmes écologiques, immigration, etc. En plus, cette tendance séparatiste aurait été très bien exploitée par les populistes pour détruire l’Union européenne. Et rajoutons à tout cela, qu’actuellement il y a un consensus international pour ne pas encourager cette dérive, sauf cas exceptionnel. On est loin de l’époque colonialiste et des émancipations des peuples ou la période post-soviétique. A part une fracture très profonde, et un conflit chronique et incurable, aujourd’hui on ne peut pas prétendre se séparer d’un pays et adhérer à l’ONU et les institutions internationales sur un simple référendum. C’est plus compliqué que ça, sur le plan du droit international. Si problèmes il y a, il faut militer pour les corriger, pour plus d’autonomie, voire un système fédérale.

lundi 15 septembre 2014

Impunité et immunité inadmissibles d'‎Israël‬


"Non seulement la confiscation par Israël de quelque 400 hectares de terres palestiniennes cette semaine est contre-productive, ainsi que l'a qualifiée le département d'État américain, mais elle constitue en outre une violation flagrante du droit international, d'une ampleur particulièrement grave - il s'agit en effet de l'accaparement de terres le plus vaste dont Israël se soit rendu coupable depuis 30 ans, selon Peace Now." Amnesty International

dimanche 14 septembre 2014

Michel Aoun serait-il l’héritier politique de Bachir Gemayel ?


Et dire que certains laissent sous-entendre que Michel Aoun est l’héritier politique de Bachir Gemayel ! L'ancien président de la République libanaise, doit se retourner dans sa tombe, de voir dans quel sacré merdier son pays est plongé aujourd'hui et que celui à qui il a fait confiance un jour au début des années 80, est allié avec la dynastie tyrannique syrienne qui l'a assassiné.

jeudi 4 septembre 2014

Valérie Trierweiler: être impulsive à chaud est une réaction normale excusable, l'être à froid est une réaction primaire impardonnable


Au-delà du comportement de François ‪Hollande‬ dans cette affaire, la ‪‎France‬ mérite mieux que d'assister à ce règlement de compte d'ordre privé au plus haut sommet de l’Etat. Etre impulsive à chaud est une réaction normale excusable, l'être à froid est une réaction primaire impardonnable. 

Valérie ‪Trierweiler‬ fait bon usage de cette maxime selon laquelle la vengeance est un plat qui se mange froid. Il n'empêche que son comportement nombriliste à travers ce livre qui sort en librairie aujourd'hui, Merci pour ce moment, aux Editions Les Arènes, est quand même méprisable. Elle aurait sorti ses quatre vérités au bonhomme avant d'être "larguée", tout serait à son honneur. Le faire après, tout est à son déshonneur.

Pire que la théorie du genre, c’est le mélange des genres. Et sur ce point Trierweiler excelle. Sa jalousie maladive et son désir aveugle de vengeance l’a rendu mythomane. C'est dans ce contexte qu'il faut aborder ses allégations concernant entre autres, la désignation des "pauvres" par François Hollande, comme des "sans-dents". D’ailleurs, son tweet contre Ségolène Royal, à peine arrivée à l’Elysée, résumait bien sa personnalité. En tout cas, les Français n'ont pas à subir les caprices d'une "ex de", surtout qu'elle n'est ni élue par le peuple, ni nommée par les autorités politiques, encore moins sur des sujets d'ordre privé. Pour résumer, on peut quand même dire que l'ex-première dame de France fait plus pitié qu'envie et suscite davantage l'antipathie que la sympathie. Quel gâchis ! 

Avant d'oublier, enrichir un vautour d'éditeur et son auteur de fortune, non merci, je zappe. Pour info, Les Arènes prévoient un tirage exceptionnel de 200 000 exemplaires (le niveau d'un Amélie Nothomb ou d'un Marc Levy). Et donc, autant de pigeons-lecteurs à plumer. Avec 16 % de droits d’auteur, l’ex-éplorée empochera plus de 640 000 € (830 000 $) pour un travail de deux mois. Certes, c’est moins que Nafissatou (feuilleton DSK), mais il y a largement de quoi la consoler. Pas mal de gens se déshonoreraient pour beaucoup moins que ça !

dimanche 31 août 2014

Poursuites judiciaires à l'encontre d'un Libanais qui a brûlé le drapeau de l'Etat islamique à Beyrouth


Deux remarques pas plus, heik 3al méché, sur une affaire qui enflamme les réseaux libanais et déchaine les passions.

1. Liberté d'expression ou pas, drapeau ou pas, daech ou pas, Rifi ou pas, chahada ou pas, seule la "racaille" s'exprime en incendiant, au moins en Occident, il faut quand même le rappeler. Avis aux amateurs et aux adeptes.

