dimanche 26 juillet 2020

Sommes-nous condamnés au Liban à survivre désespérés au milieu des flots comme les naufragés du « radeau de La Méduse » ? (Art.828)


S’il faut chercher dans les musées du monde une peinture pour illustrer la situation présente des Libanais, ça sera incontestablement ce chef d’œuvre de Théodore Géricault. Le choix se justifie par une interrogation pertinente. Sommes-nous condamnés à survivre désespérés au milieu des flots comme ces naufragés du « radeau de La Méduse » ? La question est légitime tant les risques existentiels sont réels pour nous aussi. Si le pouvoir pentacéphale, Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, qui manœuvre la « frégate Liban » en 2020 continue à agir avec autant d’insouciance que le commandant Hugues Duroy de Chaumareys en 1816, le drame est inéluctable.

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Depuis 48 heures, on ne les voit pas et on ne les entend plus. Perturbés par la visite de Jean-Yves Le Drian, beaucoup de nos compatriotes sont allés faire de la plongée sous-marine ces deux derniers jours, pour ne pas avoir à entendre le ministre français des Affaires étrangères dire « c’est au nom des liens (qui lient le Liban et la France) que je suis venu porter ici un message de vérité, l’heure est grave, le Liban est dans une situation très préoccupante ».

L’importance de cette visite historique est double. D’une part, parce que la France est avec l’Arabie saoudite, les seuls Etats au monde qui ont la capacité de fédérer l'ensemble des pays occidentaux et des pays arabes pour sauver le Liban. D’autre part, parce que jeudi et vendredi, notre hôte a dit tout haut, pas ce que la France souhaite, mais ce que beaucoup de Libanais ne cessent de répéter depuis des lustres.

Pour s’en rendre compte, voici les déclarations diplomatiques les plus significatives de Jean-Yves Le Drian, prononcées à Beyrouth fin juillet, mélangées avec ses déclarations pas très diplomatiques, prononcées à Paris début juillet. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, tout y est.

• Primo, les symptômes dont souffre le Liban
« Les solutions pour le rétablissement du pays sont connues déjà depuis longtemps.
- Je pense en particulier à la mise en œuvre effective de l’audit de la Banque du Liban.
- Je pense également à la réforme du secteur de l’électricité, qui est un chantier emblématique. Je veux le dire clairement, ce qui a été fait jusqu’à présent dans ce domaine n’est guère encourageant.
- Je pense à la lutte contre la corruption et la contrebande, ce qui est fondamental pour l’avenir du Liban.
- Et dans le même esprit, l’indépendance de la justice et le renforcement de la transparence sont indispensables.
- Il est essentiel que l’État libanais affirme son autorité et son contrôle sur l’ensemble de son territoire.
- Il est indispensable que l’ensemble des responsables libanais respectent et préservent ce principe de dissociation du pays des crises que traversent la région. »

• Secundo, le diagnostic de la maladie libanaise
« Il y a eu des engagements de pris (...) de faire les réformes que tout le monde souhaite dans un délai de cent jours. Ces réformes ne sont pas au rendez-vous.
- On sait ce qu'il faut faire (...) Mais rien ne bouge !
- Aujourd'hui, il y a un risque d'effondrement. La prise de conscience du risque d'effondrement est très nettement insuffisante (de la part du pouvoir libanais). Il est temps que les autorités libanaises se ressaisissent. »

• Tertio, le traitement pour guérir le pays du Cèdre
« Avec la conférence CEDRE nous avions proposé un "contrat de confiance" pour financer des projets de développement (à hauteur de 11 milliards de dollars sous la forme de prêts et de dons) en échange des réformes structurelles nécessaires.
- La France est prête à se mobiliser pleinement aux côtés du Liban et à mobiliser l’ensemble de ses partenaires, mais il faut pour cela que des mesures de redressement sérieuses et crédibles soient mises en œuvre. Des actes concrets sont attendus depuis trop longtemps.
- Comme je l’ai dit récemment devant le Sénat français : "Aidez-nous à vous aider" (...) Vous connaissez peut-être l’expression française "Aide-toi et Dieu t’aidera". Ce que j’ai envie de dire aujourd’hui aux responsables du Liban, c’est : "Aidez-vous et la France et ses partenaires vous aideront". »

*

Indépendamment de nos divergences politiques, pour avancer, nous pouvons, nous devons nous retrouver autour de trois constats : l’effondrement général n’est dans l’intérêt de personne, le danger est existentiel, et surtout comme je l'ai dit dans l'intro, si le pouvoir pentacéphale, Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, qui manœuvre la frégate Liban en 2020 continue à agir avec autant d’incompétence que le commandant Hugues Duroy de Chaumareys en 1816, le drame est inéluctable.

Avec 100 milliards de dollars de dette, un secteur électrique désastreux, une contrebande florissante, des subventions stupides et d'aberrants projets comme le barrage de Marj Bisri (qui continue comme si de rien n'était), les finances publiques sont saignées à blanc et l'argent des déposants est gaspillé. Le navire Liban a fait naufrage il y a un moment déjà. Pour La Méduse c'était le 2 juillet 1816 précisément, au large de la Mauritanie, à cause d'un piège de navigation pourtant connu de tous. Près de 400 personnes étaient à bord. En cause dans notre cas, l’incompétence des dirigeants libanais qui n’ont pas réussi à éviter les "bancs de sable" non plus, dont celui qui a provoqué notre naufrage, le déficit abyssal dû à la gestion calamiteuse du secteur électrique, responsable de l'équivalent de la moitié de notre dette publique.

Les indélogeables politiciens libanais, avec leurs conseillers à la pelle, les Henri Chaoul et les Alain Bifani (ces imposteurs qui ont fait partie du système pendant des décennies, mais qui sont salués aujourd'hui par une frange naïve de la société civile pour l'avoir quitté !), ainsi que les classes aisées, ont déjà pris place dans les canots et les chaloupes de sauvetage, en se mettant à l’abri du danger, le jugement dernier du peuple libanais, et en protégeant leurs acquis et fortunes, comme les notables français du navire à l’époque (on y dénombrait 233 personnes). Le peuple libanais justement, classes moyennes et pauvres, est lui comme les soldats et les petits officiers de La Méduse, entassé sur un radeau de fortune construit à la hâte dans l’espoir d’avoir la vie sauve (on y comptait 151 personnes sur 150 m2).

Canots et chaloupes étaient censés tirer le radeau jusqu’à la terre ferme, sauf que rapidement les amarres ont été coupées, le peuple désespéré est un fardeau pour les dirigeants intéressés. La tragédie pouvait alors commencer. Les naufragés sont partis à la dérive pendant deux semaines à 60 km des côtes, avec rien à boire et à manger à part quelques biscuits, deux barriques d’eau douce et six barriques de vin. Le soleil torride, la macération dans une eau salée jusqu’à la taille, le stress, l'inconfort de ce caillebotis flottant, la promiscuité, la faim, l'enivrement et la déshydratation, pousseront les 150 hommes et 1 femme, plongés dans le désespoir, au pire : bagarres, noyades volontaires, sabordages et mutineries, la déshumanisation a atteint son comble avec des cas de cannibalisme. Après leur sauvetage, on ne dénombrera que 10 survivants seulement.

Sur les rives orientales de la Méditerranée, la moitié des 4,5 millions de Libanais, les classes moyennes et pauvres, se retrouvent à leur tour sur un radeau de la Méduse, entassés avec 1,5 million de réfugiés syriens et 0,5 million de réfugiés palestiniens sur 10 452 km2. Ils vivent tous en-dessous du seuil de pauvreté, avec une inflation galopante et des prix exorbitants, sans eau et sans électricité, payant des loyers libres et non contrôlés, incapables d'éduquer leurs enfants, de manger à leur faim et de se soigner correctement avec un dollar frôlant les 10 000 LL. Aujourd'hui on découvre même qu'on leur vende de la viande avariée. La survie et le chaos font régner là aussi, le chacun pour soi. Combien de survivants serons-nous au moment du sauvetage et à l’accostage ? Nul ne le sait.

Le commandant de La Méduse sera déchu de son grade et exclu de la marine française car il a « manqué à l'honneur ». Il a été condamné à trois ans de prison. Qu’en sera-t-il des commandants du Liban qui nous ont ruiné, à combien d’années de prisons devrait-ils, plutôt devrons-nous les condamner, surtout s’ils continuent à manquer à l’honneur et à leurs devoirs ? Telle est la question.

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N’en déplaise aux autruches et aux idiots utiles, les déclarations de Jean-Yves Le Drian résument à merveille les revendications et les constats d’une grande partie du peuple du Liban. Elles devraient constituer la véritable feuille de route de politique générale du gouvernement libanais. Contrairement à ce que dit son chef narcissique, 97% de cette liste reste à faire. Par conséquent, ce qui est demandé au pouvoir pentacéphale Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, c’est de prendre des « mesures sérieuses et crédibles » pour ramener l'électricité 24h/24, contrôler les frontières terrestres-aériennes-maritimes d'une main de fer, renforcer l’indépendance de la justice, lutter contre la corruption, récupérer les fonds volés, étendre la souveraineté de l’État à tout le territoire libanais, respecter une distanciation politique par rapport aux problèmes régionaux, et j’en passe et des meilleures.

L’ouverture vers l’Est, l’axe Damas-Téhéran-Pékin, trois pays au ban des nations, ne fera que couler notre radeau de la Méduse, plus vite que prévu. Le pouvoir hezbollahi-compatible libanais et ceux qui le soutient d’une manière déclarée ou camouflée, des partis politiques aux bobo-néo-anti-occidentaux, doivent donc bien comprendre, qu’à défaut de réformes sérieuses et crédibles, il n'y aura rien, rien de rien, ni un dollar ni un euro ni un centime ni même une piastre, de la part des pays occidentaux et arabes en général, de la France et de l'Arabie saoudite en particulier, ولا قرش , car personne n’est prêt à priver son propre peuple et à gaspiller ses propres fonds pour les donner à des Libanais incapables de prendre leur destin en main, incompétents, râleurs, arrogants et non reconnaissants par-dessus le marché !

