dimanche 28 juin 2015

« Le Loup et le Chien », une fable exceptionnelle et intemporelle de Jean de La Fontaine


Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs et datant d'une époque très ancienne, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes, ayant existé ou existeront, ne saurait être que fortuite. « Le Loup et le Chien » -ma fable préférée, s’il faut en choisir une- est la cinquième fable du livre I du recueil des Fables de Jean de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668. Bonne lecture et bonne réflexion dominicale.

Le loup et le chien, fable de Jean de La Fontaine (1621-1695)
Illustration de François Chauveau (1613-1676)

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
À se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
« Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée ;
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons, sans parler de mainte caresse. »
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
« Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encore ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encore.

vendredi 26 juin 2015

En finir avec le Guantanamo de Roumieh dans l’intérêt de tous les Libanais. Nouhad Machnouk ne pouvait pas ignorer le rapport accablant de l’ONU sur la torture au Liban (Art.295)


L’entrée du bâtiment B de la
prison de Roumieh où sont
détenus les prisonniers islamistes.
Photo de Haytham al-Moussawi
(al-Akhbar)
L’affaire de ‪‎Roumieh‬ a éclaté au grand jour avec la diffusion de vidéos qui montrent des membres des FSI infligeant des sévices à des prisonniers sans défense. Pour comprendre tout le contexte, il faut commencer par rappeler que les 300 islamistes‬ de Roumieh, sont impliqués dans des actes de ‪terrorisme‬ et avaient formé au fil du temps un « émirat islamique » dans la prison, une sorte de QG terroriste équipé par tous les moyens de communication avec l’extérieur. Toutes les données sont accablantes pour ces hommes et justifient selon certains, de fermer les yeux sur les actes de torture ignobles dont ils ont été victimes. Les suppliciés sont de confession sunnite. Ils sont arrêtés depuis des mois, voire des années, emprisonnées sans jugement. De l’avis général, la prison de Roumieh s’est transformée en une sorte de Guantanamo‬. La diffusion des vidéos avait pour objectif de ternir l’image d’un ministre sunnite compétent, Achraf Rifi, et de discréditer le service des renseignements des FSI, les bêtes noires du Hezbollah et d'Assad. Quoiqu’en disent ses défenseurs, le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk‬ ne pouvait pas ignorer ce qui se passait derrière les barreaux de Roumieh. Il y a près de neuf mois, le Comité contre la torture du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme lui a remis les résultats des investigations qu’il a menées dans le monde. Ce rapport de 526 pages, dont une partie est consacrée à la torture dans notre pays, est accablant pour le ‪‎Liban‬. Rien de nouveau dans l’ancienne « Suisse de l’Orient ». On sait que durant la Terreur du régime sécuritaire syro-libanais, la torture était monnaie courante contre les opposants à l’occupation syrienne du Liban. En tout cas, quand on lit certaines réactions émotives et impulsives comme celle de Nadim Koteich, où il recommande la torture des tortionnaires, comment peut-on s’étonner de la violence même des images qu’on a vues ?

lundi 22 juin 2015

Comme si le Liban était un paisible royaume laïc que Notre-Dame de Fatima est venue troubler (Art.294)