2. Rayatt el islam aw el sélouss el masi7é, il n'empêche que poursuivre un pauvre type parce qu'il a brulé le drapeau d'une organisation terroriste, l'Etat islamique, dans le quartier chrétien d'Achrafieh à Beyrouth et laisser se dérouler sans souci, bien que contraints et forcés, le même jour svp, une manifestation de soutien à ces terroristes dans le camp palestinien de Aïn el-Helwé -ya de3ann el esem fiyounn!- où l'on a brulé le drapeau du Liban soit dit au passage, est une insulte pour l'Etat libanais tout entier et pour tous les Libanais, toutes tendances politiques et appartenances communautaires confondues, Achraf Rifi en tête.

mardi 26 août 2014

Après l’Ice Bucket Challenge, voici le Rubble Buckett Challenge, la version palestinienne


Après l’Ice Bucket Challenge, voici le Rubble Buckett Challenge, la version palestinienne. Très fort ! Personnellement, je ne ferai ni l’une ni l’autre. La première est très nombriliste, la seconde trop salissante. Je préfère m’adonner à ce que je maîtrise plutôt bien. Filer des baffes et lancer des piques, je sais faire. Caustique et sarcastique, je sais l’être. Think different, plutôt que think "tanké", c'est ma philosophie. 

Toujours est-il que j’aime l’idée des nominations. Alors, pour l’Ice Bucket Challenge je nomme Marcel Ghanem, Walid Joumblatt et Michel Aoun, en espérant que l’eau glacée sur leurs têtes les réveillera, ainsi que Monica Belluci, pour des raisons plus coquines ! Quant au Rubble Buckett Challenge, vous m’excuserez, mais j’ai beaucoup de noms en tête, il me sera donc impossible de me limiter à trois. Alors, je nomme pour cela, Benjamin Netanyahou, Khaled Mechaal, Mohammad Deif, Bachar el-Assad, Hassan Nasrallah, Nouri el-Maliki, Abou Bakr el-Baghdadi, Ali Khamenei, Vladimir Poutine et W, en espérant là aussi, que les gravats du Moyen-Orient les réveilleront un jour !

lundi 25 août 2014

Assimiler le Hezbollah et le Courant patriotique libre à Daech (l'Etat islamique en Irak et au Levant) est une hérésie selon Walid Joumblatt


« Assimiler le Hezbollah et le Courant patriotique libre à Daech (l'EIIL), par un politicien libanais, constituait une hérésie et relevait même de la niaiserie ». Walid Joumblatt a évidemment raison pour le CPL. Pas la peine de s’y arrêter. Pour le Hezbollah, les choses sont beaucoup plus compliquées. Sur la forme, le leader druze a raison. Sur le fond, sa formulation est biaisée, tout simplement parce qu’elle émane de la part de celui qui a offert le pouvoir à la milice chiite sur un plateau en argent le 12 janvier 2011 et qui est resté en bons termes avec le régime alaouite jusqu’à ce que le compteur des morts du soulèvement populaire syrien ait passé à cinq chiffres. Tout le monde n’est pas amnésique comme W Beik et chacun sait où il veut en venir. La palme d’or de la niaiserie, chacun est libre de la discerner à qui il veut. Mais Walid Joumblatt devrait savoir que beaucoup de Libanais lui attribuent cette haute distinction. 

En tout cas, qu’il sache lui et les autres leaders du 8 Mars, Hassan Nasrallah et Michel Aoun compris, que la barbarie de Daech ne fait pas du Hezbollah une organisation respectable ! Enno ma3lé ya chabeb, mich rekbé. Et puis, on n’a pas à choisir entre les deux ! Wallah el 3azim rawéyé. On a à combattre les deux dérives, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons. Depuis plusieurs jours j’essaie de remonter « A l’origine de l’Etat islamique » car il serait illusoire d’espérer vaincre ce mal, sans en connaitre l’origine. Article qui sera bientôt dans votre fil d’actualité.

samedi 23 août 2014

Beyrouth 1965 : tout était trop beau pour durer



De temps à autre, il est quand même nécessaire de se rappeler le bon vieux temps. C'est une photo de Raymond Depardon prise au Liban, eh na3am!, en 1965, allah wakilkoun, que j’ai rebaptisée « Au temps du naturel, du charme et de l'insouciance ». Oh, quel superbe cliché ! Inconcevable de nos jours pour 1001 raisons.

Voici ce que le jeune photographe a écrit à l’occasion de ce reportage à la belle époque : « Floris de Bonneville, rédacteur en chef de l’agence Dalmas, me propose de partir photographier les nouveaux Saint-Tropez en Méditerranée. 