#صلّحو_او_زحّطوا
#وعلى_السريع_بالحالتين

PS : Cet épisode tragique de l'histoire de la marine française a été immortalisé par Théodore Géricault grâce aux témoignages de deux survivants du radeau de La Méduse, le chirurgien et le géographe. C’est une toile gigantesque de 491 cm de hauteur sur 716 cm de largeur. Vous pouvez l’admirer sur internet comme au musée du Louvre à Paris, en ayant en tête que le drame de La Méduse continue 204 ans après le naufrage ! L’apprêt et l’huile utilisés par le peintre français s’assombrissent d’une manière irréversible. Cette magnifique toile est donc condamnée à disparaître 😏

Mais pas le Liban, le pays du Cèdre est éternel tant que des enfants de la patrie se battent pour la nation et non pour des leaders caducs qui eux sont condamnés à finir aux oubliettes de l'histoire 🇱🇧


vendredi 24 juillet 2020

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, répète à Beyrouth ce qu’il a déjà dit devant le Sénat français le 8 juillet dernier (Art.827)


Sans aucune surprise, comme je l’ai écrit dans mon post ce matin, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a répété à Beyrouth pratiquement mot à mot ce qu’il avait déjà dit au Sénat français le 8 juillet dernier. Vous pouvez avancer le curseur directement à 2:45, pour l'écouter et zapper les déclarations sans grand intérêt de son homologue libanais, Nassif Hitti. Il y a deux passages significatifs concernant l’électricité et la contrebande.

- « Je pense à la réforme du secteur de l’électricité, qui est un chantier emblématique. Je veux le dire clairement, ce qui a été fait jusqu’à présent dans ce domaine n’est guère encourageant ». سحسوح لباسيل وابي خليل وبستاني وغجر

- « Je pense à la lutte contre la corruption et la contrebande, ce qui est fondamentale pour l’avenir du Liban. » سحسوح لعراب وملك التهريب حزب الله

Pour conclure, Le Drian a encore affirmé que « la France est prête à se mobiliser pleinement aux côtés du Liban et à mobiliser l’ensemble de ses partenaires, mais il faut pour cela que des mesures de redressement sérieuses et crédibles soient mises en œuvre ». سحسوح لحكومة حسان دياب بكاملها Et pour le narcissique en chef qui se targue d’avoir réalisé 97% de son programme en cent jours, le message est clair, « des actes concrets sont attendus depuis trop longtemps », هيدى سحسوح سبيسيال للرييس 😊

Pour conclure, Jean-Yves Le Drian a rappelé aux autruches du Liban, dirigeants et clubs, son leitmotiv : « Comme je l’ai dit récemment devant le Sénat français, ‘aidez-nous à vous aider’. C’est mesdames et messieurs le maitre-mot de ma visite à Beyrouth ! » يعني بالعربي المشبرح , ce qui est demandé au quintet infernal Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, c'est entre autres, de prendre des mesures sérieuses et crédibles pour ramener l'électricité 24h/24 et de contrôler les frontières terrestres-aériennes-maritimes du Liban d'une main de fer. A défaut, il n'y aura rien, rien de rien, ni un dollar ni un euro ni un centime ni même une piastre, des contribuables français ! ولا قرش


Visite de Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, à Beyrouth : est-ce le Liban mérite autant d'attention de la part de la France ? (Art.826)


Il est l’un des meilleurs. Et c’est pour cette raison qu’il a été reconduit dans son poste par Emmanuel Macron. Jean-Yves Le Drian, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères est arrivé à Beyrouth hier soir, à la demande du président de la République française. Il vient dans le cadre d’une mission précise, apporter un soutien financier aux écoles francophones au Liban et aux écoles chrétiennes au Moyen-Orient. Connaissant le personnage, je ne peux que conseiller aux partisans de l’iranisation du Liban, أيرَنة لبنان , sous la vaseuse appellation "d'ouverture vers l'Est", et aux bobos neo-anti-occidentaux, par conviction ou par frustration, de faire de la plongée sous-marine aujourd’hui, car le ministre français ne va pas mâcher ses mots pour dire tout haut les quatre vérités aux incompétents dirigeants libanais et à leurs fans clubs, les grandes lignes qu’il a développées au Sénat le 8 juillet dernier, à deux moments séparés, à savoir précisément :

1. Il est « très inquiet et triste » en ce qui concerne la situation au Liban, « parce qu’on sait l’histoire de la France avec ce pays, cette relation passionnelle, amicale et historique, et on sait aussi qu’elle est la réalité des choses aujourd’hui (...) la moitié de la population libanaise vit sous le seuil de pauvreté, la livre libanaise n’arrête pas de se déprécier, la dette libanaise n’arrête pas d’exploser ».

2. « Il y a eu des engagements de pris (...) de faire les réformes que tout le monde souhaite dans un délai de cent jours. Ces réformes ne sont pas au rendez-vous. » Et paf !

3. « On sait ce qu'il faut faire sur la transparence, la régulation de l'électricité, la lutte contre la corruption, la réforme du système financier et bancaire. Mais rien ne bouge ! » Et paf, encore une claque.

4. « La France, et la communauté internationale autour de la France, ne pourra rien faire si les Libanais ne prennent pas les initiatives indispensables pour leur sursaut. » Et paf, encore une.

5. La communauté internationale, occidentale et arabe, est tout à fait « favorable à un soutien financier significatif » en faveur du Liban, « à condition que des réformes soient engagées ». Et de nouveau paf, les joues sont rouge-pastèques.

6. « Aujourd'hui, il y a un risque d'effondrement ». Mais, « la prise de conscience du risque d'effondrement est « très nettement insuffisante » de la part du pouvoir libanais. Pour Jean-Yves Le Drian, il est grand temps que « les autorités libanaises se ressaisissent ». Cause toujours tu m'intéresses. ما تقول الا تماسيح

7. « Il est nécessaire que les autorités libanaises prennent en main leur destin. C'est seulement à partir de ce moment-là que la communauté internationale se mobilisera. » Il n'y a pas plus sourds que ces dirigeants libanais nases qui ne veulent rien entendre et rien comprendre.

C'est une attention française aussi précieuse qu'inespérée par ces temps durs de pandémie de Covid-19. On ne peut pas rêver mieux. Et voici tout ce que Hassann Diab trouve à dire à Jean-Yves Le Drian au réveil ce matin : « Je suis confiant que la France ne lâchera pas le Liban aujourd’hui ». Je vous ai prévenu, un narcissique est beaucoup plus dangereux qu’un incompétent ! Alors quand on cumule les deux qualificatifs et qu’on est Premier ministre d'un pays au bord du gouffre avec 100 milliards de dollars de dettes, c’est un désastre national. Wlak, lâche ton miroir plutôt, arrête de te teindre la tête déjà, va travailler bordel sérieusement et fais-toi quelques cheveux blancs pour que les libanais aient au moins l'impression que tu te fais des soucis pour eux !

Devant les sénateurs français, le ministre des Affaires étrangères de la France a conclu son intervention par un constat terrible. Un témoignage accablant sur l’incompétence du quintet au pouvoir Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, qui fait courir un danger existentiel au Liban actuellement. « Je me permets de dire ici à nos amis libanais : nous sommes vraiment prêts à vous aider mais aidez-nous à vous aider, bon sang ! »

Je l’ai déjà dit et redit, je persiste et signe. La majorité des Libanais ne méritent pas l’attention excessive de la communauté internationale à notre égard. Ils méritent parfaitement leur sort, de vivre dans une ferme, مزرعة . Non mais, vous croyez que des Libanais sans électricité depuis 30 ans, payant depuis des lustres 100 $ mensuellement pour 10 misérables ampères, qui applaudissent encore des ministres ratés comme le quatuor infernal Bassil-AbiKhalil-Boustani-Ghajar, les ministres de l'Energie du CPL qui faillissent magistralement à leur mission depuis 12 ans malgré un gouffre financier global de 45 milliards de dollars, méritent encore des milliers de millions et des milliards d’aides internationales pour soi-disant ramener le courant 24h/24 ? Non, bien videmment. Nous sommes une minorité à mériter l’attention de la communauté internationale, et surtout, à nous montrer reconnaissants 😊

شحادين وغير كفؤين ومتعجرفين 🤔
صلّحوا او زحّطوا 😋


mercredi 22 juillet 2020

De la viande avariée depuis 2016 serait soi-disant vendue massivement dans les grandes surfaces au Liban : l'opération louche du ministre libanais de la Santé et du Hezbollah ! (Art.825)


Descente de la douane libanaise dans le caza du Metn, accompagnée par le ministre de la santé Hamad Hassan, et beaucoup de caméras, dans une usine qui recycle de la viande de poulet avariée. C'est un peu plus sophistiqué que le reality show de Wael Bou Faour il y a qq années. Bravo sincèrement, ya3tiyoun el 3afyé lal chabeb. Mais cela n’empêche pas le questionnement de circonstance.

1. Est-ce que la loi libanaise et les contrôles s’appliquent partout au Liban de la même façon que dans la région du Metn ? La réponse est non, bien évidemment.

2. La viande de poulet serait avariée depuis 2016 ! Les fraudeurs-criminels l’écoulaient dans les grandes surfaces les plus connues du pays. Je ne sais pas trop, mais si des gars arrivent à recycler de la viande avariée massivement depuis 4 ans, comme le laisse entendre le reportage, sans le moindre souci sanitaire ou soupçon quelconque, alors pas de doute, le Liban a trouvé la « pierre philosophale » pour combler son déficit budgétaire, faire fortune et s'en foutre de l'ouverture vers l'Est et du FMI.

3. Pour les autruches, Hamad Hassan est le ministre de la santé du Hezbollah. On comprend sa mise en scène, disons sa participation. Mais pourquoi la douane? Le reportage de la LBCI ne l'explique pas. En tout cas, la douane libanaise est dirigée par Badri Daher. C'est un secret de Polichinelle, il couvre les magouilles du Hezb au port et à l’aéroport de Beyrouth, occasionnant des pertes colossales pour les finances publiques. Une des réformes incontournables pour faire du Liban un Etat digne de ce nom, et être aidé par les pays donateurs, concerne la douane justement, et l'extension de la souveraineté de l'Etat libanais sur ses frontières, terrestres, aériennes et maritimes. A propos, Badri Daher est poursuivi pour "détournements de fonds publics" depuis novembre dernier ! Eh oui. Quel rapport ? Je n’en sais rien, mais cette descente est trop médiatisée pour être innocente. Est-ce que le Hezb cherche à redorer le blason du chef de la douane, un homme trop précieux pour lui, ou à faire oublier ces accusations qui le placent sur un siège éjectable ? Allez savoir !

