A force de rencontrer Walid Joumblatt, François Hollande se libanise. Eh
ma bé2oul el matal, un proverbe arabe dit : 3echir el qawm arb3in yaom,
ya betsir metloun ya bter7al 3announ (côtoie les gens 40 jours, soit tu
deviens comme eux, soit tu t’en éloignes). Le beik a affirmé au journal
al-Liwaa que sa rencontre avec le président français, qui a eu lieu le
lundi 20 juillet à 16h00 au palais de l’Elysée à Paris, revêtit un
caractère familial. Elle a répondu à une demande personnelle
de François Hollande, pour faire connaissance avec le nouveau dirigeant
du Parti socialiste progressiste (le PS libanais), le fils du beik,
Taymour Joumblatt. La girouette de Moukhtara a confirmé par ailleurs,
dans le journal al-Hayat, que le président français, François Hollande, a
dit à Taymour, tenez-vous bien, « qu’il ne peut pas imaginer le Liban,
sans quelqu’un de la famille Joumblatt ». Lah lah lah ya françois,
naza3ta be hal moujemalett « à la libanaise ». Ceci dit, il faut avouer
que les trois Joumblatt savent créer des liens et Taymour semble être
plus sympathique que son père et son grand-père. On verra bien à
l’usage. Au moins lui, on le voyait souvent à Monot !jeudi 23 juillet 2015
Joumblatt, père et fils, à l'Elysée et à la demande de François Hollande
A force de rencontrer Walid Joumblatt, François Hollande se libanise. Eh
ma bé2oul el matal, un proverbe arabe dit : 3echir el qawm arb3in yaom,
ya betsir metloun ya bter7al 3announ (côtoie les gens 40 jours, soit tu
deviens comme eux, soit tu t’en éloignes). Le beik a affirmé au journal
al-Liwaa que sa rencontre avec le président français, qui a eu lieu le
lundi 20 juillet à 16h00 au palais de l’Elysée à Paris, revêtit un
caractère familial. Elle a répondu à une demande personnelle
de François Hollande, pour faire connaissance avec le nouveau dirigeant
du Parti socialiste progressiste (le PS libanais), le fils du beik,
Taymour Joumblatt. La girouette de Moukhtara a confirmé par ailleurs,
dans le journal al-Hayat, que le président français, François Hollande, a
dit à Taymour, tenez-vous bien, « qu’il ne peut pas imaginer le Liban,
sans quelqu’un de la famille Joumblatt ». Lah lah lah ya françois,
naza3ta be hal moujemalett « à la libanaise ». Ceci dit, il faut avouer
que les trois Joumblatt savent créer des liens et Taymour semble être
plus sympathique que son père et son grand-père. On verra bien à
l’usage. Au moins lui, on le voyait souvent à Monot !dimanche 19 juillet 2015
L'emportement de la star de Futur TV, Nadim Koteich, après le meurtre d'Achrafieh
J’ai tenté de zapper, mais je n’y suis pas parvenu. Alors, j’ai
décidé de vous faire un compte-rendu. Nadim Koteich a affirmé hier à
8h22 précises, la nuit portant conseil, tout seul comme un grand et dans
le rôle du médecin, que le meurtrier d’Achrafieh n’était pas sous
l’emprise d’une drogue, et que cette histoire de drogue n’était qu’un
complot pour étouffer l’affaire.
بدأت تتسرب معلومات من هنا وهناك ان قاتل جورج كان تحت تأثير المخدرات، وهذا يعني ان محاولات اللفلفة ق تكون بدأت
Mais voyons et par qui svp ? Le manitou d’Achrafieh peut-être ? Tayeb, falyakoun.
Il a décrété dans la foulée, comme un magistrat cette fois, qu’il faut exécuter ce monstre rapidement, sinon « c’est la légalisation de tuer et un encouragement des gens à obtenir leurs droits eux-mêmes ».
حتى لو كان تحت تأثير السحر من سكان كوكب زُحل، فإن التراخي في اعدامه السريع هو تشريع للقتل وتشجيع للناس علي أن تأخذ حقوقها بأيديها
En d’autres termes, « exécuter le meurtrier » dans la tête du journaliste libanais est un « droit » qui appartient à la population libanaise. Par conséquent et en toute logique, la sienne, nul besoin de faire un procès, l’Etat n’a qu’à s’exécuter et à « lyncher » le meurtrier. Non mais, franchement, tout est filmé et il y a encore des Libanais comme vous et moi, qui veulent que justice soit rendue lors d'un procès selon le droit libanais ? Non mais quoi encore, où va le monde aujourd’hui ? Bassita, falyakoun, le pire se trouve dans la suite.