Entrée de la statue Notre-Dame de Fatima
au Parlement libanais le 16 juin 2015.
Photo : Bilal Jawich, Anadolu Agency
Qui a suivi les actualités libanaises ces derniers jours est aujourd’hui persuadé que le pays des 18 communautés est le dernier bastion de la laïcité sur Terre. A entendre certains et à lire d’autres, il est clair que le peuple libanais ignorait qu’il vivait dans le meilleur des mondes, jusqu’au débarquement de Notre-Dame de ‪‎Fatima‬ à l’aéroport de Beyrouth‬ et son entrée tonitruante au Parlement libanais. Le hasard des événements a fait que je me suis retrouvé au Liban‬ lors d’une autre visite historique de même nature, celle de la châsse de Sainte-Thérèse en 2002. Il serait fastidieux de relever toutes les manifestations religieuses intempestives dans la vie quotidienne des Libanais. L’essentiel c’est de comprendre que l’entrée de Sainte-Marie au Parlement mardi dernier, s’inscrit dans une certaine logique des choses. Notons dans ce sillage, que les grandes démocraties dans le monde, notamment américaines et européennes, autorisent de par leurs lois constitutionnelles ou par les usages, à invoquer Dieu dans les serments d’investiture, et à jurer parfois sur la Bible ou le Coran au sein même des institutions de l’Etat. Tout ce tapage autour de la visite-éclair de Notre-Dame de Fatima au Parlement libanais, m’a plutôt fait sourire. C’est digne d’un film d’Emir Kusturica ! Ce qui s’est passé le 16 juin est « un symptôme » et non « la maladie ». Pour sortir notre pays de sa religiosité excessive, qu’elle soit sincère ou tartuffienne, il faut s’attaquer aux causes profondes et non aux manifestations superficielles, aussi bien chez les communautés chrétiennes que dans les communautés musulmanes.

mercredi 17 juin 2015

L’envers du décor du mariage en grande pompe de la fille d’Issam Farès. « Un milliardaire, combien de boursiers ? » (Art.293)


C’est immuable, les frivolités des gens aisés passionnent les foules. Nous avons eu une nouvelle démonstration il y a trois jours. A ce qu’il parait, Noor Farès, une jeune joaillère libanaise, a dit « oui » à Alexandre Khawam, le vice-président d’une société anglaise de gestion d’actifs. L'union de ‪#‎NoorandAlex‬ aurait pu passer inaperçue si la mariée n’était autre que la fille du milliardaire libanais, Issam Farès, un homme d’affaires qui emploie plus de 70 000 personnes dans le monde, ancien vice-Premier ministre du ‪‎Liban‬ entre 2000 et 2005. La lecture en diagonale de la presse nationale libanaise et française, qui s’est mise à la mode people, nous informe que le mariage civil du jeune couple a eu lieu début mai en Angleterre et que le mariage religieux s’est déroulé ce weekend au sein de l’église Sainte-Catherine en Normandie. Des Rolls-Royce ont déposé les mariés sous d’immenses glycines blanches. La mairie de Hontfleur avait prévenu les habitants : « Ces adorables personnes sont, semble-t-il, importantes et connues dans le monde et célèbres dans les médias. Nous devons donc les protéger et leur permettre de se marier en toute tranquillité ». J’aime beaucoup ce « semble-t-il » et cette « tranquillité », pour le côté sarcastique qu’ils m’inspirent. Récit d'un weekend pas ordinaire en ‪‎France‬.


jeudi 11 juin 2015

Quand le présentateur Adel Karam se moque d'un Libanais qui passe son brevet à 63 ans pour faire rire


La vie est quand même fascinante. Elle pousse certains à grandir, s’élever et s’enrichir, et d’autres, à rapetisser, se rabaisser et s’appauvrir. Abdallah Taleb, le Libanais de Marjeyoun, qui a passé son brevet à l’âge de 63 ans, fait partie de la 1re catégorie, Adel Karam, le présentateur qui s’est permis de se moquer de lui avec ‘ta2elit dam’ et une lourdeur infantile indescriptible, sous l’applaudissement 'wou satlanett' des spectateurs du studio de la MTV, fait partie de la 2e. Son excuse bidon, le lendemain, n’y changera rien. Wlak, tout le concept de cette émission populiste à 5 piastres est à revoir. Ba2a ya 3édiil, rou7 tomm 7alak.