Enfin bref, aucune confiance dans ce pouvoir hezbollahi-compatible. Il vaudrait mieux qu'ils partent !



lundi 20 juillet 2020

Le questionnement après l'annonce par l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth d'un plan de licenciement prévoyant 850 suppressions d'emploi (Art.823)


C’est l’un des meilleurs établissements hospitaliers du Moyen-Orient. Et pourtant, le plan de licenciement gigantesque adopté par la direction du Centre médical de l'Université américaine de Beyrouth prévoit la suppression de 850 emplois en bloc. Dans un pays plongé dans une crise existentielle, politique et économique, il n’est pas difficile d’imaginer la profondeur du désespoir de ces compatriotes en apprenant la perte de leur boulot.

Face à ce drame humain, personne ne peut rester insensible. Le désespoir de ces femmes et hommes me plonge personnellement dans une colère noire qui prend la forme d’un questionnement.

. Primo, est-ce que ce plan de licenciement est justifié dans son ampleur ? Pourquoi 850 personnes et non 250 ou 550, voire 777 ? Un seul emploi épargné c’est une famille repêchée du désespoir. Et pourquoi en bloc et pas par étapes ? Est-ce que l’inévitable n’était pas contournable ?

. Secundo, l’AUB, université comme hôpital, qui pratique des prix exorbitants dans les deux domaines, inabordables pour l’écrasante majorité du peuple libanais, n’est-elle pas aussi mal gérée que le reste au Liban ? L’appât du gain, la cupidité, et des salaires faramineux pour les « grands boulots », n'ont-ils pas eu raison de cette prestigieuse institution et des « petits boulots » ? Au passage, le narcissique Premier ministre Hassann Diab qui travaillait à l’AUB, avait un salaire annuel de 200 000 $ ! Si si, même lui ! Rien que celui-là, était-il justifié ?

. Tertio, quel est le degré de responsabilité du quintet infernal au pouvoir Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, et des ministres et des députés de la majorité, dans ce drame ? Certes, les difficultés de l’AUB s’inscrivent dans le marasme général qui frappe le Liban depuis un bail. Il n’empêche que seuls les descendants des autruches, les idiots utiles du Hezb et les hezbollahi-compatibles s’obstinent à ne pas reconnaitre que depuis que le Hezbollah et ses alliés, Amal et Courant patriotique libre, contrôlent le pays, octobre 2016, la situation ne cessent d’aller de mal en pis. J'ai bien précisé de mal en pis !

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A ce propos, question bonus, est-il décent qu’au même moment où 850 personnes sont licenciées de l’AUB/Hôpital, que l’AUB/Université s’est déjà séparée de 25% de son personnel (plus de 1 000 personnes), que le Premier ministre, Hassann Diab, dépose une plainte, il y a seulement quelques semaines!, pour réclamer 1 000 000 dollars, en tant qu’ex-employé de l’établissement universitaire ? Le locataire du Grand Sérail justifie ce caprice financier par le contrat qui le liait à l'AUB avant sa désignation pour former le gouvernement le plus nase de l'histoire du Liban, en tant que professeur d'ingénierie et vice-président des programmes externes régionaux, un poste qu'il devait occuper jusqu'en 2025.

D’après certaines informations, il a commencé à menacer l’AUB de poursuites judiciaires rapidement après sa prise de fonction et la formation de son gouvernement. Il aurait même demandé à l’AUB que cette compensation financière lui soit versée en dollars svp et virée sur un compte à l’étranger. Le comble c’est qu’il avait le choix de prendre un congé sans solde de deux ans, puisqu’il est gracieusement rémunéré comme Premier ministre, et puis de retourner pépère à son poste universitaire, après la chute de son gouvernement, que personne ne regrettera, soit dit au passage. Eh bien non, il s’imagine faire de vieux os au Grand Sérail, jusqu’en 2025 ! Vous ne vouliez pas me croire, il faut se méfier du narcissique comme de la peste.

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En 2010, l’American University of Beirut Medical Center présentait un ambitieux projet « AUBMC 2020 Vision », comprenant « la création de nouvelles installations médicales (cliniques et universitaires), des investissements dans des équipements de pointe, le recrutement de médecins et d'infirmières talentueux et des partenariats régionaux et internationaux ». Aujourd’hui, l’AUBMC lutte pour sa survie au prix d’un plan de licenciement qui prévoit le renvoi de 850 personnes au pire moment qui soit.

La prestigieuse institution de l’AUB à Ras Beyrouth, reconnue pour la qualité de son enseignement et ses soins médicaux, doit être sauvée à tout prix, l’hôpital comme l’université. C’est la plus ancienne au Liban. Tout avait commencé en 1866, avec une faculté de médecine et 16 étudiants. Indépendantes depuis 1902, c’était l’œuvre de missionnaires américains, les anti-américanistes primaires de tous temps et les néo-cocos ont tendance à l’oublier. Elle doit être sauvée comme doivent l’être d’autres institutions privées hospitalières, universitaires et scolaires prestigieuses du Liban, l’Université Saint-Joseph, les lycées franco-libanais, les écoles des Frères chrétiens, etc. Toutes multiplient les appels aux dons, c’est pour dire qu’une menace sérieuse pèse sur les secteurs éducatifs et hospitaliers actuellement. Non seulement toutes ces institutions font partie du patrimoine immatérielle du pays, mais elles constituent des organes vitaux pour le corps libanais.

Faute d’être licencié par son employeur, le peuple, le quintet au pouvoir Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah doit comprendre qu'il est grand temps qu'il parte à la retraite pour espérer sauver le Liban. Plutôt il le fait, plus rapidement la confiance reviendra et l’espoir de jours meilleurs renaitra. Avant la guerre, la moitié des étudiants de l’AUB venait de l’étranger. On venait de tout le Moyen-Orient pour se faire soigner dans son hôpital. C’est pour dire la place qu’occupait le Liban en général et l’AUB en particulier, dans les domaines éducatif et médical, à l’époque où le pays du Cèdre était surnommé la « Suisse de l’Orient ». بئس هذا الزمن الرديء , comme l'a dit le grand patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient, mar Nasrallah Boutros Sfeir, et comme l'a fait comprendre à de multiples reprises, l'archevêque grec-orthodoxe de Beyrouth, monseigneur Élias Audé. Pourvu que le successeur de Sfeir, Bechara Raï, l’ait bien compris et lance enfin, le processus qui pourrait conduire à la 3e indépendance, libérer l'Etat libanais de l'hégémonie du Hezbollah 🤔


vendredi 17 juillet 2020

Les chiffres officiels sur la pandémie de Sars-CoV-2 au Liban sont complètement bidon ! (Art.822)


Voici le témoignage d’un compatriote du Sud-Liban (Bazouriyah), Hassan Zayad, atteint par le Covid-19 (lien dans les commentaires). Devant des signes d’aggravation de la maladie au sein du foyer familial, des difficultés respiratoires, il a contacté la Croix-Rouge pour être transporté lui et sa famille à l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri à Beyrouth. Jetée dans un coin des Urgences plus de trois heures, l’hôpital a refusé la prise en charge d’un de ses enfants, sur décision du ministère de la Santé !, parce qu’il n’avait pas une pièce d’identité sur lui. C’est qu’au Liban, personne n’est au-dessus de la loi, même pas un môme atteint par le Covid-19 ! Excédée et ne voulant pas être hospitalisée sans le fils, la famille a fini par retourner chez elle à Tyr.

Ce témoignage corrobore l’amateurisme du ministère de la Santé. Sans l’ombre d’un doute, les chiffres officiels sur la pandémie de Sars-CoV-2 au Liban publiés par le ministre du Hezbollah et sur lesquels se base et s'empresse Hamad Hassan pour crier victoire, sont complètement bidon. Nous avons soi-disant 2 542 cas confirmés pour 38 morts. Foutaises, des milliers de cas confirmés et des dizaines de morts, passent totalement inaperçus ! Comment le sait-on ? En faisant une simple comparaison avec des pays comparables et surtout, plus sérieux que nous.

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. CHYPRE. Dans ce pays qui fait à peu près la superficie du Liban, on dénombre 19 morts pour 1,2 million d’habitants. Nous n’avons que deux fois plus de morts, alors que nous sommes cinq à six fois plus nombreux !

. GRÈCE. Dans ce pays qui fait treize fois la taille du Liban, on dénombre 193 morts pour 10 millions d’habitants. Nous avons cinq fois moins de morts, alors que notre densité humaine est six fois plus élevée.

. ISRAËL. Dans ce pays qui fait deux fois la taille du Liban, on dénombre 376 morts pour 9 millions d’habitants et 44 188 cas confirmés. Nous avons 10 fois moins de morts et 15 fois moins de cas confirmés, pour une densité et un mode de vie comparables !

Naturellement il y a d’autres paramètres qui entrent en jeu, mais la densité humaine et le mode de vie, sont déterminants dans cette pandémie.

. Chypre et Grèce, ont une densité humaine comparable (80-120 habitants/km2) et un taux de décès du même ordre (16-18 morts/million d’habitants). Cohérence.

. Israël a une densité 4 fois supérieur à Chypre/Grèce (440 hab/km2) et un taux de décès 3 fois supérieur (42 morts/million d'habitants). Cohérence.

. Le Liban a une densité comparable à Israël (même 1,5 fois supérieur, >600 hab/km2), bien supérieur à celles de Chypre et Grèce (5-6 fois plus), et pourtant, à l’arrivée, on a un taux de mortalité par Covid-19 qui est extrêmement bas (5,5 morts/million). C’est complètement incohérent !

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Fin juin, le ministre libanais de la Santé, a fait un bain de foule pour fêter sa victoire dans la lutte contre le Covid-19. Dans la philosophie "Faites ce que je dis mais pas ce que je fais", le voici inconscient brandissant une épée, porté sur les épaules des sympathisants du Hezb non masqués à Baalbek. Dans sa conférence de presse aujourd’hui même, il a déclaré que « le taux de décès est toujours aussi bas ». A l’heure où le monde se prépare à la deuxième vague, Hamad Hassan ferait mieux de redescendre sur Terre et de réaliser que ses chiffres de 38 morts et de 2 542 cas confirmés ne reflètent surement pas la réalité libanaise. Qu'il arrête de pavoiser, se mette au travail et fournisse aux Libanais les chiffres réels du terrain.

Selon mes estimations basées sur ce qui précède, le taux de mortalité par Covid-19 au Liban est entre celui de Chypre/Grèce et celui d’Israël, càd au moins 3-9 fois le taux officiel actuellement ! A mon avis, nous ne sommes pas à 38 morts, mais entre 120 et 360 morts dus à l’infection par le Sars-CoV-2. Cherchez l'erreur.

