Parler de 5e colonne, al-mounddassine, pour expliquer les dérapages graves de ce weekend à Beyrouth
est l’astuce la plus simple pour fuir ses propres responsabilités et
noyer celles des autres. Perte de contrôle des événements, dérive de
certains activistes, radicalisation progressive ou révélation d’un
agenda caché, qu’importe, une chose est sûre, les responsables de Tol3et re7etkom se sont montrés incapables de mener d’une manière responsable ce mouvement de masse. Désolé, mais tout n’est pas la faute du Hezbollah
et des éléments indisciplinés qui se sont glissés dans ces
manifestations pacifiques. C’est trop facile. Les activistes de Tol3et
re7etkom doivent assumer leurs erreurs. Il faut oser dénoncer leurs
délires. Cela passe par un flash-back très instructif sur les positions
du mouvement depuis un mois. A l’arrivée Tol3et re7etkom perd en
crédibilité, il apparait comme un mouvement proche du 8-Mars, le
gouvernement de Tammam Salam ne tombera pas, il en va de la survie de la
République libanaise. Par les manœuvres de parasitage du mouvement
Tol3et re7etkom, le duo chiite, Hassan Nasrallah et Nabih Berri, l’allié
chrétien, Michel Aoun, et le leader druze, Walid Joumblatt,
(s’)adressent plusieurs messages croisés et règlent leurs comptes les
uns avec les autres. J’en ai intercepté quatre : Hassan Nasrallah à Saad
Hariri et Tammam Salam ; Nabih Berri à Michel Aoun et Samir Geagea ;
Michel Aoun à Saad Hariri et Hassan Nasrallah ; Walid Joumblatt à Tammam
Salam.
jeudi 27 août 2015
jeudi 20 août 2015
Les centres du pouvoir libanais sont des lignes rouges, nul n’a le droit de les franchir illégalement quel qu’en soit le contexte (Art.306)
1. Le gouvernement libanais a l’obligation de garantir à tout un
chacun le droit d’exprimer ses opinions et de protester. 2. Toute
expression démocratique doit se faire dans le respect des lois en
vigueur. 3. Les sièges des hautes institutions de l’Etat libanais
constituent des lignes rouges. 4. Jeter des sacs poubelles dans le
périmètre du Grand Sérail à Beyrouth, et forcer les barbelés qui protègent l’unique institution en état de fonctionnement dans notre pays, sont par
les temps qui courent, des incivilités irresponsables et stériles. 7.
Qui n’est pas content des règles qui régissent la vie publique au Liban,
ou des conditions de vie, œuvre pour les changer et non pour renverser
la table. 8. Le mouvement « Tol3it ri7etkoun » (Vous puez) est légitime.
Mais rendre les dirigeants libanais seuls responsables de la situation,
sous le slogan généraliste de « la corruption
de la classe politique », est à la fois simpliste et populiste. 9. S’il
faut faire pression sur l’Etat afin d’amener les dirigeants libanais à
assumer leurs responsabilités, et sur ce point « Tol3it ri7etkoun » a
entièrement raison, le mouvement a l’obligation d’inciter les citoyens
libanais à se montrer plus consciencieux, comme dans la gestion des déchets,
et plus exigeants à l’égard de leurs députés, comme pour le blocage
présidentielle où les fautifs sont connus de tous. A défaut, les
activistes du mouvement doivent faire attention, le slogan qu’ils ont
créé risque rapidement de s’appliquer sur eux.mercredi 19 août 2015
Régime syrien vs. Etat islamique : affrontement de deux barbares, mais une même barbarie
Syrie, une agonie sans fin. Et pourtant les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité se suivent et se ressemblent.
Damas,
dimanche 16 août 2015. Les raids des avions du régime de Bachar
el-Assad sur le marché de Douma (banlieue nord-est de la capitale, tenue
par les rebelles), provoquent le massacre d’une centaine de civils
syriens, dont des dizaines d’enfants. C’est un crime prémédité et
délibéré. L’intention de tuer était manifeste puisque les avions de la tyrannie des Assad
ont effectué successivement 6 raids sur ce marché et 4 sur ses environs
durant ce laps de temps. Pour mémoire, il y a exactement deux ans (21
août 2013), même région, même criminel, même barbarie et même horreur,
c’était le massacre aux armes chimiques de Ghouta, qui a fait 1429 morts
dont 426 enfants. Allez comprendre par quelle logique, certains en
Syrie comme au Liban, croient toujours que ce régime criminel peut encore faire partie de la solution en Syrie.
Palmyre, mardi 18 août 2015. Décapitation de l’un des plus éminents archéologues syriens, Khaled el-Assaad (82 ans), directeur des Antiquités et du musée de Tadmour, par les terroristes de Daech/Etat islamique (EI). Il était accusé d’être directeur des idoles à Palmyre, de représenter la Syrie à des conférences blasphématoires, de soutenir le régime et d’apostasie. Depuis la prise de la ville irakienne de Mossoul il y a un peu plus d’un an, le groupe terroriste a exécuté plus de 2 000 personnes dans de la région. Il a massacré en Irak comme en Syrie, des populations sunnites, en grand nombre, mais aussi des chiites, des yazédies et des chrétiennes. Les terroristes de Daech ont même diffusé une vidéo il y a près d’un mois (22 juillet), proférant des menaces à l'égard de la France, en arabe et en français, de « massacrer des Français dans les rues de Paris ».
Double NON à cette dualité du corps et de l’âme de la barbarie au Moyen-Orient. Celle-ci est aussi bien incarnée par le régime de Bachar el-Assad, que par les djihadistes de Daech. Si les ces barbares s’affrontent pour dominer les populations civiles, ils se ressemblent finalement et s’assemblent autour de cette terreur qu'ils font régner.
Palmyre, mardi 18 août 2015. Décapitation de l’un des plus éminents archéologues syriens, Khaled el-Assaad (82 ans), directeur des Antiquités et du musée de Tadmour, par les terroristes de Daech/Etat islamique (EI). Il était accusé d’être directeur des idoles à Palmyre, de représenter la Syrie à des conférences blasphématoires, de soutenir le régime et d’apostasie. Depuis la prise de la ville irakienne de Mossoul il y a un peu plus d’un an, le groupe terroriste a exécuté plus de 2 000 personnes dans de la région. Il a massacré en Irak comme en Syrie, des populations sunnites, en grand nombre, mais aussi des chiites, des yazédies et des chrétiennes. Les terroristes de Daech ont même diffusé une vidéo il y a près d’un mois (22 juillet), proférant des menaces à l'égard de la France, en arabe et en français, de « massacrer des Français dans les rues de Paris ».
Double NON à cette dualité du corps et de l’âme de la barbarie au Moyen-Orient. Celle-ci est aussi bien incarnée par le régime de Bachar el-Assad, que par les djihadistes de Daech. Si les ces barbares s’affrontent pour dominer les populations civiles, ils se ressemblent finalement et s’assemblent autour de cette terreur qu'ils font régner.
jeudi 13 août 2015
Michel Aoun, ses députés et certains militants du Courant patriotique libre se sont déshonorés pour si peu (Art.305)
Quoi qu’ils disent, le 12 août 2015 restera dans les annales libanaises comme une journée de déshonneur pour Michel Aoun
et le Courant patriotique libre. D’abord, parce qu’elle est le signe
d’un fiasco retentissant. Ensuite, parce qu’elle est la preuve d’une
inconsistance et d’une irresponsabilité caractérisées. Enfin, parce
qu’elle est la démonstration vivante d’une bassesse morale qui n’a pas
sa place au sein d’une nation. Dans un pays normal, il se serait passé
deux choses en ce 13 août. D’une part, les sympathisants du CPL
qui ne sont pas descendus dans la rue, auraient dénoncé les
enfantillages des militants aounistes d’hier. D’autre part, les
politiques du courant du Futur auraient porté l’affaire des « Vraies couleurs de Daech », le bleu du parti de Saad Hariri,
devant les tribunaux libanais. Quoi qu’il en soit, je reste persuadé
qu’il ne faut pas descendre à ce niveau. Les insultes et le mépris n’ont
pas leur place dans un débat politique entre des citoyens civilisés.
Face aux dérapages, il faut « zapper, critiquer ou porter plainte ». Les
discours et les pratiques politiques doivent demeurer exemplaires, pour
espérer une renaissance du Liban, ce qui n’empêche pas d’être satiriques, sarcastiques et incisifs.mercredi 12 août 2015
Mercredi 12 août, alors que Michel Aoun est attendu au Parlement, pour élire un président de la République, on le retrouve dans la rue pour protester contre la corruption de la vie politique au Liban (Art.304)
Michel Aoun
a le droit de s’exprimer et de manifester, sans être conspué et menacé.
D’un autre côté, le général n’a pas à amplifier les choses comme si
toute la classe politique se liguait pour empêcher la mobilisation de
ses sympathisants. Par ailleurs, il n’y a pas à se moquer de la
(dé)mobilisation aouniste. Ma3lé, personne ne fera mieux en plein mois
d’août à Beyrouth. L’ironie de l’histoire c’est qu’aujourd’hui même, mercredi 12 août, alors que les députés de la nation
étaient convoqués à la 27e séance place de l’Etoile, pour élire le 13e
président de la République libanaise, Michel Aoun et ses parlementaires
ont préféré rester dans la rue, pour dénoncer la mauvaise gouvernance du
Liban, la corruption de la vie politique libanaise et les violations de la Constitution du pays du Cèdre. Eh oui, le surréalisme
politique existe. Je l’ai rencontré au Liban. Toujours est-il que
Michel Aoun a dérapé hier, comme jamais auparavant. Appeler les Libanais
à descendre dans la rue ne sera pas entendu, car les Libanais ont en
ont marre des beaux discours et des légendes. Ils veulent du concret et
du bon sens. Le général doit sortir des petits calculs politiciens. De
l’autre côté, la classe politique libanaise doit cesser de traiter le
courant aouniste avec mépris. Oui Chamel Roukouz mérite d’être
commandant de l’armée libanaise. Sa nomination aurait pu débloquer une
situation politique figée depuis près de deux ans. Occasion ratée. C’est
pas malin de la part du gouvernement de Tammam Salam et de toute la
classe politique libanaise.lundi 10 août 2015
Nulle part ailleurs qu’au Liban : le ministre du Travail superpose une corruption officielle à la corruption officieuse (Art.303)
Pour mettre un terme à la corruption au Liban, le ministre du Travail, Séjaan Azzi,
a décidé d’accorder à ceux qui souhaitent accélérer le traitement de
leur dossier, la possibilité de le faire moyennant le paiement de 50 000
LL (33 $). Les sommes récoltées seront redistribuées à tous les
fonctionnaires de son ministère. Cette décision est non seulement
anticonstitutionnelle, mais en plus, elle ne fera que superposer une
corruption officielle à la corruption officieuse.
Si tous les problèmes de corruption au Liban pouvaient se résoudre avec
le paiement de 50 000 LL (33$) comme il prétend, pourquoi ne pas
instaurer une tarification unique et un raccourcissement général des
délais administratifs pour TOUS les citoyens sans distinction et dans
toutes les administrations libanaises? Absurde. Pour lutter contre la
corruption, le gouvernement libanais doit établir au plus vite des
délais standards pour l’accomplissement de l'ensemble des démarches
administratives et imposer leur respect par les fonctionnaires, sous
peine de sanctions. Dans tous les cas de figure, il est indispensable de
développer les démarches électroniques. Eh oui, moins il y a de
contacts entre les Libanais et les fonctionnaires, moins il y aura de
corruption au Liban. mardi 4 août 2015
La réaction hystérique de Wael Abou Faour suite aux critiques de Joumblatt & Fils par Nadim Koteich (Art.302)
Dire que certains Libanais le considéraient comme un ministre responsable et d’autres pensaient que le Liban
pourrait supprimer le communautarisme de son vivant ! La réaction
hystérique de Wael Abou Faour suite aux critiques, comment dirais-je,
acerbes (même pas), incisifs (euh, plutôt) ou crues (certainement), de
Nadim Koteich à l’égard des investissements de Joumblatt & Fils, est choquante. Se déchainer sur un journaliste avec autant d’agressivité est indigne d’un
ministre d’Etat (de la Santé), qui a la prétention de surcroit, de se
faire passer pour un homme intègre. Dans un pays normal, "Monsieur
Propre" aurait démissionné de sa propre initiative ou il aurait été
poussé à le faire sous la pression populaire. Dans le pire des cas, le
Président de la République et le Premier ministre lui auraient tiré les
oreilles. C’est très beau sauf que le Liban n’est pas un pays normal. La
vie reprend comme si de rien n’était et l’on s’étonne après de
l’agressivité ambiante, dans la rue et sur les réseaux sociaux. samedi 1 août 2015
Double hommage à Rabih Kahil, un lion du Liban, et à Cecil, un héros du Zimbabwe (Art.301)
Les faits divers se suivent, mais ne se ressemblent pas. Certes, il y
en a tous les jours aux quatre coins de la Terre. Mais, allez savoir
pourquoi, certains vous interpellent plus que d’autres. Je vais vous en
parler de deux d’entre eux, qui m’ont particulièrement révolté ces
derniers jours. Je me sens déjà mieux d’avoir rédigé cet article. Mais,
je ne serai apaisé que lorsque justice sera rendue pour ce lion du Liban, Rabih Kahil, et pour ce héros du Zimbabwe, Cecil.
Je les ai associés exprès dans un même article, car ils sont tous les
deux à la fois lions et héros, dans deux pays différents et chacun à sa
manière. Quant aux deux êtres primitifs, un Libanais et un Américain,
qui se sont octroyés le droit d’ôter la vie respectivement à un héros de
l’armée libanaise et au roi des animaux, ils doivent être jugés,
condamnés et emprisonnés selon les lois en vigueur au Liban et au
Zimbabwe. Lâches jusqu’au bout, les deux meurtriers sont en fuite.
L’Etat libanais doit tout faire pour retrouver Hicham Daou, et prouver
qu’il est encore souverain au Liban. Il en va de l’honneur de l’armée
libanaise. Idem pour les Etats-Unis. Je soutiens sans réserve la demande
d’extradition de Walter Palmer,
vers le Zimbabwe. Un petit geste qui prouvera que la souveraineté des
pays en voie de développement est vraiment respectée par les pays qui se
considèrent développés.
mardi 28 juillet 2015
Mode d’emploi pour (re)passer du pays où s’entassent les déchets, au pays où coulent le lait et le miel (Art.300)
Le scandale des déchets au Liban
a fait couler beaucoup d’encre. Comme à l’accoutumée, des Libanais se
sont intronisés experts en tout, sauf en l’essentiel, le bon sens. Pour
savoir comment repasser du pays où s’entassent les déchets,
au pays où coulent le lait et le miel, comme du temps biblique, il faut
déjà comprendre comment nous en sommes arrivés là. Dans cet article,
nous aborderons d’abord, les éléments déclencheurs de cette crise, mais
aussi les négligences aggravées, la réaction farfelue de certains politiques à Beyrouth et le dossier très controversé de Sukleen.
On se rappellera au passage qu’avant la décharge de Naamé, il y avait
le dépotoir de Bourj Hammoud, une colline de détritus plus grande
qu’Achrafieh, qu’on peut toujours admirer en amoureux de la Marina de
Dbayé. On verra qu’après Naamé il y aura Iklim el-Kharroub, Akkar,
Nabatiyé ou même Ouyoun el-Simane, juste au-dessus des sources d’eau, il
ne faut quand même pas faire ce sale travail qu’à moitié. On examinera
par ailleurs, la honte que certains compatriotes ont éprouvée à l’idée
même que les images de monticules de déchets aient fait le tour du
monde. On étudiera bien entendu les solutions proposées par les
(ir)responsables libanais et les écologistes de la dernière pluie. On
finira par une note attendrissante sur les aventures de Wall.E & Eve
et sur quelques conseils de bons sens pour sortir le Liban du pétrin
des déchets.
jeudi 23 juillet 2015
Joumblatt, père et fils, à l'Elysée et à la demande de François Hollande
A force de rencontrer Walid Joumblatt, François Hollande se libanise. Eh
ma bé2oul el matal, un proverbe arabe dit : 3echir el qawm arb3in yaom,
ya betsir metloun ya bter7al 3announ (côtoie les gens 40 jours, soit tu
deviens comme eux, soit tu t’en éloignes). Le beik a affirmé au journal
al-Liwaa que sa rencontre avec le président français, qui a eu lieu le
lundi 20 juillet à 16h00 au palais de l’Elysée à Paris, revêtit un
caractère familial. Elle a répondu à une demande personnelle
de François Hollande, pour faire connaissance avec le nouveau dirigeant
du Parti socialiste progressiste (le PS libanais), le fils du beik,
Taymour Joumblatt. La girouette de Moukhtara a confirmé par ailleurs,
dans le journal al-Hayat, que le président français, François Hollande, a
dit à Taymour, tenez-vous bien, « qu’il ne peut pas imaginer le Liban,
sans quelqu’un de la famille Joumblatt ». Lah lah lah ya françois,
naza3ta be hal moujemalett « à la libanaise ». Ceci dit, il faut avouer
que les trois Joumblatt savent créer des liens et Taymour semble être
plus sympathique que son père et son grand-père. On verra bien à
l’usage. Au moins lui, on le voyait souvent à Monot !dimanche 19 juillet 2015
L'emportement de la star de Futur TV, Nadim Koteich, après le meurtre d'Achrafieh
J’ai tenté de zapper, mais je n’y suis pas parvenu. Alors, j’ai
décidé de vous faire un compte-rendu. Nadim Koteich a affirmé hier à
8h22 précises, la nuit portant conseil, tout seul comme un grand et dans
le rôle du médecin, que le meurtrier d’Achrafieh n’était pas sous
l’emprise d’une drogue, et que cette histoire de drogue n’était qu’un
complot pour étouffer l’affaire.
بدأت تتسرب معلومات من هنا وهناك ان قاتل جورج كان تحت تأثير المخدرات، وهذا يعني ان محاولات اللفلفة ق تكون بدأت
Mais voyons et par qui svp ? Le manitou d’Achrafieh peut-être ? Tayeb, falyakoun.
Il a décrété dans la foulée, comme un magistrat cette fois, qu’il faut exécuter ce monstre rapidement, sinon « c’est la légalisation de tuer et un encouragement des gens à obtenir leurs droits eux-mêmes ».
حتى لو كان تحت تأثير السحر من سكان كوكب زُحل، فإن التراخي في اعدامه السريع هو تشريع للقتل وتشجيع للناس علي أن تأخذ حقوقها بأيديها
En d’autres termes, « exécuter le meurtrier » dans la tête du journaliste libanais est un « droit » qui appartient à la population libanaise. Par conséquent et en toute logique, la sienne, nul besoin de faire un procès, l’Etat n’a qu’à s’exécuter et à « lyncher » le meurtrier. Non mais, franchement, tout est filmé et il y a encore des Libanais comme vous et moi, qui veulent que justice soit rendue lors d'un procès selon le droit libanais ? Non mais quoi encore, où va le monde aujourd’hui ? Bassita, falyakoun, le pire se trouve dans la suite.
وإن لم تقتله الدولة لندعو الى تشكيل فرقة اغتيالات محترفة تكون مثل روبن هود، مهمتها مطاردة هذه الحيوانات البشرية وتصفيتها، وخلي القضاء يتسلى بشوية قضايا وتحقيقات
« Si l’Etat ne le tue pas, appelons à la formation d’un groupe de tueurs professionnels, à l’instar de Robin des Bois, sa mission sera de chasser et de liquider ces animaux humanoïdes, et que la justice (libanaise) s’amuse avec d’autres affaires et enquêtes ». Eh ya heik balad, ya bala ! Passons sur le fait que Nadim Koteich ne semble pas bien connaitre les aventures de ce héros anglais du Moyen-Âge. Ceci n’est pas grave. Le reste, si. Quand une star du calibre de Nadim Koteich, qui fait partie de l’élite libanaise, en tout cas des personnalités médiatiques influentes de ce pays, au moins largement suivies par la population libanaise sur les réseaux sociaux et sur la chaine Futur TV, émet une sentence populiste, impulsive, expéditive, agressive et irréfléchie, qui n’est ni plus ni moins qu’un appel au meurtre des meurtriers, et qui a déjà décrété il y a moins d’un mois, « qui a frappé les prisonniers (de Roumieh), doit recevoir les mêmes coups de bâtons, et ce n’est qu’ensuite que la justice peut se mêler de l’affaire », que peut-on espérer du peuple libanais et comment s’étonner encore que la société libanaise soit aussi violente ?
Décidément, Nadim Koteich a quelques problèmes avec la notion d’Etat de droit. Il faudra que quelqu’un se charge de l’éclairer à ce sujet. Avant que je n’oublie, qu’on explique aussi au journaliste, que la signature du décret d’exécution d’un meurtrier au Liban, après sa condamnation à mort par un tribunal, cela va sans dire, est du ressort du président de la République exclusivement, et non du Conseil des ministres, même en cas de vacance présidentielle. Il va donc falloir tempérer l'emportement de certains dans cette histoire tragique.
بدأت تتسرب معلومات من هنا وهناك ان قاتل جورج كان تحت تأثير المخدرات، وهذا يعني ان محاولات اللفلفة ق تكون بدأت
Mais voyons et par qui svp ? Le manitou d’Achrafieh peut-être ? Tayeb, falyakoun.
Il a décrété dans la foulée, comme un magistrat cette fois, qu’il faut exécuter ce monstre rapidement, sinon « c’est la légalisation de tuer et un encouragement des gens à obtenir leurs droits eux-mêmes ».
حتى لو كان تحت تأثير السحر من سكان كوكب زُحل، فإن التراخي في اعدامه السريع هو تشريع للقتل وتشجيع للناس علي أن تأخذ حقوقها بأيديها
En d’autres termes, « exécuter le meurtrier » dans la tête du journaliste libanais est un « droit » qui appartient à la population libanaise. Par conséquent et en toute logique, la sienne, nul besoin de faire un procès, l’Etat n’a qu’à s’exécuter et à « lyncher » le meurtrier. Non mais, franchement, tout est filmé et il y a encore des Libanais comme vous et moi, qui veulent que justice soit rendue lors d'un procès selon le droit libanais ? Non mais quoi encore, où va le monde aujourd’hui ? Bassita, falyakoun, le pire se trouve dans la suite.
وإن لم تقتله الدولة لندعو الى تشكيل فرقة اغتيالات محترفة تكون مثل روبن هود، مهمتها مطاردة هذه الحيوانات البشرية وتصفيتها، وخلي القضاء يتسلى بشوية قضايا وتحقيقات
« Si l’Etat ne le tue pas, appelons à la formation d’un groupe de tueurs professionnels, à l’instar de Robin des Bois, sa mission sera de chasser et de liquider ces animaux humanoïdes, et que la justice (libanaise) s’amuse avec d’autres affaires et enquêtes ». Eh ya heik balad, ya bala ! Passons sur le fait que Nadim Koteich ne semble pas bien connaitre les aventures de ce héros anglais du Moyen-Âge. Ceci n’est pas grave. Le reste, si. Quand une star du calibre de Nadim Koteich, qui fait partie de l’élite libanaise, en tout cas des personnalités médiatiques influentes de ce pays, au moins largement suivies par la population libanaise sur les réseaux sociaux et sur la chaine Futur TV, émet une sentence populiste, impulsive, expéditive, agressive et irréfléchie, qui n’est ni plus ni moins qu’un appel au meurtre des meurtriers, et qui a déjà décrété il y a moins d’un mois, « qui a frappé les prisonniers (de Roumieh), doit recevoir les mêmes coups de bâtons, et ce n’est qu’ensuite que la justice peut se mêler de l’affaire », que peut-on espérer du peuple libanais et comment s’étonner encore que la société libanaise soit aussi violente ?
Décidément, Nadim Koteich a quelques problèmes avec la notion d’Etat de droit. Il faudra que quelqu’un se charge de l’éclairer à ce sujet. Avant que je n’oublie, qu’on explique aussi au journaliste, que la signature du décret d’exécution d’un meurtrier au Liban, après sa condamnation à mort par un tribunal, cela va sans dire, est du ressort du président de la République exclusivement, et non du Conseil des ministres, même en cas de vacance présidentielle. Il va donc falloir tempérer l'emportement de certains dans cette histoire tragique.
vendredi 17 juillet 2015
Meurtre d’Achrafieh : ce n’est pas plus de barbarie qu’il nous faut au Liban, mais plus d’Etat de droit (Art.299)
Le meurtre commis avant-hier, en plein jour, en pleine rue et en plein cœur de Beyrouth,
est horrible et odieux. Il n’y a surement pas de mots assez sévères
pour condamner le comportement de ce monstre qui a poursuivi, battu et
poignardé à mort un pauvre citoyen. Ceci dit, je suis désolé, mais
l’Etat libanais n’a pas la charge de l’éducation des nouveau-nés, des
"j7éch" et des "w7ouch" pour en faire des êtres humains. C’est du
ressort des parents quand ils sont encore
au sein et au biberon. Désolé aussi, l’Etat ne peut pas prévenir ce
genre de crime. C’est impossible, même à Faraya, à Paris ou à Oslo.
Comme à chaque fois dans de telles circonstances, des voix s’élèvent
pour réclamer « la peine de mort ». Mais là également, je suis désolé, l’Etat n’a pas à se faire justice, mais à rendre la justice.
Une nuance qui semble échapper à certains. Savoir que l’assassin est
chiite et la victime est chrétienne, est un détail inutile dans cette
histoire et même dangereux au Moyen-Orient. Enfin, il est très difficile
de juger de loin l’attitude des témoins de cet acte barbare. Et
pourtant, deux se distinguent du lot, l'un par sa lâcheté, la compagne
du meurtrier, et l'autre par son courage, la compagne de la victime. mercredi 15 juillet 2015
Le fabuleux destin d’Omar Sharif : l’histoire d’une vie fascinante d’un homme épris de liberté (Art.298)
![]() |
| La plus belle photo du couple le plus mythique du monde arabe, Omar Sharif et Faten Hamama, avec leur fils, Tarek, en 1965 Photo: AP-Sipa |
Il n’est pas facile de résister longtemps à cette fierté qui nous
prend aux tripes, en apprenant que telle ou telle personnalité fait
partie d’un de nos cercles identitaires. Comme d’habitude, dans de
circonstances pareilles, la triade informative a été reprise en boucle
sur les réseaux sociaux libanais : Omar Sharif
est le pseudonyme de Michel Demitri Chalhoub, il est d’origine
libanaise, de la ville de Zahlé. Qui sommes-nous à la naissance, a
certainement de l’importance, mais ne
nous donne aucun mérite. Ce qui importe c’est ce que nous deviendrons
par la suite. La graine de star lancée par Youssef Chahine en 1954 a à
son actif plus d’une centaine de films arabes et internationaux, dont
Lawrence d’Arabie et Le Docteur Jivago. Ceci dit, il y a d’autres
éléments de la biographie d’Omar Sharif qui méritent d’être soulignés et
qui permettent de mieux cerner la personnalité de ce grand personnage
du 7e art arabe. Le fabuleux destin d’Omar Sharif raconte l’histoire
d’une vie fascinante d’un bon vivant et d’un grand séducteur. Il restera
à jamais l’une des plus merveilleuses incarnations de la liberté individuelle, à tous les niveaux, et de la cohabitation fraternelle islamo-chrétienne, dans ce tumultueux Orient arabe, ainsi que l’un de mes grands héros d’adolescence. Paix à son âme.
jeudi 9 juillet 2015
Trois faits sur Michel Aoun qui sont hors de débat
"Hello, is there anybody in there?" Here are the basic facts. Quoique
le général et ses détracteurs disent, et quoique ses sympathisants et
ses adversaires fassent, il y a trois faits qui sont hors de débat, deux
à charge et un à décharge.
1. Michel Aoun,
notre Tsipras national, est impliqué dans 99,63% des 1 350 jours de
vacance presidentielle officielle ou de facto que nous avons connue
depuis l'indépendance en 1943. Ainsi, prétendre défendre les "intérêts
des chrétiens" avec un tel record,
concernant la plus haute charge chrétienne de la République libanaise,
s'avère être une allégation fallacieuse.
2. Contrairement au jeune leader grec, le Tsipras libanais est très âgé, 82 ans, et trop frustré, des accumulations depuis 1988. Au-delà de ses choix politiques, Michel Aoun est donc inapte -disons, pas le mieux placé- pour défendre les "intérêts des chrétiens" d'une manière avisée et intelligence.
3. Aucune personnalité libanaise et ses fans, ne sont l'objet d'autant de mépris que Michel Aoun et ses sympathisants au Liban, à la fois de la part de certains militants, de certains journalistes et de certains hommes politiques. Fi estekhra2 lal chabibé, wou bala ma nsammé. Le moins qu'on puisse dire, c'est une erreur de la part de tout ce beau monde. Leur atitude conduit exactement à l'effet inverse de ce qui est escompté. Ils ne font que renforcer le sentiment chez certains chrétiens que leurs intérêts sont à part des intérêts des autres Libanais, des musulmans et des athées, et que seul Michel Aoun est apte à les defendre, contre vents et marées. So, be " careful with that axe Eugene".
lundi 6 juillet 2015
Eh bien, Grexit et qu’Alexis Tsipras aille se faire voir chez les Grecs (Art.297)
Il est navrant de voir un si beau pays aux atouts importants, qui a
beaucoup apporté à l’humanité et à la culture européenne, dans cette
crise. Savoir comment on est arrivé là et qui en est responsable, n’a
plus beaucoup d’importance à ce stade. Les Grecs,
comme les Libanais d’ailleurs, qui ont un penchant naturel pour le déni
de la réalité et une fâcheuse tendance à rejeter la faute sur les
autres, tout en réclamant leur aide, font une double preuve de leur
immaturité politique. La dette de la Grèce
s’élève à 313 milliards d’euros. Comme elle est détenue essentiellement
par des Etats européens et non des institutions privées, pour le
Premier ministre grec, la solution est simple : il suffit d’effacer d’un
coup de crayon magique une partie de cette dette
et de se débarrasser dans la foulée d’un nouveau plan d’austérité pour
assainir les finances publiques. Si le « non » l’a emporté à plus de
61%, c’était prévisible. Il faut avouer qu’on était dans une situation
saugrenue avec le gouvernement d’Aléxis Tsípras. La consultation du
peuple grec ce dimanche était une très mauvaise idée, malgré son succès
apparent pour son initiateur. Ce référendum prouve que les craintes et
la rigueur d'Angela Merkel
dans ce dossier sont parfaitement justifiées. Certes, le Premier
ministre a gagné ce référendum officiel devant les 11 millions de Grecs.
Mais, Aléxis Tsípras
ne sait pas encore, qu’il a perdu un référendum officieux devant 496
millions d’Européens, à qui on ne cesse de demander des efforts. Ce référendum se retournera forcément contre Athènes, dès ce lundi. L’Europe
se montrera plus exigeante que jamais. Céder au chantage de la Grèce,
c’est prendre le risque d’avoir à le faire de nouveau pour d’autres pays
européens en difficulté, comme l’Italie et l’Espagne. Céder aux
caprices des Grecs, c’est encourager les politiques populistes dans
toute l’Europe. S’il faut sortir la Grèce de la zone euro, pour sauver l’Europe et l’Union monétaire, il ne faut pas hésiter une seconde à le faire. Eh bien, Grexit et qu’Aléxis Tsípras aille se faire voir chez les Grecs (Art.297) Bakhos Baalbaki
samedi 4 juillet 2015
Mariage homosexuel et peine de mort aux Etats-Unis : grandeur et décadence d’une nation qui n’en finit pas de fasciner le monde (Art.296)
Tout a commencé le vendredi 26 juin 2015. La Cour suprême des Etats-Unis légalise le mariage homosexuel.
Aussi révolutionnaire soit-elle dans l’absolue, en réalité, il n’y a
rien d’extraordinaire dans cette décision. Un non-événement pour qui
connait l’Occident. Les pays de cette civilisation suivent le même
chemin sur les grands débats de société. L’événement a surtout été
célébré par certains libanais, en leur donnant l’occasion d’égayer leur
photo de profil en signe de solidarité avec la communauté LGBT, des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transsexuels. Il faut dire qu’au Liban,
il n’y a pas de quoi pavoiser dans ce domaine. Les autorités libanaises
ont mis au point un test pour diagnostiquer les faux hétéros,
l’inspection anale. Pour certains, l’homosexualité est une perversion
insupportable qui va à l’encontre de la volonté de Dieu. Elle vise à
détruire la famille et la société. Pour d’autres, c’est une affaire
privée. A peine on s’est remis des émotions du week-end, la Cour suprême
américaine a de nouveau frapper les esprits, en se prononçant le lundi
29 juin 2015, en faveur de la constitutionnalité de l’exécution par
injection létale. Malgré le scepticisme des experts quant à l’efficacité
de certaines molécules en usage et les ratés notoires des exécutions
par cette méthode, elle a considéré que cette mise à mort ne constitue
pas « une peine cruelle et inhabituelle », interdite par le VIIIe
amendement. Enfin, sur beaucoup de sujets, comme le mariage homo et la peine de mort,
les Etats-Unis sont capables du meilleur et du pire. Grandeur et
décadence d’une nation qui n’en finit pas de fasciner le monde. Happy
Independence Day, America.dimanche 28 juin 2015
« Le Loup et le Chien », une fable exceptionnelle et intemporelle de Jean de La Fontaine
Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs
et datant d'une époque très ancienne, toute ressemblance avec des
personnes ou des situations existantes, ayant existé ou existeront, ne
saurait être que fortuite.
« Le Loup et le Chien » -ma fable préférée, s’il faut en choisir une-
est la cinquième fable du livre I du recueil des Fables de Jean de La
Fontaine, édité pour la première fois en 1668. Bonne lecture et bonne
réflexion dominicale.
![]() |
| Le loup et le chien, fable de Jean de La Fontaine (1621-1695) Illustration de François Chauveau (1613-1676) |
Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
À se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
« Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée ;
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons, sans parler de mainte caresse. »
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
« Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encore ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encore.
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
À se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
« Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée ;
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons, sans parler de mainte caresse. »
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
« Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encore ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encore.
vendredi 26 juin 2015
En finir avec le Guantanamo de Roumieh dans l’intérêt de tous les Libanais. Nouhad Machnouk ne pouvait pas ignorer le rapport accablant de l’ONU sur la torture au Liban (Art.295)
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| L’entrée du bâtiment B de la prison de Roumieh où sont détenus les prisonniers islamistes. Photo de Haytham al-Moussawi (al-Akhbar) |
L’affaire de Roumieh
a éclaté au grand jour avec la diffusion de vidéos qui montrent des
membres des FSI infligeant des sévices à des prisonniers sans défense.
Pour comprendre tout le contexte, il faut commencer par rappeler que les
300 islamistes de Roumieh, sont impliqués dans des actes de terrorisme
et avaient formé au fil du temps un « émirat islamique » dans la
prison, une sorte de QG terroriste équipé par tous les moyens de
communication avec l’extérieur. Toutes
les données sont accablantes pour ces hommes et justifient selon
certains, de fermer les yeux sur les actes de torture ignobles dont ils
ont été victimes. Les suppliciés sont de confession sunnite. Ils sont
arrêtés depuis des mois, voire des années, emprisonnées sans jugement.
De l’avis général, la prison de Roumieh s’est transformée en une sorte
de Guantanamo.
La diffusion des vidéos avait pour objectif de ternir l’image d’un
ministre sunnite compétent, Achraf Rifi, et de discréditer le service
des renseignements des FSI, les bêtes noires du Hezbollah et d'Assad.
Quoiqu’en disent ses défenseurs, le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk
ne pouvait pas ignorer ce qui se passait derrière les barreaux de
Roumieh. Il y a près de neuf mois, le Comité contre la torture du
Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme lui a remis
les résultats des investigations qu’il a menées dans le monde. Ce
rapport de 526 pages, dont une partie est consacrée à la torture dans
notre pays, est accablant pour le Liban.
Rien de nouveau dans l’ancienne « Suisse de l’Orient ». On sait que
durant la Terreur du régime sécuritaire syro-libanais, la torture était
monnaie courante contre les opposants à l’occupation syrienne du Liban.
En tout cas, quand on lit certaines réactions émotives et impulsives
comme celle de Nadim Koteich, où il recommande la torture des
tortionnaires, comment peut-on s’étonner de la violence même des images
qu’on a vues ?
lundi 22 juin 2015
Comme si le Liban était un paisible royaume laïc que Notre-Dame de Fatima est venue troubler (Art.294)
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| Entrée de la statue Notre-Dame de Fatima au Parlement libanais le 16 juin 2015. Photo : Bilal Jawich, Anadolu Agency |
Qui a suivi les actualités libanaises ces derniers jours est
aujourd’hui persuadé que le pays des 18 communautés est le dernier
bastion de la laïcité sur Terre. A entendre certains et à lire d’autres,
il est clair que le peuple libanais ignorait qu’il vivait dans le
meilleur des mondes, jusqu’au débarquement de Notre-Dame de Fatima à l’aéroport de Beyrouth et son entrée tonitruante au Parlement libanais. Le hasard des événements a fait que je me suis retrouvé au Liban
lors d’une autre visite historique de même nature, celle de la châsse
de Sainte-Thérèse en 2002. Il serait fastidieux de relever toutes les
manifestations religieuses intempestives dans la vie quotidienne des
Libanais. L’essentiel c’est de comprendre que l’entrée de Sainte-Marie
au Parlement mardi dernier, s’inscrit dans une certaine logique des
choses. Notons dans ce sillage, que les grandes démocraties dans le
monde, notamment américaines et européennes, autorisent de par leurs
lois constitutionnelles ou par les usages, à invoquer Dieu dans les
serments d’investiture, et à jurer parfois sur la Bible ou le Coran au
sein même des institutions de l’Etat. Tout ce tapage autour de la
visite-éclair de Notre-Dame de Fatima au Parlement libanais, m’a plutôt
fait sourire. C’est digne d’un film d’Emir Kusturica ! Ce qui s’est
passé le 16 juin est « un symptôme » et non « la maladie ». Pour sortir
notre pays de sa religiosité excessive, qu’elle soit sincère ou
tartuffienne, il faut s’attaquer aux causes profondes et non aux
manifestations superficielles, aussi bien chez les communautés
chrétiennes que dans les communautés musulmanes.
mercredi 17 juin 2015
L’envers du décor du mariage en grande pompe de la fille d’Issam Farès. « Un milliardaire, combien de boursiers ? » (Art.293)
C’est immuable, les frivolités des gens aisés passionnent les foules.
Nous avons eu une nouvelle démonstration il y a trois jours. A ce qu’il
parait, Noor Farès, une jeune joaillère libanaise, a dit « oui » à
Alexandre Khawam, le vice-président d’une société anglaise de gestion
d’actifs. L'union de #NoorandAlex
aurait pu passer inaperçue si la mariée n’était autre que la fille du
milliardaire libanais, Issam Farès, un homme d’affaires qui emploie plus
de 70 000 personnes dans le monde, ancien vice-Premier ministre du Liban
entre 2000 et 2005. La lecture en diagonale de la presse nationale
libanaise et française, qui s’est mise à la mode people, nous informe
que le mariage civil du jeune couple a eu lieu début mai en Angleterre
et que le mariage religieux s’est déroulé ce weekend au sein de l’église
Sainte-Catherine en Normandie. Des Rolls-Royce ont déposé les mariés
sous d’immenses glycines blanches. La mairie de Hontfleur avait prévenu
les habitants : « Ces adorables personnes sont, semble-t-il, importantes
et connues dans le monde et célèbres dans les médias. Nous devons donc
les protéger et leur permettre de se marier en toute tranquillité ».
J’aime beaucoup ce « semble-t-il » et cette « tranquillité », pour le
côté sarcastique qu’ils m’inspirent. Récit d'un weekend pas ordinaire en
France.
© 2011-2020 Bakhos Baalbaki