Les leaders chrétiens et le complexe de castration politique de Walid Joumblatt (Art.292)


Il est "baïdett elkebénn" pour certains, l’homme fort de la vie politique libanaise, "baïdett ghanam" pour d'autres, le mouton de Panurge qui suit les forces dominantes. Walid Joumblatt‬ a un contentieux politique avec les chrétiens du Liban‬, les maronites en particulier, que l’histoire ne parvient pas à régler, hélas. L'interview qu’il a accordée à al-Akhbar, publiée les 9 et 10 juin, le prouve magistralement. Le leader druze a une trouille bleue que l’élection d’un président fort à la tête de l’Etat libanais, Samir ‪‎Geagea‬, Michel Aoun‬, ou n’importe quelle personnalité chrétienne qui représente plus que son ombre -en dehors de sa marionnette, Henri Helou, bien entendu- ainsi qu’une nouvelle loi électorale moderne et l’acquisition de la nationalité libanaise par les descendants de Libanais, ne conduisent à sa « castration politique », en le ramenant à son poids réel sur l’échiquier libanais. D’où ce complexe de castration que j’évoque dans mon titre, la peur que W. Beik a de perdre ses attributs politiques. Et comme tout le monde sait, les complexes ont cette fâcheuse tendance à s’aggraver avec l’âge. Morceaux choisis.

dimanche 7 juin 2015

Samir Geagea et Michel Aoun, entre les youyous et les ouh: non mais, que demande le peuple de plus ? (Art.291)


Pour certains, l’union des deux hommes méritait des tzolghot retentissants. You you you you you ! Pour d’autres, du dédain et rien de plus. Ouhhhhhhhhh ! Une chose est sûre, le malentendu autour de la rencontre entre Samir ‪‎Geagea‬ et Michel Aoun‬ vient du fait que les Libanais lui ont accordé plus d’importance qu’elle ne méritait en réalité. Les contents et les mécontents ont commis trois erreurs d’appréciation dans leur jugement. Il faut savoir que les discussions entre les deux partis libanais se sont imposées dans un contexte de blocage inouï de la vie politique libanaise. Le contexte régional y était aussi pour beaucoup. Au moment où le Moyen-Orient est pleinement engagé dans une guerre de cent ans, entre les sunnites et les chiites, les leaders chrétiens ne pouvaient pas rester les bras croisés à regarder le Liban agoniser, sachant que le sort des communautés chrétiennes en Orient, doit rester étroitement lié à celui des communautés musulmanes et que les musulmans en Orient doivent rester conscients des menaces spécifiques qui pèsent sur leurs compatriotes chrétiens et qui sont de trois ordres, radicales, sournoises et subtiles. L’initiative des leaders chrétiens a été plutôt bien accueillie dans les rangs des sympathisants chrétiens des deux camps. Les réactions les plus hostiles contre ce dialogue sont venues de personnes qui ne sont pas sympathisants ni de l’un ni de l’autre parti, ainsi que des touyouss, les têtes de mules des deux camps. Et pourtant, si ces râleurs invétérés s’étaient donnés la peine de lire ne serait-ce que le préambule et la postface de la « Déclaration des intentions », ils auraient moins hué la rencontre historique du 2 juin.

samedi 30 mai 2015

Finale de la FIFA : le Corleone suisse contre le prince arabe, le match Nord/Sud (Art.290)


C’est un euphémisme de dire que Joseph Sepp Blatter‬ est une personnalité contestée. « Vito Corleone », comme on le surnomme, a transformé la FIFA‬ en « une petite mafia ». Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a « toujours fermé les yeux et profité de ce système ». Il n’a pas su faire face aux scandales de corruption qui ont éclaboussé la fédération au cours de sa présidence, notamment en ce qui concerne l’attribution contestée en 2010 de la Coupe du monde de football‬ de 2022, au Qatar‬. Même s’il est blanchi à l’heure actuelle, il n’est pas sûr qu’il puisse sortir indemne de la tempête judiciaire transatlantique qui frappe la FIFA depuis mercredi, et qui a conduit la procureure générale des Etats-Unis à demander l’arrestation de hauts responsables de la FIFA, pour « racket, fraude, blanchiment d'argent, corruption, pots-de-vin et commissions... (en usage) depuis 24 ans ». Il faut dire que cette « association à but non lucratif », mdr, fondée en 1904 à Paris, brasse beaucoup d’argent de nos jours : 4,5 milliards $ de recettes télévisuelles et commerciales. C’est très bien pour le foot sauf que la FIFA consacre plus d’argent pour ses charges de fonctionnement que sur les programmes de développement de ce jeu dans le monde. Le train de vie de ses membres au vu et au su de tous, laisse perplexe quant à la capacité de Blatter d’assainir la fédération lors de ce 5e mandat, à 79 ans en plus. L’Europe et l’Amérique du Nord voulaient tourner la page du vieux Corleone et confier la FIFA au jeune et honnête prince Ali Bin al-Hussein. L’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, en ont décidé autrement. Une chose est sûre, ce qui s’est passé dans le luxueux hôtel du Baur au Lac à Zurich marquera l’histoire de la plus puissante fédération sportive au monde.

