jeudi 27 février 2020

Les avions en provenance de Téhéran continuent à atterrir à Beyrouth malgré l'incompétence et l'irresponsabilité du régime iranien dans la lutte contre l'épidémie de Coronavirus (Art.739)


L’Iran, la suite, pour le 3e jour consécutif, je dénonce l’irresponsabilité du régime iranien. Article du Monde publié hier soir. Témoignage du terrain, de la ville de Racht, qui se situe au nord du pays, au bord de la mer Caspienne. « Dans les hôpitaux de Racht, on écrit “grippe” comme raison du décès pour les malades qui meurent du Covid-19. Les tests de diagnostic ne sont pas effectués pour s’assurer qu’il ne s’agit pas de coronavirus. Ce qui se passe ici est un crime et les gens n’en savent rien. » Et ce n'est pas tout. Pour le président Rohani, ce gentil modéré comme on l'a présenté un temps, l’origine de l’épidémie de Covid-19 ne fait pas de doute, c’est un « complot » concocté par l’ennemi.

Il est donc clair, la préoccupation de la République islamique d’Iran en ce moment est avant tout de savoir comment épargner au régime des mollahs l’accusation de négligence, d’incompétence et de mise en danger de la santé de la population iranienne et des populations étrangères. Pour le régime des mollahs, la bataille contre le Coronavirus est idéologique et religieuse. D’une part, parce que cette théocratie croit que l’épidémie de Coronavirus est un « complot de l’ennemi » comme l’a dit le président iranien, et d’autre part, parce que cette théocratie ne croit pas à l’efficacité de la « mise en quarantaine », comme la dit le ministre de la santé, car pour ces hommes religieux et ces conservateurs du régime il est inconcevable d’isoler les lieux saints de l'islam chiite !

Et pendant ce temps, les vols sont maintenus entre Téhéran et une partie du monde, Barcelone, Istanbul, Moscou, Amsterdam, Dubaï, Bagdad, Londres et Beyrouth, comme si de rien n’était. Un avion de Mahan Air vient d’atterrir à l’instant à l’aéroport Rafic Hariri. Hier soir un avion d’Iran Air a atterri à 21h50. Alors qu’en France et en Italie, on déploie tous les moyens pour tester tout cas suspect et retracer le plus fidèlement possible le parcours de chaque individu atteint par Covid-19, afin de prévenir ses proches et freiner la propagation du Coronavirus dans les populations nationale et internationale, l’Iran trafique les données médicales pour des raisons idéologiques et religieuses. Ce n’est plus de la négligence. Étant donné l’enjeux et les risques sanitaires, c’est un crime. Malgré ces faits alarmants, le gouvernement libanais de Hassann Diab, de nature hezbollahi-compatible, n’a pas suspendu les vols avec l’Iran pour des considérations politiques. Face à l’incompétence des gouvernements iranien et libanais, il est temps que l’OMS se saisisse de la question pour protéger la santé des populations du monde, notamment iranienne et libanaise.


mercredi 26 février 2020

Pour le régime théocratique en Iran, la bataille contre le Covid-19 est également religieuse (Art.738)


🇮🇷 « L’isolement à domicile est très important. Par contre, la mise en quarantaine des villes aujourd’hui, comme on le faisait autrefois, n’est pas une mesure scientifique. » C’est ce qu’a affirmé hier le ministre iranien de la Santé, Saeed Namaki. De Téhéran, la Chine et l’Italie font fausse route. Seul l’Iran est à la pointe de la lutte contre l’épidémie de Coronavirus. Pour les dirigeants iraniens, essentiellement des mollahs et des conservateurs fidèles, l’enjeu est double. Comme les Italiens, ils sont préoccupés par l’épidémie qui frappe de plein fouet leur pays. Mais contrairement à ces derniers, ce n’est pas leur unique préoccupation. Ils ont une autre bataille à mener, contre le principe de la mise en quarantaine.