وإن لم تقتله الدولة لندعو الى تشكيل فرقة اغتيالات محترفة تكون مثل روبن هود، مهمتها مطاردة هذه الحيوانات البشرية وتصفيتها، وخلي القضاء يتسلى بشوية قضايا وتحقيقات
« Si l’Etat ne le tue pas, appelons à la formation d’un groupe de tueurs professionnels, à l’instar de Robin des Bois, sa mission sera de chasser et de liquider ces animaux humanoïdes, et que la justice (libanaise) s’amuse avec d’autres affaires et enquêtes ». Eh ya heik balad, ya bala ! Passons sur le fait que Nadim Koteich ne semble pas bien connaitre les aventures de ce héros anglais du Moyen-Âge. Ceci n’est pas grave. Le reste, si. Quand une star du calibre de Nadim Koteich, qui fait partie de l’élite libanaise, en tout cas des personnalités médiatiques influentes de ce pays, au moins largement suivies par la population libanaise sur les réseaux sociaux et sur la chaine Futur TV, émet une sentence populiste, impulsive, expéditive, agressive et irréfléchie, qui n’est ni plus ni moins qu’un appel au meurtre des meurtriers, et qui a déjà décrété il y a moins d’un mois, « qui a frappé les prisonniers (de Roumieh), doit recevoir les mêmes coups de bâtons, et ce n’est qu’ensuite que la justice peut se mêler de l’affaire », que peut-on espérer du peuple libanais et comment s’étonner encore que la société libanaise soit aussi violente ?
Décidément, Nadim Koteich a quelques problèmes avec la notion d’Etat de droit. Il faudra que quelqu’un se charge de l’éclairer à ce sujet. Avant que je n’oublie, qu’on explique aussi au journaliste, que la signature du décret d’exécution d’un meurtrier au Liban, après sa condamnation à mort par un tribunal, cela va sans dire, est du ressort du président de la République exclusivement, et non du Conseil des ministres, même en cas de vacance présidentielle. Il va donc falloir tempérer l'emportement de certains dans cette histoire tragique.
بدأت تتسرب معلومات من هنا وهناك ان قاتل جورج كان تحت تأثير المخدرات، وهذا يعني ان محاولات اللفلفة ق تكون بدأت
Mais voyons et par qui svp ? Le manitou d’Achrafieh peut-être ? Tayeb, falyakoun.
Il a décrété dans la foulée, comme un magistrat cette fois, qu’il faut exécuter ce monstre rapidement, sinon « c’est la légalisation de tuer et un encouragement des gens à obtenir leurs droits eux-mêmes ».
حتى لو كان تحت تأثير السحر من سكان كوكب زُحل، فإن التراخي في اعدامه السريع هو تشريع للقتل وتشجيع للناس علي أن تأخذ حقوقها بأيديها
En d’autres termes, « exécuter le meurtrier » dans la tête du journaliste libanais est un « droit » qui appartient à la population libanaise. Par conséquent et en toute logique, la sienne, nul besoin de faire un procès, l’Etat n’a qu’à s’exécuter et à « lyncher » le meurtrier. Non mais, franchement, tout est filmé et il y a encore des Libanais comme vous et moi, qui veulent que justice soit rendue lors d'un procès selon le droit libanais ? Non mais quoi encore, où va le monde aujourd’hui ? Bassita, falyakoun, le pire se trouve dans la suite.
وإن لم تقتله الدولة لندعو الى تشكيل فرقة اغتيالات محترفة تكون مثل روبن هود، مهمتها مطاردة هذه الحيوانات البشرية وتصفيتها، وخلي القضاء يتسلى بشوية قضايا وتحقيقات
« Si l’Etat ne le tue pas, appelons à la formation d’un groupe de tueurs professionnels, à l’instar de Robin des Bois, sa mission sera de chasser et de liquider ces animaux humanoïdes, et que la justice (libanaise) s’amuse avec d’autres affaires et enquêtes ». Eh ya heik balad, ya bala ! Passons sur le fait que Nadim Koteich ne semble pas bien connaitre les aventures de ce héros anglais du Moyen-Âge. Ceci n’est pas grave. Le reste, si. Quand une star du calibre de Nadim Koteich, qui fait partie de l’élite libanaise, en tout cas des personnalités médiatiques influentes de ce pays, au moins largement suivies par la population libanaise sur les réseaux sociaux et sur la chaine Futur TV, émet une sentence populiste, impulsive, expéditive, agressive et irréfléchie, qui n’est ni plus ni moins qu’un appel au meurtre des meurtriers, et qui a déjà décrété il y a moins d’un mois, « qui a frappé les prisonniers (de Roumieh), doit recevoir les mêmes coups de bâtons, et ce n’est qu’ensuite que la justice peut se mêler de l’affaire », que peut-on espérer du peuple libanais et comment s’étonner encore que la société libanaise soit aussi violente ?
