dimanche 18 octobre 2015

« Lebanon Wins The World Cup » a remporté le prix du « Best Documentary Short » de Warsaw Festival Film 2015 !


A chaque Coupe du monde de football, c’est le même rituel au Liban‬. Certains Libanais sont heureux car leur équipe favorite gagne, d’autres sont attristés car leur équipe favorite perd, et à la fin de la nuit, Lebanon wins The World Cup tous les quatre ans. Mais ce dimanche, j’ai le plaisir de vous annoncer que non seulement « LEBANON WINS THE WORLD CUP », mais en plus, le film a gagné le prix du « BEST DOCUMENTARY SHORT » de WARSAW FILM FESTIVAL. Whouaaah! Selon WFF, « les cinéastes ont mis l’hypothèse de contact* en œuvre, en cherchant une passion commune entre leurs personnages principaux, qui étaient des ennemis, dans le but de trouver un moyen simple et efficace de nous montrer la catharsis** personnelle de deux hommes blessés. » Soyez rassurés, il est normal de ne pas comprendre la phrase dès la 1re lecture. Je suis passé par là ! Les astérisques vous seront d’une grande aide.

Toujours est-il qu’aujourd’hui est donc un grand jour pour tous ceux qui ont travaillé sur cette production, essentiellement libanaise, pour tous les cinéphiles aussi, d'ici et d'ailleurs, ainsi que pour tous les Libanais, qu’ils soient fans de football ou pas, fanatiques du Brésil ou de l'Allemagne, adeptes du houmous ou du baba ghanouj, qu’ils aient connu les affres de la guerre civile ou le velours de l'exil, de toutes tendances politiques et appartenances communautaires confondues. Toutes mes félicitations. A votre santé !

* Concept que l’on retrouve en sociologie et en psychologie, qui part du principe que sous certaines conditions, le meilleur moyen pour réduire les préjugés chez des personnes en conflit, est le contact interpersonnel.
** Réaction par laquelle on se libère de ce qui est psychiquement refoulé et oppressant.

lundi 12 octobre 2015

Et tous les quatre ans, « Lebanon Wins The World Cup » ! Première mondiale pour ce documentaire libanais au « Warsaw Festival Film » (Art.315)


Si tous les pays du monde étaient représentés par l’Empire State Building, le Liban‬ serait un appart de 15 m² où vivraient 15 personnes. C’est beaucoup, c’est trop, c’est même beaucoup trop, de méditerranéens, d’actions, de réactions et d’interactions. Le pays du Cèdre c’est aussi des batailles, des occupations et des invasions, 4 millions d’habitants, 2 millions de réfugiés, 18 communautés, plus Edouard et Hassan, deux « héros » de la guerre‬ civile libanaise. Le pays du hommous peut sembler un cas désespéré sauf pendant un mois, tous les quatre ans, au cours de la Coupe du monde de ‪‎football‬, où comme par enchantement, le Liban mue. « Lebanon Wins The World Cup » s’est proposé de capter cette mue de la société libanaise et de s’en servir pour rapprocher ceux que tout oppose en temps normal.

A l’arrivée, ce film documentaire libanais, et une contribution américaine, produit par Still See A Spark Films, réalisé par Tony ElKhoury et Anthony Lappé, dont la musique est composée par Oak, et sur lequel j’ai travaillé en tant que Story Consultant, raconte l’histoire de deux vétérans, un combattant-aguerri chrétien et un guérillero-intello musulman, engagés dans deux camps opposés durant la guerre civile libanaise, qui se préparent la veille du Mondial de l’été 2014, à soutenir leur équipe favorite, le Brésil‬. Ce tournoi leur offre une chance inouïe de se remémorer des matchs de foot inoubliables et des batailles décisives, de revenir sur leurs engagements durant ce conflit fraternel, mais aussi, de s’unir autour d’un match de football, malgré tout ce qui est allé de travers.

J’ai l’honneur de vous annoncer que ce film libanais fait partie de la sélection officielle de Warsaw Film Festival, WFF‬. Il concourt avec 22 autres œuvres cinématographiques dans la catégorie « Short Film ». Si vous êtes dans les parages en Europe, au 52e parallèle Nord, rendez-vous ce soir à Varsovie au Pałac Kultury i Nauki, vers 18h30, pour la Première mondiale. Prévoir une doudoune, il va neiger. 

Et tous les quatre ans, ‘Lebanon Wins The World Cup’ ! Première mondiale pour ce documentaire libanais au ‘Warsaw Festival Film’ (Art.315) Bakhos Baalbaki

samedi 10 octobre 2015

Société civile tunisienne vs. Société civile libanaise : prix Nobel de la paix contre prix Hirak des palabres (Art.314)


Alors que la situation au Liban‬ se détériore à vue d’œil, le prix Nobel de la paix‬ a été attribué hier à une Tunisie représentée par le « Quartet de dialogue national », dans l’indifférence du monde arabe et du pays du Cèdre, « pour sa contribution décisive à la construction d'une démocratie pluraliste en Tunisie‬ dans le sillage de la Révolution du Jasmin de 2011 ». Il faut dire qu’à l’automne 2013, alors que ce pays du Maghreb était en pleine crise et le plus prometteur des Printemps arabes risquait de basculer dans le chaos, un « quatuor » de la société civile tunisienne, composé de travailleurs, de patrons, de militants des droits de l'homme, ainsi que d’hommes et de femmes de droit, « a ouvert la voie à un dialogue pacifique entre les citoyens, les partis politiques et les autorités et a aidé à trouver des solutions consensuelles à un large éventail de défis, au-delà des clivages politiques et religieux ». Eh bien, disons que nos amateurs et irresponsables de la classe politique et de la société civile libanaises, feraient mieux de méditer et étudier dans les moindres détails le processus tunisien, tel que le comité Nobel‬ l’a vu, au lieu d’assommer le peuple libanais avec leurs palabres.

vendredi 2 octobre 2015

Le Poutine ou l’Imposteur (Art.313)


Si l'Occident‬ n’est pas intervenu massivement en ‪‎Syrie‬ à ce jour, ce n’est pas parce qu’il n’a pas bon cœur, mais parce que les intérêts vitaux des pays occidentaux n’étaient pas menacés et le dossier syrien est bien complexe. Il n’y a qu’un homme qui a intérêt à pousser les dirigeants occidentaux dans le marécage syrien, c’est Vladimir ‪‎Poutine‬. L’engagement militaire de la Russie‬ en Syrie le 30 septembre prouve trois choses : la limite du soutien chiite au régime alaouite, la fragilité du régime syrien et l’épuisement des troupes syriennes physique et moral, toute intervention massive américaine en Syrie, peut se transformer en un affrontement direct entre les Etats-Unis et la Russie. Les manœuvres militaro-politiques de Poutine, menées dans le but de réhabiliter son poulain, Bachar el-Assad, sous prétexte de former une coalition internationale pour combattre le ‪‎terrorisme‬, sont vouées à l’échec. La solution globale en Syrie est politique et ne passe pas par Bachar el-Assad‬. La Russie ne l’a toujours pas compris. Si on laisse faire les Russes en Syrie, on peut être sûrs de trois choses : la perspective d’une solution à moyen terme s’éloignera, la désolation s’étendra encore davantage et le fanatisme augmentera. L’intervention russe en Syrie est une escalade dangereuse qu’il faut stopper net. Afin de l'amener à la table des négociations, les Etats-Unis‬ doivent faire une « offre » au tandem Poutine-Assad, que le duo ne pourra pas refuser.

Le Poutine ou l’Imposteur (Art.313) Bakhos Baalbaki

jeudi 24 septembre 2015

Affaire Volkswagen : l’un des plus fascinants scandales industriels (Art.312)


Les normes anti-pollution étant ce qu’elles sont dans les pays développés, il est assez difficile pour les constructeurs de voitures de les respecter. Mais, ils y arrivent quand même avec la technologie et quelques subterfuges, comme le surgonflage des pneus. Le problème c’est que le système installé dans les véhicules pour un tel usage, tombera en panne fréquemment si on le fait fonctionner tout le temps. D’où la tentation pour les fabricants de ne le faire marcher que seulement au moment où la voiture est soumise à un test officiel. Il fallait y penser. C’est bel et bien de la tricherie. Deux ans d’enquête étaient nécessaires pour découvrir le pot aux roses. Voilà en quelques mots le scandale Volkswagen‬, qui concerne 11 millions de véhicules dans le monde.

C'est honteux et c'est indigne d’une si prestigieuse entreprise qui fait la fierté de l’Allemagne‬. L’avenir lui appartenait. Plus maintenant. Risquer si gros pour si peu, c’est manquer d’intelligence. Il n’empêche que cette tricherie s’inscrit dans une certaine logique des choses, où l’on retrouve la lutte sans merci entre les constructeurs ‪‎automobiles‬, la collusion des intérêts entre constructeurs et Etats, les intérêts financiers des cols blancs et des actionnaires, l’obsession des dirigeants politiques en matière économique, la politique générale toujours favorable à l’automobile et le laxisme des Etats en matière de pollution‬. Il est temps pour les humains de changer de cap, à condition de tirer les bonnes conclusions de l’un des plus fascinants scandales industriels.

Affaire Volkswagen : l’un des plus fascinants scandales industriels (Art.312) Bakhos Baalbaki

dimanche 20 septembre 2015

Scandale des impayés de certains politiciens libanais à l’Electricité du Liban (Art.311)


Après la publication des noms de « personnalités libanaises mauvaises payeuses » par les quotidiens al-Diyar et al-Liwaa, information que j’ai relayée dans un statut sarcastique digne de cette situation tragi-comique, certains ont prétendu que la liste daterait de l’année 2001. Par conséquent, je me trouve dans l’obligation de mettre à votre disposition de nouvelles infos et certaines remarques. MORALE DE L’HISTOIRE. Personne n’est là pour ternir la réputation de qui que ce soit. Nous sommes tous réunis pour dénoncer ce manque de civisme grave et cette violation ignoble d’une base de la vie en communauté de la part de certains compatriotes libanais : on paie ce que l’on consomme et on ne vit pas aux crochets de l’Etat, surtout quand on a les moyens financiers, encore moins si l’on a des responsabilités publiques ou l’on a l’intention d’en avoir à l’avenir. Par souci de transparence, EDL doit de sa propre initiative ou y être obligée par la loi, voire par la justice libanaise, de RENDRE PUBLIC les noms des « politiciens mauvais payeurs », tous sans exception, car on ne peut pas confier la gestion des affaires publiques et de l’argent public au Liban à des personnes qui ne sont pas capables de payer leurs factures comme tous les bons citoyens de ce pays. Une telle démarche permettra à la fois d’assainir la vie publique au pays du Cèdre et d’éviter le marché des salades et des prétextes bidon.

Scandale des impayés de certains politiciens libanais à l’Electricité du Liban (Art.311) Bakhos Baalbaki

jeudi 17 septembre 2015

600 000 $ de factures impayées par des personnalités politiques au Liban ?


Et l’on s’étonne encore que les choses ne changent pas vraiment au ‪‎Liban‬. Il parait qu'il y a deux jours, un juge libanais aurait eu le courage d’ordonner à l’Electricité du Liban, de couper le courant électrique qui alimente les domiciles et les bureaux de dizaines de personnalités libanaises, à cause de leurs impayés, 600 000 $ au total. Inutile de préciser que ce n'est qu'une goutte d'eau par rapport à la dette abyssale du pays du Cèdre, qui s'élève à 67 milliards $. Toujours est-il qu'aujourd’hui, toute la presse en parle avec une langue de bois digne de la classe politique elle-même ! Une brève recherche m’a permis de constater que l’info est rapportée par tout le monde mais que l’écrasante majorité des médias libanais n’ont pas publié les noms des fautifs. L’anonymat et la discrétion rendent bien des services. En tout cas, le quotidien Addiyar fait exception. Dans cette black-list, on y trouve des hommes politiques, des députés, des ex-députés, des ex-ministres et deux cerises sur le gâteau, une star de la chanson et un toubib star. Je vous propose ma sélection, classement crescendo :

- Mohsen Dalloul, ex-député et ex-ministre, grande figure de la collaboration avec l’occupant syrien, qui s’est engraissée pendant l’occupation syrienne du Liban. Il doit seulement 5 300 $ à l’EDL, à qui il interdit l’inspection de ses compteurs. Ah, ça c’est louche.
- Ghazi Zeatir, ministre à plusieurs reprises, actuellement ministre des Travaux publics et des Transports, député since 1996 (bloc Berri). Il doit 7 300 $ à EDL.
- Mohammad Kabbani, député (Futur), since 1992 (avec un petit trou entre 1996 et 2000). Il doit 10 000 $ à l’EDL. Avant que je n’oublie, MK est président de la commission parlementaire des Travaux publics, des Transports, de l’Energie et de l’Eau, since 2000. Il est quand même favorable à la dénonciation des mouhmilinn, lui compris.
- Abdel Latif el-Zein, député since 1962 (bloc Berri encore). Oui vous avez bien lu, non je n’ai pas fait d’erreur de frappe, c’est bel et bien since 1962 ! ALEZ doit à EDL, la modique somme de 14 000 $, ce qui représente un peu plus que le salaire d’un mois de travail. Inutile de s’étendre sur le dur labeur du député libanais ! Au passage, depuis 1962, le doyen des députés libanais a reçu 636 fiches de paie. Ça fait rêver.
- Le chanteur Melhem Barakat, doit 18 000 $ à EDL. Tiens, je suus curieux de savoir, combien de réveillons ou de fractions de réveillons cela représente ?
- Sami el-Khatib, le célèbre Sami el-Khatib lui-même. Pour info, c’est un ex-officier des Renseignements de l’armée libanaise (suspendu de ses fonctions pendant un temps, pour ingérence politique, restriction des libertés et gaspillage de l’argent public), un ex-officier des Forces de dissuasion arabe (qowat elrade3 el3arabiya, smallah!), réfugié politique chez les Assad (jusqu’en 1982), ex-commandant de la branche dissidente de l’armée libanaise à l’époque du commandement de Michel Aoun (1989), ex-ministre de l’Intérieur et ex-député du Parlement à l’époque de la Terreur syrienne au Liban (1992-2004). Il doit 39 000 $ à EDL. Bon, faut pas faire tout un plat BB, certains ont vraiment des fins de mois difficiles !
- On a aussi trois Khazen, dans les affaires comme on dit, dont un ex-député du Kesrouan. La famille doit 61 000 $ à EDL.
- La palme d’or de ce classement revient au docteur Faouzi Adaimi, docteur ye3né médecin. Le président du Syndicat des hôpitaux privés du Liban svp, et de l’hôpital Notre-Dame du Liban à Jounieh, doit à l’Electricité du Liban, à titre personnel et pour son hôpital, la coquète somme de 188 000 $, près du tiers des impayés. Sacré doc !

C’est sans doute le fait que son hôpital se situe à un jet de pierres de la pollution de l’usine électrique de Zouk qui l’a décidé à vivre au frais de la princesse, sur le plan électrique bien entendu. Décidément au Kesrouan, certains vivent bien de la largesse de l’Etat libanais. A moins de chercher l'explication dans un autre fait, la souveraineté libanaise ne s’exerce pleinement que dans certaines zones du territoire libanais justement, Kesrouan entre autres ! Pour rappel, puisqu'on est dans l'électricité, « le taux de vol du courant électrique par région (factures non payées et consommation non facturée) varie entre 12 et 69 % selon les régions: Beyrouth 12,1% – Mont Liban Nord 40,1% - Békaa Sud 45,6% - Mont Liban Sud 49,6% - Liban Sud 56% - Liban Nord 60,7% - Békaa Nord 67,2% - Békaa Centre 69,1%. » Cela va sans dire, dans cette étude, la banlieue de Beyrouth est inclue dans la région du Mont-Liban. Extrait de mon article 32, publié il y a 4 ans, jour pour jour, enfin presque ! Dernière précision, ces violations ne sont pas commises par des personnalités politiques, mais tout simplement par les citoyens libanais, qui n'ont pas tous des fins de mois difficile, loin de là. Wou balad !


dimanche 13 septembre 2015

Angela Merkel et la crise des réfugiés : entre angélisme et mercantilisme, les motivations de l’Allemagne (Art.310)


L’Europe‬ se doit de bouger. Ce point ne fait pas de débat. D’une part, parce que ce continent reste le bastion des droits de l’homme dans le monde, et d’autre part, parce que les drames en Méditerranée‬ se suivent et ne se ressemblent pas. Plus de 350 000 personnes ont traversé la Méditerranée en 2015, notamment au mois d’août, 2/3 via la Grèce et 1/3 via l’Italie. Tous ont mis le cap vers le Nord et non vers le Sud, tout un symbole lourd de sens. Ils ont embarqués contre vents et marées, à leurs risques et périls. Depuis l’an 2000, Poséidon et Neptune ont piégé 31 000 personnes en haute mer. Bien avant et bien après les guerres en Syrie‬ (2011) et en ‪‎Irak‬ (2003), on ne cesse de mourir sur "Mare Nostrum". L’élan de solidarité impressionnant de la part de l’Europe, auquel nous assistons en ce moment, a une marraine bien identifiée, c’est Angela ‪‎Merkel‬. Si le sujet des migrants fait couler beaucoup d’encre, personne n’a cherché à cerner toutes les motivations de la chancelière allemande à s’engager dans cette bataille extraordinaire. Pourquoi maintenant, pourquoi autant, pourquoi tout court, alors ce n’est ni la première, ni la dernière, ni la plus grave crise humanitaire dans l’histoire ?

jeudi 3 septembre 2015

Régime libanais vs. Tol3et re7etkom : c’est l’histoire d’un ministre de l’Intérieur « gros nounours » face à des activistes « grands méchants loups » (Art.309)



La description que fait un des activistes qui dirigent ‪‎Tol3et re7etkom‬ (Vous puez / You Stink), Lucien Bourjeily‬, de l’intervention des forces de l’ordre au ministère de l’Environnement, occupé pour quelques heures le 1re septembre par le mouvement « Vous puez », fait froid dans le dos. « On a tenté de me tuer ». L’accusation est grave. « Je porterai plainte ». Il a parfaitement raison. Minute ! mais de quel droit lui et ses friends ont-ils décidé d’occuper les locaux du ministère libanais de l’Environnement ? « Le ministère est un lieu public qui appartient au peuple libanais ». Ohlala, on n’a pas encore fini avec le gavage du peuple libanais avec leur populisme ! Quand avec du bon sens, on ne parvient pas à ramener la raison dans un débat passionné, il n’y a rien de mieux que de passer à la comparaison. C’est d’autant plus utile que ces activistes rejettent le « régime libanais ». Pour le besoin de simplification, je me limiterai à la France. Non, tout n’est pas permis au Liban‬, pas plus qu’en France‬. Les Libanais doivent savoir que les activistes de ce mouvement ne pourraient pas faire 1/10e de ce qu’ils font actuellement à Beyrouth‬, ailleurs qu’au Liban. Si ce qui se passe actuellement au Liban se déroulait en France, tous les dirigeants de ce mouvement seraient derrière les barreaux pour un long moment, et nous serions obligés d’importer des oranges pour étancher leur soif. Le peuple libanais ne peut être représenté par des gens irresponsables et amateurs, qu’ils soient de la société civile ou de la société politique. Je ne suis pas là pour défendre les dirigeants politiques libanais, mais pour protéger mon Liban et la République libanaise de certains enfantillages irresponsables. Assez de nivellement par le bas.


mardi 1 septembre 2015

La liberté d'expression et la violence de « Tol3et re7etkom » (Vous puez / You Stink)


Au vu de l’actualité du jour et parce que nos prises de position autour du mouvement « Tol3et re7etkom » (Vous puez), sont parfois mal comprises, peu importe que l’on soit pour ou contre, il est nécessaire d’apporter cet éclaircissement. Indépendamment des revendications du moment, qu’elles soient légitimes ou pas, qu’elles collent avec nos convictions ou pas, tout « citoyen démocrate » est en principe forcément du côté de toute protestation pacifique qui s’exprime dans le respect de la Constitution et des lois libanaises. La violence ou la répression à l'égard de manifestants pacifiques et respectueux des lois en vigueur, est condamnable au plus haut degré.

Néanmoins, forcer les barbelés et attaquer les forces de l’ordre qui protègent les sièges des hautes institutions de la République libanaise -la Présidence, le Conseil des ministres et l’Assemblée nationale- et occuper des ministères publics, comme le font les activistes de ‪‎Tol3et re7etkom‬, ne rentrent pas dans ce cadre. Là, il faut reconnaitre qu’on n’est plus ni en démocratie ni dans un Etat de droit ni dans la liberté d’expression. Cela relève en quelque sorte de l'hooliganisme pur et simple, qui est une forme de terrorisme, où des activistes utilisent la force et s’octroient le droit de violer la législation, pour imposer leurs visions sur les autres. Dans ce cas de figure, tout « citoyen responsable » ne peut que se ranger derrière les représentants officiels de l’Etat libanais.

lundi 31 août 2015

Deux mots sur l’affaire Assaad Thebian, un des organisateurs du mouvement ‪Tol3et re7etkom‬ au Liban


Deux mots sur l’affaire Assaad Thebian (AT), un des organisateurs de Tol3et re7etkom‬ (TR). Je ne serai pas long car il ne vaut pas la peine. 7 minutes, top chrono. Comme d’hab dans de pareilles polémiques, on a droit à tout sauf à l’essentiel. Alors, deux choses :

1. AT est un militant proche du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt‬, qui a longtemps milité dans "l'Organisation des jeunes progressistes" (mounazamat alchabab altaqaddoumi). Dans mes deux derniers articles sur le mouvement TR, j’ai pointé du doigt le rôle néfaste joué par W. Beik dans le déclenchement direct de la grave crise des ordures que connait le ‪‎Liban‬ depuis 6 semaines, notamment en ce qui concerne sa(son) (ir)responsabilité dans la fermeture de la décharge de Naamé à la mi-juillet et sa ferme opposition pour sa réouverture jusqu’à l’élaboration d’un plan B. Dans mon article 307, j’ai écrit: « Le leader druze continue d’une manière irresponsable à faire pression, via Tol3et re7etkom, pour éviter la réouverture de la décharge de Naamé, temporairement évidemment, en attendant de mettre en œuvre une solution durable, quitte à laisser les Libanais crouler sous les ordures. » La révélation au grand public de l’implication d’AT dans le mouvement TR, vient de confirmer mes dires.

2. Beaucoup de gens se sont déchainés contre une soi-disant bassesse des militants de Michel Aoun qui ont publié sur le site du Tayyar, d’anciens posts d’AT où il se moque ouvertement de la religion chrétienne, et à plusieurs reprises, avec puérilité et mauvais goût, ta2elit dam wou satlané, indescriptibles. Décidément, on est toujours à côté du problème. Et alors, elle est où la faute du CPL ? Non mais, personne ne se gêne pour ressortir des trucs contre Nasrallah et Aoun remontant à 1982 ou 1989, alors que le dernier post controversé de l’activiste remonte au 20 juillet 2014, càd il y a un peu plus d’un an ! En tout cas, nous serons curieux de lire aussi ses posts moqueurs sur la religion islamique en général, chiite et druze en particulier. S'il veut bien les republier, à supposer qu'il en a, qu'il en soit alors vivement remercié.

A l’heure des comptes réclamés par le mouvement Tol3et re7etkom, ne faut-il pas en demander à l’activiste Assad Thebian sur ces deux points ? Ah, pardon ye3né, j’ai oublié, son activisme concerne la corruption de toute la classe politique et il a le droit à la sacro-sainte liberté d’expression à sens unique. Foutaises.

samedi 29 août 2015

A l’heure des comptes, les activistes de « Tol3et re7etkom » doivent eux aussi rendre des comptes (Art.308)


Manifestations du weekend 22-23 août 2015,
devant les sièges du Conseil des ministres
et de l'Assemblée nationale 
Photo: Keystone-AP, Bilal Hussein
Partant du dernier communiqué du mouvement ‪‎Tol3et re7etkom‬, appelant à manifester le samedi 29 août 2015, place des Martyrs à ‪‎Beyrouth‬, voici quelques remarques sur les dix points qui m’ont retenu l’attention. Vouloir combattre la corruption et demander des comptes avec du populisme et une langue de bois bien pendue, non merci. Je n’y suis pas, je n’y reste pas. Je fais partie des gens qui en ont assez de l’amateurisme et de l’irresponsabilité de certains hommes politiques. Pas la peine d’en rajouter. A l’heure des comptes, les activistes de « Tol3et re7etkom » doivent eux aussi rendre des comptes. Pour revenir aux choses sérieuses, les déchets, à l’origine de ce mouvement subversif, le Premier ministre doit déclarer l'état d'urgence et ordonner la réouverture immédiate de la décharge de Naamé, jusqu’à nouvel ordre, et protéger ce site par l’armée libanaise contre quiconque voudrait sa fermeture définitive dans l'immédiat, en attendant la mise en œuvre d’un plan durable pour la gestion des déchets, qui doit être établi dans le calme et non dans la précipitation. D'où la nécessité absolue de prolonger le contrat de ‪‎Sukleen‬ jusqu'à l'élaboration d'un plan B.

A l’heure des comptes, les activistes de « Tol3et re7etkom » doivent eux aussi rendre des comptes (Art.308) Bakhos Baalbaki

jeudi 27 août 2015

Les « Vous puez » puent à leur tour : la dérive politicienne d’un mouvement populaire (Art.307)



Parler de 5e colonne, al-mounddassine, pour expliquer les dérapages graves de ce weekend à ‪‎Beyrouth‬ est l’astuce la plus simple pour fuir ses propres responsabilités et noyer celles des autres. Perte de contrôle des événements, dérive de certains activistes, radicalisation progressive ou révélation d’un agenda caché, qu’importe, une chose est sûre, les responsables de ‪‎Tol3et re7etkom‬ se sont montrés incapables de mener d’une manière responsable ce mouvement de masse. Désolé, mais tout n’est pas la faute du Hezbollah‬ et des éléments indisciplinés qui se sont glissés dans ces manifestations pacifiques. C’est trop facile. Les activistes de Tol3et re7etkom doivent assumer leurs erreurs. Il faut oser dénoncer leurs délires. Cela passe par un flash-back très instructif sur les positions du mouvement depuis un mois. A l’arrivée Tol3et re7etkom perd en crédibilité, il apparait comme un mouvement proche du 8-Mars, le gouvernement de Tammam Salam ne tombera pas, il en va de la survie de la République libanaise. Par les manœuvres de parasitage du mouvement Tol3et re7etkom, le duo chiite, Hassan Nasrallah et Nabih Berri, l’allié chrétien, Michel Aoun, et le leader druze, Walid Joumblatt, (s’)adressent plusieurs messages croisés et règlent leurs comptes les uns avec les autres. J’en ai intercepté quatre : Hassan Nasrallah à Saad Hariri et Tammam Salam ; Nabih Berri à Michel Aoun et Samir Geagea ; Michel Aoun à Saad Hariri et Hassan Nasrallah ; Walid Joumblatt à Tammam Salam. 

Les « Vous puez » puent à leur tour : la dérive politicienne d’un mouvement populaire (Art.307) Bakhos Baalbaki

jeudi 20 août 2015

Les centres du pouvoir libanais sont des lignes rouges, nul n’a le droit de les franchir illégalement quel qu’en soit le contexte (Art.306)


1. Le gouvernement libanais a l’obligation de garantir à tout un chacun le droit d’exprimer ses opinions et de protester. 2. Toute expression démocratique doit se faire dans le respect des lois en vigueur. 3. Les sièges des hautes institutions de l’Etat libanais constituent des lignes rouges. 4. Jeter des sacs poubelles dans le périmètre du Grand Sérail à Beyrouth‬, et forcer les barbelés qui protègent l’unique institution en état de fonctionnement dans notre pays, sont par les temps qui courent, des incivilités irresponsables et stériles. 7. Qui n’est pas content des règles qui régissent la vie publique au ‪‎Liban‬, ou des conditions de vie, œuvre pour les changer et non pour renverser la table. 8. Le mouvement « Tol3it ri7etkoun » (Vous puez) est légitime. Mais rendre les dirigeants libanais seuls responsables de la situation, sous le slogan généraliste de « la ‪‎corruption‬ de la classe politique », est à la fois simpliste et populiste. 9. S’il faut faire pression sur l’Etat afin d’amener les dirigeants libanais à assumer leurs responsabilités, et sur ce point « Tol3it ri7etkoun » a entièrement raison, le mouvement a l’obligation d’inciter les citoyens libanais à se montrer plus consciencieux, comme dans la gestion des déchets‬, et plus exigeants à l’égard de leurs députés, comme pour le blocage présidentielle où les fautifs sont connus de tous. A défaut, les activistes du mouvement doivent faire attention, le slogan qu’ils ont créé risque rapidement de s’appliquer sur eux.

mercredi 19 août 2015

Régime syrien vs. Etat islamique : affrontement de deux barbares, mais une même barbarie


Syrie‬, une agonie sans fin. Et pourtant les crimes de guerre‬ et les crimes contre l’humanité se suivent et se ressemblent.

Damas‬, dimanche 16 août 2015. Les raids des avions du régime de Bachar el-Assad sur le marché de Douma (banlieue nord-est de la capitale, tenue par les rebelles), provoquent le massacre d’une centaine de civils syriens, dont des dizaines d’enfants. C’est un crime prémédité et délibéré. L’intention de tuer était manifeste puisque les avions de la tyrannie des Assad‬ ont effectué successivement 6 raids sur ce marché et 4 sur ses environs durant ce laps de temps. Pour mémoire, il y a exactement deux ans (21 août 2013), même région, même criminel, même barbarie et même horreur, c’était le massacre aux armes chimiques de Ghouta, qui a fait 1429 morts dont 426 enfants. Allez comprendre par quelle logique, certains en Syrie comme au ‪‎Liban‬, croient toujours que ce régime criminel peut encore faire partie de la solution en Syrie.


Palmyre‬, mardi 18 août 2015. Décapitation de l’un des plus éminents archéologues syriens, Khaled el-Assaad (82 ans), directeur des Antiquités et du musée de Tadmour, par les terroristes de Daech‬/Etat islamique (EI). Il était accusé d’être directeur des idoles à Palmyre, de représenter la Syrie à des conférences blasphématoires, de soutenir le régime et d’apostasie. Depuis la prise de la ville irakienne de Mossoul il y a un peu plus d’un an, le groupe terroriste a exécuté plus de 2 000 personnes dans de la région. Il a massacré en Irak comme en Syrie, des populations sunnites, en grand nombre, mais aussi des chiites, des yazédies et des chrétiennes. Les terroristes de Daech ont même diffusé une vidéo il y a près d’un mois (22 juillet), proférant des menaces à l'égard de la France‬, en arabe et en français, de « massacrer des Français dans les rues de Paris ».

Double NON à cette dualité du corps et de l’âme de la ‪‎barbarie‬ au Moyen-Orient. Celle-ci est aussi bien incarnée par le régime de Bachar el-Assad, que par les djihadistes de Daech. Si les ces barbares s’affrontent pour dominer les populations civiles, ils se ressemblent finalement et s’assemblent autour de cette terreur qu'ils font régner.

jeudi 13 août 2015

Michel Aoun, ses députés et certains militants du Courant patriotique libre se sont déshonorés pour si peu (Art.305)


Quoi qu’ils disent, le 12 août 2015 restera dans les annales libanaises comme une journée de déshonneur pour Michel Aoun‬ et le Courant patriotique libre. D’abord, parce qu’elle est le signe d’un fiasco retentissant. Ensuite, parce qu’elle est la preuve d’une inconsistance et d’une irresponsabilité caractérisées. Enfin, parce qu’elle est la démonstration vivante d’une bassesse morale qui n’a pas sa place au sein d’une nation. Dans un pays normal, il se serait passé deux choses en ce 13 août. D’une part, les sympathisants du CPL‬ qui ne sont pas descendus dans la rue, auraient dénoncé les enfantillages des militants aounistes d’hier. D’autre part, les politiques du courant du Futur‬ auraient porté l’affaire des « Vraies couleurs de Daech‬ », le bleu du parti de Saad Hariri‬, devant les tribunaux libanais. Quoi qu’il en soit, je reste persuadé qu’il ne faut pas descendre à ce niveau. Les insultes et le mépris n’ont pas leur place dans un débat politique entre des citoyens civilisés. Face aux dérapages, il faut « zapper, critiquer ou porter plainte ». Les discours et les pratiques politiques doivent demeurer exemplaires, pour espérer une renaissance du Liban‬, ce qui n’empêche pas d’être satiriques, sarcastiques et incisifs.

mercredi 12 août 2015

Mercredi 12 août, alors que Michel Aoun est attendu au Parlement, pour élire un président de la République, on le retrouve dans la rue pour protester contre la corruption de la vie politique au Liban (Art.304)


Michel ‪‎Aoun‬ a le droit de s’exprimer et de manifester, sans être conspué et menacé. D’un autre côté, le général n’a pas à amplifier les choses comme si toute la classe politique se liguait pour empêcher la mobilisation de ses sympathisants. Par ailleurs, il n’y a pas à se moquer de la (dé)mobilisation aouniste. Ma3lé, personne ne fera mieux en plein mois d’août à ‪‎Beyrouth‬. L’ironie de l’histoire c’est qu’aujourd’hui même, mercredi 12 août, alors que les députés de la nation étaient convoqués à la 27e séance place de l’Etoile, pour élire le 13e président de la République libanaise, Michel Aoun et ses parlementaires ont préféré rester dans la rue, pour dénoncer la mauvaise gouvernance du ‪‎Liban‬, la corruption de la vie politique libanaise et les violations de la Constitution du pays du Cèdre. Eh oui, le surréalisme‬ politique existe. Je l’ai rencontré au Liban. Toujours est-il que Michel Aoun a dérapé hier, comme jamais auparavant. Appeler les Libanais à descendre dans la rue ne sera pas entendu, car les Libanais ont en ont marre des beaux discours et des légendes. Ils veulent du concret et du bon sens. Le général doit sortir des petits calculs politiciens. De l’autre côté, la classe politique libanaise doit cesser de traiter le courant aouniste avec mépris. Oui Chamel Roukouz mérite d’être commandant de l’armée libanaise. Sa nomination aurait pu débloquer une situation politique figée depuis près de deux ans. Occasion ratée. C’est pas malin de la part du gouvernement de Tammam Salam et de toute la classe politique libanaise.

lundi 10 août 2015

Nulle part ailleurs qu’au Liban : le ministre du Travail superpose une corruption officielle à la corruption officieuse (Art.303)


Pour mettre un terme à la corruption‬ au Liban‬, le ministre du Travail, Séjaan Azzi‬, a décidé d’accorder à ceux qui souhaitent accélérer le traitement de leur dossier, la possibilité de le faire moyennant le paiement de 50 000 LL (33 $). Les sommes récoltées seront redistribuées à tous les fonctionnaires de son ministère. Cette décision est non seulement anticonstitutionnelle, mais en plus, elle ne fera que superposer une corruption officielle à la corruption officieuse. Si tous les problèmes de corruption au Liban pouvaient se résoudre avec le paiement de 50 000 LL (33$) comme il prétend, pourquoi ne pas instaurer une tarification unique et un raccourcissement général des délais administratifs pour TOUS les citoyens sans distinction et dans toutes les administrations libanaises? Absurde. Pour lutter contre la corruption, le gouvernement libanais doit établir au plus vite des délais standards pour l’accomplissement de l'ensemble des démarches administratives et imposer leur respect par les fonctionnaires, sous peine de sanctions. Dans tous les cas de figure, il est indispensable de développer les démarches électroniques. Eh oui, moins il y a de contacts entre les Libanais et les fonctionnaires, moins il y aura de corruption au Liban.

mardi 4 août 2015

La réaction hystérique de Wael Abou Faour suite aux critiques de Joumblatt & Fils par Nadim Koteich (Art.302)


Dire que certains Libanais le considéraient comme un ministre responsable et d’autres pensaient que le Liban‬ pourrait supprimer le communautarisme de son vivant ! La réaction hystérique de Wael Abou Faour suite aux critiques, comment dirais-je, acerbes (même pas), incisifs (euh, plutôt) ou crues (certainement), de Nadim Koteich‬ à l’égard des investissements de Joumblatt‬ & Fils, est choquante. Se déchainer sur un journaliste avec autant d’agressivité est indigne d’un ministre d’Etat (de la Santé), qui a la prétention de surcroit, de se faire passer pour un homme intègre. Dans un pays normal, "Monsieur Propre" aurait démissionné de sa propre initiative ou il aurait été poussé à le faire sous la pression populaire. Dans le pire des cas, le Président de la République et le Premier ministre lui auraient tiré les oreilles. C’est très beau sauf que le Liban n’est pas un pays normal. La vie reprend comme si de rien n’était et l’on s’étonne après de l’agressivité ambiante, dans la rue et sur les réseaux sociaux.

samedi 1 août 2015

Double hommage à Rabih Kahil, un lion du Liban, et à Cecil, un héros du Zimbabwe (Art.301)


En haut, Rabih Kahil, un commandant de la 
cinquième brigade d'intervention des forces 
armées, tué par un Libanais fin juillet au Liban. 
En bas, Cecil, un lion-vedette tué par un 
Américain début juillet au Zimbabwe. 
Photo : Brent Stapelkamp.
Les faits divers se suivent, mais ne se ressemblent pas. Certes, il y en a tous les jours aux quatre coins de la Terre. Mais, allez savoir pourquoi, certains vous interpellent plus que d’autres. Je vais vous en parler de deux d’entre eux, qui m’ont particulièrement révolté ces derniers jours. Je me sens déjà mieux d’avoir rédigé cet article. Mais, je ne serai apaisé que lorsque justice sera rendue pour ce lion du Liban‬, Rabih Kahil‬, et pour ce héros du Zimbabwe‬, Cecil‬. Je les ai associés exprès dans un même article, car ils sont tous les deux à la fois lions et héros, dans deux pays différents et chacun à sa manière. Quant aux deux êtres primitifs, un Libanais et un Américain, qui se sont octroyés le droit d’ôter la vie respectivement à un héros de l’armée libanaise et au roi des animaux, ils doivent être jugés, condamnés et emprisonnés selon les lois en vigueur au Liban et au Zimbabwe. Lâches jusqu’au bout, les deux meurtriers sont en fuite. L’Etat libanais doit tout faire pour retrouver Hicham Daou, et prouver qu’il est encore souverain au Liban. Il en va de l’honneur de l’armée libanaise. Idem pour les Etats-Unis. Je soutiens sans réserve la demande d’extradition de Walter Palmer‬, vers le Zimbabwe. Un petit geste qui prouvera que la souveraineté des pays en voie de développement est vraiment respectée par les pays qui se considèrent développés.

© 2011-2020 Bakhos Baalbaki