L’épicentre du coronavirus iranien est la ville de Qom. Officiellement, les premiers cas confirmés datent du 19 février. Étant donné l’ampleur et la vitesse de la propagation du virus, Covid-19 circule depuis bien plus longtemps. Officiellement, il n’y avait que quelques morts avant-hier. Officieusement, selon le député de Qom Ahmad Amirabadi Farahani, on dénombre au moins 50 morts rien qu’à Qom. La majorité des nouveaux cas concernent des personnes qui ont été à Qom, comme c’est le cas de la première patiente déclarée au Liban, renvoyée dans son pays, dans un avion avec 170 autres passagers, comme si de rien n'était, alors qu'on se doutait qu'elle était malade à son embarquement.

Disons que Qom est la Wuhan et la Codogno de l’Iran. Pour freiner la propagation du virus, la Chine et l’Italie n’ont pas hésité à mettre ces deux villes en quarantaine. Ils ne l’ont pas fait de gaieté de cœur, mais ils ont estimé que les avantages dépassaient les inconvénients et que la santé publique de l’ensemble de la population était au-dessus de toute autre considération. Dans la République islamique d’Iran, on y a pensé mais on ne l’a pas fait. Pas pour des raisons médicales ou sociales, mais essentiellement pour des motifs idéologiques et religieux. Qom est une ville de pèlerinage pour les musulmans chiites, c’est là où est enterrée la sœur d’Ali el-Rida le 8e imam chiite, Fatimah Maasoumeh, dont le tombeau est aspergé d'eau de rose du matin au soir.

Pour le régime théocratique des mollahs, la bataille contre le Coronavirus est également religieuse. Il est inconcevable de mettre en quarantaine ce qui est considéré comme le troisième sanctuaire le plus saint de l'islam chiite, même si cela signifie qu’ils laissent Covid-19 circuler librement sans entraves dans le pays. C'est leur droit. Le problème c’est que ce n’est pas uniquement l’affaire des Iraniens. Les avions en provenance de l’Iran continuent d’atterrir dans les aéroports du monde entier, Beyrouth compris, comme si de rien n’était, alors que les autorités iraniennes sont prises en flagrant délit de négligence pour ne pas dire d’incompétence. Et pourtant, les spécialistes ne cessent de le dire et le répéter, les premières mesures sont capitales pour circonscrire l'épidémie du Coronavirus. Le Premier ministre libanais Hassann Diab et le ministre de la Santé, nommé par le Hezbollah, Hamad Ali Hassan, assumeront pleinement les conséquences de leur tergiversation sur le Coronavirus et leur complaisance à l'égard de l'Iran.


mardi 25 février 2020

Epidémie de Coronavirus : pourquoi la situation en Iran menace sérieusement la santé des Libanais ? (Art.737)


Beaucoup de compatriotes n’ont pas compris pourquoi l’Iran est pointé du doigt ces derniers jours, pourquoi certains réclamaient l’arrêt total du trafic aérien avec la Perse et surtout, pourquoi le « coronavirus iranien » encore plus que le « coronavirus italien », attire autant l'attention des Libanais 😳

Non, ce n’est ni de l’ostracisme primaire, ni à cause du Hezbollah, ni en rapport avec la diffusion récente d’Argo le film de Ben Affleck sur la prise d’otages à Téhéran en 1979. Mais alors pourquoi ?

. Primo, parce qu’après la Chine, la Corée du Sud et le Japon, l’Iran est le pays le plus frappé par le nouveau virus. Officiellement, on compte une centaine de cas et une quinzaine de morts.

. Secundo, parce que c’est un secret de Polichinelle, le régime des mollahs aurait trafiqué les chiffres officiels, craignant la colère du peuple iranien. La réalité serait plus dramatique selon certains responsables iraniens eux-mêmes, comme ce député de Qom, une ville de pèlerinage pleinement touchée. C’est ce qui a amené le gouvernement iranien à s’engager à être plus transparent sur les chiffres, aveu indirect qu'il les a adaptés !

. Tertio, parce que les responsables iraniens ne croient pas à certaines mesures adoptées par les pays durement frappés par l’épidémie. « Nous ne sommes pas partisans de l’isolement sanitaire. Ces mesures ont été prises avant la première guerre mondiale pour éviter la propagation de certaines maladies comme la peste. Non mais, qu’adviennent les habitants lorsqu’on met toute une ville en quarantaine ? » Dixit le vice-ministre iranien de la santé, Iraj Harirchi, qui sous-entend que l’Iran est en avance sur le reste du monde dans la stratégie de lutte contre les épidémies, que l’isolement sanitaire conduirait forcément à une hécatombe et qu’il vaudrait mieux diluer le virus dans la population générale nationale et internationale plutôt que de tenter de le contenir dans une zone délimitée afin de freiner au maximum sa propagation. Mais voyons !

