mardi 30 juin 2020


Si le peuple libanais et l’armée libanaise ne peuvent plus s’offrir le même luxe que vous les politiciens et les cliques de politiciens, ici Gebrane Bassil et ses friends, un barbecue et des brochettes, eh reito ba2ta inchallah, allez au diable !

 

dimanche 28 juin 2020

Les arrières-pensées hezbollahiennes de l'interdiction aux médias libanais d'interviewer l'ambassadrice américaine au Liban (Art.809)


Croire que la décision du juge des référés de Sour vise à faire taire l’ambassadrice américaine au Liban est naïf. سطلنة . Le jugement de Mohamad Mazeh est une décision hezbollahi-compatible par excellence. En se prononçant sur une interdiction d'une ANNÉE svp, contre l'ambassadrice américaine ET contre les médias libanais, le magistrat n'a pas jugé uniquement ce qu'elle a dit ou ce qu'on a partagé, mais ce qu'elle dira et ce que l'on partagera à l'avenir. Une absurdité au niveau juridique et une raison de plus pour casser et annuler le jugement illico presto.

A vrai dire la décision judiciaire d'hier vise d’une part, à contrôler le contenu éditorial des médias libanais au Liban, et d’autre part, à créer une jurisprudence afin de justifier ultérieurement le muselage des esprits libanais critiques du Hezbollah, la principale anomalie, pas la seule, qui empêche l’édification d’un Etat de droit et le retour de la prospérité au Liban. Tout le reste n’est que palabres, قرط حكي . C’est là où l’on mesure la portée de la bêtise de certains compatriotes qui sont en liesse depuis hier car le Liban aurait retrouvé sa dignité et sa souveraineté. C’est c’là bande d’ « idiots utiles » du Hezb, à l’ombre et au gré d’un parti islamiste milicien fier d'être viscéralement lié à la République islamique d'Iran !

L’iranisation du Liban ne passera pas, suite. Dans une première réaction à la décision de ce juge politisé d’interdire aux médias sur le territoire libanais d’interviewer l’ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea a repris mot à mot ce que Bakhos Baalbaki avait déclaré dans son post de fin d’après-midi hier : « Cette décision est digne de l’Iran, pas du Liban ».

Soutien total à MTV, qui en interviewant Dorothy Shea, démontre qu’on ne musèle pas les médias au pays du Cèdre car la liberté d’expression est garantie par la plus haute norme juridique au Liban, la Constitution de la République libanaise, qui est au-dessus des traités internationaux, qui sont eux-mêmes au-dessus des lois nationales libanaises qui sont à leur tour au-dessus des usages bidon que le Hezbollah veut imposer dans notre pays. Encore un cours de droit que le brave juge de Sour a séché durant ses études 😋


samedi 27 juin 2020

Un juge des référés interdit aux médias libanais d'interviewer l'ambassadrice des Etats-Unis au Liban (Art.808)


L’iranisation du Liban ne passera pas ! Le plus grotesque dans la décision du juge des référés de Sour prise il y a quelques heures, est son début et sa fin. « Au nom du peuple libanais (...) il est interdit aux médias libanais et étrangers travaillant sur le territoire libanais -tv/radio/presse/internet- d’interroger l’ambassadrice des Etats-Unis au Liban pendant un an, sous peine de fermeture administrative du média fautif pendant un an et d'une amende de 200 000 US $. » C'est tragi-comique ! Le magistrat des référés, qui normalement prend des dispositions à caractère urgent en attendant le jugement sur le fond, se prononce sur une contrainte d'un an, non mais quelle mascarade ! En tout cas, entre le début et la fin, on a droit à une dissertation bâclée, rédigée à la demande d’une plaignante libanaise de Tyr, sur comment Dorothy Shea aurait par ses déclarations à la chaine arabe al-Hadath, « porté atteinte au peuple libanais » et « menacé la paix civile et la cohabitation ».

Il va falloir rappeler à Mohamad Mazeh, مع حفظ الالقاب وكامل الاحترام , qu'il donne l'impression d'avoir séché quelques cours à la fac, portant sur la liberté de la presse et des libertés individuelles au Liban, qui sont garanties par la Constitution de la République libanaise, dans le préambule, ainsi que dans les articles 8 et 13. « La liberté d’exprimer sa pensée par la parole ou par la plume, la liberté de la presse, la liberté de réunion et la liberté d’association, sont garanties dans les limites fixées par la loi ». En se prononçant sur « un des partis libanais, qui a une représentation importante au niveau parlementaire et ministériel, et une base populaire conséquente », Dorothy Shea, n’a pas enfreint les lois libanaises contrairement à ce que prétend le juge libanais. En partageant les déclarations de l'ambassadrice américaine, les médias libanais non plus n'enfreindront pas les lois en vigueur au Liban. La réalité est ailleurs. Dorothy Shea et les médias qui partagent ses déclarations, transgressent plutôt les usages que le Hezbollah tente d'imposer au Liban, nuance. Si les déclarations de l'ambassadrice américaine sont déplacées, pour l'Etat libanais bien entendu, il revient au ministre libanais des Affaires étrangères et personne d'autre de réagir à l'incident diplomatique, et non à un juge de le faire, des référés en plus, un samedi pendant que les dirigeants libanais sont aux abonnés absents.

N'en déplaise à Mohamad Mazeh, les déclarations de l’ambassadrice américaine ne conduisent pas à « une nouvelle discorde ». Il faut arrêter de mentir et de croire ses propres mensonges ! Mais au fait, de quelle discorde s’agit-il au juste ? La discorde entre les Chiites et les Sunnites ? Elle date de la nuit des temps, il y a 1 388 ans pour être précis, bien avant la découverte de l'Amérique. La discorde entre l’Iran et l’Arabie saoudite ? Elle est en place depuis deux générations déjà (1979). La discorde entre le 8-Mars et le 14-Mars ? Elle a eu lieu quand Hassan Nasrallah a dit « Merci à la Syrie des Assad » et est allé soutenir militairement ce que l’autre camp considère comme une tyrannie. La discorde entre le Hezbollah et ses alliés, et le reste des Libanais ? Elle est dans les cœurs et les esprits d'une partie du « peuple libanais » au nom duquel ce juge de Tyr prétend se prononcer, depuis que le Hezbollah est accusé de l’attentat terroriste qui a couté la vie à l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et à 21 autres personnes en 2005, et surtout, depuis que ce parti milicien est le principal obstacle à l’édification d’un état de droit et au retour de la prospérité au pays du Cèdre.

Cette décision est digne de l’Iran, pas du Liban. Elle est à la fois absurde et d'une stupidité inqualifiable. Elle est essentiellement politicienne et juridiquement infondée. Elle est prise dans une double violation de la Constitution libanaise qui garantit la liberté de la presse et de la Convention de Vienne qui régit les relations diplomatiques. De ce fait, elle doit être cassée et déclarée nulle et non avenue. Et avant que je n’oublie, que les autruches de notre contrée et les idiots utiles du Hezbollah -qui pavoisent bêtement sans se rendre compte que ce juge politisé jusqu'à la moelle vise à museler la presse libanaise et non l'ambassadrice américaine- aient la présence d'esprit de prévenir Mohamad Mazeh, que la monnaie au Liban est la livre libanaise et non le dollar américain. Eh oui, il va falloir corriger cette erreur grotesque et réécrire à la main comme le veut la tradition, les cinq pages du jugement ou l'annuler pour vice de forme 😊


vendredi 26 juin 2020

Peut-on vraiment parler de « Présidence résistante » à propos du mandat d'Amine Gemayel à la tête du Liban entre 1982 et 1988 ? (Art.807)


On peut résumer son mandat par tout et par bien des formules, sauf par ce titre inadapté. A l’occasion de la sortie du livre « La Présidence résistante », quelques réflexions sur une période que j’ai vécue au quotidien.

• Amine Gemayel était le maillon faible des Gemayel. Il n’avait ni la prestance de ce monument national, son père, cheikh Pierre, l’homme de l’indépendance et de la souveraineté du Liban, ni le charisme de son frère, Bachir, l’homme qui voulait libérer le Liban de toutes les occupations, palestinienne, syrienne et israélienne, et qui avait réussi l'exploit d'être élu par des députés chrétiens, chiites, druzes et sunnites, avec le feu vert de l'Arabie saoudite !

• L'ancien président de la République a décroché la présidence dans un contexte national spécial, l’impasse politique dans laquelle le Liban a été plongé dans la nuit du 14 septembre 1982, à l’annonce de la mort du président élu, Bachir Gemayel, tué dans un attentat terroriste exécuté par le Parti national syrien.

• Qu’il l’ait voulu ou pas, qu’importe puisque le résultat est le même, Amine Gemayel a été le dernier président de la République libanaise dans sa version المارونية السياسية entre 1943 et 1988 où le fonctionnement de l’Etat libanais était dominé par la communauté maronite, avant les réformes constitutionnelles de l'Accord de Taëf, voté en novembre 1989. Après Amine Gemayel, le Liban est passé à la السنية السياسية entre 1990 et 2005, et ensuite à la الشيعية السياسية depuis 2005. Sans se perdre dans les détails, il n’a pas su tirer profit d’une époque où les prérogatives du président de la République étaient importantes, pour rassembler les Libanais autour du projet d’un nouveau Liban souverain et épanouissant pour tous les enfants de la patrie toutes confessions confondues, comme avait réussi avant lui son frère, Bachir Gemayel.

• De son mandat, je ne retiens sur le plan économique que son fiasco pour empêcher l’envolée délirante du dollar par rapport à la livre libanaise. A sa prise de fonction en 1982, le taux de change était à 5 LL/1 $. Eh oui, 5 livres libanaises seulement malgré 7 ans de guerre et d'invasions, de bombes et de sang ! Au début de la guerre en 1975, on était seulement à 2,5 LL/1 $, l’augmentation était donc importante, mais plafonnée à 200%, le dollar n’a fait que doublé ! A son départ de Baabda en 1988, le taux de change a grimpé à plus de 400 LL/1 $. Par conséquent, sous le règne d'Amine Gemayel et des gouvernements de Chafic Wazzan, Rachid Karamé et Salim el-Hoss, et des députés de 1972 (restés en place jusqu'en 1992), nous sommes passés de 5 LL à 400 LL le dollar, soit une augmentation astronomique de 8 000 %, c’est tout simplement hallucinant ! Les conséquences étaient sans commune mesure avec ce que nous connaissons actuellement, une augmentation du taux de change de entre 350% (5 000 LL/ 1 $) et 500% (7 500 LL/1 $), avec deux différences de taille, certes, nous n’avions pas de dettes pratiquement et nous importions beaucoup moins qu’aujourd’hui. Sur le plan économique, le mandat d’Amine Gemayel a été un désastre pour le peuple libanais tout entier, qui a permis en plus, à beaucoup de profiteurs et de rapaces, d’hommes et de femmes, politiques et d’affaires, de s'engraisser, de spéculer et de s’enrichir facilement. Une partie de la fortune de certains date de cette époque et vient de ce moyen d'enrichissement immoral.

• De son mandat, je ne retiens sur le plan militaire que le désastre de la guerre de la Montagne en ce sinistre mois de septembre 1983, par sa faute entre autres. Alors que les Israéliens ont tout fait pour favoriser militairement au moment de leur retrait vers le Sud-Liban, la milice druze du Parti socialiste (dirigée par Walid Joumblatt) par rapport à la milice chrétienne des Forces libanaises (dirigée par Fadi Frem, le cousin d'Amine Gemayel), et que les affrontements étaient inéluctables, Amine Gemayel a demandé aux responsables FL, notamment à Samir Geagea (commandant du front), de résister 24 heures et de tenir le carrefour stratégique de Bhamdoun avec ses hommes, le temps qu’il prenne les dispositions nécessaires pour envoyer l’armée libanaise étendre la souveraineté de l’Etat libanais sur cette vaste région du Mont-Liban, les cazas d'Aley et du Chouf. Les braves combattants des Forces libanaises n’ont pas tenu 24h, ni 48h d’ailleurs, mais 72h, face à une horde politico-militaro-milicienne, druze, chiite, gauchiste, palestinienne, syrienne et soviétique. Les zones de combats comme tout le "réduit chrétien" étaient soumis à un déluge de fer et de feu d'une rare violence. En vain ! Amine Gemayel n’a jamais donné l’ordre à l’armée libanaise de se rendre à Bhamdoun ni le 4 ni le 5 ni le 6 septembre, obligeant les miliciens des FL à effectuer un "repli tactique" vers Deir el-Qamar, après l’évacuation des populations chrétiennes rescapées des massacres (2 700 disparus, 1 155 civils tués et 368 miliciens FL morts durant les combats). Plus de 15 000 civils et miliciens chrétiens ont été assiégés pendant trois mois par les miliciens druzes de Walid Joumblatt, déterminé à l'époque d'avoir la tête de Samir Geagea. Il ne l’a jamais eue.

