vendredi 1 mai 2015

Blocage et bannissement sur les réseaux sociaux : des procédures d’exception libératrices et démocratiques (Art.286)


Carte partielle d'Internet, basée
sur les données au 15 janvier 2005.
Chaque ligne lie deux nœuds,
représentant deux adresses IP.
Auteur : The Opte Project
La vie sur ‪Internet‬ et les ‪réseaux‬ sociaux, l’agora des temps modernes, n’est vraiment pas un long fleuve tranquille. Je peux vous l’assurer en connaissance de cause. Chose inimaginable dans la vie réelle, on peut avoir des échanges multiples tous les jours avec des dizaines de personnes d’horizons différents. D’après mon expérience, tout sujet au ‪Liban‬ a le potentiel intrinsèque de conduire à une discussion passionnée. Rajoutez à cela que certains de ce cha3eb lebnen el 3azim à l’orgueil démesuré ont cette fâcheuse tendance à s’obstiner jusqu’aux confins du ridicule pour avoir le dernier mot. Face à cette problématique nouvelle de la vie en société, il est évident qu’il faut un « code de déontologie », quand on est sur les murs des autres, et un « règlement interne » pour gérer les interactions humaines sur son propre mur. En y réfléchissant bien, j’ai découvert que contrairement à ce que je pensais au départ, le ‪‎blocage‬ et le bannissement sont des règles libératrices et démocratiques. Ce sont les attaques personnelles et obsessionnelles, les incivilités et la vulgarité, qui sont anti-démocratiques non seulement par leur caractère agressif, mais aussi, par leurs effets malsains qui visent à détourner, étouffer et parasiter le débat démocratique en cours.

mardi 28 avril 2015

Nouvelle manifestation contre la loi de libéralisation des loyers anciens à Beyrouth


Rendez-vous devant le Parlement libanais, demain mercredi 29 avril à 17h pour signifier aux représentants de la nation un triple NON catégorique à la mise en œuvre de la LOI DE LIBÉRALISATION DES LOYERS ANCIENS AU LIBAN (débat sur Facebook), concoctée par cette Assemblée rachitique (et les justifications sont nombreuses, ne serait-ce que pour son incapacité de voter un budget depuis 10 ans, d’élaborer une loi électorale pour remplacer la loi féodale de 1960, d'organiser des élections législatives et d’élire un président de la République libanaise), au rafistolage de la Commission de l’Administration et de la Justice de Robert Ghanem & Co et à la remise de la ville de Beyrouth aux promoteurs sans scrupules et sans vergogne.

Cette nouvelle loi conduira à une spéculation immobilière sauvage, à l’expulsion de la classe moyenne et des natifs de la ville de Beyrouth, à la ségrégation sociale et spatiale des Libanais, à un exode économique transcommunautaire amplifié par la présence de 1,5 million de réfugiés syriens, à la gentrification de la capitale (par le remplacement de la classe moyenne ainsi que des natifs de Beyrouth par une classe aisée et étrangère) et à la destruction totale du parc immobilier ancien de Beyrouth (mais aussi de Tripoli, Jounieh, etc.). Contrairement à ce qu’on pense, tous les Libanais sont concernés par la nouvelle loi du logement pour les raisons citées précédemment, mais aussi parce que celle-ci rendra la capitale libanaise inaccessible à la majorité d’entre eux ! Un comble.

Cette loi telle qu’elle a été votée est actuellement défendue en première ligne par le Courant du Futur (Saad Hariri). En seconde ligne de défense se trouve une partie du Courant Patriotique Libre (Michel Aoun). Elle est essentiellement combattue par les Kataeb (Amine Gemayel) et le Hezbollah (Hassan Nasrallah). S’y opposent une partie du Courant Patriotique Libre (Michel Aoun) et le mouvement Amal (Nabih Berri). Les Forces libanaises (Samir Geagea) et le Parti socialiste progressiste (Walid Joumblatt) sont aux abonnés absents.

Cette loi doit être abolie purement et simplement, condition sine qua non afin d’entamer de nouvelles négociations pour l’élaboration d’une nouvelle loi du logement qui assure la « justice sociale » à tous les libanais, locataires et propriétaires confondus, et garantit à 1 000 000 de locataires anciens le droit de rester dans leurs villes, dans leurs quartiers et dans les appartements qu’ils occupent depuis des décennies.

dimanche 26 avril 2015

Etat des lieux de la guerre en Syrie à travers l’interview de Bachar el-Assad par David Pujadas sur France 2 (Art.285)


Il y a d’abord, l’anecdote à 1 piastre, ensuite, les principes à 5 piastres et enfin, les justifications à 10 piastres. Au total, l’interview de France 2 vaut 16 piastres. Qui suit les déclarations de « l’homme malade » de la ‪Syrie‬, assez rusé d’ailleurs, n’apprendra rien de celles de dimanche dernier. Pour s’en rendre compte, la preuve par huit, qui me permettent cependant, de faire un état des lieux de la ‪guerre‬ en Syrie à l’occasion du 10e anniversaire du retrait des troupes d’occupation syriennes du ‪Liban‬.