Décidément, Nadim Koteich a quelques problèmes avec la notion d’Etat de droit. Il faudra que quelqu’un se charge de l’éclairer à ce sujet. Avant que je n’oublie, qu’on explique aussi au journaliste, que la signature du décret d’exécution d’un meurtrier au Liban, après sa condamnation à mort par un tribunal, cela va sans dire, est du ressort du président de la République exclusivement, et non du Conseil des ministres, même en cas de vacance présidentielle. Il va donc falloir tempérer l'emportement de certains dans cette histoire tragique.
vendredi 17 juillet 2015
Meurtre d’Achrafieh : ce n’est pas plus de barbarie qu’il nous faut au Liban, mais plus d’Etat de droit (Art.299)
Le meurtre commis avant-hier, en plein jour, en pleine rue et en plein cœur de Beyrouth,
est horrible et odieux. Il n’y a surement pas de mots assez sévères
pour condamner le comportement de ce monstre qui a poursuivi, battu et
poignardé à mort un pauvre citoyen. Ceci dit, je suis désolé, mais
l’Etat libanais n’a pas la charge de l’éducation des nouveau-nés, des
"j7éch" et des "w7ouch" pour en faire des êtres humains. C’est du
ressort des parents quand ils sont encore
au sein et au biberon. Désolé aussi, l’Etat ne peut pas prévenir ce
genre de crime. C’est impossible, même à Faraya, à Paris ou à Oslo.
Comme à chaque fois dans de telles circonstances, des voix s’élèvent
pour réclamer « la peine de mort ». Mais là également, je suis désolé, l’Etat n’a pas à se faire justice, mais à rendre la justice.
Une nuance qui semble échapper à certains. Savoir que l’assassin est
chiite et la victime est chrétienne, est un détail inutile dans cette
histoire et même dangereux au Moyen-Orient. Enfin, il est très difficile
de juger de loin l’attitude des témoins de cet acte barbare. Et
pourtant, deux se distinguent du lot, l'un par sa lâcheté, la compagne
du meurtrier, et l'autre par son courage, la compagne de la victime. mercredi 15 juillet 2015
Le fabuleux destin d’Omar Sharif : l’histoire d’une vie fascinante d’un homme épris de liberté (Art.298)
![]() |
| La plus belle photo du couple le plus mythique du monde arabe, Omar Sharif et Faten Hamama, avec leur fils, Tarek, en 1965 Photo: AP-Sipa |
Il n’est pas facile de résister longtemps à cette fierté qui nous
prend aux tripes, en apprenant que telle ou telle personnalité fait
partie d’un de nos cercles identitaires. Comme d’habitude, dans de
circonstances pareilles, la triade informative a été reprise en boucle
sur les réseaux sociaux libanais : Omar Sharif
est le pseudonyme de Michel Demitri Chalhoub, il est d’origine
libanaise, de la ville de Zahlé. Qui sommes-nous à la naissance, a
certainement de l’importance, mais ne
nous donne aucun mérite. Ce qui importe c’est ce que nous deviendrons
par la suite. La graine de star lancée par Youssef Chahine en 1954 a à
son actif plus d’une centaine de films arabes et internationaux, dont
Lawrence d’Arabie et Le Docteur Jivago. Ceci dit, il y a d’autres
éléments de la biographie d’Omar Sharif qui méritent d’être soulignés et
qui permettent de mieux cerner la personnalité de ce grand personnage
du 7e art arabe. Le fabuleux destin d’Omar Sharif raconte l’histoire
d’une vie fascinante d’un bon vivant et d’un grand séducteur. Il restera
à jamais l’une des plus merveilleuses incarnations de la liberté individuelle, à tous les niveaux, et de la cohabitation fraternelle islamo-chrétienne, dans ce tumultueux Orient arabe, ainsi que l’un de mes grands héros d’adolescence. Paix à son âme.
jeudi 9 juillet 2015
Trois faits sur Michel Aoun qui sont hors de débat
"Hello, is there anybody in there?" Here are the basic facts. Quoique
le général et ses détracteurs disent, et quoique ses sympathisants et
ses adversaires fassent, il y a trois faits qui sont hors de débat, deux
à charge et un à décharge.
1. Michel Aoun,
notre Tsipras national, est impliqué dans 99,63% des 1 350 jours de
vacance presidentielle officielle ou de facto que nous avons connue
depuis l'indépendance en 1943. Ainsi, prétendre défendre les "intérêts
des chrétiens" avec un tel record,
concernant la plus haute charge chrétienne de la République libanaise,
s'avère être une allégation fallacieuse.
2. Contrairement au jeune leader grec, le Tsipras libanais est très âgé, 82 ans, et trop frustré, des accumulations depuis 1988. Au-delà de ses choix politiques, Michel Aoun est donc inapte -disons, pas le mieux placé- pour défendre les "intérêts des chrétiens" d'une manière avisée et intelligence.
3. Aucune personnalité libanaise et ses fans, ne sont l'objet d'autant de mépris que Michel Aoun et ses sympathisants au Liban, à la fois de la part de certains militants, de certains journalistes et de certains hommes politiques. Fi estekhra2 lal chabibé, wou bala ma nsammé. Le moins qu'on puisse dire, c'est une erreur de la part de tout ce beau monde. Leur atitude conduit exactement à l'effet inverse de ce qui est escompté. Ils ne font que renforcer le sentiment chez certains chrétiens que leurs intérêts sont à part des intérêts des autres Libanais, des musulmans et des athées, et que seul Michel Aoun est apte à les defendre, contre vents et marées. So, be " careful with that axe Eugene".
lundi 6 juillet 2015
Eh bien, Grexit et qu’Alexis Tsipras aille se faire voir chez les Grecs (Art.297)
Il est navrant de voir un si beau pays aux atouts importants, qui a
beaucoup apporté à l’humanité et à la culture européenne, dans cette
crise. Savoir comment on est arrivé là et qui en est responsable, n’a
plus beaucoup d’importance à ce stade. Les Grecs,
comme les Libanais d’ailleurs, qui ont un penchant naturel pour le déni
de la réalité et une fâcheuse tendance à rejeter la faute sur les
autres, tout en réclamant leur aide, font une double preuve de leur
immaturité politique. La dette de la Grèce
s’élève à 313 milliards d’euros. Comme elle est détenue essentiellement
par des Etats européens et non des institutions privées, pour le
Premier ministre grec, la solution est simple : il suffit d’effacer d’un
coup de crayon magique une partie de cette dette
et de se débarrasser dans la foulée d’un nouveau plan d’austérité pour
assainir les finances publiques. Si le « non » l’a emporté à plus de
61%, c’était prévisible. Il faut avouer qu’on était dans une situation
saugrenue avec le gouvernement d’Aléxis Tsípras. La consultation du
peuple grec ce dimanche était une très mauvaise idée, malgré son succès
apparent pour son initiateur. Ce référendum prouve que les craintes et
la rigueur d'Angela Merkel
dans ce dossier sont parfaitement justifiées. Certes, le Premier
ministre a gagné ce référendum officiel devant les 11 millions de Grecs.
Mais, Aléxis Tsípras
ne sait pas encore, qu’il a perdu un référendum officieux devant 496
millions d’Européens, à qui on ne cesse de demander des efforts. Ce référendum se retournera forcément contre Athènes, dès ce lundi. L’Europe
se montrera plus exigeante que jamais. Céder au chantage de la Grèce,
c’est prendre le risque d’avoir à le faire de nouveau pour d’autres pays
européens en difficulté, comme l’Italie et l’Espagne. Céder aux
caprices des Grecs, c’est encourager les politiques populistes dans
toute l’Europe. S’il faut sortir la Grèce de la zone euro, pour sauver l’Europe et l’Union monétaire, il ne faut pas hésiter une seconde à le faire. Eh bien, Grexit et qu’Aléxis Tsípras aille se faire voir chez les Grecs (Art.297) Bakhos Baalbaki
samedi 4 juillet 2015
Mariage homosexuel et peine de mort aux Etats-Unis : grandeur et décadence d’une nation qui n’en finit pas de fasciner le monde (Art.296)
Tout a commencé le vendredi 26 juin 2015. La Cour suprême des Etats-Unis légalise le mariage homosexuel.
Aussi révolutionnaire soit-elle dans l’absolue, en réalité, il n’y a
rien d’extraordinaire dans cette décision. Un non-événement pour qui
connait l’Occident. Les pays de cette civilisation suivent le même
chemin sur les grands débats de société. L’événement a surtout été
célébré par certains libanais, en leur donnant l’occasion d’égayer leur
photo de profil en signe de solidarité avec la communauté LGBT, des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transsexuels. Il faut dire qu’au Liban,
il n’y a pas de quoi pavoiser dans ce domaine. Les autorités libanaises
ont mis au point un test pour diagnostiquer les faux hétéros,
l’inspection anale. Pour certains, l’homosexualité est une perversion
insupportable qui va à l’encontre de la volonté de Dieu. Elle vise à
détruire la famille et la société. Pour d’autres, c’est une affaire
privée. A peine on s’est remis des émotions du week-end, la Cour suprême
américaine a de nouveau frapper les esprits, en se prononçant le lundi
29 juin 2015, en faveur de la constitutionnalité de l’exécution par
injection létale. Malgré le scepticisme des experts quant à l’efficacité
de certaines molécules en usage et les ratés notoires des exécutions
par cette méthode, elle a considéré que cette mise à mort ne constitue
pas « une peine cruelle et inhabituelle », interdite par le VIIIe
amendement. Enfin, sur beaucoup de sujets, comme le mariage homo et la peine de mort,
les Etats-Unis sont capables du meilleur et du pire. Grandeur et
décadence d’une nation qui n’en finit pas de fasciner le monde. Happy
Independence Day, America.dimanche 28 juin 2015
« Le Loup et le Chien », une fable exceptionnelle et intemporelle de Jean de La Fontaine
Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs
et datant d'une époque très ancienne, toute ressemblance avec des
personnes ou des situations existantes, ayant existé ou existeront, ne
saurait être que fortuite.
« Le Loup et le Chien » -ma fable préférée, s’il faut en choisir une-
est la cinquième fable du livre I du recueil des Fables de Jean de La
Fontaine, édité pour la première fois en 1668. Bonne lecture et bonne
réflexion dominicale.
![]() |
| Le loup et le chien, fable de Jean de La Fontaine (1621-1695) Illustration de François Chauveau (1613-1676) |
Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
À se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
« Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée ;
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons, sans parler de mainte caresse. »
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
« Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encore ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encore.
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
À se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
« Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée ;
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons, sans parler de mainte caresse. »
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
« Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encore ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encore.
vendredi 26 juin 2015
En finir avec le Guantanamo de Roumieh dans l’intérêt de tous les Libanais. Nouhad Machnouk ne pouvait pas ignorer le rapport accablant de l’ONU sur la torture au Liban (Art.295)
![]() |
| L’entrée du bâtiment B de la prison de Roumieh où sont détenus les prisonniers islamistes. Photo de Haytham al-Moussawi (al-Akhbar) |
L’affaire de Roumieh
a éclaté au grand jour avec la diffusion de vidéos qui montrent des
membres des FSI infligeant des sévices à des prisonniers sans défense.
Pour comprendre tout le contexte, il faut commencer par rappeler que les
300 islamistes de Roumieh, sont impliqués dans des actes de terrorisme
et avaient formé au fil du temps un « émirat islamique » dans la
prison, une sorte de QG terroriste équipé par tous les moyens de
communication avec l’extérieur. Toutes
les données sont accablantes pour ces hommes et justifient selon
certains, de fermer les yeux sur les actes de torture ignobles dont ils
ont été victimes. Les suppliciés sont de confession sunnite. Ils sont
arrêtés depuis des mois, voire des années, emprisonnées sans jugement.
De l’avis général, la prison de Roumieh s’est transformée en une sorte
de Guantanamo.
La diffusion des vidéos avait pour objectif de ternir l’image d’un
ministre sunnite compétent, Achraf Rifi, et de discréditer le service
des renseignements des FSI, les bêtes noires du Hezbollah et d'Assad.
Quoiqu’en disent ses défenseurs, le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk
ne pouvait pas ignorer ce qui se passait derrière les barreaux de
Roumieh. Il y a près de neuf mois, le Comité contre la torture du
Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme lui a remis
les résultats des investigations qu’il a menées dans le monde. Ce
rapport de 526 pages, dont une partie est consacrée à la torture dans
notre pays, est accablant pour le Liban.
Rien de nouveau dans l’ancienne « Suisse de l’Orient ». On sait que
durant la Terreur du régime sécuritaire syro-libanais, la torture était
monnaie courante contre les opposants à l’occupation syrienne du Liban.
En tout cas, quand on lit certaines réactions émotives et impulsives
comme celle de Nadim Koteich, où il recommande la torture des
tortionnaires, comment peut-on s’étonner de la violence même des images
qu’on a vues ?
lundi 22 juin 2015
Comme si le Liban était un paisible royaume laïc que Notre-Dame de Fatima est venue troubler (Art.294)
![]() |
| Entrée de la statue Notre-Dame de Fatima au Parlement libanais le 16 juin 2015. Photo : Bilal Jawich, Anadolu Agency |
Qui a suivi les actualités libanaises ces derniers jours est
aujourd’hui persuadé que le pays des 18 communautés est le dernier
bastion de la laïcité sur Terre. A entendre certains et à lire d’autres,
il est clair que le peuple libanais ignorait qu’il vivait dans le
meilleur des mondes, jusqu’au débarquement de Notre-Dame de Fatima à l’aéroport de Beyrouth et son entrée tonitruante au Parlement libanais. Le hasard des événements a fait que je me suis retrouvé au Liban
lors d’une autre visite historique de même nature, celle de la châsse
de Sainte-Thérèse en 2002. Il serait fastidieux de relever toutes les
manifestations religieuses intempestives dans la vie quotidienne des
Libanais. L’essentiel c’est de comprendre que l’entrée de Sainte-Marie
au Parlement mardi dernier, s’inscrit dans une certaine logique des
choses. Notons dans ce sillage, que les grandes démocraties dans le
monde, notamment américaines et européennes, autorisent de par leurs
lois constitutionnelles ou par les usages, à invoquer Dieu dans les
serments d’investiture, et à jurer parfois sur la Bible ou le Coran au
sein même des institutions de l’Etat. Tout ce tapage autour de la
visite-éclair de Notre-Dame de Fatima au Parlement libanais, m’a plutôt
fait sourire. C’est digne d’un film d’Emir Kusturica ! Ce qui s’est
passé le 16 juin est « un symptôme » et non « la maladie ». Pour sortir
notre pays de sa religiosité excessive, qu’elle soit sincère ou
tartuffienne, il faut s’attaquer aux causes profondes et non aux
manifestations superficielles, aussi bien chez les communautés
chrétiennes que dans les communautés musulmanes.
mercredi 17 juin 2015
L’envers du décor du mariage en grande pompe de la fille d’Issam Farès. « Un milliardaire, combien de boursiers ? » (Art.293)
C’est immuable, les frivolités des gens aisés passionnent les foules.
Nous avons eu une nouvelle démonstration il y a trois jours. A ce qu’il
parait, Noor Farès, une jeune joaillère libanaise, a dit « oui » à
Alexandre Khawam, le vice-président d’une société anglaise de gestion
d’actifs. L'union de #NoorandAlex
aurait pu passer inaperçue si la mariée n’était autre que la fille du
milliardaire libanais, Issam Farès, un homme d’affaires qui emploie plus
de 70 000 personnes dans le monde, ancien vice-Premier ministre du Liban
entre 2000 et 2005. La lecture en diagonale de la presse nationale
libanaise et française, qui s’est mise à la mode people, nous informe
que le mariage civil du jeune couple a eu lieu début mai en Angleterre
et que le mariage religieux s’est déroulé ce weekend au sein de l’église
Sainte-Catherine en Normandie. Des Rolls-Royce ont déposé les mariés
sous d’immenses glycines blanches. La mairie de Hontfleur avait prévenu
les habitants : « Ces adorables personnes sont, semble-t-il, importantes
et connues dans le monde et célèbres dans les médias. Nous devons donc
les protéger et leur permettre de se marier en toute tranquillité ».
J’aime beaucoup ce « semble-t-il » et cette « tranquillité », pour le
côté sarcastique qu’ils m’inspirent. Récit d'un weekend pas ordinaire en
France.jeudi 11 juin 2015
Quand le présentateur Adel Karam se moque d'un Libanais qui passe son brevet à 63 ans pour faire rire
La vie est quand même fascinante. Elle pousse certains à grandir,
s’élever et s’enrichir, et d’autres, à rapetisser, se rabaisser et
s’appauvrir. Abdallah Taleb, le Libanais de Marjeyoun, qui a passé son
brevet à l’âge de 63 ans, fait partie de la 1re catégorie, Adel Karam,
le présentateur qui s’est permis de se moquer de lui avec ‘ta2elit dam’
et une lourdeur infantile indescriptible, sous l’applaudissement 'wou
satlanett' des spectateurs du studio de la MTV, fait partie de la 2e.
Son excuse bidon, le lendemain, n’y changera rien. Wlak, tout le concept
de cette émission populiste à 5 piastres est à revoir. Ba2a ya 3édiil,
rou7 tomm 7alak.Les leaders chrétiens et le complexe de castration politique de Walid Joumblatt (Art.292)
Il est "baïdett elkebénn" pour certains, l’homme fort de la vie
politique libanaise, "baïdett ghanam" pour d'autres, le mouton de
Panurge qui suit les forces dominantes. Walid Joumblatt a un contentieux politique avec les chrétiens du Liban,
les maronites en particulier, que l’histoire ne parvient pas à régler,
hélas. L'interview qu’il a accordée à al-Akhbar, publiée les 9 et 10
juin, le prouve magistralement. Le leader druze a une trouille bleue que
l’élection d’un président fort à la tête de l’Etat libanais, Samir Geagea, Michel Aoun,
ou n’importe quelle personnalité chrétienne qui représente plus que son
ombre -en dehors de sa marionnette, Henri Helou, bien entendu- ainsi
qu’une nouvelle loi électorale moderne et l’acquisition de la
nationalité libanaise par les descendants de Libanais, ne conduisent à
sa « castration politique », en le ramenant à son poids réel sur
l’échiquier libanais. D’où ce complexe de castration que j’évoque dans
mon titre, la peur que W. Beik a de perdre ses attributs politiques. Et
comme tout le monde sait, les complexes ont cette fâcheuse tendance à
s’aggraver avec l’âge. Morceaux choisis.dimanche 7 juin 2015
Samir Geagea et Michel Aoun, entre les youyous et les ouh: non mais, que demande le peuple de plus ? (Art.291)
Pour certains, l’union des deux hommes méritait des tzolghot
retentissants. You you you you you ! Pour d’autres, du dédain et rien de
plus. Ouhhhhhhhhh ! Une chose est sûre, le malentendu autour de la
rencontre entre Samir Geagea et Michel Aoun
vient du fait que les Libanais lui ont accordé plus d’importance
qu’elle ne méritait en réalité. Les contents et les mécontents ont
commis trois erreurs d’appréciation dans leur jugement. Il faut savoir
que les discussions entre les deux
partis libanais se sont imposées dans un contexte de blocage inouï de la
vie politique libanaise. Le contexte régional y était aussi pour
beaucoup. Au moment où le Moyen-Orient est pleinement engagé dans une
guerre de cent ans, entre les sunnites et les chiites, les leaders
chrétiens ne pouvaient pas rester les bras croisés à regarder le Liban
agoniser, sachant que le sort des communautés chrétiennes en Orient,
doit rester étroitement lié à celui des communautés musulmanes et que
les musulmans en Orient doivent rester conscients des menaces
spécifiques qui pèsent sur leurs compatriotes chrétiens et qui sont de
trois ordres, radicales, sournoises et subtiles. L’initiative des
leaders chrétiens a été plutôt bien accueillie dans les rangs des
sympathisants chrétiens des deux camps. Les réactions les plus hostiles
contre ce dialogue sont venues de personnes qui ne sont pas
sympathisants ni de l’un ni de l’autre parti, ainsi que des touyouss,
les têtes de mules des deux camps. Et pourtant, si ces râleurs invétérés
s’étaient donnés la peine de lire ne serait-ce que le préambule et la
postface de la « Déclaration des intentions », ils auraient moins hué la
rencontre historique du 2 juin. samedi 30 mai 2015
Finale de la FIFA : le Corleone suisse contre le prince arabe, le match Nord/Sud (Art.290)
C’est un euphémisme de dire que Joseph Sepp Blatter est une personnalité contestée. « Vito Corleone », comme on le surnomme, a transformé la FIFA
en « une petite mafia ». Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a «
toujours fermé les yeux et profité de ce système ». Il n’a pas su faire
face aux scandales de corruption qui ont éclaboussé la fédération au
cours de sa présidence, notamment en ce qui concerne l’attribution
contestée en 2010 de la Coupe du monde de football de 2022, au Qatar.
Même s’il est blanchi à l’heure actuelle, il n’est pas sûr qu’il puisse
sortir indemne de la tempête judiciaire transatlantique qui frappe la
FIFA depuis mercredi, et qui a conduit la procureure générale des
Etats-Unis à demander l’arrestation de hauts responsables de la FIFA,
pour « racket, fraude, blanchiment d'argent, corruption, pots-de-vin et
commissions... (en usage) depuis 24 ans ». Il faut dire que cette «
association à but non lucratif », mdr, fondée en 1904 à Paris, brasse
beaucoup d’argent de nos jours : 4,5 milliards $ de recettes
télévisuelles et commerciales. C’est très bien pour le foot sauf que la
FIFA consacre plus d’argent pour ses charges de fonctionnement que sur
les programmes de développement de ce jeu dans le monde. Le train de vie
de ses membres au vu et au su de tous, laisse perplexe quant à la
capacité de Blatter d’assainir la fédération lors de ce 5e mandat, à 79
ans en plus. L’Europe et l’Amérique du Nord voulaient tourner la page du
vieux Corleone et confier la FIFA au jeune et honnête prince Ali Bin
al-Hussein. L’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, en ont décidé
autrement. Une chose est sûre, ce qui s’est passé dans le luxueux hôtel
du Baur au Lac à Zurich marquera l’histoire de la plus puissante
fédération sportive au monde.lundi 25 mai 2015
Michel Aoun bat son propre record : il est désormais impliqué dans 99,62% des 1304 jours de vacance du pouvoir au Liban (Art.289)
Cela fait un an que le Liban n’a plus de président de la République.
On peut encore disserter pendant une autre année reconductible, jusqu’au
dernier jour de ce mandat virtuel qui prendra fin en 2020, sur les
raisons de ce triste blocage de la vie politique libanaise, sans réussir
pour autant à faire avancer la réflexion d’un iota. En même temps, il
est impossible de laisser passer cette date comme si de rien n’était. En
pensant à un angle original pour aborder la présidentielle
libanaise, je me suis dit que le mieux à faire serait d’aller voir où
ils en sont nos principaux candidats à la présidence de la République
libanaise, Michel Aoun et Samir Geagea, et de savoir ce qu’en pense le principal acteur de l’échiquier politique du Liban, Hassan Nasrallah.
La problématique de la présidentielle libanaise est simple pour les
trois hommes, mais pas pour les mêmes raisons. Le point sur la vacance
présidentielle libanaise, avec en bonus deux représentations graphiques
édifiantes et un tour de prestidigitation par l’illusionniste du roi
Louis XVIII, que j’ai ressuscité pour vous jouer son célèbre numéro :
sortir un lapin de son chapeau.
lundi 18 mai 2015
Dans la tête de Michel Samaha, l’homme qui a failli embraser le Liban à la demande de Bachar el-Assad (Art.288)
La condamnation de Michel Samaha par le Tribunal militaire libanais, a
de quoi susciter l’indignation. Les charges qui pèsent sur cet ancien
ministre sont lourdes. Et pourtant, la sentence s’apparente dans les
faits à une libération anticipée. D’où la joie des uns et la colère des
autres. Pour se rendre compte de la légèreté de la condamnation et des
failles de la lutte anti-terroriste au Liban, il suffit de transposer le cas Samaha en France. Selon la législation française,
il aurait pris 30 ans de réclusion criminelle, près de 7 fois sa
condamnation libanaise. Hasard du calendrier, celui qui a frôlé la peine
de mort, pourra accompagner les prières de la naissance de Jésus et de
Mahomet, que célébreront respectivement le même jour à la fin de cette
année, le patriarche maronite et le mufti sunnite, deux hommes que
Michel Samaha projetait éliminer car « c’est ce que souhaite Bachar el-Assad
». Pour qu’un type de ce poids politique se retrouve derrière les
barreaux, c’est qu’il a été pris en flagrant délit. Ce flagrant délit se
base sur plusieurs vidéos enregistrées avec une caméra cachée, de
conversations entre le terroriste et l’homme qui a dénoncé ce projet
d'attentats au service libanais de renseignements des FSI. Si nous avons
connu des centaines d’attentats à la voiture piégée et des dizaines
d’assassinats depuis 1975, c’est la première fois dans l’histoire du
Liban que les Libanais ont accès à la tête d’un de ces terroristes qui
ont ensanglanté le Liban et endeuillé ses citoyens 1001e fois et qui a
bien failli embrasser le pays du Cèdre à l'été 2012. Ces documents
exceptionnels font froid dans le dos, mais leur visionnage est un devoir
national car ils permettent de mieux éclairer les pages sombres de
notre tragédie qui n’en finit pas avec la tyrannie syrienne des Assad,
père et fils, et ses sbires libanais, de toutes confessions. mardi 12 mai 2015
#TweeteCommeSarko
J'ai terminé ce magnifique livre d'Albert Camus "Les Etrangers"
Et j'enchaîne avec un autre magnifique livre de Franz Kafka "Les Procès"
dimanche 10 mai 2015
J’ai testé le Hezbollah et voici ce qu’il en sort : ‘el-qalamoun, wa ba3da el-qalamoun, wa ma ba3da ba3da el-qalamoun’ (Art.287)
Et si je testais le Hezbollah
pour vous ? Rien de plus simple, il suffit de prendre le discours de
sayyed Hassan Nasrallah du 5 mai 2015 et de le décortiquer. Commençons
donc ce test par le YEMEN.
Pour le chef du Hezbollah « nous sommes de nouveau devant une tromperie
et une grande duperie ». Après le Yémen, j’ai testé le Hezbollah sur l’IRAK. D’emblée, sayyed Hassan nous met en garde. « Le véritable but des Etats-Unis est la partition des Etats de la région sur une
base communautaire et ethnique... Irak, Syrie, Yémen ». Comme élément à
charge, le chef du Hezbollah évoque un obscur projet de loi qui serait
en cours d’étude au Congrès américain qui « ordonne le gouvernement
américain d’armer des composantes irakiennes indépendamment du
gouvernement irakien ». J’ai testé ensuite le Hezbollah sur la SYRIE.
Hassan Nasrallah met en garde « les Syriens et les Libanais » contre «
cette guerre psychologique » menée depuis la chute de Jisr el-Choughour
et d’Idlib, « ces rumeurs et ces mensonges » sur la fin imminente du
régime syrien. J’ai testé enfin le Hezbollah sur le LIBAN.
Pour justifier une intervention d’une milice libanaise en Syrie, il
fallait trouver une 1re fatwa. « Nous étions au courant des intentions
des groupes armés... l’occupation de vastes territoires libanais et les
assauts contre l’armée libanaise et les citoyens... cette question a
besoin d’un traitement radical ». Difficile de ne pas être d’accord. Ce
qui pose problème c’est la 2e fatwa. « Si l’Etat (libanais) était en
mesure d’assumer ses responsabilités, nous serions tous avec lui ». A
force de tirer sur la corde, le Hezbollah pousse les Libanais qui sont
en désaccord profond avec sa politique djihadiste transfrontalière et
son isolationnisme communautaire intrafrontalier, vers trois
catastrophes.vendredi 1 mai 2015
Blocage et bannissement sur les réseaux sociaux : des procédures d’exception libératrices et démocratiques (Art.286)
![]() |
| Carte partielle d'Internet, basée sur les données au 15 janvier 2005. Chaque ligne lie deux nœuds, représentant deux adresses IP. Auteur : The Opte Project |
La vie sur Internet et les réseaux
sociaux, l’agora des temps modernes, n’est vraiment pas un long fleuve
tranquille. Je peux vous l’assurer en connaissance de cause. Chose
inimaginable dans la vie réelle, on peut avoir des échanges multiples
tous les jours avec des dizaines de personnes d’horizons différents.
D’après mon expérience, tout sujet au Liban a le potentiel intrinsèque de conduire à une discussion passionnée. Rajoutez à cela que certains de ce cha3eb lebnen
el 3azim à l’orgueil démesuré ont cette fâcheuse tendance à s’obstiner
jusqu’aux confins du ridicule pour avoir le dernier mot. Face à cette
problématique nouvelle de la vie en société, il est évident qu’il faut
un « code de déontologie », quand on est sur les murs des autres, et un «
règlement interne » pour gérer les interactions humaines sur son propre
mur. En y réfléchissant bien, j’ai découvert que contrairement à ce que
je pensais au départ, le blocage
et le bannissement sont des règles libératrices et démocratiques. Ce
sont les attaques personnelles et obsessionnelles, les incivilités et la
vulgarité, qui sont anti-démocratiques non seulement par leur caractère
agressif, mais aussi, par leurs effets malsains qui visent à détourner,
étouffer et parasiter le débat démocratique en cours.
© 2011-2020 Bakhos Baalbaki