PS. Le civisme impose à tout un chacun le respect des gestes barrières : distanciation individuelle (>1m), port du masque (quand la distanciation n'est pas possible) et lavage des mains (et ne jamais les porter au visage tant que ce n'est pas fait). Si on ne le fait pas pour soi, on le fait pour son entourage. Et si on ne le fait pas pour ce dernier, on le fait pour les autres, notamment pour les personnes à risques dans nos sociétés. Ne pas le faire en connaissance de cause est un acte nombriliste et irresponsable. Cela relève bel et bien de la "non-assistance à personnes en danger".


mardi 14 juillet 2020

Si l’habit ne fait pas le moine, foncer les sourcils ne suffit pas à faire de Zeina Akar une ministre de la Défense pour le Liban (Art.821)


Regardez-moi ça ! En cette journée de fête nationale française du 14-Juillet, il a fallu digérer cette photo peu flatteuse de Zeina Akar, la ministre de la Défense nationale du Liban, vice-présidente du gouvernement libanais, la parfaite inconnue il y a à peine six mois. Hélas et dommage, elle aurait pu le rester, si Michel Aoun et Gebrane Bassil n’ont pas eu l’idée farfelue de la parachuter à ce ministère régalien. Au fil du temps, le doute se dissipe. Par sa nomination le CPL a voulu satisfaire son mari, Jawad Adra, business man sunnite, ancien militant قومي سوري, pro-Assad naturellement, 8-Marsien forcément, dont le nom a circulé un laps de temps pour former le nouveau gouvernement hezbollahi-compatible.

La photo a été prise vendredi dernier, le 10 juillet, au cours de sa visite à la base aérienne de Hamat et à l'école des forces spéciales. D’après des propos délirants lus sur les réseaux sociaux, la ministre libanaise de la Défense, Zina Akar, a rendu visite aux unités militaires pour « s’assurer du moral des troupes et vérifier l'état de préparation des soldats au combat. » Le moral des troupes ? Mais il est dans les chaussettes au fin fond des rangers des braves soldats libanais, qui doivent composer avec une milice sur le dos et ce look nase pour leur ministre de tutelle ! Si j’étais Amiral de l’armée libanaise, j’aurais jeté mes étoiles en l’air et aller à la nage jusqu'à Chypre pour demander l’asile politique.

Comme elle représente le Liban et son look laisse beaucoup à désirer, elle trouvera dans les commentaires un article intéressant qui pourrait l’encourager à quitter ce gilet hawaïen, le pantalon de survêtement de banlieue et les baskets compensées pour se donner de la hauteur, et à assumer enfin ses fonctions six mois après sa nomination incongrue. Il est grand temps et ça urge. Elle apprendra dans ces breaking news que l’Irak qui passe aussi par les mêmes difficultés que le Liban, semble plus déterminer que le pays du Cèdre à contrôler les milices et les trafics illégaux sur son territoire. Et pour cause, la contrebande des milices chiites, notamment du Hezbollah irakien, avec l’Iran, occasionne en Irak une hémorragie en dollars évaluée tenez-vous bien à 200 millions de dollars par semaine. C'est un trafic colossal.

Vendredi Zeina Akar nous a gâtés d’une prose sans rime et de slogans qui sonnent creux. « Nous nous efforcerons toujours de maintenir la sécurité et la stabilité, d’étendre l’autorité et la souveraineté de l’État sur tous ses territoires et de confronter quiconque essaie de saper les forces armées ou le moral des militaires. » Foutaises. Si Zeina Akar veut qu’on la prenne au sérieux, qu’elle aille se changer, oublier cette stupide option de « l’ouverture vers l’Est » (Damas-Téhéran-Pékin), dénoncer le mirage de l'achat de pétrole iranien avec la livre libanaise et se mettre enfin au travail.

L’Iran des mollahs comme la Syrie des Assad, a un besoin vital de billets verts. Et c’est au Liban, entre autres, que ces deux régimes au ban des nations les trouvent. Le Liban, comme l’Irak, sont devenus des plaques tournantes pour les billets de dollars américains. Ces deux pays du croissant fertile, connaissent une grave hémorragie de dollars, vers la Syrie et l’Iran, deux pays qui vivent sous perfusion avec les dollars ramassés au pays du Cèdre et au pays d'Entre les deux fleuves. La décision stupide du gouvernement libanais de Hassann Diab de subventionner plus de 300 produits (qui fait des heureux et des riches du côté des rapaces qui tournent dans le giron du Grand Sérail, et des malheureux et des pauvres du côté du peuple libanais), aggravera cette hémorragie sans l’ombre d’un doute.

Alors si l’habit ne fait pas le moine, foncer les sourcils ne suffit pas à faire de Zeina Akar une ministre de la Défense. A 8 000 $ par mois, sans des avantages en tous genres, ça fait trop cher les poses-photos. La ministre libanaise de la Défense parle de bien des choses et s’active pour bien des choses, et pourtant une seule chose lui est demandée : envoyer l’armée libanaise contrôler la frontière entre le Liban et la Syrie, ainsi que les ports et les aéroports du Liban, d’une main de fer ! Alors si elle sent que cela est en dehors de ses capacités et de ses moyens, elle n’a qu’à démissionner et reprendre son boulot pépère au sein du bon business familial. Personne ne la regrettera.

PS : Et puisque le business familial des Adra-Akar consiste à "faire des recherches et fournir des études", Jawad & Zeina seraient bien aimables de fournir au peuple libanais, quelques statistiques sur la contrebande entre le Liban et la Syrie concernant les dollars américains, les produits céréaliers et les hydrocardures, auxquels il convient maintenant d'ajouter les produits agricoles et vétérinaires et autres produits gracieusement subventionnés par la Banque centrale du Liban, en dollars pour un coût global annuel estimé entre 1,5 et 2 milliards de dollars américains.


dimanche 12 juillet 2020

Le chef du Courant patriotique libre, ancien ministre de l'Energie et des Affaires étrangères, Gebrane Bassil, lance le "jihad agricole" au Liban ! (Art.820)


« Dis BB, comment reconnait-on un imposteur qui se fait passer pour un agriculteur ? » Fastoche ! A trente-six signes sous les cieux. « Ça se voit à ce point chez GebB ? » Et comment 😋

• L'agriculteur-imposteur ne se met à labourer la terre sur les murs des réseaux sociaux, comme par hasard, qu'après la déclaration du « jihad agricole » par le Guide suprême de la République libanaise, le mardi 7 juillet. L'imposture est caractérisée dans le cas de Gebrane Bassil par le fait qu'il est le premier homme politique libanais à inaugurer cette nouvelle discipline jihadiste.

• D'ailleurs, l’authentique imposteur ne se réveille qu'un weekend, un samedi 11 juillet pour être précis, au beau milieu de l’été, pour semer une terre aride située à 1 800 m d'altitude.

• Mais encore, regardez la lumière du jour et son ombre par exemple, c'est clair que l’imposteur ne va dans les champs qu’après une grasse matinée, quand la journée est déjà terminée même pour les agriculteurs en herbe.

• L'imposteur porte des vêtements sentant bon la lavande des lessives que sa bonne vient de repasser, Ralph Lauren pour le polo, comme تياب جنينة !

• Et ne venez pas demander à un agriculteur-imposteur de laisser sa grosse montre sur sa table de nuit ou dans son 4x4, ne savez-vous pas que son temps dans les champs est chronométré ?

• L’agriculteur-imposteur est en fait blanc de peau comme un cachet d’aspirine.

• Et que dire de cette tête d'acteur amateur sous ce bob de vacancier, c'est tout un roman ! C'est que l’imposteur craint les coups de soleil. Et c'est pour cela qu'il se tartine le visage avec une crème solaire indice de protection 50+. Seul bémol, cette erreur de tournage, il ne manquait que les Ray-Ban à cette caricature ratée de l'agriculteur urbain .

• Et je peux vous dire, les bottes de l’imposteur sont bien lustrées, car il prend tout son temps pour les brosser et les vernir avant.

• Et les mitaines, la touche extra :D Vous connaissez beaucoup d’agriculteurs douillets qui mettent des gants pour éviter les ampoules aux mains ?

• L’agriculteur-imposteur est propre sur lui, sans une seule trace de terre ou de boue. Non mais quoi encore, il pourrait se faire tirer les oreilles par Chantale et se faire gronder par son beau-papa.

• Naturellement les fourches de l'agriculteur-imposteur sont toutes neuves, leurs pointes sont d’un bleu éclatant sans la moindre rayure, les manches en bois sont toujours claires, pas encore imprégnées par la sueur des mains des hommes. Enfin, l’imposteur n’a pas le temps d’enlever les étiquettes du magasin avant sa séance photo, c'est qu'il est pressé d'en finir, avant de commencer.

• Le comble de l'imposture de GebB réside dans son rapport avec les fourches et sa façon de les tenir pour labourer la terre. Avec la fourche à bêcher, l’imposteur se tient collé à la manche, ce qui réduit considérablement sa force de frappe dans une terre sèche et parsemée de cailloux. Avec la fourche à piocher, l’imposteur se tient trop courbé et en levier, ce qui sciera son dos et l'enverra au lit en moins de sept minutes top chrono !

• Et puis regardez-moi cette série de photos, mais on dirait que GebB pose pour le catalogue de La Redoute ou pour L’Homme Moderne !

• L’agriculteur-imposteur se prend pour Poutine, alors qu'il n'a pas sa carrure, ne lui arrive pas à la cheville et ne joue pas aussi bien que lui.

• La seule certitude concernant le rapport de Gebrane Bassil avec la terre, c’est le fait qu’il possède 37 biens fonciers connus au Liban svp.

• Et la seule vérité concernant sa mascarade pour pousser les Libanais à « assurer leur sécurité alimentaire » afin de ne pas « rester otages de l’étranger pour se nourrir », est sa tentative vaine de faire oublier le fiasco de sa gestion du secteur électrique depuis 12 ans pour ramener l’électricité 24h/24, responsable de notre malédiction et d'un gaspillage global de près de 45 milliards de dollars, l'équivalent de la moitié de notre dette abyssale.