Tout au long de la conférence de presse tenue lundi avec le porte-parole du gouvernement iranien, le pauvre Iraj n’a pas arrêté de s’essuyer le front avec des mouchoirs. Quand il n’avait pas la parole, on le voyait déconcentré, il avait manifestement chaud et toussait comme un malade. On a mis tout cela sur le compte du stress. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’histoire se montre d’une ironie cruelle et implacable.

Quelques heures après son passage devant les journalistes hier, se sentant de plus en plus mal, le vice-ministre iranien de la santé a dû se faire examiner ou on l'a forcé à le faire. Et là, le diagnostic est tombé cet après-midi comme un couperet, Iraj Harirchi lui-même est diagnostiqué positif, il est infecté par Covid-19. Aussitôt, il a été mis en quarantaine !

Une tragicomédie qui montre avec quelle légèreté certains responsables iraniens jouent avec la santé de la population iranienne, pour camoufler leur incompétence en la matière et leur défiance maladive de la communauté internationale. C'est une affaire interne. Toutefois, parce que le ministre libanais de la santé, Hamad Ali Hassan, nommé par le Hezbollah, a mis des gants au sujet de l'Iran, avant d'aborder la question des mesures les plus appropriées pour faire face au « coronavirus iranien », l'affaire iranienne nous concerne aujourd'hui. L'évidence crève les yeux. Les autorités iraniennes ne sont pas à la hauteur de la menace infectieuse. Le « coronavirus italien » est tout aussi ignoble, mais au moins les Italiens eux, déploient tous les moyens possibles et imaginables pour le contenir et le freiner, sans y mettre d'idéologie, ils n'ont pas hésité à recourir à l'isolement des personnes et à la mise en quarantaine des villes infectées sévèrement, ce qui n'est absolument pas le cas de l'Iran.

La décision du gouvernement de Hassann Diab cet après-midi qui se contente « de contrôler le trafic aérien et d'arrêter les vols religieux vers les pays où le Coronavirus circule », est consternante étant donné la menace sanitaire qui pèse sur le monde en général et le Liban entre autres. La tragicomédie iranienne doit conduire le pays du Cèdre à fermer son aéroport aux vols en provenance de l’Iran, sur le champ et jusqu’à nouvel ordre. Pas parce que le coronavirus iranien est plus infecte que le coronavirus italien, mais plutôt parce les responsables iraniens sont incompétents par rapport aux responsables italiens. Il faut protéger les Libanais des graves conséquences de la paranoïa du régime iranien des mollahs, une véritable pandémie de Coronavirus, surtout que les responsables libanais semblent eux aussi réfractaires à l'isolement collectif de ceux qui viennent de régions particulièrement touchées.


lundi 24 février 2020

Nous soussignés déclarons le Courant Patriotique Libre coupable de menacer les chances du Liban d’obtenir le classement du promontoire de Nahr el-Kalb sur la liste du « Patrimoine mondial » de l’humanité de l'UNESCO (Art.736)


Ils peuvent pavoiser, fanfaronner et donquichotter autant qu’ils veulent, cela ne changera rien à la réalité du scandale de Nahr el-Kalb, à nos intimes convictions et à notre inébranlable détermination.

. Nous soussignés, enfin souslikés, déclarons le Courant Patriotique Libre coupable de ne pas avoir respecté le « contrat » avec les autorités monastiques et d’avoir trompé l’Église maronite. Personne n’ose imaginer que celui et celle à qui « La gloire du Liban a été donnée » comme dit la légende, le patriarche et l’Église maronite d’Antioche et de tout l’Orient, aient pu accepter de céder ce promontoire national intemporel chargé d’histoire à un parti politique communautaire de passage, afin de mettre en œuvre un projet politicien partisan.

. Nous soussignés déclarons les autorités libanaises, ministérielles et municipales, ainsi que les services chargés de l’urbanisme, de la protection de la nature et de la préservation des sites archéologiques, coupables d’avoir accordé des autorisations administratives indûment, qui détruiront de facto 14 000 m2 d’un promontoire d’une haute valeur nationale, sans tenir compte ni de l’inscription du site sur le « Registre de la Mémoire du Monde » ni de sa présentation sur la « Liste indicative » fournie à l’Unesco ni de son classement par la Direction générale des antiquités au Liban en zone non constructible.