• De son mandat, je ne retiens sur le plan politique que la fin stupide et chaotique de ses six années de présidence. Alors que l’heure était grave à un quart de l’expiration de son mandat, alors que ses négociations avec Hafez el-Assad la veille pour trouver un arrangement ont échoué (près de 4 heures!), alors que tout le monde politique libanais était mobilisé pour étudier toutes les possibilités offertes pour passer au mieux la vacance du poste présidentiel, alors que les communautés chrétiennes notamment maronite étaient en état d’alerte maximale à Bkerké après l’impossibilité d’élire un président de la République dans les temps maronite comme le veut le Pacte national islamo-chrétien, alors que les Libanais retenaient leur souffle, on a beau cherché, Amine Gemayel était perdu de vue au palais présidentiel de Baabda. On a fini par le retrouver dans un coin, devant un miroir, se coiffant et vérifiant son look avant d’enregistrer son message à la nation, annonçant urbi et orbi la calamiteuse nomination de Michel Aoun comme Premier ministre intérimaire d'un gouvernement militaire de six généraux, dont les trois membres musulmans ont aussitôt démissionné. C'est la péché originel.

Eh oui, Amine Gemayel est en quelque sorte le « père politique » du général. Sans lui, Michel Aoun serait parti à la retraite depuis belle lurette. Comble du malheur des Libanais, c’était un secret de Polichinelle !, Amine Gemayel n’avait pas beaucoup d’estime pour Michel Aoun, dont la carrière militaire laissait à désirer. Il l'avoue indirectement dans son livre d'ailleurs. Malgré les réserves sur la personne, il l'a nommé quand même. Il ne l’a fait que parce qu’il était persuadé que sous les autorités d'un général qui se prend à la fois pour Napoléon et De Gaulle, Aoun entrera en conflit avec Geagea. Amine Gemayel n'a jamais accepté l'indépendance des FL par rapport aux Kataeb, d'où la raison d'être de la première intifada en 1985, menée par Elie Hobeika et Samir Geagea. En 1988, il a tablé sur le fait que le général lancera rapidement l’armée libanaise sur la milice des Forces libanaises, ce qui lui permettrait de faire d’une pierre deux coups, éliminer les deux hommes forts de la scène chrétienne, faciliter son retour sur la scène nationale comme sauveur et nouveau président de la République. La suite, tout le monde la connait. Ne respectant pas la mission qui lui a été confiée, permettre au plus vite d’élire un nouveau président de la République, Michel Aoun lance deux guerres meurtrières, contre la Syrie (des mois durant à partir de mars 1989) puis contre les Forces libanaises effectivement (une semaine en février 1989, puis des mois durant à partir de janvier 1990), qui achèveront la guerre civile libanaise par la défaite du camp chrétien et l’extension de l’occupation syrienne à tout le Liban, pendant quinze ans.

*

Il était de bonne intention sans doute, mais enfin, l'enfer est pavé de bonnes intentions ! Il a été frileux et contrairement à ce qu'il dit, il n'a pas bien résisté aux pressions. Une chose est sûre, Amine Gemayel a pris de trop mauvaises décisions à de très nombreux moments clés de l'histoire du Liban. Il y a beaucoup de choses à dire encore sur ce sujet, comme par exemple sur l'accord du 17-Mai (1983) avec Israël et le forcing souverainiste à Beyrouth-Ouest en février 1984, deux projets qui ont foiré. Mais je préfère terminer plutôt sur le point précédent. Par son livre « La Présidence résistante », l’ancien président de la République libanaise, Amine Gemayel, cherche à couper l’herbe sous le pied de ses frères ennemis, Michel Aoun et Samir Geagea, afin d'être le premier de ce couple à trois à écrire ses « Mémoires » et de ce fait, à (ré)écrire l'histoire à sa guise et faire oublier aux Libanais le bilan désastreux de son mandat entre 1982 et 1988 🤔


Paula Yacoubian semble prendre le Parlement libanais pour une ONG et confondre son métier de députée avec les activités d’une jeune militante (Art.806)


Elle s’est illustrée au début de sa nouvelle carrière politicienne il y a deux ans, en se faisant soigneusement photographier arrivée cheveux en l'air et en scooter au Parlement et en votant « Nadine Labaki » pour présider l’Assemblée nationale. « Une position historique » svp car « l’État libanais n’honore pas la réalisatrice libanaise alors qu’elle le mérite ». Par la suite, il y a eu l’épisode rocambolesque sur le kidnapping farfelu de Hariri par Voldemort. « Bien sûr qu’il n’était pas retenu de force par MBS », quand elle travaillait pour le Futur, et un an plus tard quand le Futur lui a tourné le dos, « évidemment qu’il était retenu de force par MBS » ! Il y a eu aussi l’hommage au cowboy Nawaf el-Moussawi, pour son « grand professionnalisme au Parlement », un député que même le Hezbollah ne peut plus voir en peinture. Bavarde sur tous les sujets sauf que les années passent et il n'y a toujours rien, aucun coup de gueule contre l'anomalie que constitue les armes du Hezbollah au Liban, principal obstacle à l'édification d'un Etat de droit et au retour de la prospérité au pays du Cèdre.

Mais oubliez tout cela, aujourd’hui la députée d’Achrafieh est débordée. Il y a d’abord la « plantation de salades » نزلة كرم الزيتون بعد طرنبة البنزين على طريق العدلية. Ce n'est pas que l'idée soit mauvaise, mais bon, avec le projet des « œufs de cailles » sur lequel travaille l'autre député du quartier, l'imminence grise du CPL, Nikos, non mais les Beyrouthins vont se faire des menus de régime d’enfer et oublier tout le reste ! Cette semaine, notre jolie députée était mobilisée pour empêcher l’expulsion de squatteurs âgés à Achrafieh car « on n’expulse pas les gens au milieu de la nuit et en temps de Corona, jusqu'à la fin du mois de juillet ». Peut-être de jour, après le Corona, sous la chaleur d'enfer du mois d'août ? En tout cas, cela ne l’avait pas empêché dans le passé de donner un bon coup de main aux « propriétaires anciens » dans leur offensive au Conseil constitutionnel et de ne pas clairement se prononcer pour la non-expulsion des « locataires anciens » des appartements qu'ils louent en toute légalité et de la ville dans laquelle ils sont installés depuis 40, 50 ou 60 ans.

Autre sujet de mobilisation, l'appel solennel des Libanais-e-s avant-hier, capture d'écran. « Nous sommes tous toi. Comme ça serait beau de porter le voile, ne serait-ce que pour une journée, par respect pour toi et en reconnaissance de ce que tu as enduré. » Tout ça parce qu’une femme voilée qui voulait couper le principal axe routier de Beyrouth, le Ring, s’est fait insulter par un homme de la brigade anti-émeute. La députée était outrée. « La révolution est une femme libanaise, au temps rétrograde de la masculinité et de l’ignorance ». Indépendamment de ce qu'il a dit au juste, incompréhensible d'ailleurs, toute généralisation à partir d’un fait divers est stupide, surtout s’elle a une motivation populiste !

Enfin bref, à part qu’elle manque d’authenticité, Paula Yacoubian semble prendre le Parlement libanais pour une ONG et confondre son métier de députée avec les activités d’une jeune militante ! Je ne sais pas trop ce que vous en pensez les ami-e-s, mais je crois que députée ou militante, ce n’est pas pareil, ni le même prix ni le même coût ni le même salaire. S’il n’y a qu’une réforme à faire passer au pays du Cèdre et une seule, ça serait celle-ci : que chacun fasse son boulot, consciencieusement, et les vaches seront bien gardées au Liban. Mais justement, comment la faire passer ? 😋

PS : Le métier de député ne consiste pas à faire de la poésie et de la prose ou de l’élevage et de l’agriculture -version moderne, branchée, revue et corrigée des mariages et des enterrements des députés de jadis!- encore moins à déposer des projets de loi, plus ou moins utile et plus ou moins bâclé, sans tenir compte de leur chance d’aboutir et d’être adoptés ! Ça serait trop facile et chèrement payé.


dimanche 21 juin 2020

Gebrane Bassil souhaite rétablir le "service militaire" au Liban, afin d' "éduquer les jeunes" ! La dérive inquiétante du chef du CPL, pro-Hezbollah et pro-Assad plus que jamais (Art.805)


Il est bavard comme une pie. Et pourtant, le discours du chef du Courant patriotique libre hier se divise en deux catégories, pas trois. D'une part, nous avons eu droit à "la grenouille qui se veut aussi grosse que le bœuf". لا يفهموا أنّه بسقوط مشروعنا تسقط الدولة Et d'autre part, nous nous sommes tapés "les aventures de Don Quichotte de la République libanaise". محاولة إسقاط الحكومة، في سياق المؤامرة الاقتصاديّة التي يتعرّض لها لبنان... ... المنظومة السياسيّة والماليّة المتحكّمة بالبلد منذ التسعين... وتعالوا ، اقتلوني سياسياً واغتالوني معنوياً، ما بدّي أعمل رئيس جمهورية بس بدنا تحارب الفساد والخ Enfin bref, une heure de conférence de presse pour ces quelques extraits marquants et inquiétants 🤔

► Gebrane Bassil était, est et restera, pro-Hezbollah

الفتنة المسيحية الاسلامية ممنوعة، وخطوط التماس في الشيّاح لن ترجع، ومش مظاهر الحماية الذاتيّة المزيفة بتمنعها
Et dire que ce sont les propos de celui qui soutient sans réserve le parti-milicien du Hezbollah! Il s'agit d'une pique aux sympathisants du parti des Forces libanaises et du Courant du Futur qui ont fait barrage aux hordes de militants du duo chiite, Amal-Hezbollah, qui ont tout cassé sur leur passage à Beyrouth, il y a quelques jours.
انّما التفاهمات العميقة يلّي تشهد عليها كنيسة مار مخايل
14 ans après la signature du "Document d'entente" entre Michel Aoun et Hassan Nasrallah, Gebrane Bassil renouvelle l'Alliance avec le Hezbollah
لهيك لن تقوى على إسقاط هيدا التفاهم أيّ قوّة
Et il exprime sans ambiguïté qu'il fera tout ce qui est dans son pouvoir pour la protéger. ll est très clair à ce sujet.

أمّا الآن فالخطر الوجودي يطال الدولة وبنائها، والمقاومة وحماية لبنان
Le chef du CPL met le Liban, l'Etat libanais et la "Résistance" (Hezbollah) sur un pied d'égalité. Il n'a toujours pas compris que "l'anomalie" que constitue la situation du Hezb au pays du Cèdre est non seulement le principal obstacle à l'édification d'un Etat de droit au Liban, mais que le parti-milicien est la plus grave menace pour le pays du Cèdre, comme l'a prouvé la guerre de Juillet 2006 et son classement sur la liste des organisations terroristes par la majorité des pays arabes et occidentaux. Tant que le Hezb fait la pluie et le beau temps, le Liban ne renouera pas avec la paix et la prospérité.