• Enfin, l’agriculteur-imposteur sème le grotesque, et miracle de la nature libanaise, si généreuse, nul besoin d’attendre 90 jours pour recueillir les fruits de son labeur, il récolte des rires sur-le-champ et à profusion 😂


samedi 11 juillet 2020

L'agression d'un groupe de randonneurs libanais par des miliciens du Hezbollah à proximité du lieu où a été assassiné le pilote de l'armée libanaise Samer Hanna en 2008 (Art.819)


En cette belle journée estivale, Wissam a cru naïvement qu’il vivait dans un beau pays méditerranéen et qu’il pouvait en profiter avec ses amis pour faire une jolie randonnée, un plongeon et un pique-nique. Cap sur les bords de la rivière Zahrani et sur les abords du village d’Arabsalim. Ce sont des localités situées sur Jabal Amel, une région montagneuse magnifique du sud du Liban. Ça ne vous dit rien ? Mais c’est l’autre côté du village de Sojoud voyons ! Toujours rien ? On fera un tour plus tard et une piqure de rappel plus loin.

Trois heures après leur arrivée, sans aucune sommation, un déluge de pierres s'est abattu sur Wissam et ses amis, 4 hommes et 2 femmes. Inquiet, un d’entre eux quitte le groupe et se précipite vers les lanceurs de pierres sur la colline et se présente, Ahmad Mahboubat de la Sûreté générale. Pauvre Ahmad, il se croyait sur le territoire libanais ! Il s’est vu répondre par un des trois énergumènes اير فيك وبامن العام (« je t’en*ule et en*ule la Sûreté générale »). Wissam arrive aussitôt et le trouve par terre, entre les pieds de trois hommes. Il s’est demandé naïvement si son ami n’avait pas manqué de respect aux بهايم devant lui. La réponse n’a pas tardé, un de ces derniers l'a roué de coups sans aucune retenue. Naïvement encore, il lui a attiré l’attention qu’il pourrait le tuer en le frappant sur la tête. Le colosse lui a rétorqué, mais justement c’est mon intention. La racaille s’est déclarée « appartenir au Hezbollah », que les randonneurs ne pouvaient pas « venir ici pour se saouler », « avec des femmes » et « polluer la terre des martyrs ». Le moment le plus glaçant de ce témoignage c’est lorsque l’intervieweur demande à Wissam, comment ont-ils fait pour s’échapper à leurs agresseurs. « A vrai dire, nous n’avons pas pu nous échapper, ils se sont ennuyés (…) au bout d’une heure ». D’après lui, deux snipers étaient postés en hauteur, ils n’attendaient que le feu vert pour abattre les intrus comme des gibiers.

Wissam a été condamné à une peine d'une quinzaine de coups de bâton pour un crime qu'il n'a pas commis. Il est tuméfié. La peine d'Ahmad Mahboubat est aggravée parce qu'il a osé révéler qu'il était de la Sûreté générale. Il est toujours hospitalisé. Il est victime de multifractures aux bras et d’un traumatisme au niveau des cervicales. Le but de l’opération terroriste était clair, dissuader les randonneurs non seulement de revenir dans la région, encore moins avec des femmes et de l’alcool, mais aussi pour que cela se sache, afin que d'autres Libanais ne soient pas tentés d’y mettre les pieds.

Comme je l’ai annoncé dans l’intro, tout cela s’est passé à un jet de pierre du village de Sojoud. Eh oui, c’est là où l’officier Samer Hanna, pilote d’hélicoptère de l’armée libanaise a été abattu à bout portant par un milicien du Hezbollah le 28 août 2008. Son assassin a été victime de graves hallucinations qui l’ont empêché de bien distinguer le « Cedrus libani » du drapeau du Liban, de la « Maguen David » du drapeau d’Israël ! La légende dit qu’il a cru que Tsahal faisait une opération commandos dans le coin ! L’affaire a fait tellement de bruit, surtout que la victime était chrétienne et l'assassin chiite, que le Hezbollah a été contraint de livrer ce dernier au tribunal militaire. Il a été arrêté quelques semaines et remis en liberté sous caution ! Michel Aoun et Gebrane Bassil ont tout fait pour minimiser ce meurtre de sang-froid, afin de ne pas menacer la nouvelle alliance Hezb-CPL conclue deux ans auparavant, surtout que nous étions la veille des élections législatives de 2009. L’assassin est mort en 2014 au cours des combats miliciens du Hezb à la frontière syro-libanaise. Il n’a jamais été jugé pour son crime. Il a même été élevé par le Hezb et le CPL aussi, au rang de martyr. Quant à Samer Hanna, il n’a été déclaré que victime d’un fait divers et de la malchance.

On essaie d’enterrer l’affaire en cours surtout en faisant croire qu’on ne sait pas trop si les trois zozos sont vraiment du Hezb ou d’Amal, voire s’ils n'appartiennent à aucun des deux partis. Foutaises, ils étaient armés, portaient des vêtements militaires, avaient des talkies-walkies, et surtout, ils agissaient avec beaucoup de décontraction. Pour passer des gens à tabac pendant une heure sans se soucier de quoi que ce soit, il faut avoir les reins solides et bénéficier d’une immunité. La région de Sojoud-Arabsalim était et est de facto une « zone milicienne » sous le contrôle du duo chiite, notamment du Hezbollah, malgré les résolutions 1551 et 1701. Personne, pas même l’armée libanaise, n’y est autorisé à y trainer, encore moins à s’entrainer, et apparemment, même à se divertir, surtout avec des femmes et de l’alcool.

Rien ne semble avoir changé depuis le martyre de Samer Hanna en 2008. Hezb ou Amal, les Libanais n'en ont cure, bienvenue dans « l’iranisation du Liban » où des miliciens imposent une loi islamiste, en parallèle avec la Constitution et les lois en vigueur. Si le tueur de cet officier de l’armée libanaise avait terminé sa vie en prison, on n’en serait pas là sans l'ombre d'un doute. Alors de deux choses l’une : soit le sud du Liban fait partie du territoire libanais, les agresseurs doivent alors écopés d’une lourde peine et la région déclarée par Hassann Diab en personne ouverte à tous les randonneurs libanais, hommes et femmes, avec ou sans alcool ; soit ce n’est pas le cas, le divorce est acté et il n’y a plus qu’à négocier les modalités de la séparation. Le mot de la fin, je le laisse à Wissam, déterminé à passer l’été dans les eaux douces de cette belle région, épargnée par l'urbanisation sauvage. Sa conclusion est terrible : « Quand Israël nous a occupé, nous pouvions nous installer à la frontière israélo-libanaise ! Ce n’est pas permis qu’un occupant bizarroïde nous tue de cette manière de nos jours. »

#لا_لأيرَنة_لبنان


vendredi 10 juillet 2020

Erdogan obtient enfin l'islamisation du musée Ayasofia et la ré-islamisation de la basilique Sainte-Sophie d'Istanbul (Art.818)


France vs Turquie, 24 heures séparent ces deux décisions historiques.

. D’un côté, on a un Emmanuel Macron, président d’une République française laïque, qui donne son feu vert non seulement pour reconstruire Notre-Dame de Paris (photo perso ; beaucoup d'anticléricaux ont protesté d’ailleurs et aurait souhaité laisser le bâtiment en ruine !), mais surtout pour le faire à l’identique (sans hérésie architecturale contemporaine !), parce qu’il a estimé que la cathédrale chrétienne est un héritage cultuel et culturel précieux pour tous les Français (chrétiens, athées et non chrétiens), et pour l’ensemble de l’humanité.

. Et de l’autre côté, un Recip Tayyip Erdogan, président d’une République de Turquie laïque aussi, qui a tout fait pour ré-islamiser cet édifice unique au monde (photo Arild Vagen), par son triple caractère, musée-mosquée-église, afin que son identité musulmane récente sur moins de 500 ans, en tant que mosquée Ayasofya (1453-1934), domine son identité laïque actuelle en tant que musée du même nom (depuis sa désaffectation en 1934), et surtout, son identité chrétienne ancienne sur plus de 1 100 ans, en tant que basilique Sainte-Sophie (360-1453).

Conscient de la place qu’occupe l’édifice spécial dans la mémoire collective chrétienne et musulmane à la fois, en Occident et en Orient simultanément, le père de la nation turque, Mustafa Kemal Atatürk, a eu le génie et le courage de désacraliser la mosquée afin de « l’offrir à l’humanité » dit-il. Hélas, cette belle initiative n’a pas duré un siècle, parce qu’un islamiste des temps modernes en costard-cravate, en a décidé autrement. Il n’y a peut-être pas assez de lieux de culte musulmans à Istanbul !

Et voilà comment Macron se montre digne et respectueux de cet héritage inestimable. Le président français libère la France de ses débats byzantins et la projette dans l’avenir. Et voici comment Erdogan se montre indigne et irrespectueux de cet extraordinaire héritage. Le président turc emprisonne la Turquie dans ses débats byzantins et son passé ! Ataturk, Macron, Erdogan, aux hommes d'État, les grands pas et l’humanité reconnaissante, et aux politicards extrémistes, les petits pas et une humanité consternée. Le président turc s'est empressé pour annoncer que la première prière musulmane est programmée pour le vendredi 24 juillet. L'absurde dans toute cette histoire, qui dure depuis l'entrée en politique du nouveau gardien de la Sublime porte dans les années 1990, les musulmans en général, turcs en particulier, n'ont absolument rien gagné. Ce ne sont pas les mosquées qui manquent sur les bords du Bosphore. Par contre, il ne faut pas être devin pour imaginer qu'il n'y a pas un seul citoyen du monde qui n'a pas une mauvaise opinion de la Turquie ce soir.


jeudi 9 juillet 2020

La subvention par le gouvernement libanais de 300 produits de consommation et matières premières agricoles et industrielles, un pas de plus sur la route du Zimbabwe (Art.817)


C’est un pas de plus sur la route du Zimbabwe et son billet mythique. Le gouvernement libanais a décidé d’obliger la Banque centrale à subventionner plus de 300 produits de consommation et matières premières agricoles et industrielles. « L'objectif est de couvrir 80% de ce que les citoyens consomment dans les magasins », nous dit le ministre de l’Economie, Raoul Nehmé, de haut de sa tour d’ivoire après avoir fumé une bonne partie de sa moquette. Quand on parcourt la liste qu'il a publiée, on se rend compte que ce qu'il a dit est le comble de la niaiserie. A défaut de prendre le contrôle du secteur bancaire, on dirait que Hassann Diab et ses parrains, le quatuor infernal Aoun-Bassil-Berri-Nasrallah, est déterminé à le couler et à gaspiller encore et toujours un peu plus des dépôts des Libanais ! Voici la nouvelle mesure stupide d’un gouvernement qui brille par son incompétence.