. Nous soussignés déclarons le Président de la République Michel Aoun (ex-chef du CPL), et le Premier ministre Hassann Diab, coupables de négligence alors que le projet du CPL menace les chances du Liban d’obtenir le classement du promontoire de Nahr el-Kalb sur la liste du « Patrimoine mondial » de l’humanité de l'UNESCO demandé par le pays du Cèdre officiellement le 11 juillet 2019.

. Nous soussignés déclarons les actuels ministres de la Justice, de l’Environnement, du Tourisme et de la Culture, tous coupables de couvrir le projet égocentrique du CPL qui ne respecte pas les règles d’usage en matière de protection des « monuments historiques ». Le CPL dit fièrement qu’il a prévu « un retrait de 20 mètres supplémentaires » entre son QG et le site historique, une distance grotesque eu égard aux normes nationales et internationales, selon lesquelles le périmètre de protection des monuments historiques doit être au minimum de 500 mètres !

*

En survolant la région de Nahr el-Kalb grâce aux satellites de Google Earth, avec le périmètre contraignant de 500 mètres en tête (les lignes jaunes de la capture d’écran; photo prise à une époque où le site était encore intacte), on s'aperçoit que les 14 000 m2 du projet du CPL se situent entièrement dans le rayon de cette protection. On comprend également que ce n’est pas par hasard que les deux flancs de ce promontoire (à l’ouest côté Méditerranée et au nord côté Mont-Liban), n’ont pas été urbanisés jusqu’en l’an de grâce 2020, malgré la spéculation immobilière sur le littoral. C’est parce que l'Eglise maronite n'avait pas cédé aux promoteurs sans scrupules et parce que l'État libanais a protégé cette colline des entrepreneurs sans vergogne, que les rapaces n’ont jamais osé et pu s’y installer à ce jour !

Ce projet est un scandale inouï. Il faut le porter sur les réseaux sociaux, au Conseil des ministres, au Parlement et surtout devant la justice libanaise ! Mieux vaut tard que jamais. Depuis le 17 octobre 2019, les Libanais ont décidé de bâtir un nouveau Liban. Dans ce nouveau monde, ce scandale d'un temps révolu ne peut pas passer comme si de rien n’était. Des responsables doivent rendre des comptes. Sinon, nous aurions échoué lamentablement. Les travaux doivent être stoppés sur le champ, les autorisations retirées illico presto, le projet déclaré nul et non avenu, jusqu’à nouvel ordre, quand la justice libanaise aura dit son dernier mot. A mon humble avis, le CPL devrait être contraint et forcé de remettre les roches et la terre là où elles étaient, de réhabiliter le site à l’identique, d’ôter ses mains de ce promontoire national, de prendre ses cliques et ses claques et d’aller construire son siège mégalomaniaque ailleurs.


vendredi 21 février 2020

Au sujet du paiement des eurobonds par le Liban : rembourser un emprunt de 1,2 milliard $ quand un pays est endetté à hauteur de 100 milliards et ne prévoit que 9 milliards de recettes, revient à payer 1 000 € pour une Porsche Carrera achetée avec un emprunt de 100 000 € alors qu'on n'a que 800 € de revenus ! (Art.735)


C’est au sujet des eurobonds. Non mais quel rapport ? 😳

1. Rembourser un « emprunt en dollar » de 1,2 milliard de valeur, quand un pays est endetté à hauteur de 100 milliards $ (et ne prévoit pour l’année en cours que 9 milliards $ de recettes pour 13 milliards $ de dépenses), revient à payer à peu près 1 000 € pour une Porsche Carrera achetée avec un emprunt de 100 000 € (alors qu’on n’a que 800 €/mois de revenus et 1 200 € de dépenses mensuelles prévues !).

2. Que notre débiteur, État ou particulier, paie ou ne paie pas, ses « Eurobonds » ou sa Porsche, cela ne changera pas sa situation : sa créance dépasse largement ses ressources, sa dette reste abyssale, sa santé financière est morbide.