Après Portofino et Hydra, je découvre Beyrouth. Je tombe sous le charme immédiatement, le mélange de populations, sa gentillesse, sa tolérance, la langue française, ses souks, son architecture (…) Tout était trop beau pour durer ! » 

Une photo mythique qui a réussi à capter et immortaliser à travers ces deux beaux regards, l'exubérance masculine méditerranéenne et la coquetterie féminine orientale. Magnifique. Merci Raymond Depardon.

Beyrouth centre-ville, Editions Points (2010)

jeudi 21 août 2014

Syrie / Destruction des armes chimiques syriennes un an après la mort de 1429 personnes gazéees dans une banlieue de Damas



Une bonne nouvelle pour trois mauvaises ! Après l’utilisation des armes chimiques par les troupes du dernier tyran des Assad contre les rebelles syriens et la population civile à l’aube du 21 août 2013 dans la banlieue de Damas, provoquant la mort en quelques minutes de 1 429 à 1 845 personnes, dont plus de 426 enfants, et blessant près de 10 000 personnes (c’est le bilan du mois de guerre à Gaza !), et face à la menace brandie à l’époque par le président américain, Barack Obama, les présidents syrien et russe, Bachar el-Assad et Vladimir Poutine, furent contraints d’accepter de détruire l’arsenal chimique syrien de 1 300 tonnes de produits hautement létaux, pour éviter l’humiliation et les risques des frappes américaines en Syrie.

Un an plus tard, jour pour jour, la mission est presque accomplie, même si les installations pour produire des armes chimiques en Syrie ne sont pas encore détruites. Théoriquement, il n’y a donc plus « d’armes de destruction massive » au Moyen-Orient. C’est incontestablement une bonne nouvelle pour toutes les populations de la région, sauf que celle-ci est accompagnée de trois mauvaises nouvelles : les auteurs de ce « crime de guerre » et ce « crime contre l’humanité » n’ont toujours pas été jugés, la guerre fait toujours rage en Syrie et Israël détient toujours plusieurs centaines d’ogives nucléaires non déclarées, pouvant transformer des centaines de villes du Moyen-Orient en Hiroshima. Ainsi, la lutte continue.


Réf. 
Le débat sur Facebook

dimanche 17 août 2014

Marcel Ghanem considère que Charles Aznavour est un gâteux


Regardez cette tête à claque. Elle -la tête à claque bien entendu!- Marcel Ghanem, considère que Charles Aznavour est un gâteux, sénile wou kherfenn, en proposant d’accueillir dans les villages fantômes de France, les personnes persécutées par l’État islamique en Irak ! En tout cas, ma 2assar fih Emile Rahmé abadannnnn, quand il lui a balancé en juin 2012, la mémorable réplique, que j’ai adoptée aussitôt : enté wa7ad khreiyénn, kess ékhtak ma as2alak. On peut critiquer les gens, mais pas les insulter, surtout quand on prétend être journaliste.

N'en déplaise à Marcel Ghanem et consorts, l’idée de Charles Aznavour est une idée de génie. Elle ne peut émaner que d’un artiste et ne peut être comprise que par un humaniste. En tout cas, que l’on soit d’accord ou pas avec Charles Aznavour n’est évidemment pas le problème. Chacun a le droit d’approuver ou de rejeter l’idée du chanteur français. Le problème c’est l’usage du mot « sénile » qui n’a évidemment pas sa place dans un débat politique, encore moins dans la bouche d’un journaliste connu, bien qu’imbu de lui-même, au professionnalisme qui laisse beaucoup à désirer. Hala2, bien entendu, quiconque a le droit de décider de ne pas voir tout cela, MAIS il ne faut pas s’étonner après et se lamenter à longueur de journée et de mur, et disserter en long en large et de travers sur « l’agressivité et la violence » de la société arabe, libanaise comprise. Qu’elle soit physique ou verbale, celles-ci ont la même racine psychologique : l’immaturité.

Réf.

Extraits de la tribune libre de Charles Aznavour, parue dans Le Figaro, le 13 août 2014 : « Dans la situation actuelle, ces chrétiens, ces Kurdes, ces yazidis, ces musulmans et ces Arméniens doivent, comme tant d'autres, quitter ce pays le plus vite possible... Pourquoi ne pas confier ces villages fantômes (en France) à ces chrétiens, ces Kurdes, ces yazidis, ces Arméniens?... Ils auraient pour obligation de les reconstruire, de les faire revivre, de labourer à nouveau des terres dont la fertilité ne fait aucun doute. Ils pourraient ainsi vivre en paix, quasiment en autarcie. »

Le débat sur Facebook

© 2011-2020 Bakhos Baalbaki