I. Le début de la révolution syrienne
II. L’émergence de l’Etat islamique (EI) / ‪‎Daech‬
III. L’usage de barils explosifs
IV. Le recours aux armes chimiques
V. Les frappes de la coalition arabo-occidentale contre l’EI
VI. Le dialogue avec la ‪France‬
VII. Le soutien de l’‪Iran‬ et du ‪‎Hezbollah‬ au régime syrien
VIII. Le départ de Bachar el-‪‎Assad‬


Le déni de la réalité par ‪‎Bachar‬ el-Assad, tel qu'il se manifeste dans ces interviews aux médias occidentaux, ne saurait faire oublier d'une part, les horreurs du passé de cette dynastie tyrannique, en Syrie comme au Liban, et d'autre part, les revers à présent du régime syrien, comme la chute d’Idlib et de Jisr al-Choughour. Si le premier point laisse toujours présager le pire, le second laisse entrevoir une lueur d'espoir.

Etat des lieux de la guerre en Syrie à travers l’interview de Bachar el-Assad par David ‪Pujadas‬ sur France 2 (Art.285) Bakhos Baalbaki

samedi 25 avril 2015

Oui à la reconnaissance du « génocide arménien » par la Turquie. Non à la turcophobie de certains !


Oui à la reconnaissance du « génocide arménien » par la Turquie.
Non à la turcophobie de certains.
Oui à l’apaisement des esprits des Arméniens.
Non à la culpabilisation des Turcs d’aujourd’hui pour ce que les Ottomans d’antan ont fait.
Oui à la pacification des relations turco-arméniennes.
Non aux opportunistes islamophobes.
Oui à la reconnaissance de tous les génocides.
Non aux négationnistes du génocide juif.
Oui à une lecture distanciée de l’histoire.
Non à une fixation obsessionnelle sur le passé.

Photo : Mémorial dédié aux victimes du génocide arménien.
Cathédrale des 40 martyrs à Alep en Syrie, 15e siècle 
Source : Hovic - Old Aleppo Album / Wikimedia Commons

Réf.

lundi 20 avril 2015

Harcèlement sexiste et violences sexuelles dans les transports franciliens : les faiblesses du rapport du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (Art.284)


« ‪Harcèlement‬ dans les transports en commun : aucune femme n'y échappe » (Libération). « 100% des ‪femmes‬ victimes de harcèlement sexiste ou d'une agression sexuelle dans les transports en commun » (Atlantico). Ces titres alarmistes de la presse française se basent sur un rapport rédigé par le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (HCEfh) sur le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les ‪transports‬ en commun (notamment à ‪Paris‬ et sa banlieue), qui a été remis il y a quelques jours à la ministre française des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Etant donné la gravité des accusations, j’ai décidé de lire moi-même le communiqué de presse du HCEfh et d’examiner attentivement l’avis détaillé sur la question. Certes, les deux documents ont un grand intérêt, car ce sujet ne peut laisser personne indifférent. Mais, curieusement, ils manquent de rigueur. Ils contiennent des tournures simplistes, des raccourcis amateurs et des extrapolations populistes. Il n’est pas question dans cet article de remettre en cause l’existence de ces phénomènes et leur gravité, mais de souligner les faiblesses et les failles de ce « premier Avis institutionnel sur le sujet », qui touche la société française, remis à un pouvoir exécutif qui est pressé de mettre en œuvre un « Plan national d’action » pour les endiguer. ‪

dimanche 12 avril 2015

Kissinger & Co disent tout bas ce qu’Israël pense tout haut de l’accord nucléaire avec l’Iran (Art.283)