*

1. La liste des produits subventionnés publiée par le ministère de l’Économie laisse beaucoup à désirer.
. Si la subvention de l’huile d’olive, des haricots secs et des fèves, du thon et des sardines en conserve, de l’ail et des oignons, du zaatar et du sumac, qui font partie de la base de notre alimentation, se justifie pleinement, personne n'a compris pourquoi le hommous (pois chiche), qui est le pilier de la gastronomie libanaise, ne figure pas sur cette liste ! Pour laisser à Israël la paternité de ce délicieux mets peut-être ? Ce gouvernement nase veut subventionner les noix de cajou et les hot-dogs, mais pas le hommous, comprenne qui pourra.
. Comment subventionner efficacement les viandes importées et les poissons frais avec des prix actuels allant jusqu’à 50 000 et 75 000 LL ?
. Est-ce indispensable de subventionner sel, sucre, huile de palme, huile de tournesol, huile de maïs, fromages pasteurisés, mortadelle, corned-beef, dattes, raisins/abricots/cranberries secs, gingembre, moutarde, les jus concentrés d’oranges / ananas / pommes / grenades / cocktails, l’aspartame, ainsi que les colorants, exhausteurs de goût et conservateurs ?
. Et allez comprendre par quoi la subvention des noix du Brésil, noix de macadamia, café instantané, lait concentré sucré, champignons en boite, moutarde, acide citrique, chips, dentifrices, gants, lames de rasage, piles et insecticides se justifie-t-elle, en tant que produits de « première nécessité » qui composent 80% du panier libanais ?

2. Allez expliquer à ces amateurs parachutés ministres et à leur chef narcissique, qu'on ne peut pas remplir les tonneaux des Danaïdes, tant que ces fichus tonneaux sont troués. En d'autres termes, tant que les frontières du Liban, entrées et sorties, ne sont pas contrôlées d’une main de fer par les forces armées libanaises, toute subvention de quelle que nature que ce soit est inefficace. L’Etat libanais doit d’abord étendre sa souveraineté à l’aéroport et aux ports, ainsi qu’à la frontière syro-libanaise, actuellement sous l’emprise du Hezbollah, pour éviter le trafic des produits subventionnés. Non mais, comment peut-on par exemple subventionner les engrais, les pesticides, les produits améliorant le sol et les médicaments vétérinaires, sans imaginer un trafic avec la Syrie, pays agricole et d’élevage, en ruine, comme c’est le cas avec les produits céréaliers et les hydrocarbures, qui nous a couté jusqu’à présent des centaines de millions de dollars ?

3. La subvention indirecte des produits, en vendant des dollars à un prix préférentiel fixe aux importateurs, fabricants et transformateurs (sur la base de 1$ = 3 900 LL, alors que sur le terrain le dollar dépasse les 9 000 LL), l’Etat libanais aide d’abord les entrepreneurs et non les consommateurs, nuance. Avec des contrôles insuffisants, rien, absolument rien, ne permet de garantir la baisse du prix final à la caisse des grandes surfaces.

4. Ce genre de subventions ne fait pas de distinction entre les consommateurs, la classe riche et aisée, qui peut acheter les produits sans subvention, et les classes moyennes et pauvres, qui a réellement besoin de ces subventions.

5. Quant à la subvention des produits allants de l’huile de palme hydrogénée au sel tétrasodium d’éthylènediaminetétraacétique (C10H12N2Na4O8 pour les curieux), en passant par la gomme xanthane, la soude caustique, les huiles minérales, le glucono-delta-lactone, les pâtes chimiques des conifères, les polymères, les plastiques, les rouleaux, les papiers, les plaques, les cartons, et j’en passe et des meilleurs, visant en théorie à aider les industriels et les professionnels au Liban, non mais qui va contrôler cela au pays des magouilles, alors que ce gouvernement n’est même pas fichu de dégraisser le mammouth, renvoyer chez leurs protecteurs politiques, les milliers de fonctionnaires fictifs attestés par des commissions d’enquête depuis des années ?

*

Cette liste de subventions coutera aux finances publiques entre 1,5 et 2 milliards de dollars par an. C'est l'équivalent de la moitié de nos produits importés jadis ! Celles-ci seront financées par des prélèvements sur les transferts d'argent vers le Liban via les sociétés type Western Union et OMT. C'est beaucoup d'argent, pour une efficacité douteuse. Rien ne garantit que les deux milliards de dollars de subventions aideront les consommateurs et les professionnels libanais de la manière la plus efficace. Dans les conditions actuelles, ces subventions ne feront que dilapider les réserves en dollars de la Banque centrale, donc des banques privées, donc des déposants. Il faut remplacer ces subventions par des cartes de paiement et des bons d’achat ciblés, réservés aux familles et aux professionnels qui sont réellement dans le besoin, concernant des produits vraiment de première nécessité, le hommous en tête. Et pour une meilleure efficacité, ce gouvernement incompétent ferait mieux d'envisage au plus vite des moyens de contrôle sur les fraudeurs, les ports, l’aéroport et la frontière syro-libanaise. Et s'ils en sont incapables, qu’ils partent !


mercredi 8 juillet 2020

Non à l'iranisation du Liban (Art.816) !
🇱🇧 لا لأيرَنة لبنان 🇮🇹


Ne me tenez responsable que de la traduction officielle de ce slogan, tout jeu de mots qui en découle est le fruit d’esprits dérangés, par l’évolution géopolitique pardi 😊

🇱🇧 لا لأيرَنة لبنان 🇮🇹

Vous n'avez pas le temps, je vous fais un résumé. Le discours du chef du Hezbollah hier n'avait qu'un but, profiter de la léthargie d'une majorité de Libanais, منقسمين بين اللامبالاة وحب الكيف , pour mettre le pays du Cèdre sur orbite autour de la République islamique d'Iran. Ce à quoi beaucoup d'entre nous répondent, « non à l’iranisation du Liban », déguisée en un tapage médiatique sur l'ouverture vers l'Est, càd Damas-Téhéran-Pékin. Tout le reste n'est que palabres, قرط حكي . Voilà pourquoi le gouvernement narcissique mis en place par le Hezb et ses alliés doit partir aujourd'hui plutôt que demain, il représente un plus grand danger pour l'avenir du Liban que le Hezb lui-même. Extraits.

على ابواب ذكرى حرب تموز ... نستذكر فيها الخسائر الكبرى للعدو الاسرائيلي في لبنان

N'importe quoi. La guerre déclenchée par le Hezbollah le 12 juillet 2006 a permis à Israël de s'acharner sur le Liban avec une hystérie militaire inouïe, ce qui nous a coûté une dizaine de milliards $, l'équivalent de 50% de notre PIB de l'époque. Du côté d'Israël, c'était seulement 4%.

عندما طرحنا موضوع التوجه شرقاً كنت واضحا ان التوجه شرقا لا يعني ان ندير ظهرنا للغرب

Foutaises. La preuve, la chaine du Hezbollah, al-Manar, est le seul média libanais qui tourne le dos à une manifestation fondamentale des modes de vie à la fois de l'Occident et de l'Orient, les festivals de musique, dont celui de Baalbek.

نطلب من الايرانيين مساعدتنا في توفير الوقود... قبول الجانب الإيراني ببيع لبنان مشتقات نفطية بالليرة اللبنانية تضحية كبيرة لأن إيران بحاجة للعملات الصعبة

Quelle rigolade, l'Iran cherche à briser son isolement international qui asphyxie son économie, en utilisant le Liban, comme la Syrie d'ailleurs, grâce à l'aide précieuse des idiots utiles.

إيران لديها شبه اكتفاء ذاتي بالمواد الزراعية وصناعاتها متقدمة ومتطورة والنموذج الإيراني أرسل قمرا صناعيا إلى السماء

Poudre aux yeux. La grande civilisation perse n'est plus que l'ombre d'elle-même, l'Iran est réduit à recourir à Photoshop pour fabriquer des drones et réussir ses lancements de missiles. Hélas, la grande richesse de la 3e puissance pétrolière et gazière ne permet pas aux Iraniens de profiter de cette manne par la faute de l'idéologie extrémiste du régime des mollahs.

لبنان لا يملك لا مؤهلات ولا ظروف النموذج الايراني، فإيران صمدت 40 سنة أمام العقوبات وما زالت

Merci. Cela prouve que l'Iran reste bel et bien le modèle pour le Hezbollah, ce sont "les qualifications et les conditions" qui ne permettent pas l'iranisation du Liban. El-sayyed a oublié de rajouter "pour le moment".

المصرف المركزي عليه ان يدفع مليارات الدولارات لتغطية حاجة لبنان من المشتقات النفطية، واذا قلنا لايران ان تبيعنا النفط بالليرة اللبنانية، فكم سنوفر على البنك المركزي؟

Heureux sont les autruches et les idiots utiles du Hezb, ils croient qu'on peut remplir les tonneaux des Danaïdes ! Si Nasrallah et ses alliés, Aoun, Bassil et Berri, se soucient des dollars et des dépôts bancaires des Libanais, ils doivent fermer la frontière syro-libanaise à tous les trafics, confier le secteur électrique à EDF ou à Siemens et partir à la retraite. La confiance reviendra au galop.

التعامل مع ايران بشأن النفط له بركات كبيرة جدا على موجودات المصرف المركزي والبنوك والمودعين والصناعة والتجارة، وهو ما نسير عليه في النقاشات

C'est un aveu franc que le Hezb met tout son poids dans l'iranisation du Liban. Ca serait une "bénédiction pour protéger les dépôts bancaires de la Banque centrale et des banques privées du Liban" ! L'Ours de la République a raison, Hassan Nasrallah est vraiment coupé du monde, il ne sait toujours pas que l'Iran est au ban des nations.

الدولة اللبنانية صامتة في وقت تهاجم السفيرة الأميركية حزباً لبنانياً وتتهمه بأبشع الأوصاف عبر الاعلام... أن أخطر ما تفعله السفيرة الأمريكية في لبنان هو التحريض بين اللبنانيين والدفع نحو الحرب الأهلية

C'est incroyable cette tendance du Hezb et des hezbollahi-compatibles à oublier systématiquement que le Hezbollah est accusé aussi des attentats terroristes ayant visé Rafic Hariri, Georges Haoui, Elias el-Murr et Marwan Hamadé. On se demande qui "monte la tête des Libanais et les pousse à la guerre civile le plus, l'ambassadrice américaine à Beyrouth ou le Hezbollah lui-même ?

قرار القاضي اللبناني الشريف محمد مازح بمنع السفيرة الأمريكية من الحديث إعلاميًا يعبر أن في لبنان قضاة وطنيون وشجعان... وأتمنى من القضاء اللبناني أن يعيد النظر بردة فعله تجاه القاضي مازح وأن يتصرف معه بنفس مستوى الوطنية الذي عبر عنه... كتلة الوفاء للمقاومة ستتقدم بعريضة لوزارة الخارجية اللبنانية للمطالبة باستدعاء السفيرة الأمريكية ومطالبتها بالالتزام بالاتفاقيات الدولية

Encore un aveu que la décision stupide prise par le juge des référés de Sour, Mohammad Mazeh, est politicienne et répond au desiderata du Hezbollah. Elle vise en réalité à museler les médias libanais et faire taire les citoyens libanais critiques du parti milicien. Une raison de plus pour dire non à l'iranisation rampante du Liban.

#لا_لأيرَنة_لبنان


lundi 6 juillet 2020

Le harcèlement du vloggeur Pierre Hachach par des militants du CPL (Art.815)


Le vloggeur Pierre Hachach est victime d'un harcèlement de rue orchestré à ce qu'il paraît par des militants du CPL. De plus, il a été arrêté par les autorités libanaises locales et se trouve actuellement au Sérail de Batroun.

Pour faire court, nul ne doit être privé de liberté, arrêté, emprisonné et mis derrière les barreaux au Liban, Pierre Hachach en tête, tout simplement parce qu'il s'est exprimé sur les réseaux sociaux, quels que soient les propos qu'il a prononcés, sauf exception, comme par exemple l'appel au meurtre lancé par le député du Hezbollah Jamil el-Sayyed contre ceux qui viendraient manifester et prononcer des insultes en bas des fenêtres des politicards, sans que personne de l'Etat, du gouvernement, du parlement et des services de sécurité ne vienne ne serait-ce que lui tirer les oreilles !

Et ce n'est pas tout. Personne ne doit être autorisé à détourner les lois en vigueur, de Gebrane Bassil à l'autre juge zélé du Hezb de Sour compris, pour museler la liberté d'expression au pays du Cèdre.
Qui a un problème de quelle que nature que ce soit avec qui que ce soit a le choix entre zapper, bloquer, porter plainte ou refroidir sa tête dans un congélateur 🥶


Si Ennio Morricone n'est plus parmi nous, c'est qu'il est devenu un immortel ! (Art.814)


🇮🇹 Pour un certain nombre d’entre nous, de tous âges, il fait partie de nos plus vieux souvenirs, de nos lointaines émotions, de notre découverte du monde cinématographique. Et pourtant Ennio Morricone est un compositeur ! Oui sauf que son nom est apposé sur plus de 500 affiches de film. De tous les grands réalisateurs avec qui il a travaillé, on retient surtout le nom de Sergio Leone, son ami d’école. Ensemble ces deux Italiens popularisent les westerns spaghettis et donnent au monde des œuvres mythiques, dont deux trilogies. Une vidéo de l’INA dans les commentaires ↓ permet de mieux comprendre la collaboration réussie entre les deux hommes, le mariage consommé et fécond entre le cinéma et la musique. La première trilogie est jouée par Clint Eastwood qui n'était à l'époque qu'une légende naissante : Pour une poignée de dollars (1964), Et pour quelques dollars de plus (1965) et Le Bon, la Brute et le Truand (1966). La seconde se compose de : Il était une fois dans l'Ouest (1968), Il était une fois la révolution (1971) et Il était une fois en Amérique (1984). Mais Ennio Morricone c’est aussi Mission (Roland Joffé, 1986), Les Incorruptibles (Brian de Palma, 1987) et Les Huit Salopards (Quentin Tarantino, 2015).

Stanley Kubrick, une légende du 7e art, demanda un jour au légendaire Sergio Leone : « How did you get that effect of the music and the image in One Upon a Time in the West? » Le réalisateur italien lui répondit : « Well, I wrote the music first. » Par le légendaire Ennio Morricone ! C’est que la musique est au film, ce que l’âme est à l’être humain. Point de chef d’œuvre cinématographique, sans ces mélodies vitales pour mettre de l’émotion sur les images, animer les personnages, faire oublier la fiction et passer de la « mise en scène » à « une tranche de vie », enfin bref, paver la voie aux spectateurs pour entrer dans le film. En 2007, Ennio Morricone a reçu un Oscar d'honneur pour l’ensemble de sa carrière « en reconnaissance de ses contributions magnifiques et multiples à l'art de la musique de film ».

Il est très difficile de choisir une de ses œuvres et une seule qui puisse donner une idée de l'étendue de sa créativité. C’est une aberration pour un nom comme Ennio Morricone. Voici une sélection de ses musiques pour les westerns spaghettis de Sergio Leone, la barre de progression permet de découvrir une trentaine de titres. Dans les thèmes moins connus, j'ai sélectionné aussi ↓ « Here’s to You, Nicola and Bart », chantée avec la sublime voix de légendaire Joan Baez, parue en 1971 dans la bande originale du film Sacco et Vanzetti de Giuliano Montaldo, un hommage à deux anarchistes d'origine italienne Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti accusés de meurtres et exécutés dans les années 1920 aux États-Unis. Entre les deux, il y a les incontournables chefs d’œuvre pour Mission et pour Once Upon a Time in America, tous deux joués par Robert De Diro, encore une légende.

L’Italie et le monde sont en deuil aujourd’hui. Mais Ennio Morricone nous laisse un héritage musical considérable et inestimable qui fait de lui un immortel. Arrivederci maestro 😎


vendredi 3 juillet 2020

L'hystérie et la stupidité du bouffon Joseph Abou Fadel face à la logique et à l'intelligence du journaliste Nadim Koteich (Art.813)


Dire qu’il est malade, c’est lui rendre service et le déclarer non responsable de ses allégations venimeuses. C'est un homme gorgé de haine, cela ne fait aucun doute. Mais Joseph Abou Fadel est avant tout un grand abruti. "هيدى "مشروع بني آدم ما اكتمل" متل ما بقول "دب الجمهورية On part avec 1600 cm3 de cerveau et 100 milliards de neurones, pour avoir à l’arrivée une logique de chlekkéh مَنطِق شْلِكِّه , sans une lueur d’intelligence. Le débat hier soir sur MTV l’a encore prouvé. Au journaliste Nadim Koteich qui dénonçait le cadeau aberrant de la centrale électrique de Batroun que le gouvernement de Hassann Diab a fait à Gebrane Bassil en pleine crise économique et alors que le Liban est au bord de la banqueroute, il a répondu : « Vous avez massacré les Chrétiens. Vous avez ruiné les Chrétiens. Ces députés qui sont allés à Taef ont massacré les Chrétiens (…) Vous ne voulez que des gens pour vous applaudir comme le patriarche Sfeir (...) Nous serons sans pitié avec ceux qui ont vendu le pays à Taef, sans pitié. Nous n’aurons pas de pitié pour eux, quels qu’ils soient. » بهوريات وعنتريات واحد مسطول خالص مريض

Ce que Joseph Abou Fadel a dit hier soir est dangereux mais aussi d'une stupidité sans nom. Des Chrétiens tués et massacrés, il y a eu des milliers durant les guerres aouniennes absurdes de libération et d’élimination déclenchées par Michel Aoun entre février 1989 et octobre 1990. Ce qui ruine aujourd’hui les Chrétiens c’est le soutien direct du parti chrétien du CPL et des leaders chrétiens Aoun-Bassil et indirect de tous les « idiots utiles chrétiens d'Orient » à un parti milicien islamiste classé terroriste et accusé de l’assassinat d’un Premier ministre, un Hezbollah qui parasite l’Etat libanais et empêche le retour de la prospérité dans les foyers libanais. Quant à Taef, les imbéciles chrétiens dans son genre qui n'arrivent toujours pas à digérer cet arrangement politique, doivent bien comprendre que sans Michel Aoun, cet accord n’aurait jamais existé ! C’est l’obstination d’un général mégalomaniaque et suicidaire, qui ne voulait pas quitter le pouvoir, durant deux interminables années, qui a conduit à l’accord de Taef. Alors s’il veut se montrer « sans pitié » à ce sujet, c’est avec Michel Aoun qu’il doit commencer à l’être et avec personne d'autre.

Non cher Marcel Ghanem, hier dans ton émission, il n'y avait pas de « liberté d'expression » et de « deux avis différents ». L'agressivité et l'incitation à la haine ne sont pas des points de vue ! N'importe quel Libanais, chrétien de surcroit, femme ou homme, comme votre obligé, maronite de confession, s'est retrouvé dans les paroles sensées de Nadim Koteich, chiite de confession, plutôt que dans la crise hystérique délirante et paranoïaque de cet imposteur, chrétien de confession. C'est avec les Nadim Koteich que nous ferons renaître le pays du Cèdre, pas avec les fossoyeurs comme les Joseph Abou Fadel. Que cet énergumène parle au nom de qui il veut, mais jamais au grand jamais au nom des Libanais ou des Chrétiens du Liban et d'Orient. Il nous fait honte. Qu'il parle « au nom des crétins », وبإسم كل أَهبَل وهَبْلاء وكل هُبْل وهَبْلاوات لبنان وسائِر المشرِق , c'est à sa portée et c'est déjà beaucoup pour lui.


jeudi 2 juillet 2020

En 2030, le taux de change du dollar américain au Liban pourrait être à 500 000 LL ! (Art.812)


Vision 2030 🇱🇧 Flashback 2020. Le Liban traverse l’une des pires périodes de son histoire. Ce n’est pas la pire, il y a eu plus graves. Je pense surtout au désastre économique sous le règne d’Amine Gemayel/Rachid Karamé, Michel Aoun Premier ministre, Elias Hraoui/Omar Karamé (1982-1992) et les députés de l’époque (1972-1992). A cause de tout ce beau monde, le dollar américain a grimpé de 5 LL à 1 700 LL, soit une augmentation de 34 000 %. Eh oui ! Rapporté à la situation actuelle, il faut imaginer un dollar sautant de 1 500 LL à 500 000 LL en dix ans. Le Liban vision 2030, c’est bonjour le Venezuela, bienvenue au Zimbabwe, avec son billet mythique de "cent mille milliards de dollars", si nous ne décidons pas de nous révolter 🤺

*

Certes, nous avons encore de la marge mais avec un dollar qui s’approche de la barre des 10 000 LL, le pire est encore à venir. C’est inéluctable parce le quintet infernal au pouvoir, Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah & Co, ministres et députés inclus, la poule mouillée d'Achrafieh comprise, « n’est pas bon à rien, il est mauvais à tout ». Concentrons-nous sur le pouvoir exécutif.

• On a un président de la République Michel Aoun et un chef de Parlement Nabih Berri, qui ont beau se montrer en pleine forme, ont l’âge de leurs artères, octogénaires, et qui passent plus de temps sur leurs ennuis de santé que sur les dossiers financiers.

• On a un président de l’ombre Gebrane Bassil qui se prend pour Don Quichotte de la République libanaise et qui a réussi l’exploit de ramener les Libanais de la voiture à l’âne et de l'électricité à la bougie en à peine 12 ans.

• On a le chef d’un parti milicien islamiste, Hassan Nasrallah, qui se prend pour le Guide suprême de la République libanaise et qui a réussi l’exploit de transformer la Suisse de l’Orient en Venezuela de l’Asie en moins de 30 ans.

• On a un grand narcissique Hassann Diab, un dyslexique du Sérail qui se teint les cheveux et qui explique devant son miroir malgré le désastre en cours qu’il a « réalisé 97% de son programme » alors qu’il n’a pas encore franchi la barre des 3% de ce qui est demandé.

• On a une ministre de la Défense Zeina Akar qui nous annonce que « la communauté internationale a fermé ses portes à ce gouvernement » au lieu d’aller fermer la frontière syro-libanaise pour inverser la tendance, ou encore mieux, de la boucler.

• On a un ministre de l’Intérieur Mohammad Fehmi ex-militaire qui avoue sans aucune gêne avoir tué deux miliciens durant la guerre (Kataeb/FL probablement) et jure fidélité à celui qui l’a protégé de la cour martiale, Michel Aoun.

• On a une ministre de la Justice Marie-Claude Najm experte financière qui agresse le gouverneur de la banque centrale Riad Salamé mais qui zappe son domaine d’activité, le rejet des nominations judiciaires par le président de la République.

• On a un ministre des Affaires étrangères Nassif Hitti qui rappelle à l’ambassadeur d’Allemagne que le Hezbollah est une composante du Liban mais oublie qu’il est poursuivi dans l’attentat terroriste du 14 février 2005 par le TSL.

• On a un ministre de l’économie Raoul Nehmé qui se contredit deux fois par jour.

• On a une ministre de l'Information Manale Abdel Samad qui nous annonce avec son joli minois que le gouvernement ne s’est pas excusé pour le jugement stupide pris par un juge égaré à Sour alors que l’ambassadrice américaine avait affirmé le contraire.

• On a un ministre de la Santé Hamad Ali Hassan qui conseille aux Libanais de rester chez eux avant d’aller faire un bain de foule non masquée dans la Bekaa porté sur les épaules des militants du Hezbollah.

• On a un ministre de l’Énergie Raymond Ghajar qui se bat pour imposer en pleine crise économique la construction d’une troisième centrale électrique dans le fief de Gebrane Bassil, le Batroun.

• On a un ministre des Finances Ghazi Wazni le soi-disant technocrate, qui a un rôle important dans les négociations avec le FMI actuellement, qui fait savoir que son parti (Nabih Berri) refuse l’audit approfondi sur les comptes de la Banque centrale par une société reconnue sous prétexte, avancé par les deux ministres du Hezbollah, qu’elle serait liée à Israël, car ses experts seraient de confession juive, et qu’il y a « un risque sérieux que certaines informations soient divulguées à des entités hostiles. » Non sans blague, comme quoi, que le Liban est au bord de la faillite ?

• Et on a un tas de ministres aux abonnés absents et qui ne servent absolument à rien, à part à s'engraisser au frais de la princesse, l'Etat et les Libanais.

• Et on a d’innombrables conseillers, des Alain Bifani à la pelle, qui accusent le système actuel alors qu’ils sont le système depuis la nuit des temps, qui dénoncent l’impasse dans laquelle on se trouve alors que ce sont eux qui nous y ont conduits, qui refusent d’être complices alors qu’ils sont les fautifs, qui quittent les ministères à temps, comme les rats fuient les cales des navires naufragés, afin de ne pas avoir à rendre des comptes devant le tribunal du peuple libanais.

Non mais comment voulez-vous que cette bande de guignols nous sauve du pire moment de notre histoire ? Qui ne veut pas faire les réformes nécessaires au Liban ? Qui a peur d’un audit approfondi des comptes publics ? Qui craint qu’on découvre comment l’argent public a été gaspillé au cours de toutes ses années ? Qui a la trouille qu’on dévoile le degré de corruption de la classe politique libanaise qui a ruiné les Libanais et placer le Liban au bord de la banqueroute ?

*

Nous sommes face à un grand scandale et un danger existentiel. Ce détail gravissime sur les tergiversations à effectuer un audit sérieux est à mettre en perspective avec certaines infos qui circulent en coulisse. A l’issue de la 16e réunion du Liban avec le FMI, Martin Cerisola, le directeur adjoint du FMI et chef des négociateurs internationaux, aurait fait savoir à ses interlocuteurs libanais que « malgré six semaines de négociations, nous n’avons pas avancé d’un iota (…) vous ne pouvez pas continuer comme ça, vous n’êtes pas sérieux dans la mise en œuvre du plan financier et des réformes (…) et tant que vous ne l’êtes pas, les négociations n’ont aucun intérêt ». Affligeant. Une classe politique nase croit que la communauté internationale va encore lui filer des milliards de dollars de l'argent des contribuables occidentaux et arabes, sans contrepartie, sans engagement et sans preuve que les fonds ne seront pas gaspillés et pillés comme à l'accoutumée.

L’histoire se répète. Si nous voulons éviter le scénario catastrophique des années 1982-1992, que le dollar passe de 1 500 LL à 15 000 LL, et continue son chemin vers les 500 000 LL, il est temps de descendre massivement dans les rues et sur les routes pour réclamer la chute du gouvernement de Hassann Diab. Pas parce que c'est une bande d'imposteurs, narcissiques et pas sérieux, mais parce qu'aujourd'hui ils représentent un véritable danger pour le Liban et pour les Libanais.


mercredi 1 juillet 2020

Le juge de Sour s'est prononcé "au nom du peuple libanais" avec la permission de "mon souverain l’imam Hussein" et de "mon souverain Ali le Grand" (Art.811)


Un dernier mot avant de tourner la page de la mascarade qui a mis un peu de joie et de fierté dans les esprits des « idiots utiles » du Hezb, le temps que le ministre libanais des Affaires étrangères retourne au travail. Après ce weekend grotesque marqué par la tentative du juge de Sour de museler les médias libanais, sous-prétexte de leur interdire d’interviewer l’ambassadrice des Etats-Unis au Liban, afin de créer une « jurisprudence » pour faire taire toute critique du parti-milicien par les citoyens libanais du pays du Cèdre, Nassif Hitti a convoqué Dorothy Shea lundi.

Côté libanais, c’est la langue de bois pour éviter le ridicule qui tue. « La discussion a été franche (…) concernant les développements actuels, les relations bilatérales et la coopération entre les deux gouvernements ». Hitti a souligné aussi l’importance de la liberté d’expression et d’information au Liban, qui sont des « droits sacrés ». Bon, disons que le ministre a compris qu’il faut éviter l’ânerie commise début mai, quand il a convoqué l’ambassadeur allemand, après l’interdiction des activités du parti milicien chiite libanais en Allemagne, pour lui signifier que le « Hezbollah est une composante politique essentielle du pays qui représente une large catégorie du peuple et qui fait partie du Parlement libanais ». D'ailleurs c'est mot à mot ce qu'a dit le juge de Tyr pour justifier son jugement bidon. Les pauvres ils ont tous les deux été frappés d’amnésie sélective, ils ont oublié de préciser à tout hasard que le Hezb est accusé aussi de l’attentat terroriste commis en plein coeur de Beyrouth le 14 février 2005 ayant tué un ancien Premier ministre du Liban, Rafic Hariri, et 21 autres personnes.

La vérité sur la rencontre, il faut la chercher du côté américain. « La question la plus importante dont nous avons discuté était la décision judiciaire. Nous avons tourné la page sur la décision malheureuse dans laquelle je vois un détournement de l’attention (des Libanais) de la détérioration de la situation économique au Liban (…) Les États-Unis sont prêts et continueront d'aider le peuple libanais tant que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour s'attaquer aux causes de la crise ». Tu peux rêver ma chère Dorothy !

Le meilleur c’est pour la fin, ce post du juge Mohamad Mazeh, par lequel le grotesque est arrivé. Après avoir appris que ses supérieurs le convoqueraient pour s’expliquer, il a saisi les réseaux sociaux pour se protéger. Décidément ce juge a séché beaucoup de cours de droit au cours de ses études. On se demande comment a-t-il pu obtenir son diplôme, sans jamais entendre parler du « devoir de réserve » qui interdit au fonctionnaire d’utiliser sa fonction pour faire de la propagande. Enfin, hier dans l’après-midi, il est sorti de son silence et il n'aurait pas dû le faire.

« N’ai-je pas raison ? Évidemment, si Allah le veut. Par conséquent, je m’en fous d’être sanctionné ou pas. Louage à Allah, Seigneur des mondes, avec la permission de mon souverain l’imam Hussein et mon souverain Ali le Grand… » Non non non, ce n’est pas la prière d’un docteur en théologie. C’est le constat d’un magistrat libanais qui commente les conséquences d’une décision judiciaire prise « Au nom du peuple libanais », qui pouvait avoir des conséquences gravissimes sur les Libanais, les médias du Liban et les relations du Liban avec la plus grande puissance au monde, les Etats-Unis. لا حول ولا قوة الا بالله, يا يسوع دخيل اسمك . Nous avons eu droit à tout -Allah deux fois, seigneur, souverain deux fois, imam, Ali et Hussein- et pas un seul mot de droit ! Et vous avez toujours des « idiots utiles » du Hezb qui viennent vous expliquer en l’an de grâce 2020, comment le Liban a retrouvé sa dignité et sa souveraineté avec la décision stupide de cet homme et que le pays du Cèdre doit se tourner vers l’Est et s'aligner sur l'axe Damas-Téhéran-Pékin. Et dire qu’à « Berytus » notre Beyrouth de jadis, il y a moins de 1 500 ans, se situait la plus importante école d'enseignement et d'étude du droit et de la jurisprudence de tout l’Empire romain, détruite par un séisme en l’an 551. Nul doute à ce sujet, la bêtise qui frappe le Liban actuellement est le plus puissant des séismes de tous les temps.

#L_iranisation_du_Liban_ne_passera_pas 🇱🇧


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