3. Les fervents partisans du paiement de l’échéance du 9 mars par l’État libanais sont les banques libanaises. Leur positionnement s’explique avant tout par leurs propres intérêts financiers, ils détiennent l'essentiel de la dette publique. Le défaut de paiement des créanciers étrangers entrainera ipso facto un non-paiement des banques libanaises, à présent et à l’avenir, et compliquera leur business sur la scène internationale.

4. Les partisans du paiement arguent que si l’État n’honore pas cette échéance, cela conduira à une perte de confiance, ce qui nous obligera à emprunter à des taux d’intérêts encore plus élevés. Argumentation fallacieuse. Si le Liban emprunte tout court, ce n’est pas parce qu’il a toujours honoré sa dette comme dit la mythologie, c’est à cause des garanties constantes assurées depuis des lustres et à ce jour par la communauté internationale en générale et les pays arabes et européens en particulier. Il est donc clair que la restructuration de la dette libanaise est autant politique que financière. Sans l’appui des pays arabes et occidentaux, nous allons droit dans le précipice même si nous payons, une fois de plus, rubis sur l’ongle.

5. Parmi les fervents partisans du non-paiement de cette échéance par l’État libanais on trouve le Hezbollah, et même Fouad Siniora, la bête noire de ce dernier. Le positionnement du Hezb s’explique en premier par ses propres intérêts politiques. Le parti-milicien se retrouve piégé par un gouvernement monochrome qui lui ai acquis mais qui a une marge de manœuvre étroite (du fait de sa nature hezbollahi-compatible), du classement du Hezb comme entité terroriste par les pays arabes et occidentaux, et des sanctions financières américaines. La seule façon de briser cet isolement politique est de s’attirer la sympathie de la rue à travers une mesure populaire. Le problème est que le non-paiement de l’échéance du 9 mars, sans l’aval des pays arabes et occidentaux, nous conduira droit dans le précipice aussi.

6. Alors que faire ? A vrai dire, nous n’avons pas le choix, il ne faut pas payer les eurobonds ! Cela étant dit, il faudra rajouter aussitôt, à condition d’établir un plan de restructuration importante de la dette souveraine libanaise, à négocier avec les créanciers internes et externes, en coordination avec les pays arabes et occidentaux, et de prévoir en parallèle des réformes structurelles importantes. Reste à savoir quel type de restructuration ?

7. Deux options courantes : refinancement de la dette via la baisse des taux d’intérêt et l’étalement des échéances ou remboursement d’une partie conséquente à un taux avantageux. L’ampleur vertigineuse de notre dette, 97 milliards $ soit 162% du PIB, rend ces deux options caduques.

8. Par conséquent, pour sauver le Liban d’un effondrement financier inéluctable, la dette publique du pays du Cèdre doit être divisée par deux dans l'idéal, ou dans le pire des cas, réduite du tiers. C’est une opération chirurgicale à haut risque, mais c’est le seul moyen de sauver le patient Liban. Au stade où il est, tout ce qui en dehors de ça, relève de la politique de l’autruche, de la morphine et des soins intensifs.

9. Si nous ne descendons pas en-dessous du 100% du PIB, tous nos efforts et nos sacrifices financiers ne serviront absolument à rien, à part retarder l'inéluctable, l'effondrement général. Et comble du malheur, notre Porsche ne vaut plus qu’une vieille Citroën 🤔


mercredi 19 février 2020

Cinq vérités pour bien mesurer la gestion désastreuse du secteur électrique au Liban par le Courant patriotique libre (Art.734)


Fake news, hein? Quelle imposteuse celle-là 😋 Voici le tweet du PDG de Siemens, Joe Kaeser, qui prouve qu'elle dit des bêtises. Le trio infernal qui gère le ministère libanais de l’Energie, Bassil-AbiKhalil-Boustani, n’a pas jugé utile de donner suite à l’offre Siemens, lors de la visite de la chancelière Merkel à Beyrouth en juin 2018 afin d' « aider à améliorer toute la chaîne électrique et faire venir une équipe allemande pour évaluer ce qui convient le mieux aux Libanais ». Incollable sur le sujet et imbattable sur ce terrain, j’ai consacré deux articles au scandale Siemens et des dizaines d'articles sur la malédiction électrique du pays du Cèdre ↓