Ce n’est pas banal que deux anciens Secrétaires d’Etat américains, ayant exercé leurs fonctions entre 1969 et 1989, s’associent pour publier un article dans le prestigieux ‪Wall Street Journal‬, sur l’accord de principe concernant le ‪‎dossier nucléaire‬ iranien qui a été conclu entre la communauté internationale -représentée par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume uni et l’Allemagne- et la République islamique d’‪Iran‬. Dès l’entrée en matière, les anciens diplomates nous glacent le sang en affirmant que « les négociations... visant à prévenir une capacité iranienne de développer un arsenal nucléaire, se terminent avec un accord qui concède cette capacité (à l’Iran) ». Henry ‪Kissinger‬ & George Shultz craignent que cet accord ne déclenche une course aux armements nucléaires pour les Etats sunnites, l’‪Arabie Saoudite‬ en tête, l’habilitation de l’hégémonie de l’Iran sur le ‪Moyen Orient‬ et un engagement accru des Etats-Unis dans la région. Voilà pourquoi les deux diplomates chevronnés appellent les Etats-Unis à avoir « une doctrine stratégique pour la région... forçant l’Iran à accepter des contraintes sur sa capacité à déstabiliser le Moyen-Orient et à contester l’ordre international ». En lisant les arguments des opposants à cet accord international, merveilleusement représentés par Henry Kissinger et George Shultz, je crois que les mécontents commettent trois erreurs d’appréciation. 

Kissinger & Co disent tout bas ce qu’Israël pense tout haut sur l’accord nucléaire avec l’Iran (Art.283) Bakhos Baalbaki

lundi 6 avril 2015

La RATP et les « chrétiens d’Orient », c’est l’histoire de l’éléphant dans un magasin de porcelaine (Art.282)


Lundi dernier, on apprend par un évêque des Hautes-Alpes que « la ‪RATP‬ refuse les affiches avec : ‘pour les Chrétiens d’Orient’, qui annonçaient le concert des ‪‎Prêtres‬ à l’Olympia ». Mgr di Falco évoquait la campagne d’affichage en cours dans le métro de ‪Paris‬, concernant un concert organisé par le groupe de chant religieux, Les Prêtres, le 14 juin à l’Olympia et dont la recette sera reversée à l’Œuvre d’Orient. Autant j’ai défendu le retrait des crèches des établissements publics en ‪France‬, en dénonçant l’attitude irresponsable de certains « défenseurs zélés de la France, dont la République se passerait bien », autant je trouve la décision de la RATP de retirer les affiches publicitaires portant la mention « ‪Chrétiens‬ d’Orient », hypocrite et crétine. Pas de chance pour la RATP, le timing de cette polémique tombe très mal. Ce n’est évidemment pas à cause de Pâques, mais à cause du massacre odieux de 142 étudiants au Kenya et de la réunion du Conseil de sécurité sur la question des « chrétiens d’‪Orient‬ » justement. Quoiqu’il arrive, les Chrétiens d’Orient resteront solidaires des ‪Musulmans‬ d’Orient, et vice versa, dans les moments pénibles de leur histoire d’aujourd’hui, comme dans les moments heureux de leur histoire de demain, le jour où le Moyen-Orient sera pacifié et débarrassé de ses extrémistes de tout poil.

mercredi 1 avril 2015

Une femme pendue avec ses enfants n’est pas forcément « une chrétienne tuée par des musulmans » ou « une musulmane tuée par des bouddhistes », pas plus qu’une vieille dame assise sur le perron n’est forcément « une propriétaire appauvrie par des locataires anciens ». La désinformation au Moyen-Orient (Art.281)


Les deux premières photos sont terribles. Elles ont fait le tour des réseaux sociaux. Sur la première, on voit une femme pendue avec deux enfants. Sur la seconde, on aperçoit une vieille dame, ravagée par le temps et la vie. La première était « commercialisée » selon le vecteur de la propagande et la date de mise sur le marché, au mois de février, comme une ‪musulmane‬ tuée par des bouddhistes, et au mois de mars, comme une ‪chrétienne‬ tuée par les ‪djihadistes‬. L’autre cliché était « commercialisé » comme étant emm Kamal, une propriétaire de ‪Beyrouth‬ condamnée à la pauvreté par les locataires anciens. La « femme musulmane ou chrétienne » est devenue en quelques semaines, chez les uns, l’icône du martyr musulman face à la « tragédie de l’islam » de Birmanie, ignorée par cet Occident mécréant, chez les autres, l’icône du martyr chrétien qui n’en finit pas, face à la « barbarie de l’‪islam‬ » en ‪Syrie‬ et en ‪‎Irak‬. Pendant ce temps-là, « emm Kamal », quant à elle, s’est transformée au fils du temps en l’icône vivante de l’injustice qui frappe les ‪propriétaires‬ du ‪‎Liban‬ face à la « cruauté des ‪‎locataires‬ anciens ». Certes, tout cela est bouleversant sauf que rien n’est plus trompeur qu’une photo et aucune région au monde n’est plus fertile pour la ‪désinformation‬ que le Moyen-Orient.

lundi 30 mars 2015

Ce qui menace le plus les Libanais, ce n’est ni le Hezbollah ni Daech, mais la libéralisation des loyers anciens au Liban (Art.280)


D’après les délais réglementaires, la Commission parlementaire de l’Administration et de la Justice doit terminer le rafistolage de la loi de libéralisation des ‪‎loyers‬ anciens avant le 31 mars 2015, en corrigeant les trois articles invalidés par le Conseil constitutionnel. Dans un premier temps, la nouvelle version corrigée, doit être soumise au vote du Parlement et dans un second temps, promulguée de nouveau par le président de la République. « Houston we have two problems ! » Ceci étant, il faut savoir que le lobby immobilier est aujourd’hui pressé d’en finir par tous les moyens avec les locataires anciens. Ce qui menace le plus les Libanais de nos jours, ce ne sont ni le Hezbollah, ni Daech, mais la loi de libéralisation des loyers anciens. La libéralisation sauvage des loyers anciens au ‪‎Liban‬, telle qu’elle a été décidée par le Parlement libanais, malgré les rafistolages d’aujourd’hui, aura de graves conséquences au pays du Cèdre, notamment à ‪Beyrouth‬. Pour en savoir plus, rendez-vous ce soir sur New TV à 20h30, dans l’émission « Lel nacher » de Rima Karaki. Wajih Damerji, le Zorro des locataires, affrontera Joseph Zgheib, le sergent Garcia des propriétaires, pour un débat passionné et passionnant.

vendredi 27 mars 2015

Fouad Siniora à la barre du Tribunal Spécial pour le Liban : faut-il regarder la vérité qu’il montre ou le doigt qui la montre? (Art.279)


Nul n’est au-dessus de son pays, avait coutume de dire Rafic
‪Hariri‬. Encore moins, au-dessus de la critique. Depuis 40 ans que nous gémissons à longueur de journée et de colonne, de mur et de salon, qu’on tue les nôtres sans que jamais personne n’ait été jugé. Et pour une fois, il est donné à ce peuple d’assister en direct au jugement des assassins d’un de leurs anciens Premiers ministres, par une haute juridiction internationale que beaucoup de monde nous envie, on trouve encore des compatriotes obstinés à regarder le doigt de celui qui leur montre la lune, et à geindre encore, le plus sérieusement au monde, sur l’utilité du Tribunal Spécial pour le ‪Liban‬. Qu’il ait dit la vérité ou pas, n’a strictement aucune importance. Le témoignage de Fouad ‎Siniora‬ ces quatre derniers jours, aura une grande importance. Inutile de vous perdre dans les palabres de dizaines d’heures d’audiences à La Haye. Devant le ‪Tribunal‬ Spécial pour le Liban (‪TSL‬), Fouad Siniora a apporté un éclairage historique sur trois points précis.

dimanche 22 mars 2015

Pour vaincre Daech et al-Qaeda, rendez-vous en Tunisie au musée du Bardo, afin de rendre hommage aux Printemps arabes et écouter la sagesse de ce Phénicien de Carthage (Art.278)


Comment ne pas se sentir concerné par l’attaque de ‪Tunis‬ ? Et à plusieurs égards. Sur le plan humaniste, devant cet acte lâche et odieux, historique, avec tous les liens qui lient les Tunisiens aux Libanais depuis la fondation de Carthage, et géopolitique, alors que les terroristes visaient à hypothéquer le plus prometteur des Printemps arabes, en frappant la ‪Tunisie‬ là où ça lui ferait le plus mal, le secteur touristique. La revendication par l’organisation « Etat islamique » de l’attaque du musée du ‪Bardo‬ est plausible, mais un doute l’entoure. Le doute se confirme davantage avec la revendication beaucoup plus sérieuse par un groupe lié à al-‪Qaeda‬. Les terroristes peuvent aussi faire partie des islamistes affiliés à Ennahda ou au clan Ben Ali-Trabelsi. Si les revendications par ‪Daech‬ des attaques de Tunis et de Sanaa sont authentifiées, on peut dire que la bête blessée en Irak et en ‎Syrie‬, par les frappes aériennes de la coalition arabo-occidentale, cherche par tous les moyens à dissuader ses ennemis de poursuivre le plan d’anéantissement de l'EI. Que les victimes de Tunis reposent en paix et que les terroristes aillent au diable. La Terre continuera de tourner et le Bardo ouvrira mardi à 9h30. Ce riche musée abrite une partie de ce que toutes ces prestigieuses civilisations méditerranéennes nous ont légués. Si d’aventure vous vous y rendez, je vous conseille de vous arrêter longuement devant ma pièce favorite, ce masque grimaçant d'un Phénicien de ‪Carthage‬, au sourire narquois vieux de 2 500 ans. Il a un truc à vous dire !

mardi 17 mars 2015

John Kerry : « Nous devons négocier (avec Bachar el-Assad) ». Saperlipopette, qu’y a-t-il de choquant ? (Art.277)


A la vue des clichés atroces de ‪César‬ et au visionnage des vidéos de propagande de « l’Etat islamique », on est sûrs que si les divinités maléfiques devaient s’incarner en un homme, elles prendraient ‪‎Bachar‬ el-Assad pour corps et ‪Daech‬ pour âme. Mais alors, dans ce contexte, saperlipopette, qu’est-ce qui a bien pu pousser un homme de l’envergure de John ‪‎Kerry‬ à dire ce qu’il a dit ? Minute, mais au fait, qu’est-ce qu’il a dit au juste ? Invité par la chaine CBS avant-hier, le Secrétaire d’Etat américain a déclaré au sujet de la Syrie, qu’au final, « nous devons négocier ». Les pro-Assad étaient fous de joie, les anti-Obama, fous de colère, les médias le répétaient en boucle et les think-tanké ressassaient comme des perroquets, « tanké » pas « tanker », comme ça se prononce en libanais : John Kerry veut négocier avec Bachar el-Assad ! Les premiers ne savaient plus quoi faire pour cacher leur satisfaction, les seconds voyaient là, une preuve de plus que Barack ‪Obama‬ était le pire président des Etats-Unis, regrettant amèrement l’ancien cowboy de la Maison-Blanche, et les autres se démenaient pour expliquer ce nouveau revirement des Etats-Unis. Je veux bien croire tout ce beau monde, si les uns et les autres n’avaient pas zappé ce qui a précédé et ce qui a succédé à ces trois mots.

John Kerry : Nous devons négocier (avec Bachar el-Assad). Saperlipopette, qu’y a-t-il de choquant ? (Art.277) Bakhos Baalbaki

samedi 14 mars 2015

8-Mars vs. 14-Mars, 25 matchs de la décennie post-indépendance : si le 8-Mars a raté des rendez-vous politiques, le 14-Mars a loupé en plus, des rendez-vous sociaux (Art.276)


Beaucoup de compatriotes trouveront qu’il est inutile de palabrer sur les bilans des mouvements politiques nés le 8 et le 14 mars 2005, respectivement le 8-Mars (8M) et le 14-Mars (14M), puisqu’il n’en reste plus rien. Je ne suis pas de cet avis. J’ai contribué comme des centaines de milliers de Libanais pour transformer ces journées ordinaires du calendrier, en deux dates extraordinaires de l’histoire du Liban qui façonnent son avenir. Aujourd’hui, j’ai souhaité survoler avec une certaine neutralité, bien que difficile, les réalisations et les ratés des deux camps, au-delà du clivage politique stérile, ce que j’appellerai les « rendez-vous » politiques, sécuritaires, judiciaires, économiques, écologiques ou sociétaux. Je vous propose donc une sélection personnelle de 25 matchs survenus entre 2005 et 2015. Les résultats sont soit « 0 », pour nul, soit « 1 », le bon point qui va à qui de droit! Ils sont accompagnés d’un commentaire explicatif. 

8-Mars vs. 14-Mars, 25 matchs de la décennie post-indépendance : si le 8-Mars a raté des rendez-vous politiques, le 14-Mars a loupé en plus, des rendez-vous sociaux (Art.276) Bakhos Baalbaki

samedi 14 février 2015

A l'occasion du 10e anniversaire de l'assassinat de Rafic Hariri, ancien Premier ministre du Liban


D’une part, il y a le dialogue et la stabilité, et d’autre part, il y a la mémoire et la justice. Les uns n’empêchent pas les autres. Saad Hariri et le 14-Mars le prouvent aujourd’hui. Le premier, par ses positions récentes et sa visite impromptue à Beyrouth le jour de l’assassinat de Rafic Hariri, et le second, par son attachement à l’Etat libanais et à ses institutions. Toute la question étant de savoir que peuvent faire Hassan Nasrallah et le 8-Mars pour le prouver ?

dimanche 1 février 2015

#JeSuisRaif : 1 million de personnes pour soutenir le blogeur saoudien Raif Badawi


Comme je l'ai dit dans mon dernier article sur l'Arabie saoudite, le crime de Raif Badawi, entre autres, c'est d'avoir rapporté que « musulmans, chrétiens, juifs et athées sont tous égaux ». 

‪#‎JeSuisRaif‬

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