lundi 25 mai 2015

Michel Aoun bat son propre record : il est désormais impliqué dans 99,62% des 1304 jours de vacance du pouvoir au Liban (Art.289)



Cela fait un an que le Liban n’a plus de président de la République. On peut encore disserter pendant une autre année reconductible, jusqu’au dernier jour de ce mandat virtuel qui prendra fin en 2020, sur les raisons de ce triste blocage de la vie politique libanaise, sans réussir pour autant à faire avancer la réflexion d’un iota. En même temps, il est impossible de laisser passer cette date comme si de rien n’était. En pensant à un angle original pour aborder la présidentielle libanaise, je me suis dit que le mieux à faire serait d’aller voir où ils en sont nos principaux candidats à la présidence de la République libanaise, Michel Aoun‬ et Samir Geagea‬, et de savoir ce qu’en pense le principal acteur de l’échiquier politique du ‪‎Liban‬, Hassan Nasrallah‬. La problématique de la présidentielle libanaise est simple pour les trois hommes, mais pas pour les mêmes raisons. Le point sur la vacance présidentielle libanaise, avec en bonus deux représentations graphiques édifiantes et un tour de prestidigitation par l’illusionniste du roi Louis XVIII, que j’ai ressuscité pour vous jouer son célèbre numéro : sortir un lapin de son chapeau.

lundi 18 mai 2015

Dans la tête de Michel Samaha, l’homme qui a failli embraser le Liban à la demande de Bachar el-Assad (Art.288)


La condamnation de Michel Samaha par le Tribunal militaire libanais, a de quoi susciter l’indignation. Les charges qui pèsent sur cet ancien ministre sont lourdes. Et pourtant, la sentence s’apparente dans les faits à une libération anticipée. D’où la joie des uns et la colère des autres. Pour se rendre compte de la légèreté de la condamnation et des failles de la lutte anti-terroriste au ‪‎Liban‬, il suffit de transposer le cas Samaha‬ en France. Selon la législation française, il aurait pris 30 ans de réclusion criminelle, près de 7 fois sa condamnation libanaise. Hasard du calendrier, celui qui a frôlé la peine de mort, pourra accompagner les prières de la naissance de Jésus et de Mahomet, que célébreront respectivement le même jour à la fin de cette année, le patriarche maronite et le mufti sunnite, deux hommes que Michel Samaha projetait éliminer car « c’est ce que souhaite Bachar el-‪‎Assad‬ ». Pour qu’un type de ce poids politique se retrouve derrière les barreaux, c’est qu’il a été pris en flagrant délit. Ce flagrant délit se base sur plusieurs vidéos enregistrées avec une caméra cachée, de conversations entre le terroriste et l’homme qui a dénoncé ce projet d'attentats au service libanais de renseignements des FSI. Si nous avons connu des centaines d’attentats à la voiture piégée et des dizaines d’assassinats depuis 1975, c’est la première fois dans l’histoire du Liban que les Libanais ont accès à la tête d’un de ces terroristes qui ont ensanglanté le Liban et endeuillé ses citoyens 1001e fois et qui a bien failli embrasser le pays du Cèdre à l'été 2012. Ces documents exceptionnels font froid dans le dos, mais leur visionnage est un devoir national car ils permettent de mieux éclairer les pages sombres de notre tragédie qui n’en finit pas avec la tyrannie syrienne des Assad, père et fils, et ses sbires libanais, de toutes confessions.