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Une ex-ministre de l'Energie qui veut la « vérité concernant l’électricité », une tragi-comédie. En voici cinq pour le prix d'une afin de bien mesurer la gestion désastreuse du secteur électrique par le CPL :
- la qualité d'approvisionnement en électricité des populations mondiales ne nous permet d’être qu’à la 134e place (sur 137 pays; mieux que Haiti, le Nigéria et le Yémen seulement!) ;
- au moment où le trio infernal boudait Siemens, Joe Kaeser venait d’inaugurer les centrales électriques flambant neuves en Egypte (chantier sur 3 ans, électricité pour 40 millions de personnes), et devait se rendre en Irak pour s’engager dans un autre projet pharaonique (augmenter la production de 50 %, soit 11 000 mégawatts supplémentaires en quatre ans, le tout pour 9 milliards $; يا بلاش sachant que l'électricité nous coûte 1-2 milliards $/an depuis 30 ans, pour encore et toujours des coupures électriques à hauteur de 18 h/j dans certaines régions et une facturation de moteur-générateur d'au moins 100 $/mois pour 5 misérables ampères ; يا حرام علينا avec cela on pourrait climatiser les rues de Beyrouth l'été et chauffer les routes du Mont-Liban l'hiver!) ;
- le secteur électrique est contrôlé depuis 11 ans par le CPL, c'est sa chasse gardée, circulez il n'y a rien à voir, أملاك خاصة (et depuis 30 ans par les mouvances 8Mars/proHezb/proAssad, il faut comprendre, c'est une vache à lait! );
- le CPL est un grand défenseur de la location de centrales électriques flottantes turques (une idée de génie pour jeter l’argent des contribuables par les fenêtres et dans les poches, qui n'est suivie à long terme par pratiquement aucun pays au monde ; attention, il n'est pas le seul, tous les partis politiques sans exception étaient pour, notamment le Futur, dans le cadre du deal avec le CPL ; personnellement, le retour à la bougie 🕯️ vaut mieux que cette solution stupide adoptée depuis plusieurs années);
- l’électricité est à l'origine de près de la moitié de notre dette publique abyssale (90 milliards $), càd, tout notre malheur!

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Incompétence, mensonge et impunité, c'est le tiercé gagnant des politicards libanais! Le problème ce sont plutôt les followers, des « idiots utiles », qui sont prêts à les laisser monter sur leurs dos afin de les faire gagner les courses électorales les unes après les autres, au détriment même de leurs propres intérêts 🤔


mardi 18 février 2020

Le scandale de la construction du siège social du Courant patriotique libre sur le promontoire historique de Nahr el-Kalb, site qui fait l'objet d'une demande du Liban pour son inscription par l'UNESCO sur la liste de Patrimoine mondial de l'humanité ! (Art.733)


C’est le plus extraordinaire livre d’histoire à ciel ouvert du Moyen-Orient. Ses eaux séparaient la capitale et le littoral de Beyrouth des monts et des vallées du Mont-Liban. C’est le trait d’union entre l’Orient et l’Occident.

Parce que le Courant Patriotique Libre y est impliqué, l’affaire est un scandale. Et parce que c’est le site de Nahr el-Kalb que le scandale devient abject. La consternation est nourrie par le fait que le chef du CPL, Gebrane Bassil, fait croire qu’il défend le « droit des chrétiens », prétend incarner « le changement et la réforme » au Liban et se prend depuis un moment pour « Don Quichotte de la République libanaise ».

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Non mais qui croie sérieusement que ceux qui ont donné le feu vert pour détruire 6 000 000 m2 de la plus belle prairie-vallée du Liban, Marj Bisri (Sud-Liban), pour mettre en oeuvre un projet de barrage absurde et contesté, auront des états d’âme à défigurer 14 000 m2 du promontoire de Nahr el-Kalb afin de construire le siège social de leur parti ? Foutaises. La vidéo ci-jointe montre l’ampleur de la mégalomanie.

• De quel droit parlent-ils ? Celui de ne pas être dignes de préserver l’un des « monuments historiques » les plus précieux du patrimoine libanais, qui se trouve par hasard au milieu d’une région chrétienne ?
• De quel changement s’agit-il ? Celui de dévaloriser un site historique national au lieu de le valoriser ?
• Quelle réforme évoque-t-il ? Celle de ne pas respecter l’ensemble des lois en vigueur dans notre pays ?
• Dans quelle bataille don quichottienne s’engage-t-il ? Celle de s’accaparer un site qui représente 3 500 ans de l’histoire du Liban et s’approprier un promontoire archéologique pour des raisons nombrilistes, immatures et politiciennes, être vu du Nord au Sud et d’Est en Ouest ?

Depuis juillet 2019, on a vent du projet. Et pourtant, rien n’a été fait pour les empêcher de le réaliser. Bien au contraire. On parle de 4 bâtiments et d’une statue du président de la République, Michel Aoun, ex-dirigeant du Tayyar. Le CPL dit fièrement qu’il a prévu « un retrait de 20 mètres supplémentaires » entre son QG et le site historique. C'est comme celui qui dit qu'il a posé sa tasse de café à 20 cm du clavier de son ordinateur, une distance ridicule et grotesque pour brouiller les esprits. Le périmètre de protection des monuments historiques en France est au minimum de 500 mètres, un rayon qui peut être augmenté à titre exceptionnel pour certains sites, comme c'est le cas pour le promontoire de Nahr el-Kalb ! Le projet du CPL est tout simplement consternant. Cela n'empêche pas le parti de Gebrane Bassil de détourner l’attention des Libanais de l’essentiel en affirmant avoir obtenu « toutes les autorisations nécessaires ». Justement, il est là le problème ! Comment ont-ils fait sachant que depuis 2003, la Direction générale des antiquités a classé toute la zone en terrains non constructibles ? Cherchez l’erreur.

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Mais le plus grave est ailleurs. Depuis 2005, ce site archéologique exceptionnel du Mont-Liban est inscrit sur le « Registre de la Mémoire du Monde ». Et pour cause, « la trentaine de stèles, reliefs, inscriptions et constructions de Nahr el-Kalb, le Lycus ou le fleuve du chien, résument toute l’histoire du Liban, dès la Haute Antiquité jusqu’à présent (…) Des armées pharaoniques, assyro-babyloniennes, grecques, romaines, arabes, anglaises et françaises ont bravé les obstacles qui cernent ce lieu de passage, difficile et fort escarpé, en sculptant sur ces rochers des stèles commémoratives ». En neuf langues différentes ! Du pharaon égyptien Ramsès II à l'empereur français Napoléon III, du roi néo-babylonien Nabuchodonosor II à l'empereur romain Caracalla, du sultan mamelouk Saïf el-Din Barqouq à l’émir libanais Chéhab II, du départ de la puissance mandataire française à la libération du Sud-Liban de l’occupant israélien, il ne manquait que la commémoration de la fin de l’occupation syrienne du Liban par la tyrannie des Assad.

Plus grave encore, depuis le 11 juillet 2019, Nahr el-Kalb est inscrit officiellement à la demande du Liban sur la « Liste indicative » fournie à l’Unesco, qui regroupe les sites que le pays du Cèdre voudrait les inscrire sur la « Liste du patrimoine mondial » de l’humanité. Notre pays considère que ce site historique majeur, comme d’ailleurs le Mont Hermon, le Château de Beaufort, le temple d’Echmoun ou les centres historiques de Saïda, de Batroun et de Tripoli, constitue « un patrimoine culturel et/ou naturel de valeur universelle exceptionnelle susceptible d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial », au même titre que Baalbek, Byblos, Anjar, Tyr, ainsi que la vallée de la Qadisha et la forêt de Cèdres à Arz. La décision finale revient à l’Unesco. Reste à savoir dans quelles conditions !

Étant donné le scandale du jour, la question maintenant est de savoir si la construction du nouveau siège du CPL ne menace pas sérieusement l’inscription du site de Nahr el-Kalb sur la Liste du patrimoine mondial de l’humanité. Certes, le projet ne prévoit aucun empiétement sur le site lui-même. Mais, nul ne peut contester le fait que cette urbanisation et l'intense activité humaine qui en découlera, à proximité d'une zone classée, constitue une défiguration importante de ce site exceptionnel. Et de ce fait, on peut se demander si ce projet politicien ne constitue pas une violation flagrante des articles et de l’esprit de la « