lundi 10 mars 2014

« Journée de la femme » ? Et pourquoi pas, « Journée du noir »


Voyez-vous, ce dont la femme a le plus besoin dans la société contemporaine, c'est d'un homme épanoui ! Et ce dont elle a le moins besoin, c'est d'une congénère aigrie. Et encore moins, d'une journée folklorique pour elle ! Ainsi, l'égalité de droits en découlera, naturellement et forcément.

Extraits du débat sur Facebook

- La Journée de la femme est une invention des hommes pour se donner bonne conscience!

- Bien entendu l’égalité des droits s’établira « quand les lois qui régissent notre pays seront justes ». Les manifs d’aujourd’hui, au Liban comme partout dans le monde, sont superbes, c’est beau à voir, bravo. Si j’étais au Liban, je serai venu certainement. Mais, il y a toujours des "mais" chez moi, les lois sont une condition nécessaire mais jamais suffisante. D’où la raison d’être de mon statut, qui va au-delà de la législation.

- Tenez, selon un nouveau rapport publié il y a seulement quelques jours, une femme sur trois dans l’Union européenne a été victime d’un abus et de violence d’ordre physique ou sexuel. On ne parle pas de la violence psychologique, uniquement physique ou sexuelle ! A votre avis, quel est le pays européen où ce chiffre est le plus élevé et le pays où il est le moins élevé ? Vous ne devinerez jamais, pas plus que moi. En Suède, champion du monde de l’égalité des sexes, une femme sur deux a été abusée physiquement ou sexuellement après l’âge de 15 ans ! En Italie, ce pays méditerranéen machiste, c’est une femme sur quatre ! Si signora ! Inutile de vous dire qu’il va falloir beaucoup manifester avant que les lois libanaises ne soient alignées sur les lois suédoises en matière d’égalité de droits. Et pourtant, la vie n’est pas rose en Suède. Comme quoi, les lois sont nécessaires mais pas suffisantes. Il nous faut des hommes et des femmes épanouis, aussi.

- Mon rôle c’est d’attirer l’attention sur des points qui ne sont pas abordés dans le débat. Il faut certainement changer les lois d’urgence mais il ne faut pas s’attendre des lois qu’elles fassent la pluie et le beau temps dans la société en général et dans la vie d’un couple en particulier.

- Justement, en matière de « protection », la manif s’étant déroulée sous le thème de la « violence conjugale », les lois ont montré leurs limites en Europe où l’égalité des droits et des sexes est maximale par rapport au reste du monde. Quand on apprend que dans les pays d’Europe du Nord (Suède, Danemark et même la France) une femme sur deux a été victime de violence physique ou sexuelle, contre une femme sur quatre ou même sur cinq dans les pays d'Europe du Sud, réputés machistes pourtant (Italie, Grèce, Portugal, Espagne, Chypre), ce constat devrait nous faire réfléchir et nous donner envie d’aller quand même un peu au-delà de la nécessité de faire voter des lois évidentes sur l'égalité de droits et la violence conjugale.

- Je ne prône pas le droit à être heureux, je dis tout simplement qu’à mon avis, les femmes ont plus besoin d’hommes épanouis, surtout dans une société patriarcale comme disent les féministes, d'abord, pour être heureuses sur le plan personnel, et personne ne me contredira quand même, mais aussi d’une part, pour changer les lois (eh oui, c’est plus facile avec des gens épanouis, équilibrés et heureux qu’avec des gens frustrés et aigris comme peuvent se montrer parfois les femmes entre elles, et là aussi personne ne me contredira), et d’autre part, pour éradiquer certains problèmes de société, comme la violence faite à l’égard des femmes.

- Le non débat c’est de dire par exemple qu’il est interdit de frapper sa femme, de forcer sa femme à faire l’amour ou de payer une femme moins à travail égal. Cela va sans dire. Néanmoins, cette étude européenne démontre que si on se contente de la loi, on se retrouve dans une impasse, même en Suède et au Danemark. En tout cas, la « réalité libanaise » ne doit pas nous pousser à faire croire aux Libanaises que la loi est une panacée !

- Il n’empêche que l’aspiration de tout un chacun, homme ou femme, hétéro ou homo, est de tomber sur une personne épanouie, plutôt que frustrée, qui est non seulement plus agréable pour la vie de couple, mais aussi pour le fonctionnement de la société toute entière.

- Je suis d’accord, il ne faut pas rater une occasion pour parler des problèmes. Et les occasions, il faut savoir aussi les créer ! Quant à la journée de la femme, tenez, je ne sais pas pourquoi mais ça me fait penser aux combats des noirs américains pour les droits civiques. Est-ce que vous croyez la moitié d'un quart de seconde que Martin Luther King aurait accepté la « Journée du noir » ? Maa3'2oul! Certainement pas et sans l’ombre d’un doute. Le combat pour une cause est quotidien !

- Il y avait trois dimensions dans mon statut : « provocatrice » bien entendu, comme ça été relevé, mais aussi « humoristique », justement pour m’épargner les louves et « véridique », la mienne, que certains rejettent ! C’est sans doute cette triptyque, encore une, qui a plu à beaucoup de mes amis, notamment des femmes, qu’ils soient, toutes et tous, vivement remerciés au passage.

- Le rôle d’un « électron libre » comme moi, c’est de susciter des réflexions. J’ai horreur du prêt-à-penser et du populisme, quelle que soit la cause défendue (droits de l’homme, droits de la femme, racisme, libertés, démocratie, immigration, écologie, etc). Mon avis est toujours étayé bien entendu, et mon mur toujours ouvert à toute critique constructive. Tout se passe dans la joie et la bonne humeur et à tout un chacun de tirer ses conclusions !

© 2011-2019 Bakhos Baalbaki