mardi 12 mai 2015

#‎TweeteCommeSarko‬


J'ai terminé ce magnifique livre d'Albert Camus "Les Etrangers"
Et j'enchaîne avec un autre magnifique livre de Franz Kafka "Les Procès"

dimanche 10 mai 2015

J’ai testé le Hezbollah et voici ce qu’il en sort : ‘el-qalamoun, wa ba3da el-qalamoun, wa ma ba3da ba3da el-qalamoun’ (Art.287)


Et si je testais le ‪‎Hezbollah‬ pour vous ? Rien de plus simple, il suffit de prendre le discours de sayyed Hassan Nasrallah du 5 mai 2015 et de le décortiquer. Commençons donc ce test par le ‪‎YEMEN‬. Pour le chef du Hezbollah « nous sommes de nouveau devant une tromperie et une grande duperie ». Après le Yémen, j’ai testé le Hezbollah sur l’IRAK‬. D’emblée, sayyed Hassan nous met en garde. « Le véritable but des Etats-Unis est la partition des Etats de la région sur une base communautaire et ethnique... Irak, Syrie, Yémen ». Comme élément à charge, le chef du Hezbollah évoque un obscur projet de loi qui serait en cours d’étude au Congrès américain qui « ordonne le gouvernement américain d’armer des composantes irakiennes indépendamment du gouvernement irakien ». J’ai testé ensuite le Hezbollah sur la SYRIE‬. Hassan Nasrallah met en garde « les Syriens et les Libanais » contre « cette guerre psychologique » menée depuis la chute de Jisr el-Choughour et d’Idlib, « ces rumeurs et ces mensonges » sur la fin imminente du régime syrien. J’ai testé enfin le Hezbollah sur le LIBAN‬. Pour justifier une intervention d’une milice libanaise en Syrie, il fallait trouver une 1re fatwa. « Nous étions au courant des intentions des groupes armés... l’occupation de vastes territoires libanais et les assauts contre l’armée libanaise et les citoyens... cette question a besoin d’un traitement radical ». Difficile de ne pas être d’accord. Ce qui pose problème c’est la 2e fatwa. « Si l’Etat (libanais) était en mesure d’assumer ses responsabilités, nous serions tous avec lui ». A force de tirer sur la corde, le Hezbollah pousse les Libanais qui sont en désaccord profond avec sa politique djihadiste transfrontalière et son isolationnisme communautaire intrafrontalier, vers trois catastrophes.

vendredi 1 mai 2015

Blocage et bannissement sur les réseaux sociaux : des procédures d’exception libératrices et démocratiques (Art.286)


Carte partielle d'Internet, basée
sur les données au 15 janvier 2005.
Chaque ligne lie deux nœuds,
représentant deux adresses IP.
Auteur : The Opte Project
La vie sur Internet‬ et les réseaux‬ sociaux, l’agora des temps modernes, n’est vraiment pas un long fleuve tranquille. Je peux vous l’assurer en connaissance de cause. Chose inimaginable dans la vie réelle, on peut avoir des échanges multiples tous les jours avec des dizaines de personnes d’horizons différents. D’après mon expérience, tout sujet au Liban‬ a le potentiel intrinsèque de conduire à une discussion passionnée. Rajoutez à cela que certains de ce cha3eb lebnen el 3azim à l’orgueil démesuré ont cette fâcheuse tendance à s’obstiner jusqu’aux confins du ridicule pour avoir le dernier mot. Face à cette problématique nouvelle de la vie en société, il est évident qu’il faut un « code de déontologie », quand on est sur les murs des autres, et un « règlement interne » pour gérer les interactions humaines sur son propre mur. En y réfléchissant bien, j’ai découvert que contrairement à ce que je pensais au départ, le ‪‎blocage‬ et le bannissement sont des règles libératrices et démocratiques. Ce sont les attaques personnelles et obsessionnelles, les incivilités et la vulgarité, qui sont anti-démocratiques non seulement par leur caractère agressif, mais aussi, par leurs effets malsains qui visent à détourner, étouffer et parasiter le débat démocratique en cours.

mardi 28 avril 2015

Nouvelle manifestation contre la loi de libéralisation des loyers anciens à Beyrouth


Rendez-vous devant le Parlement libanais, demain mercredi 29 avril à 17h pour signifier aux représentants de la nation un triple NON catégorique à la mise en œuvre de la LOI DE LIBÉRALISATION DES LOYERS ANCIENS AU LIBAN (débat sur Facebook), concoctée par cette Assemblée rachitique (et les justifications sont nombreuses, ne serait-ce que pour son incapacité de voter un budget depuis 10 ans, d’élaborer une loi électorale pour remplacer la loi féodale de 1960, d'organiser des élections législatives et d’élire un président de la République libanaise), au rafistolage de la Commission de l’Administration et de la Justice de Robert Ghanem & Co et à la remise de la ville de Beyrouth aux promoteurs sans scrupules et sans vergogne.

Cette nouvelle loi conduira à une spéculation immobilière sauvage, à l’expulsion de la classe moyenne et des natifs de la ville de Beyrouth, à la ségrégation sociale et spatiale des Libanais, à un exode économique transcommunautaire amplifié par la présence de 1,5 million de réfugiés syriens, à la gentrification de la capitale (par le remplacement de la classe moyenne ainsi que des natifs de Beyrouth par une classe aisée et étrangère) et à la destruction totale du parc immobilier ancien de Beyrouth (mais aussi de Tripoli, Jounieh, etc.). Contrairement à ce qu’on pense, tous les Libanais sont concernés par la nouvelle loi du logement pour les raisons citées précédemment, mais aussi parce que celle-ci rendra la capitale libanaise inaccessible à la majorité d’entre eux ! Un comble.

Cette loi telle qu’elle a été votée est actuellement défendue en première ligne par le Courant du Futur (Saad Hariri). En seconde ligne de défense se trouve une partie du Courant Patriotique Libre (Michel Aoun). Elle est essentiellement combattue par les Kataeb (Amine Gemayel) et le Hezbollah (Hassan Nasrallah). S’y opposent une partie du Courant Patriotique Libre (Michel Aoun) et le mouvement Amal (Nabih Berri). Les Forces libanaises (Samir Geagea) et le Parti socialiste progressiste (Walid Joumblatt) sont aux abonnés absents.

Cette loi doit être abolie purement et simplement, condition sine qua non afin d’entamer de nouvelles négociations pour l’élaboration d’une nouvelle loi du logement qui assure la « justice sociale » à tous les libanais, locataires et propriétaires confondus, et garantit à 1 000 000 de locataires anciens le droit de rester dans leurs villes, dans leurs quartiers et dans les appartements qu’ils occupent depuis des décennies.

dimanche 26 avril 2015

Etat des lieux de la guerre en Syrie à travers l’interview de Bachar el-Assad par David Pujadas sur France 2 (Art.285)


Il y a d’abord, l’anecdote à 1 piastre, ensuite, les principes à 5 piastres et enfin, les justifications à 10 piastres. Au total, l’interview de France 2 vaut 16 piastres. Qui suit les déclarations de « l’homme malade » de la Syrie‬, assez rusé d’ailleurs, n’apprendra rien de celles de dimanche dernier. Pour s’en rendre compte, la preuve par huit, qui me permettent cependant, de faire un état des lieux de la guerre‬ en Syrie à l’occasion du 10e anniversaire du retrait des troupes d’occupation syriennes du Liban‬.

I. Le début de la révolution syrienne
II. L’émergence de l’Etat islamique (EI) / ‪‎Daech‬
III. L’usage de barils explosifs
IV. Le recours aux armes chimiques
V. Les frappes de la coalition arabo-occidentale contre l’EI
VI. Le dialogue avec la France‬
VII. Le soutien de l’Iran‬ et du ‪‎Hezbollah‬ au régime syrien
VIII. Le départ de Bachar el-‪‎Assad‬


Le déni de la réalité par ‪‎Bachar‬ el-Assad, tel qu'il se manifeste dans ces interviews aux médias occidentaux, ne saurait faire oublier d'une part, les horreurs du passé de cette dynastie tyrannique, en Syrie comme au Liban, et d'autre part, les revers à présent du régime syrien, comme la chute d’Idlib et de Jisr al-Choughour. Si le premier point laisse toujours présager le pire, le second laisse entrevoir une lueur d'espoir.

Etat des lieux de la guerre en Syrie à travers l’interview de Bachar el-Assad par David Pujadas‬ sur France 2 (Art.285) Bakhos Baalbaki

samedi 25 avril 2015

Oui à la reconnaissance du « génocide arménien » par la Turquie. Non à la turcophobie de certains !


Oui à la reconnaissance du « génocide arménien » par la Turquie.
Non à la turcophobie de certains.
Oui à l’apaisement des esprits des Arméniens.
Non à la culpabilisation des Turcs d’aujourd’hui pour ce que les Ottomans d’antan ont fait.
Oui à la pacification des relations turco-arméniennes.
Non aux opportunistes islamophobes.
Oui à la reconnaissance de tous les génocides.
Non aux négationnistes du génocide juif.
Oui à une lecture distanciée de l’histoire.
Non à une fixation obsessionnelle sur le passé.

Photo : Mémorial dédié aux victimes du génocide arménien.
Cathédrale des 40 martyrs à Alep en Syrie, 15e siècle 
Source : Hovic - Old Aleppo Album / Wikimedia Commons

Réf.

lundi 20 avril 2015

Harcèlement sexiste et violences sexuelles dans les transports franciliens : les faiblesses du rapport du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (Art.284)


« Harcèlement‬ dans les transports en commun : aucune femme n'y échappe » (Libération). « 100% des femmes‬ victimes de harcèlement sexiste ou d'une agression sexuelle dans les transports en commun » (Atlantico). Ces titres alarmistes de la presse française se basent sur un rapport rédigé par le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (HCEfh) sur le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports‬ en commun (notamment à Paris‬ et sa banlieue), qui a été remis il y a quelques jours à la ministre française des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Etant donné la gravité des accusations, j’ai décidé de lire moi-même le communiqué de presse du HCEfh et d’examiner attentivement l’avis détaillé sur la question. Certes, les deux documents ont un grand intérêt, car ce sujet ne peut laisser personne indifférent. Mais, curieusement, ils manquent de rigueur. Ils contiennent des tournures simplistes, des raccourcis amateurs et des extrapolations populistes. Il n’est pas question dans cet article de remettre en cause l’existence de ces phénomènes et leur gravité, mais de souligner les faiblesses et les failles de ce « premier Avis institutionnel sur le sujet », qui touche la société française, remis à un pouvoir exécutif qui est pressé de mettre en œuvre un « Plan national d’action » pour les endiguer.

dimanche 12 avril 2015

Kissinger & Co disent tout bas ce qu’Israël pense tout haut de l’accord nucléaire avec l’Iran (Art.283)


Ce n’est pas banal que deux anciens Secrétaires d’Etat américains, ayant exercé leurs fonctions entre 1969 et 1989, s’associent pour publier un article dans le prestigieux Wall Street Journal‬, sur l’accord de principe concernant le ‪‎dossier nucléaire‬ iranien qui a été conclu entre la communauté internationale -représentée par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume uni et l’Allemagne- et la République islamique d’‪Iran‬. Dès l’entrée en matière, les anciens diplomates nous glacent le sang en affirmant que « les négociations... visant à prévenir une capacité iranienne de développer un arsenal nucléaire, se terminent avec un accord qui concède cette capacité (à l’Iran) ». Henry Kissinger‬ & George Shultz craignent que cet accord ne déclenche une course aux armements nucléaires pour les Etats sunnites, l’Arabie Saoudite‬ en tête, l’habilitation de l’hégémonie de l’Iran sur le Moyen Orient‬ et un engagement accru des Etats-Unis dans la région. Voilà pourquoi les deux diplomates chevronnés appellent les Etats-Unis à avoir « une doctrine stratégique pour la région... forçant l’Iran à accepter des contraintes sur sa capacité à déstabiliser le Moyen-Orient et à contester l’ordre international ». En lisant les arguments des opposants à cet accord international, merveilleusement représentés par Henry Kissinger et George Shultz, je crois que les mécontents commettent trois erreurs d’appréciation. 

Kissinger & Co disent tout bas ce qu’Israël pense tout haut sur l’accord nucléaire avec l’Iran (Art.283) Bakhos Baalbaki

lundi 6 avril 2015

La RATP et les « chrétiens d’Orient », c’est l’histoire de l’éléphant dans un magasin de porcelaine (Art.282)


Lundi dernier, on apprend par un évêque des Hautes-Alpes que « la RATP‬ refuse les affiches avec : ‘pour les Chrétiens d’Orient’, qui annonçaient le concert des ‪‎Prêtres‬ à l’Olympia ». Mgr di Falco évoquait la campagne d’affichage en cours dans le métro de Paris‬, concernant un concert organisé par le groupe de chant religieux, Les Prêtres, le 14 juin à l’Olympia et dont la recette sera reversée à l’Œuvre d’Orient. Autant j’ai défendu le retrait des crèches des établissements publics en France‬, en dénonçant l’attitude irresponsable de certains « défenseurs zélés de la France, dont la République se passerait bien », autant je trouve la décision de la RATP de retirer les affiches publicitaires portant la mention « Chrétiens‬ d’Orient », hypocrite et crétine. Pas de chance pour la RATP, le timing de cette polémique tombe très mal. Ce n’est évidemment pas à cause de Pâques, mais à cause du massacre odieux de 142 étudiants au Kenya et de la réunion du Conseil de sécurité sur la question des « chrétiens d’Orient‬ » justement. Quoiqu’il arrive, les Chrétiens d’Orient resteront solidaires des Musulmans‬ d’Orient, et vice versa, dans les moments pénibles de leur histoire d’aujourd’hui, comme dans les moments heureux de leur histoire de demain, le jour où le Moyen-Orient sera pacifié et débarrassé de ses extrémistes de tout poil.

mercredi 1 avril 2015

Une femme pendue avec ses enfants n’est pas forcément « une chrétienne tuée par des musulmans » ou « une musulmane tuée par des bouddhistes », pas plus qu’une vieille dame assise sur le perron n’est forcément « une propriétaire appauvrie par des locataires anciens ». La désinformation au Moyen-Orient (Art.281)


Les deux premières photos sont terribles. Elles ont fait le tour des réseaux sociaux. Sur la première, on voit une femme pendue avec deux enfants. Sur la seconde, on aperçoit une vieille dame, ravagée par le temps et la vie. La première était « commercialisée » selon le vecteur de la propagande et la date de mise sur le marché, au mois de février, comme une musulmane‬ tuée par des bouddhistes, et au mois de mars, comme une ‪chrétienne‬ tuée par les djihadistes‬. L’autre cliché était « commercialisé » comme étant emm Kamal, une propriétaire de Beyrouth‬ condamnée à la pauvreté par les locataires anciens. La « femme musulmane ou chrétienne » est devenue en quelques semaines, chez les uns, l’icône du martyr musulman face à la « tragédie de l’islam » de Birmanie, ignorée par cet Occident mécréant, chez les autres, l’icône du martyr chrétien qui n’en finit pas, face à la « barbarie de l’islam‬ » en Syrie‬ et en ‪‎Irak‬. Pendant ce temps-là, « emm Kamal », quant à elle, s’est transformée au fils du temps en l’icône vivante de l’injustice qui frappe les propriétaires‬ du ‪‎Liban‬ face à la « cruauté des ‪‎locataires‬ anciens ». Certes, tout cela est bouleversant sauf que rien n’est plus trompeur qu’une photo et aucune région au monde n’est plus fertile pour la désinformation‬ que le Moyen-Orient.

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