► Gebrane Bassil a tourné, tourne et tournera encore longtemps autour du pot, rétablir des relations normales avec une Syrie au ban des nations, par la faute de Bachar el-Assad

والآن تأتون لنا بعنصر جديد اسمه قيصر... ليسكّر علينا الشرق ويقطع عنا الهواء... إن طبّق فيعني قطع حدود... نحن لدينا حدود مشتركة مع سوريا... وسوريا هي رئتنا مع العالم العربي، فهل يريدون قطعنا عنه؟ قطعنا عن عروبتنا؟ ولسنا غربيين، بل سنبقى عرباً ومشرقيين بثقافة متنوعة غربية وشرقية
"La Syrie est notre poumon avec le monde arabe" 😳 روح يا ملك العروبة C'est pas bon du fumer sa moquette GebB !

لماذا يعمل بعض الغرب وبعض حلفاء الغرب في الداخل على إجبارنا ادارة وجهنا حصراً باتجاه الشرق؟! هل يعرفون نتائج ذلك ويتحملون المسؤولية
L'imposteur veut faire croire que c'est "l'Occident et ses alliés à l'intérieur" qui le contraignent de se tourner vers la Syrie, l'Iran et la Chine, alors que cela fait des années qu'il oeuvre en tant que ministre des Affaires étrangères pour le grand retour de la Syrie de Bachar el-Assad dans la Ligue arabe, comme si de rien n'était. La dernière fois c'était la veille du déclenchement du soulèvement du 17 octobre au Caire. "N'est-il pas temps pour la Syrie de revenir au sein de la Ligue arabe ?"

الصراع على موضوع سوريا يضعف لبنان في مواجهة مخطّط توطين النازحين
Quelle autruche! Je l'ai dit et redit, je persiste et signe, le régime syrien fait tout ce qui possible et imaginable pour empêcher les 1,5 million de réfugiés et de déplacés syriens au Liban de retourner en Syrie, afin de coloniser le pays du Cèdre. Bachar el-Assad est donc la principale personne qui complote pour implanter les réfugiés syriens au Liban, avec l'aide de beaucoup d' "idiots utiles" du régime.

الخلاف على موضوع السلاح الآن واقحامه في اجندة الحراك يفقد لبنان عنصر قوّة ويضعفه في مواجهة مخطّط توطين اللاجئين
Un mélange des genres douteux et grave. Encore une déclaration claire pour que la milice du Hezbollah garde ses armes ! Gebrane Bassil prétend que soulever la question du désarment du Hezb (pas comme le veut la résolution 1559 seulement, mais comme l'exige la Constitution libanaise à travers l'Accord de Taef!), tenez-vous bien, fait perdre au Liban une certaine force et conduirait à l'implantation des réfugiés syriens au Liban ! En d'autres termes, selon le chef du CPL, les armes du Hezb, empêcheraient cette implantation. Foutaises, en s'alliant au régime syrien, les ex-8Mars sont les "idiots utiles" de Bachar el-Assad dans son projet de colonisation du pays du Cèdre via les réfugiés syriens. Chapeau les gars!

► Gebrane Bassil et son boulet du pied droit, l'électricité 24h/24
مشكلتنا بالكهرباء أنّنا نريدها 24/24 لنوقف العجز بالموازنة بسبب تسعيرة مدعومة هم وضعوها تؤدّي الى خسارة من مليار الى مليارين دولار بالسنة ... نريدها 24/24 لنوقف الموتورات التي تأخذ من المواطنين مليارين دولار بالسنة وهم يريدون إبقاءها لأنّهم مستفيدين منها. نريدها 24/24 على الغاز لنوقف استيراد الفيول الغالي والمغشوش، وهم يريدون إبقاءها على الفيول لأنّهم مستفيدين منه. هيدا الفيول بيموّل نفس المنظومة.
سلعاتا نريدها لأنّ من دونها لا كهرباء 24/24 كوننا بحاجة لـ 3 مواقع لنؤمّن الـ24/24
C'est Grebrane Bassil dans toute sa splendeur, un imposteur. Il nous fait oublier pendant 30 secondes que depuis 2008, soit 12 ans, lui et son parti, ont mis la main sur le secteur électrique ; que depuis 1990, ce sont les alliés de son camp politique, proAssad-proHezb, qui contrôlent ce secteur vache à lait, sans partage avec les autres forces politiques ; et que lui, son parti et tout ce camp, ont été pendant longtemps les fervents défenseurs de gaspiller l'argent public sur les aberrants navires-centrales flottants turcs, un point qu'il a zappé totalement. Quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse, son fiasco pour ramener l'électricité 24h/24 pour 2014 comme il l'a promis en 2011 déjà, restera à jamais son boulet du pied droit, responsable de l'équivalent de la moitié des 90 milliards de dollars des dettes du Liban.

► Gebrane Bassil et son boulet du pied gauche, le barrage de Marj Bisri
سدّ بسري ... قبضوا الاستملاكات ويطالبون بإلغاءه ابتزازاً لأنّهم يريدون متعهّد معيّن لهم
أقول لأهل بسري، اسألوا أهل عين دارة كيف روّحوا عليهم سدّهم وندموا! لا تروّحوا عليكم هذا المشروع الحيوي البيئي المائي الإنمائي وتندموا عليه لاحقاً لأنّه لن ينفع الندم. هذا السدّ هو لكم وليس للتيّار الوطني الحر، هذه المياه هي لكلّ بيروت وليس للتيّار الوطني الحر... ستنتفعون من انمائه ومياهه في بسري، وستتمشون حوله وتفرحوا به، كما يتنزّه اليوم كل اللبنانيين على درب المسيلحة ويمّرون جنب سدّها، وكما يفرح الآن أهل اليمونة والبقاع بسدّها، وأهل الكواشرة وعكّار بسدّها، وأهل القيسماني وبعبدا بسدّها، وقريباً أهل بلعا وجرد البترون بسدّها، وأهل جنّة وجبيل بسدّها وأهل بقعاتا والمتن بسدّها؛ سيدشن هذه السدود أحد غيرنا وسيشرب الناس من مياهها وسينسون الكذب والخداع وسينسب بعض السياسيين الإنجاز لهم كما فعلوا سابقاً ،لا مشكلة، ولكن دعوا المشاريع تمشي والمناطق تزدهر والناس تتطوّر وأوقفوا نكدكم وخداعكم واتركوا البلد يتقدّم.
C'est un des plus grands scandales au Liban, l'autre boulet du pied gauche de Gebrane Bassil, l'aberrant barrage de Marj Bisri, un projet controversé, dénoncé par les spécialistes, construit dans une zone géologique inadaptée, sismique de surcroit, qui va détruire 6 millions m2 de la plus belle prairie-vallée du Liban, pour acheminer de l'eau très polluée, à une population peu sensible aux économies d'eau, dans un pays sans compteurs d'eau généralisés, où une frange importante de la population ne paie pas sa consommation et à la tuyauterie vétuste et qui fuit dans sa partie publique comme dans sa partie privée, sachant que les alternatives intelligentes existent !

► Bassil, un révolutionnaire incompris
ترجّينا المجتمع المدني ان ينتفضوا معنا ضد يلّي وقفوا المشاريع؛ بس لمّا انتفضوا، انتفضوا علينا، وبدل ما يساعدونا على وقف العرقلة، صاروا جزء إضافي منها وصاروا ينمّروا علينا بكلمة "ما خلّونا"...
C'est l'histoire du menteur qui finit par croire ses mensonges, "on nous a empêchés" de réaliser les projets, alors que le CPL a contrôlé et contrôle depuis 15 ans, pendant un bon moment au moins, la présidence de la République, jusqu'à un tiers des conseil des ministres et un quart des parlements, il a gouverné seul avec ses alliés à deux reprises (2011-2014 et depuis début 2020).

► Bassil met en garde
وأنا أنبّه أنّه من اليوم وطالع، ما رح نسمح بالتعدّي المادي والمعنوي علينا
بعدني عم هدّي شبابنا ليتحمّلوا الشتيمة والتعدّي من أي أزعر بحجّة أنّه ينتمي الى الحراك، لكن الى متى؟ خلص
Vous êtes prévenus, dorénavant Gebrane Bassil ne retiendra pas les militants du CPL. Ah parce que jusqu'à maintenant tout se passait en les retenant ?

► Bassil et la frontière grande ouverte entre le Liban et la Syrie
كما على لبنان، ولمصلحته، أن يأخذ جدّياً الاجراءات الآيلة الى ضبط الحدود ووقف التهريب على المعابر الشرعية وغير الشرعية. كذلك على لبنان ولمصلحته، وقف تسرّب الأموال الى سوريا لأنه هو بحاجة ماسة اليها. ووقف دعم المحروقات والقمح وبعض المواد لأنّها بذلك تتسرّب خارجه وهو بحاجة اليها.
Cela relève de l'imposture ! Depuis le 26 avril 2005 et le retrait du dernier soldat syrien, que les esprits souverainistes réclament le contrôle de la frontière entre le Liban et la Syrie d'une main de fer, en vain, à cause du camp "Merci la Syrie des Assad". Entre 2011 et 2014, quand Aoun et Bassil ont gouverné avec Berri, Diab, Frangié, Joumblatt et Nasrallah, la frontière syro-libanaise est restée grande ouverte, à l'afflux de réfugiés, afin que les miliciens du Hezbollah puissent circuler librement ! Aujourd'hui, les mêmes sont de retour, seuls au pouvoir, indirectement. Et comme à l'époque, la frontière syro-libanaise reste grande ouverte, à la fuite des dollars et aux trafics du fioul et du blé.

► Au final, Gebrane Bassil a une peur bleue de la jeunesse !
وهنا أتمنى أن يعاد التفكير باعتماد برنامج الخدمة العسكرية لإنصهار اللبنانيين وتعزيز الانتماء الوطني ولتربية الشبان على محبّة الوطن بدل ما يلعنوه، وكذلك على اعتماد برنامج الخدمة المدنية بالزراعة والقطاف وتجليل الأراضي وتجهيز المشاعات، وبالبيئة والأنهر والشواطئ، والكثير من الأنشطة التي تربط الشاب اللبناني بأرضه وبيئته وطبيعته عوض ربطه بمشاريع وأفكار مشبوهة
C'était vers la fin, tout le monde avait décroché, il est passé totalement inaperçu. C'est sans doute l'extrait le plus grave du discours de Gebrane Bassil, parce que tout le reste, nous le connaissions déjà, Gebrane nous gâche le paysage politique depuis plus de 15 ans. Ce qui est nouveau, c'est cette confidence. Le chef du CPL souhaite ni plus ni moins de rétablir un "service militaire" et un "service civil" au Liban, afin d' "éduquer les jeunes" et blablabla, pour leur apprendre "à aimer le pays au lieu de le maudire", et patati et patata, afin de "renforcer l'affiliation nationale" et "relier les jeunes libanais à leur terre, leur environnement et leur nature, au lieu de les lier à des projets et des idées suspectes".

Mon pauvre Bassil, ce qui est particulièrement "suspect" c'est d'avoir la prétention d'éduquer les jeunes ! Et si c'est si suspect, c'est parce que ce genre de réflexion ne peut sortir que d'un esprit non-démocratique. Il montre le vrai visage d'un des plus importants leaders politiques au Liban, qui pèse sur l'échiquier politique, un jeune présidentiable qui a des dents longues, qui se veut branché, qui se croit moderne et qui à l'arrivée ne pense qu'à museler les esprits critiques. Mais GebB, si tu veux vraiment apprendre aux jeunes et moins jeunes du Liban et de la diaspora "à aimer le Liban au lieu de le maudire" renonce au testament de ton beau-père, donc à ton héritage politique, la présidence de la République libanaise ! Chez un notaire, pas à la télé, non mais ton nez a touché la caméra hier 🤥


vendredi 19 juin 2020

Samir Geagea avoue enfin, qu'il aurait commis une erreur en poussant à l'élection de Michel Aoun comme président de la République libanaise (Art.804)


Pas tout à fait comme certains l’ont espéré et comme d’autres l’ont présenté وأخيرًا بق البحصة الحكيم 🤩 Voici exactement ce que Samir Geagea, chef du parti des Forces libanaises, a dit au quotidien koweitien al-Qabas à propos de l’accord de Meerab et de l’élection de Michel Aoun. « À première vue, cette impression est peut-être correcte (l’accord a eu plus d’inconvénients que d’avantages pour les FL), mais je ne l’ai pas sentie en pratique (…) A l’époque, nous avons estimé, cela pourrait être faux, que l’élection du général Aoun valait mieux que la vacance (du poste présidentiel)… Nous étions devant deux choix. » Trop de « peut-être » pour dégager une certitude.

Le problème de l’accord de Meerab, c’est qu’officiellement, c’est un accord Geagea-Bassil/FL-CPL, alors qu’officieusement, c’est un accord Geagea-Aoun. C’est un détail pour certains, mais enfin, le diable est dans les détails. C’est un couple à trois, trois présidentiables de surcroit, comment voulez-vous qu’il tienne ? Encore un détail, ce jour-là, c’est l’hôte Geagea qui avait lu urbi et orbi les engagements pris entre les deux partis, pas Aoun et Bassil. Les invités étaient physiquement devant el-Hakim, mais mentalement, ils étaient ailleurs, avec el-Sayyed. Sur le fond, l’accord Geagea-Aoun, avec Bassil caché dans le placard, incluait un volet secret, le partage des parts chrétiennes du fromage. Et c’est là où réside la tare originelle de l’accord de Meerab, ses auteurs espéraient calquer le modèle chiite. Au duo Berri-Nasrallah, on a voulu opposer le duo Geagea-Aoun. Erreur, les leaders chiites se retrouvent sur pratiquement tout, enfin l’essentiel, les leaders chrétiens sur quasiment rien, enfin pas sur les questions stratégiques, notamment au sujet du Hezbollah et de la Syrie des Assad.

Le problème de l’élection de Michel Aoun à l’initiative de Samir Geagea, est qu’on a offert la présidence de la République au général sur un plateau en argent !

- D’une part, l’élection n'était pas méritée. Les amnésiques sélectifs l’ont oublié vite, l’élection de Michel Aoun a eu lieu après le boycott par le général et ses alliés, de 44 séances parlementaires et une vacance du poste présidentiel de près de 900 jours. Son élection était une prime au blocage. Et encore, le général n’était pas à son premier blocage du fonctionnement démocratique des institutions libanaises. De décembre 2006 à mai 2008, le Parlement libanais et le centre-ville de Beyrouth étaient fermés par Berri, Nasrallah et Aoun, responsables d’une vacance présidentielle qui a duré six mois.

- D’autre part, l’élection était sans contrepartie. Figurez-vous, j’étais le premier opposant au 8-Mars, à proposer le nom d'un des piliers de ce camp, Michel Aoun, pour la présidence de la République, la veille de la vacance du pouvoir en mai 2014, près de deux ans avant Hakim. Mais à la différence de Samir Geagea, j’avais fixé une condition, que Michel Aoun déchire dans l’Eglise Mar Mikhael et devant les caméras, le « Document d’entente » qu’il avait signé le 6 février 2006 avec Hasssan Nasrallah ! Eh oui, les paroles s’envolent, les gestes restent.

Cela étant dit, je ne suis pas de ceux qui croient que tous nos problèmes viennent de l’arrivée au pouvoir de Michel Aoun. Les prérogatives du président de la République sont si limitées, qu’il ne possède pas le luxe de peser réellement sur les décisions politiques au Liban. Ce sont les rapports de force au sein du Parlement, ainsi que l’hégémonie du duo chiite Berri-Nasrallah sur l’Etat libanais, qui décident de ce qui se fait et ne se fait pas au pays du Cèdre. Aoun président ou pas, le duo Aoun-Bassil tire sa force de son parti, le Courant patriotique libre, et de ses électeurs et sympathisants. La faute politique impardonnable de ces deux leaders chrétiens, c’est d’utiliser cette force électorale et populaire chrétienne, pour soutenir le parti-milicien chiite du Hezbollah, une anomalie qui empêche l’édification d’un Etat de droit au Liban et le retour de la prospérité au pays du Cèdre.

En tout cas, la faute commise dans l’élection de Michel Aoun, « bonjour hakim », est avant-tout une faute collective, elle est partagée par tout l’échiquier politique libanais. Ses alliés bien sûr, Hassan Nasrallah et Nabih Berri, comme ses adversaires bien entendu, Saad Hariri et Walid Joumblatt, « bonjourein ya chabeb ». Sans eux, l’élection du général n’aurait pas eu lieu. Avec ou sans Samir Geagea, l’élection du général était assurée. L'erreur politique de Joumblatt et de Hariri est grande. L’accord de Meerab et la candidature de Michel Aoun n’auraient jamais vu le jour si plusieurs mois auparavant, dès l’été 2015, le Courant du Futur n’avait pas proposé Sleimane Frangié, l’ex-ennemi juré de Geagea, celui qui considère Hassan Nasrallah comme le « souverain de tous » et Bachar el-Assad comme son « frère », pour la présidence de la République libanaise. C’est donc au tour de ces deux hommes politiques, notamment Saad Hariri, de faire leur mea culpa. Oh ce n’est pas demain la veille. Le Beik est une girouette qui tourne au gré du vent et des intérêts. Quant à cheikh Saad, il multiplie les rencontres, les déjeuners et les grands sourires ces derniers jours, avec Nabih Berri, Walid Joumblatt et Sleimane Frangié. Il ne manquerait plus qu'il partage une فتة حمص avec Hassan Nasrallah وعفى الله عن ما مضى . Seuls Michel Aoun, Gebrane Bassil et Samir Geagea ne trouvent plus grâce à ses yeux. Comprenne qui pourra. C'est à se demander si nous n'assisterons pas au lancement d'un Meerab 2.0 ? Peut-être que oui, peut-être que non. Bienvenue au Liban 🤔


jeudi 18 juin 2020

Alors que le Liban est en pleine négociation avec la communauté internationale pour obtenir des aides financières, le chef du Hezbollah libanais rend hommage à l'ex-chef du Jihad islamique palestinien (Art.803)


Cela est passé inaperçu et pourtant, ce que Hassan Nasrallah a fait aura forcément des conséquences néfastes pour l'ensemble des Libanais, toutes appartenances communautaires et tendances politiques confondues. Alors que le Liban doit faire face à la plus grave crise économique de son existence, sachant qu’il est endetté à hauteur de 90 milliards de dollars soit pas loin de 200% de son PIB, qu'il négocie durement pour obtenir le soutien financier des pays arabes et occidentaux, et que le Moyen-Orient est à la veille de l’entrée en vigueur de Caesar Act, les plus lourdes sanctions américaines infligées à la tyrannie des Assad et à ses soutiens, qui feront très mal au Liban si le quintet au pouvoir continue sa politique de l'autruche, le chef du Hezbollah a tenu à s’adresser aux Libanais. Beaucoup d’entre eux ne l’écoutent plus. Ils ont tort, ils devraient le regarder au moins.

Que le narcissique en chef, qui a obtenu son poste de Premier ministre dans une pochette surprise, arrête de parler à son miroir, regarde ses compatriotes droit dans les yeux et leur explique comment il espère retrouver la « confiance » des Libanais du Liban et de la diaspora, ainsi que celle des investisseurs étrangers et des dirigeants des pays arabes et occidentaux, ramener le Liban à renouer avec le génie phénicien du commerce et récupérer son titre de Suisse de l’Orient, et faire en sorte que les dollars coulent à lot sur les comptes bancaires et alourdissent les poches des travailleurs, avec ceci ?

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Oubliez nos différends politiques avec Hassan Nasrallah, voici le décor de la conférence de presse du chef du Hezbollah, préenregistrée et diffusée le mardi 16 juin.

A sa gauche, la photo d’un homme, un certain Hajj Hassan Farhat, présenté comme le « chef jihadiste » svp. Il fait partie des miliciens de la première heure, « la génération fondatrice du Hezbollah et de la Résistance islamique au Liban », qui a combattu aussi en Syrie. Soit.

A sa droite, la photo d’un certain Docteur Ramadan Abdallah Chalh, mort il y a dix jours. L’homme est présenté comme « l’ex-secrétaire général du mouvement du Jihad islamique » ! Houston we have a problem, oh, même trois. C’est l’ex-chef palestinien d’un parti-milicien palestinien à la fois islamiste et jihadiste, classé terroriste par les pays occidentaux, dont les États-Unis et l’Union européenne, comme le Hezbollah d’ailleurs. Sa branche armée est appelée, saraya el-qods. Sous son règne, de 1995 à 2018, nombreux attentats terroristes ont été commis. Lui-même est sur la liste noire américaine du terrorisme, un des Most Wanted Terrorists recherchés par le FBI. Il vivait tranquillement au Liban car le Jihad islamique a pignon sur rue, comme n’importe quelle ONG. Mais bon, il sera enterré à Damas, où est basé le Jihad islamique, qui est en réalité une organisation palestinienne sunnite vassale de la Syrie alaouite des Assad et de l’Iran chiite des mollahs.

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Hassan Nasrallah consacrera une grande partie de son discours à ces personnalités « jihadistes », qui « si les circonstances le permettaient, ils mériteraient un hommage national et des cérémonies commémoratives ». Il l’a expliqué en long et en large, urbi et orbi, dans l’indifférence générale des autruches, des hezbollahi-compatibles et des idiots utiles du Hezb.

Cela ne l’a pas empêché de consacrer le reste de son discours à la situation financière au Liban. « Les Américains empêchent le transfert de quantités suffisantes et nécessaires de dollars au Liban », ils font même « pression sur la Banque du Liban pour éviter d’injecter des dollars en quantité suffisante sur le marché ». Il a révélé même que « le Hezbollah ramène des dollars au Liban. Où et comment, c’est une autre histoire… La question du dollar est un complot contre le Liban, le peuple libanais, l'économie libanaise et la livre libanaise, avant qu'il ne soit un complot contre la Syrie. » Et patati et patata et blablabla. Wlak ya sayyed Hassan, avec ce décore et ce discours le 16 juin, les Américains n’ont nullement besoin de « faire pression » sur la Banque centrale libanaise, ni de « retenir les transferts » du billet vert vers le Liban, qui est leur monnaie nationale soit dit au passage !, ni d’organiser je ne sais quel « complot » contre le pays du Cèdre. Certains le font beaucoup mieux qu’eux, en faisant tout ce qui est possible et imaginable pour saboter la « confiance » dans notre pays.

Je laisserai le mot de la fin au chef du Hezbollah lui-même. Une fois n’est pas coutume, je partage entièrement son constat. « Voyons dans cette affaire de dollar qui est notre ennemi, notre adversaire et notre problème (…) Reconnaissons nos massacreurs et nos bouchers (…) Sachons qui humilie notre pays et notre peuple, afin de savoir comment traiter le problème de la manière la plus appropriée. » Il ne croit pas si bien dire, sauf que les autruches, les imposteurs et les idiots utiles sont légion dans nos contrées 🤔


mercredi 17 juin 2020

Les sanctions américaines contre contre le régime de Bachar el-Assad, la loi César, vise surtout à sortir l'Iran et le Hezbollah de la Syrie (Art.802)


Cet album odieux a été méticuleusement constitué, à la manière de Snowden, par un dénommé César, le pseudo d'un ex-photographe militaire syrien ayant fui la Syrie avec 45 000 clichés concernant 11 000 prisonniers, syriens pour la majorité, dont des Libanais selon certaines informations, affamés, torturés et mis à mort par le régime de Bachar el-Assad, entre 2011 et 2013.

Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a rien pu faire contre ce crime contre l’humanité, à cause de la Russie et de la Chine qui ont opposé une quinzaine de vetos au total sur des résolutions concernant la Syrie. Agissant en dehors du cadre de l’ONU, les Etats-Unis par contre ont réussi à la fois à anéantir Daech (via la coalition arabo-occidentale, 2014-2019), éliminer l’arsenal chimique de la Syrie (via les menaces de frappes d’Obama, 2013) et faire pression sur le régime syrien, via la loi César, votée par le Congress et signée par le président Donald Trump (2019). Elle entre en vigueur aujourd’hui.

« Caesar Syria Civilian Protection Act of 2019 » fait couler beaucoup d’encre dans nos contrées. Les spéculations vont bon train. Quelles conséquences pour la Syrie précisément, le Moyen-Orient en général et le Liban en particulier ? Il est important de le savoir pour mieux envisager l’avenir.

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Pour se faire une idée précise, il faut d’abord évaluer la portée de la loi César. « La loi établit des sanctions supplémentaires et des restrictions financières contre les institutions et les individus liés au conflit en Syrie… les étrangers qui (1) fournissent un soutien important ou s'engagent dans une transaction importante avec le gouvernement syrien ou ceux agissant au nom de la Syrie, de la Russie ou de l'Iran ou (2) sont sciemment responsables de graves violations des droits de l'homme contre le peuple syrien… ceux qui fournissent divers biens ou services à la Syrie ». Il est donc clair, cette loi fera très mal au régime de Bachar el-Assad, mais aussi à ses soutiens, la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais.

Mais la question que tout le monde se pose ce matin est de savoir jusqu’où ira ce mal : jusqu’à parvenir par la pression économique, à ce que l’on n’a pas pu obtenir par la diplomatie et les armes, la fin de la guerre, avec ou pas, la chute de la tyrannie des Assad, après 50 ans de dictature et de terreur, en Syrie et au Liban ?

Difficile de le prédire dès à présent pour diverses raisons.

1. L’objectif de la loi César ne le laisse pas supposer. Il s’agit de « mettre un terme au massacre massif du peuple syrien, à encourager un règlement politique négocié et à tenir les auteurs de violations des droits humains syriens responsables de leurs crimes ». D'ailleurs, le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo vient de lever tout doute à ce sujet : « Nous prévoyons beaucoup plus de sanctions et ne nous arrêterons pas tant qu'Assad et son régime n'auront pas mis fin à leur guerre inutile et brutale contre le peuple syrien et que le gouvernement syrien n'aura pas accepté une solution politique ». C'est donc la politique de la carotte et du bâton.

2. Il n’est pas question d’offrir à l’organisation terroriste jihadiste Daech, les conditions favorables pour renaitre de ses cendres.

3. La loi prévoit de nombreuses exceptions, plutôt vagues. Les sanctions pourraient être levées à condition de « mettre fin aux bombardements des civils/installations médicales/écoles, d'assurer un meilleur accès aux aides humanitaires, de libérer les prisonniers politiques, de laisser les réfugiés retourner chez eux, de traduire les auteurs de crimes de guerre devant la justice et de lancer un processus de vérité et de réconciliation crédible et indépendant en Syrie ».

4. Des exemples de régimes sous sanctions, ce n’est pas cela qui manque dans l'histoire. Les faire tomber par les sanctions, c’est tout une autre histoire. La Syrie est déjà sous sanction, la Russie et l’Iran eux-mêmes sont sous sanctions aussi et depuis belle lurette.

5. Le régime syrien maitrise parfaitement la contrebande et le marché noir, via ses protecteurs, la Russie et l’Iran, et ses voisins, l'Irak, la Jordanie et le Liban.

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A ce propos, Bachar el-Assad est béni des dieux des Enfers, il possède un extraordinaire échappatoire, le Liban. Ses alliés, le camp des ex-8Mars (شكرا سوريا الاسد), sont non seulement nombreux, mais en plus, ils sont au pouvoir, via le quintet Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, seul sans partage, comme au début de la guerre syrienne. En laissant la frontière syro-libanaise grande ouverte entre 2011 et 2014, ils lui ont rendu un énorme service en lui permettant de se délester de 2 millions de déplacés syriens, des opposants potentiels pour le régime. En entravant leur retour en Syrie par tous les moyens, nous sommes à la 10e année de la guerre!, Assad a même réussi à transformer les ressortissants syriens au Liban, en colonisateurs potentiels du pays du Cèdre.

Et comble de la chance pour ce régime maléfique, ses adversaires au Liban, le camp des ex-14Mars, Hariri-Joumblatt-Gemayel-Geagea, sont dispersés, désorganisés et pas vraiment doués pour s'unir et y faire face. Leur ex-chef, Saad Hariri, est tout sourire en compagnie de l'Istèz que du Hakim ! Comprenne qui pourra.

Toujours est-il qu'en gardant la frontière syro-libanaise grande ouverte, le quintet au pouvoir assure au régime de Bachar el-Assad une perfusion permanente de dollars américains par la Banque du Liban, et toutes sortes de contrebandes, dont des produits soutenus par la Banque centrale libanaise. 15 millions de dollars ont été injectés ces trois derniers jours sur le marché libanais, aussitôt aspirés par les spéculateurs sans scrupules au Liban et en Syrie. Au pays du Cèdre, nous sommes passés d’une consommation de 2,24 millions de litres de mazout dans les premiers mois de 2019, à 8,87 millions de litres pour la même période en 2020. Et malgré tout cela, vous avez le narcissique en chef, parachuté Premier ministre, qui continue à interroger son beau miroir, se teindre les cheveux et à s'envoyer des fleurs !

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Pas la peine d’en rêver, la loi César a peu de chance de mettre un terme à la guerre civile en Syrie ou à faire tomber le régime de Bachar el-Assad. Ce n’est même pas son objectif. Les nouvelles sanctions américaines pourraient mieux encadrer la guerre syrienne et mieux protéger les civils. Mais elles visent plutôt à faire pression sur le régime syrien, et son principal parrain, Vladimir Poutine, pour éliminer l’Iran et ses vassaux, les milices chiites, notamment libanaises, le Hezbollah, de l'échiquier syrien. A Bachar el-Assad, le message sous-entendu est clair, s’il veut profiter de sa victoire militaire à moyen terme, il doit d’abord couper ses liens avec l’Iran et le Hezbollah. A Vladimir Poutine, le message sous-entendu est tout aussi clair, s’il veut tirer profit du sauvetage du régime syrien à moyen terme, il doit d’abord faire pression sur Assad pour se débarrasser de l’Iran et du Hezbollah. A long terme, le message sous-entendu aux deux est encore plus clair, pas de reconstruction de la Syrie, sans solution politique, sachant que le volume global de destruction évalué par l'ONU à 400 milliards de dollars, fait baver beaucoup de rapaces du Liban, de France et du reste du monde.

Voilà ce qu'il en est au juste, à nous de savoir où sont nos intérêts. La Syrie est plus que jamais au ban des nations. Au lieu de tendre la main au pestiféré de Bachar el-Assad, comme l'a fait comprendre hier le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le Liban doit lui tourner le dos, l'envoyer au diable et contrôler la frontière syro-libanaise d'une main de fer.

PS : A la guerre comme à la guerre, c’est à peine si certains s’en souviennent encore. Pour d’autres, les crimes de guerre sont imprescriptibles. Alors que les « idiots utiles » demandent toujours des preuves, je l’avais compris dès le départ, notamment en mars 2015. « Si les divinités maléfiques devaient s’incarner en un homme, elles prendraient Bachar el-Assad pour corps et Daech pour âme… Le dernier tyran des Assad ne pourra jamais échapper à deux actes abominables qu’il a commis… le massacre chimique de Ghouta (1 400 morts en quelques minutes) et l’album de César (l’industrialisation de la torture). »


lundi 15 juin 2020

Témoignage d'un Israélien originaire de la communauté juive libanaise : « Arriver en Israël en 1966, en provenance du Liban, c’est comme quitter Gaza aujourd’hui pour se rendre à Tel Aviv ! » (Art.801)


Témoignage intéressant d’un homme de confession juive originaire du Liban, Léon Derziyé, né à Beyrouth en 1954. Ses parents étaient issus de deux familles nombreuses, 12 et 7 enfants, comme beaucoup de ses compatriotes de cette génération. Il vivait dans le quartier beyrouthin de Wadi Abou-Jmil, avec ses grands-parents, ses oncles, ses tantes et ses innombrables cousins et cousines aux alentours. J’ai des vagues souvenirs de ce quartier d'avant la guerre, une tante y habitait. Je me rappelle encore de ce lieu paisible avec des maisons anciennes magnifiques et des impasses ombragées. Tout a été rasé. Léon a appris le français, l'arabe et même l’hébreux, à l'école svp. Je ne crois pas qu'il subsiste encore une seule école qui enseigne cette langue dans tout le Moyen-Orient en dehors d'Israël ! La communauté juive, officiellement reconnue comme l'une des 17 communautés religieuses du Liban, se réunissait sereinement à la synagogue pour les chabbats comme pour les fêtes juives. Léon parle encore très bien le libanais. Son père a exercé la médecine à Beit Chabeb dans le Metn, caza chrétien à dominante maronite, et à Tibnine dans Bint-Jbeil, caza musulman à dominante chiite. Soupçonné d’espionnage en 1964, très déçu de l’avoir été, il a décidé deux ans plus tard de partir pour d'autres cieux. Léon avait 12 ans. Voici son histoire. Il la raconte sans rancune avec le sourire et beaucoup de nostalgie.

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Deux passages de ce court-métrage, entrecoupé par de nombreux souvenirs en noir et blanc, ont retenu mon attention.

1. « Pourquoi on dit que les Juifs du Liban vivaient bien? C'est parce qu'à aucun moment, ils n’ont été agressés ou tués comme en Europe, ou contraints de quitter leurs villages. Au Liban, nous n’avions rien de tout cela. Voilà pourquoi nous devrions dire aux Libanais, شكرا, merci. » (9:32-10:10)

2. « Arriver en Israël en 1966, en provenance du Liban, c’est comme quitter Gaza aujourd’hui pour se rendre à Tel Aviv ! A l’époque, il y avait une différence énorme entre le Liban, spécialement Beyrouth, et Tel Aviv. Il n’y avait rien à Tel-Aviv. Au Liban, on voyait de belles voitures, les derniers modèles de l’année (...) La vie à Beyrouth était belle. La vie en Israël était pauvre. Celui qui avait une Vespa (scooter), se prenait pour un chef de quartier ! » (10:58-11:57)

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Ô Léon, mais maintenant c’est exactement l’inverse ! La pauvreté est à Beyrouth et la richesse à Tel Aviv. Ceux qui ont des scooters, notamment immatriculés à Dahyié, sont les chefs des quartiers sud de la banlieue de Beyrouth, fief du Hezbollah, mais aussi du centre-ville et des quartiers voisins de la capitale, ils sont les maitres du taux de change du dollar américain au pays du Cèdre, de sa fuite en Syrie pour sauver le soldat Bachar et même de l'avenir du Liban et de l'ensemble des Libanais. Voilà où nous étions dans les années 1960, mieux qu'Israël !, et voici où nous en sommes dans les années 2020, sur la même longueur d’onde que Damas et Téhéran. C'était comme quitter Gaza pour Tel Aviv ! Nous savions que notre Liban était florissant, mais à ce point, je n'en reviens pas. Nous devrions donc dire un grand MERCI aux dirigeants incompétents du Liban et rendre hommage à la mythologie brodée autour de la lutte contre Israël par جبهة الصمود والتصدي والممانعة والمقاومة

De la Suisse de l’Orient, il ne reste plus rien de ce qui nous a valu ce surnom dans les années 1960. Le secteur bancaire est sérieusement affaibli par le quintet du pouvoir libanais, Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, notamment avec leur stupide décision d'injecter les réserves en dollars de la Banque centrale sur un marché soumis aux tempêtes spéculatives et avec une frontière syro-libanaise grande ouverte à tous les trafics. Par les temps qui courent, ça fait beaucoup de bien de se souvenir des deux points clés de ce témoignage, la tolérance et la prospérité, elles nous seront essentielles pour rebondir. « Si tu me le demandes, au final, j’aimerai bien y retourner. J’ai voyagé dans le monde. Je suis sûr que le Liban et Beyrouth pourraient être des endroits magnifiques. » Oh mollo-mollo Léon, ce n'est pas demain la veille, ni pour l'un ni pour l'autre 🤔


samedi 13 juin 2020

Le quintet Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah oblige Riad Salamé à injecter les dernières réserves de dollars des Libanais sur le marché au Liban, sachant que les billets verts partent massivement en Syrie ! (Art.800)


🇱🇧 Quel rapport entre ces gracieuses femmes peintes par John William Waterhouse en 1903 et la situation financière du Liban en 2020 ? Faites défiler la peinture vous découvrirez à quel point ce tableau résume à merveille le calvaire que nous vivons actuellement dans notre bien-aimé pays. Nous y reviendrons avec plus de détails, voyons d'abord le contexte. Après l’envolée délirante du dollar américain, passant de 1 500 LL à 5 000 LL et jusqu’à 7 000 livres libanaises, en quelques mois, c'est le branlebas de combat au plus haut sommet de l’État qui a donné beaucoup d'espoir aux Libanais. Nous avons osé espérer qu'aux grands maux les grands remèdes ! Sauf qu’au Liban, nos dirigeants font tout à l'envers. Ils ne sont même pas bons à rien, ils sont mauvais à tout.

Pour remédier à la situation financière alarmante du pays, le pouvoir officiel, le trio Aoun-Diab-Berri pour être précis, et le pouvoir officieux, le duo Bassil-Nasrallah, a imposé au gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, d’injecter des milliers de milliers de dollars sur le marché à partir de lundi ! Il ne faut pas être triplement diplômés du MIT, de HEC et d’Oxford pour comprendre que cette décision irresponsable est d’une stupidité inqualifiable. C'est un véritable crime contre le peuple libanais qui est commis avec préméditation.

• Primo, parce que les politicards libanais ne veulent jamais puiser dans leurs comptes bancaires personnels et dans les fonds volés par la classe politique corrompue. Encore une fois et comme toujours, ils piochent dans les réserves financières de la Banque du Liban, donc dans celles des banques privées. Il n'y aura donc aucun mystère, c'est de l'argent des Libanais dont il sera question.

• Secundo, parce que le trio officiel et le duo officieux ne font rien pour ramener la confiance au Liban, comme l’ont prouvé la mascarade des nominations des hauts fonctionnaires répartis entre les fromagistes des ex-8Mars (même Frangié négociait sa part sous la table !), la non-promulgation des nominations judiciaires et le renvoi des projets de lois anti-corruption (notamment sur l’indépendance de la justice, la levée des secrets bancaires sur les transactions financières individuelles et familiales, et la récupération des fonds volés) aux calendes grecques.

Pire encore, ils font tout ce qui est possible et imaginable pour que les Libanais perdre confiance dans l’avenir de leur pays. Allocution après allocution, comme celle prononcée aujourd'hui même, le Premier ministre Hassann Diab prouve non seulement qu'il est un grand narcissique imbu de lui-même et don quichotte à ses heures perdues (ex-aequo de GebB), mais qu'il est aussi entièrement soumis au diktat de ceux qui l'ont installé au Grand Sérail, Hassan Nasrallah et Gebrane Bassil. Cela est confirmé entre autres par son volte-face sur la construction inutile de la centrale de Selaata/Batroun (refusée, puis acceptée sous la menace de ce dernier de retirer ses ministres, alors que ça coutera plus de 200 millions $ rien que pour les expropriations !) et son mutisme sur le saccage organisé des commerces du centre-ville de Beyrouth par la horde de motocyclistes à la solde du duo chiite Hezb-Amal, qui n'a même pas sorti les ministres de l'Intérieur et de la Justice de leur sommeil, soit dit au passage.

Pour ce qui est de la hausse du dollar précisément, les dirigeants libanais ne s’attaquent pas aux racines du mal : les bureaux de change illégaux des fiefs du Hezbollah (qui contrôlent sur le terrain le taux de change), l’hégémonie du parti-milicien chiite sur le port et l’aéroport de Beyrouth, les milliers d’emplois fictifs dans l’administration, l’hémorragie des finances publiques sur le secteur électrique (responsables de la moitié de la dette abyssale de 90 milliards de dollars) et j’en passe et des meilleures.

• Tertio, parce que c’est un secret de Polichinelle, les dollars américains du Liban partent massivement en Syrie, avec la complicité du pouvoir libanais, pour sauver le régime syrien de l'effondrement économique. C'est que le taux de change à Damas connait lui aussi une hausse vertigineuse, bien pire que la nôtre. Le billet vert valait 46 livres syriennes la veille de la révolte en mars 2011. Il est passé progressivement, au fur et à mesure du triomphe en trompe-l'oeil de Bachar el-Assad, à 1 030 LS en janvier 2020. Il a continué son ascension à 1 800 LS il y a quelques semaines et à 3 200 LS la veille de l’entrée en vigueur des lourdes sanctions américaines contre le régime criminel syrien, la loi César. La Syrie est aujourd’hui un gouffre pour les dollars libanais et un paradis pour les spéculateurs sans scrupules ni vergogne des deux pays.


Parlons peu, parlons bien. Le quintet infernal, Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, s’imagine freiner la hausse du dollar au Liban en injectant les dernières réserves en dollars des Libanais sur le marché économique et financier. C'est d’un amateurisme affligeant qui ferait dire à certains qu’il serait judicieux de placer le Liban sous la tutelle de l’ONU ! Au train où vont les choses, et si nous ne révoltons pas !, nous aurons bientôt des chiffres sur les relevés bancaires qui ne correspondront à rien, comme ce billet de cent mille milliards de dollars du Zimbabwe qui me sert de photo de couverture. Nous connaitrons une inflation à un million pour cent comme le Venezuela. Le tout par la faute d’une classe dirigeante incompétente qui devrait démissionner sur le champ et raser les murs, en attendant le jugement dernier. Aux grands maux les petits remèdes, la fuite en avant et la politique de l’autruche. Tout est décidé en dépit du bon sens par ces cinq personnes. Si nous ne protestons pas tout de suite, le pire est à venir, ça ne peut qu’empirer.

On peut injecter tous les dollars des États-Unis d’Amérique au Liban, nous n’échapperons pas à notre destin. Nous serons comme les cinquante filles du roi Danaos dans la mythologie grecque, qui ont été contraintes de remplir un tonneau pour expier leur pêché, d'avoir tué leurs époux la nuit de leur noce, les quarante-neuf fils du roi Égyptos, leurs cousins, qui projetaient de les tuer. C'est l’histoire d’une famille compliquée avec une morale, cela ne servira absolument à rien, nous resterons aux Enfers comme les Danaïdes, condamnées jusqu’à la fin des temps à remplir un tonneau troué. Revenons sur Terre, notre dollar continuera son ascension vertigineuse car rien n’est fait pour résoudre le problème à la racine, comme évoqué précédemment. Mais pourquoi diable avons-nous deux monnaies déjà ? Oh, c’est une longue histoire. Personne n'aimerait se rappeler quand tout avait commencé.

Le quintet au pouvoir en général, Hassann Diab et ses ministres en particulier, ont perdu toute crédibilité aux yeux d'une grande partie des Libanais. Ils doivent démissionner ou corriger le tir sans plus tarder. Pour les placer sous pression, nous devons manifester massivement et sans relâche dans la rue et sur les réseaux sociaux demain, dimanche et les jours suivants, notre opposition à la mesure stupide qu’ils ont prise, « l’injection » des dernières réserves du peuple libanais dans le tonneau troué des économies du Liban, et d'une Syrie en ruine, c'est un comble ! Pour commencer, nous devons crier haut et fort et réclamer à cor et à cri la fermeture hermétique sur le champ des passages illégaux entre les deux pays et le contrôle d’une main de fer de la frontière syro-libanaise, enfin !, afin d'interdir jusqu'à nouvel ordre la sortie des dollars américains du Liban vers la Syrie.



Quel destin pour le Liban : le Venezuela ou le Zimbabwe ?



vendredi 12 juin 2020

La ministre libanaise de la Justice Marie-Claude Najm, préfère commenter les affaires financières, mais pas les affaires judiciaires ! (Art.799)


Elle était présentée pendant la période de grâce des 100 premiers jours de sa prise de fonction au ministère de la Justice, comme la crème de ce gouvernement. Que de naïveté ! Marie-Claude Najm vient de se démasquer au grand jour, c’est une partisane étriquée du Courant patriotique libre qui l’a nommé et du Hezbollah qui a accepté sa nomination. Elle est intervenue, au cours de la réunion d’urgence qui s’est tenue au Grand Sérail ce matin, bien énervée pour faire savoir un tas de choses. Disons qu'elle a raté une bonne occasion de se taire comme le prouvent ces extraits marquants de son intervention.

وتوجهت بكلامها الى حاكم مصرف لبنان بالقول: انت مسؤول (...) يللي حامل ٤٠٠٠ $ على الموتوسيكل بالضاحية مش هو سبب الازمة. ١٧ تشرين مش سبب الازمة. هذه نتائج الازمة... انت مسؤول عن سلامة النقد الوطني وضروري تلاقي حل. مش عم افهم صرلكم اشهر تصدرون تقارير تطمئن لسلامة الليرة واذا بالدولار يقفز دون رقيب او رادع. فيك تضبط الوضع ام لا؟ اذا نعم تفضل قول كيف وهلق مش بكرا. واذا لا، تنعرف ونستنتج ولكن لن نقبل بعد الان بالوعود الفارغة. وما تقوم به يحملك مسؤولية جزائية

Waouh, 4 000 $/motocycliste et elle ne trouve pas ça louche! Chérie, cela fait beaucoup de dollars qui se baladent dans la nature. Alors les amis, soit notre brave ministre de la Justice fait l'autruche, soit elle l'est vraiment. Le dollar entre 5 000 LL et 7 000 LL est le résultat entre autres, du manque de confiance des Libanais dans un gouvernement de fromagistes hezbollahi-compatibles, des spéculations des spéculateurs sans vergogne des bureaux de change illégaux des fiefs du Hezbollah que le gouvernement de Hassann Diab n'est pas fichu d'interdire et du trafic hémorragique des dollars du Liban vers la Syrie car le pouvoir Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah s'obstine à garder la frontière syro-libanaise grande ouverte. Ainsi, soit Marie-Claude Najm et ses collègues ont une petite idée comment y remédier, qu'ils nous l'expliquent sur le champ, soit ils devront partir se tourner les pouces et bronzer sous d'autres cieux avec leur propre argent. Nous ne regretterons pas un Conseil de ministres fantoches et narcissiques.

وضعنا خطة مالية... اصطدمنا بعدم وجود ارادة في مجلس النواب لاقرار القوانين بالصيغة التي تحقق فعلا مكافحة الفساد

Palabres. A l'heure de vérité, le CPL n'a pas voté les lois anti-corruption au cours des trois jours législatifs de l'Unesco en avril, le Hezb et les FL si. Quant au plan financier, cela ne relève pas de la compétence d'un ministre de la Justice ! Elle n'a qu'à s'occuper de ses oignons et à balayer devant sa porte. Force est de constater que Marie-Claude Najm s'est trompée de cible ce matin. Ce n'est pas Riad Salamé qu'elle aurait du attaquer violemment mais le Michel Aoun qui l'a nommé. Le président de la République a affirmé qu'il est soi-disant "le parapluie protecteur des juges face aux pressions politiques", alors qu'il a refusé de signer le décret des nominations élaborées tant bien que mal par le Conseil supérieur de la magistrature, pour combler les postes judiciaires vacants et renforcer l'indépendance de la justice libanaise, dans l'espoir de juger un jour les politiciens libanais corrompus et récupérer les fonds qu'ils ont volé. On ne l'a pas entendu protester avec autant d'ardeur que ce matin. Quelle mascarade ! Eh oui Madame, si la parole est d'argent, le silence est d'or parfois.


Le dollar à 7 000 LL fait éclater la colère des Libanais dans la rue. Mais au Liban, une révolution peut en cacher une autre (Art.798)


1 $ = 7 000 LL, qui l'aurait cru ? C'est après une interminable journée. Et ce n'est pas fini. Les commerces ont fermé leurs portes précipitamment, ne pouvant plus faire face à la hausse continue du taux de change. Des routes ont été coupées et des émeutes ont éclaté au cours de la soirée aux quatre coins du #Liban. Et ce n'est pas fini non plus. Tout indique que nous nous engageons dans une nuit polaire. Les jours ensoleillés, ce n'est certainement pas pour demain. La relation de cause à effet est évidente, mais qu’on ne s’y trompe pas, une révolution peut en cacher une autre.

► D’un côté, on retrouve des Libanais en colère. Ils s’appauvrissent à vue d’œil pendant que leur narcissique Premier ministre s’enorgueillit d’avoir réalisé 97% de son programme en 100 jours. Des compatriotes écœurés par des dirigeants éhontés, ! ما معقول شو وقحين , qui continuent à faire du Liban une République bananière comme si le soulèvement du 17 octobre n'a jamais existé. Et ce ne sont pas les raisons de l'être qui manquent.

• Le soi-disant gouvernement de technocrates qu’ils ont formé a partagé les postes vacants entre les "fromagistes" comme disait le général Fouad Chehab, des ex-8Mars, sans honte et sans scrupules, notamment ceux concernant le secteur bancaire et financier, huit mois à peine après la révolte de la population libanaise, allant jusqu’à avancer la date de la réunion du Conseil des ministres afin de pouvoir nommer un physiothérapeute de formation svp à la tête du ministère de l’Economie d'un pays endetté à hauteur de 100 milliards de dollars, avant qu’il ne soit exclu par la limite d’âge. Merci qui ? Merci Nabih Berri qui considère la présidence du Parlement et le ministère des Finances comme ses chasse-gardées, ملك بييو , depuis 28 ans pour la première.

• Un gouvernement incapable de s’opposer à la magouille financière de la construction inutile d’une centrale électrique à Selaata/Batroun, qui nécessite rien que pour les expropriations, plus de 200 millions de dollars, en pleine crise économique et mendicité auprès du FMI. Merci qui ? Merci Gebrane Bassil, Don Quichotte de la République libanaise, qui considère le ministère de l'Energie comme sa chasse gardée, ملك بييو , depuis 12 ans déjà, contrôlant un secteur électrique responsable d'un gaspillage de 45 milliards de dollars, l'équivalent de la moitié de notre dette abyssale.

• Un gouvernement encore, toujours et plus que jamais incapable de combler les postes judiciaires vacants pour rendre la justice libanaise forte et indépendante, afin de juger les politiciens corrompus et restituer les fonds volés au peuple libanais depuis la nuit des temps. Merci qui ? Merci Michel Aoun qui affirme être "le parapluie protecteur des juges face aux pressions politiques", tout en refusant de signer le décret des nominations élaborées tant bien que mal par le Conseil supérieur de la magistrature.

• Un gouvernement incapable de contrôler le marché illégal de change alors que le dollar bat tous les records et incapable de contrôler la frontière syro-libanaise alors que le trafic dollars-fuel-farine avec la Syrie fait saigner à blanc les finances du Liban. Merci qui ? Merci Hassan Nasrallah, de facto Guide suprême de la République libanaise, qui oeuvre sans relâche pour aligner Beyrouth sur l'axe Téhéran-Damas.

Et certains s'étonnent que les Libanais sont de nouveau dans la rue ! Cette révolution est déterminée à faire tomber le gouvernement fantoche hezbollahi-compatible de Hassann Diab.

► D’un autre côté, c'est toute une autre révolution qui vient parasiter la précédente. Et là on assiste à un énième round organisé par le parti-milicien du Hezbollah, pour contrôler le secteur bancaire privé au Liban, et par le Courant patriotique libre, son fidèle allié, pour mettre la main sur la Banque centrale.

A moins d’une semaine de l’entrée en vigueur des nouvelles sanctions américaines, la loi César (du pseudo d'un ex-photographe militaire ayant fui la Syrie avec 45 000 clichés concernant 11 000 prisonniers syriens, torturés, affamés et mis à mort par le régime syrien entre 2011 et 2013), contre les individus et les entreprises qui collaborent avec la tyrannie de Bachar el-Assad (tant que les auteurs de ces crimes contre l'humanité en Syrie ne sont pas traduits devant la justice), il est urgent pour le trio/quatuor Aoun/Bassil-Berri-Nasrallah de contrôler le secteur financier libanais, surtout que les sanctions à l’avenir pourraient toucher tout soutien au Hezb (une organisation terroriste pour les pays arabes et occidentaux), Berri et Bassil compris, ce qui obligerait ces leaders fortunés d'abandonner le dollar américain et de revenir à la livre libanaise ou de passer dans la clandestinité financière.

Pour cette révolution, tant que les signaux des négociations avec le FMI sont positifs, l’heure n’est pas venue ni pour se débarrasser du narcissique en chef, Hassann Diab, ni pour sortir l'ami personnel de Bachar el-Assad du chapeau l'illusionniste de Dahyé, Najib Mikati, ni pour faire les yeux doux aux frères Hariri, Saad et Bahaa. Pour l'instant, c’est plutôt le moment opportun pour écarter Riad Salamé et mieux contrôler tous les dépôts bancaires du pays du Cèdre, des Libanais comme de la Banque du Liban, avec l'aide précieuse des imbéciles heureux et des idiots utiles, qui croient bêtement faire la révolution et écrire une page glorieuse de l'histoire en tenant cette dernière pour leur bouc-émissaire.

*

A laquelle des deux révolutions appartiennent les révolutionnaires de la rue, des salons et des réseaux sociaux ? Tendez l'oreille pour le savoir. Hassann Diab ou Riad Salamé, le gouvernement ou le gouverneur, Aoun/Bassil-Diab-Berri ou Audi-Blom-Byblos, problème économique ou confessionnel ? En vérité, je vous le dis, c'est à leurs cris que vous les reconnaitrez ! Méfiez-nous des imposteurs et ne nous trompons pas d'objectifs. Résistons encore, au moins jusqu'à l'entrée en vigueur des nouvelles sanctions contre la Syrie et ses vassaux, et le durcissement des anciennes sanctions contre l'Iran et ses vassaux, deux pays au ban des nations vers lesquels veulent nous conduire le Hezbollah et ses alliés. Après cela, chaque chose en son temps. Et n'oublions pas, face à ce pouvoir temporel, le Liban est éternel 🇱🇧


mercredi 10 juin 2020

Le pub Radio Beirut ferme définitivement ses portes, une page de la vie culturelle de Beyrouth se tourne (Art.797)


Les raisons sont multiples, mais au final, le dénouement est immuable. Après tant d’animations et de performances, live et on line, Radio Beirut ferme définitivement ses portes. C’est une bien triste nouvelle qui se renouvelle trop fréquemment par le sale temps qui court de nos jours. C’est aussi une page de l’histoire d’un lieu mythique auquel mon nom est associé. Mais bon, « Ainsi suis-je, mon ami, gracieux avec les gracieux, mais rugissants avec les rugissants et lion avec les hyènes ! », Albert Cohen dans la « Belle du seigneur ».

Nos chemins se sont croisés il y a un peu plus d’un an, sur une soi-disant affaire de harcèlement qui a défrayé la chronique beyrouthine. Il était alors de mon devoir d’utiliser mon verbe haut, à contre-courant, pour dévoiler la basse imposture, notamment du Kangaroo Court qui s’est constitué pour faire le buzz, juger et condamner à l’emporte-pièce. Je ne regrette rien. Cela nous a permis au passage d’évaluer Mr1$Blogger 😋

Pendant huit années, le pub-radio a offert aux artistes libanais et étrangers, ainsi qu’aux publics, résident et de passage, au cœur du quartier de Mar Mikhaël et en streaming sur internet, des occasions et la chance de se rencontrer sur une plateforme unique dans son genre. C’est pour dire que c’est une perte pour la scène musicale locale. Une page de la vie culturelle de la capitale libanaise se tourne, une autre s’ouvre pour BaBa Ji son propriétaire. L’aventure physique de Radio Beirut prend fin, l’aventure numérique sur les réseaux sociaux continue. L’imposture de quelques-uns aussi !

Bonne continuation à Radio Beirut et Baba Ji. Au fait, « les lions ne mangent pas avec les hyènes », Djibril Konaté, footballeur malien. Take care. Et en attendant des jours meilleurs, artistes et clients, soyez prudents. Si la distanciation individuelle ne peut pas être respectée en public, un conseil, couvrez le nez et la bouche par un masque, et à défaut, par un slip ou un soutien-gorge, pourquoi pas. Santé 🍷


mardi 9 juin 2020

Pandémie de Covid-19 : la France s'en sort bien, n'en déplaise aux Français ! Les taux d'infection par le SARS-CoV-2 en Europe (Art.796)


Mais au fait, question Covid-19, où est-ce que nous en sommes ? 406 913 morts, au niveau mondial, et ce n'est pas fini. Eh bien, c'est bien plus qu'une année de grippe ! Et même 7 136 366 cas confirmés, malgré les mensonges du régime communiste chinois et des mesures draconiennes de confinement de plusieurs milliards d’êtres humains sur Terre. Certains pays s’en sortent mieux que d’autres, comme le Liban et la France. D'ailleurs, à ce propos, depuis le début de la crise sanitaire, je défends la stratégie française pour circonscrire la pandémie et limiter ses conséquences économiques et sociales. Pas par nationalisme parce que j’ai reçu l’amour de la France dans le lait maternel, avec celui du Liban pardi !, mais pour deux autres raisons. Non seulement elle était adaptée aux contextes (population, démographie par tranches d’âge, densité de la population des principales villes, densité/usage des transports en commun, capacité touristique, etc.), mais surtout, je n’ai jamais cru à la mythologie des modèles exotiques de la Corée du Sud, d’Allemagne ou de la Suède.

Apparemment je ne suis pas le seul à le penser. Le New York Times du weekend partage aussi cet avis : « Macron repousse le coronavirus. La France n'est pas impressionnée. » Mais c’est méconnaitre les Français ! « Le gouvernement du président Emmanuel Macron a repoussé le coronavirus, empêché les licenciements massifs, soutenu les salaires des chômeurs, évité les longues files d'attente pour la nourriture et atteint un taux de mortalité inférieur à celui de ses voisins, à l'exception de l'Allemagne. » Oh l’Allemagne, mollo-mollo, le contexte est fondamentalement différent et le pays se retrouve avec 8 727 morts quand même. Avec 29 212 morts, la France fait mieux que les Etats-Unis, le Royaume Uni, l’Italie et l’Espagne, les pays les plus touristiques au monde, et les plus frappés par le SARS-CoV-2. Et pourtant, les Français sont fidèles à eux-mêmes. Éternels râleurs, ils estiment pour 2/3 d'entre eux que le duo Macron-Edouard n’a pas été à la hauteur (sondage du 10 mai / Figaro-France Info). Le quotidien américain rajoute avec ironie, « Ne dites pas cela aux Français, qui en veulent plus que jamais à Macron… Meilleurs sont les résultats, moins les Français semblent disposés à applaudir leur président. » 🤔

*

Faute de changer de peuple, passons à l’autre élément important de ce début de semaine, l’étude de la prestigieuse université britannique Imperial College London, publiée hier sur le site de la non moins prestigieuse revue scientifique anglaise, Nature: « Estimation des effets des interventions non pharmaceutiques sur la COVID-19 en Europe ». L’étude concerne 11 pays européens (dont la France, l’Allemagne, le Royaume Uni, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, la Suisse et la Suède), sur la période allant du début de la pandémie jusqu'au 4 mai 2020. Malgré les limites de ce travail scientifique, voici ses conclusions :

- « Nos résultats montrent que les principales interventions non pharmaceutiques et le verrouillage en particulier ont eu un effet important sur la réduction de la transmission. »

- Ces mesures auraient permis d’éviter 3,1 millions de morts dans les 11 pays étudiés. Pour la France, ce sont près de 690 000 vies épargnées, soit 14 000 vies par jour !

- Comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises dans le passé, si la mortalité en France est beaucoup plus élevée par rapport à l’Allemagne, c’est entre autres parce que le nouveau coronavirus circule beaucoup plus dans l’Hexagone qu’outre-Rhin. Le taux d’infection serait de 3,4 % en France contre seulement 0,85 % en Allemagne. Et si c’est le cas, c’est entre autres parce que la France est le premier pays touristique au monde, près de 90 millions de personnes par an, elle reçoit 2 à 3 fois plus que l’Allemagne, c’est la première destination touristique européenne pour les Chinois.

- Si le Royaume Uni est si frappé par le SARS-CoV-2 (40 680 morts, 2e pays après les Etats-Unis, 111 007 morts), c’est parce que le virus a longtemps circulé "By Appointment to Her Majesty the Queen" et de son sympathique Premier ministre, Boris Johnson, dans l’optique d’immuniser la population. Et malgré cette hécatombe, on estime que seulement 5,1 % de la population a été infectée.

- Le taux d’infection en Suède, qui a dédaigné à prendre des mesures contraignantes, est de 3,7 % de la population, un chiffre qui ferait dire à quelques esprits simplistes que les mesures de confinement relève de l’hystérie collective et ne servent à rien, à part à plomber les économies nationales. Faux et archifaux pour deux raisons.
. Il faut comparer ce qui est comparable, on ne mélange pas les melons et les cerises. Ce taux d’infection de la population suédoise est près de 4 fois celui du Denmark (1%) et 8 fois celui de la Norvège (0,46%). C’est accablant pour la stratégie arrogante et bidon de ce pays scandinave qui a voulu se distinguer.
. Encore une fois, la densité de la population à Paris est 4 fois celle de Stockholm. Si on avait appliqué la technique suédoise dans la capitale française -fumer la moquette, compter les éléphants roses dans le ciel et ne rien faire- on n’aurait pas eu 4 fois plus de morts, mais 10, 50 ou 100 fois plus.

- On estime que seulement entre 12-15 millions de personnes ont été infectées par le SARS-CoV-2 dans ces 11 pays, soit 3,2-4 % de la population européenne étudiée. On est loin de certains chiffres fantaisistes qui circulent.

- Les principales interventions non pharmaceutiques sont l’interdiction des rassemblements, le confinement de la population, la fermeture des écoles et des commerces, le port du masque, la distanciation sociale et d'autres gestes barrières, notamment le lavage des mains.

L’Imperial College London estime que « le maintien de mesures doit être envisagé pour garder la transmission du SARS-CoV-2 sous contrôle. » La France a évité le pire malgré ses 29 212 morts (191 313 cas confirmés) et le Liban s’en sort plutôt bien avec ses 30 morts (1 350 cas confirmés), chacun pour diverses raisons. Il n’empêche que la vie quotidienne sur Terre est loin d'être revenue à la normale : les aéroports sont fermés, les accès aux transports en commun limité, beaucoup de commerces n’ont pas ouvert, les restaurants n’accueillent les clients qu’en terrasses, les cinémas/théâtres/matchs n’ont pas retrouvé leurs publics, les beaux jours poussent les gens de l’hémisphère nord à être à l’air libre, etc. Par conséquent, la prudence et la prévention restent de mise. Si la distanciation individuelle ne peut pas être respectée en public (1-2 m), un conseil, mettez ce que vous voulez sur le nez et la bouche, un masque certifié, un soutien-gorge ou un slip, mais couvrez les sources de contamination et les portes d'entrée du nouveau virus, le nez et la bouche par un tissu, et les yeux par des lunettes, en attendant des jours meilleurs 😎


samedi 6 juin 2020

Les violences post-manifestations du Hezbollah à Ain el-Rémmaneh




Pour mettre nos ennemis publics au Liban, les politiciens corrompus, hors d’état de nuire, il nous faut agir comme les Américains avec Al-Capone (Art.795)


Al Capone, le plus célèbre gangster, fut arrêté, emprisonné, condamné et mis hors d’état de nuire, pas pour tous les crimes qu’il a commis, mais simplement pour fraude fiscale. Il fallait y penser. Oh mais cela ne suffisait pas, il fallait aussi des juges incorruptibles, dans un solide État de droit, ainsi qu’un dossier judiciaire accablant, pour neutraliser l’ennemi public numéro 1 de l’époque aux Etats-Unis. Jusqu’à 3 680 pages et 21 chefs d’accusations au total. Il ne pouvait plus échapper à son destin, 17 ans de prison.

Beaucoup d’entre nous répondraient volontiers à l’appel pour manifester aujourd’hui place des Martyrs à Beyrouth. Ce qui pourraient nous retenir ce sont uniquement les risques de dérapage et de parasitage orchestrés par les sbires du pouvoir politique hezbollahi-compatible en place. Aux sceptiques sincères qui hésitent à adhérer aux protestations en cours et se demandent pour quoi faire, nous répondons que c’est pour redonner du souffle au soulèvement du 17 octobre. Aux sceptiques hypocrites qui font semblant de ne pas comprendre pour quoi faire, nous leur rappelons que c’est pour construire notre nouveau Liban.

*

Des compatriotes idéalistes croient encore qu’ils pourront juger la classe politique libanaise et récupérer les fonds qu’ils ont volés en un claquement de doigt, alors qu’un député de la nation vient d’octroyer des « permis de tuer » aux politiciens corrompus sans que cela ne tire le Premier ministre et le ministre de la Justice de leur sommeil. Et pourquoi donc, parce Jamil el-Sayyed dont il est question est un député du Hezbollah et le pouvoir en place, le trio Aoun-Diab-Berri, ainsi que la majorité parlementaire, est hezbollahi-compatible. Alors que faire ?

Le principal problème au Liban n’est ni le Pacte national islamo-chrétien ni l’esprit communautaire. Répartir le pouvoir au niveau communautaire serait le cadet de nos soucis, si on mettait des personnes compétentes aux postes à pourvoir et si ces personnes rendaient des comptes. Fixer des quotas par communauté choque les bobos-révolutionnaires, libanais et occidentaux, qui réclament par ailleurs, des quotas féminins ! Bonjour la cohérence. Le principe de ces quotas est justifié par l’évolution des mentalités, même des sociétés occidentales, qui ne permet pas aux femmes par exemple de trouver leur place en politique et dans les entreprises. Idem pour les communautés. Sans quotas féminins ou communautaires, il y a inévitablement des dominations. Alors que faire ?

*

On peut briser tous les miroirs du Grand Sérail et obliger Hassann Diab à teindre ses cheveux en blonde. On peut nommer Nabih Berri comme ambassadeur de bonne volonté pour la défense de la paternité du Liban et non d'Israël concernant le hommous. On peut confectionner un pyjama rétro sur mesure pour Michel Aoun avec comme logo un tank. On peut organiser des élections législatives anticipées lundi matin à 10h10 précises et faire de Paula Yacoubian et de Joumana Haddad les Mariannes de la République libanaise. Mais tout cela ne changera rien. Les filles seraient mieux dans des ONG et les partis traditionnels resteront toujours là, fidèles aux postes et aux commandes.

Pour nous sortir du pétrin, il n’y a qu’une voie, celle suivie par les Américains dans les années 1930 pour coincer Al Capone. Oublions, au moins pour l’instant, les « crimes » de nos politiciens, les fonds volés et les enrichissements illicites, concentrons-nous sur leurs « fraudes », fiscales peut-être, mais aussi sur la mauvaise gestion des affaires publiques au Liban. Du triptyque qui a permis de réussir à mettre Al Capone HS, nous n’avons que le volet sur les dossiers accablants. Mais c’est l’essentiel ! La gestion désastreuse du secteur électrique, l’endettement astronomique, la frontière passoire entre le Liban et la Syrie, le casse-tête des réfugiés syriens, la contrebande concernant les dollars, le fioul et la farine, les emplois fictifs au sein des administrations, les naturalisations abusives, le parasitage de la douane, la gestion privatisée des ports et de l’aéroport, et j’en passe et des meilleurs. Que des dossiers accablants pour les politiciens libanais. Et pourtant, rien ne bouge, nous n’avons jamais eu de procès pour fraude fiscale, corruption ou mauvaise gestion.

Pour réussir à mettre nos ennemis publics, les politiciens libanais corrompus, hors d’état de nuire, il nous faut agir à deux niveaux.

• D’une part, nous devons étoffer nos dossiers en matière de fraude fiscale, de corruption et de mauvaise gestion, les consolider, et surtout les rendre recevables sur le plan judiciaire, afin de pouvoir porter plainte contre les corrompus et les faire condamner. Il faudra sans doute instaurer le principe d'une prime ou d'une amnistie, publique ou privée, accordée à toute personne qui fournirait une information clé permettant de coincer un-e politicien-ne corrompu-e.

• D’autre part, nous devons continuer à bâtir un solide État de droit et à nommer des juges incorruptibles. Nos efforts doivent donc se concentrer pour mettre fin par tous les moyens à « l’anomalie » que constitue la situation du Hezbollah au Liban, qui est le principal obstacle à l’édification d’un État de droit au pays du Cèdre, et à faire pression pour parvenir à un corps judiciaire de magistrats sain et intègre, qui veillera à rendre la justice d'une manière indépendante, au nom du peuple libanais et conformément aux lois en vigueur.

*

Il faut descendre des autruches ou être idiots utiles, voire hezbollahi-compatibles, pour imaginer que nous pourrons nous concentrer sur la relance économique, les problèmes quotidiens des Libanais et le retour de la prospérité au Liban, en nous offrant le luxe de ne pas nous occuper du reste, le contexte politique. Pas un dollar ne sera donné, viré ou investi au pays du Cèdre, par une bonne partie des Libanais du Liban et de la diaspora, les investisseurs étrangers et les donateurs arabes et occidentaux, tant que notre pays est dominé par un parti-milicien classé terroriste par la communauté internationale, le Hezbollah, et tant que nous ne montrerons pas au monde une détermination infaillible pour édifier un État de droit au Liban, et mettre fin à cette anomalie. Le filtrage sévère des manifestants anti-pouvoir tout au long de la journée, pour retarder leur arrivée à Beyrouth, et le laxisme flagrant pour empêcher la horde des intrus du duo chiite Hezb-Amal de pénétrer à Ain el-Rémmaneh, où des balles réelles ont retenti en fin d'après-midi, prouvent exactement le contraire.


Luttons contre le racisme, Plantu




vendredi 5 juin 2020

La blague de Canteloup sur TF1, après la mort de George Floyd : l’indignation de certains esprits obtus en France (Art.794)


On peut rire de tout mais pas avec n’importe dit un jour Pierre Desproges au « Tribunal des flagrants délires », l’émission satirique de France Inter dans les années 1980. Il ne croyait pas si bien dire. Surtout pas avec les imbéciles à l’indignation aussi obtuse !

#Canteloup, n’est pas toujours très drôle, mais il lui arrive souvent de l’être. Il y a deux jours, l’humoriste et ex-imitateur des Guignols de l’info de Canal+, a osé un trait d’humour dans son émission sur TF1, dans la bouche de Michel Cymes, le médecin-conseiller qui a pédalé dans la choucroute du Covid-19 et continue sa carrière sur le petit écran comme si de rien n’était. « Mon conseil santé, respectez les gestes barrières, restez chers citoyens noirs américains toujours à plus d’un mètre d’un policier, ou alors, faites comme Michael Jackson, devenez blanc. »

Caricatural, fin, drôle. Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? Un Kangaroo Court s’est aussitôt formé sur les réseaux sociaux pour lui faire un procès. « Je suis outré, c’est trop, c’est révoltant, faut boycotter TF1, cette émission est un déchet de la télé, on ne blague pas sur le décès d’un homme noir, c’est scandaleux, comment on peut laisser ce sale type faire son petit spectacle, j’ai envie de pleurer », et j’en passe et des meilleures.

Non mais hé ho, il faut arrêter de vouloir à tout prix castrer les humoristes et stériliser le débat public ! Ames sensibles de tous les pays, opinions, ethnies, idéologies et religions, protégez-vous quand ça ne vous plait pas, zappez 😋


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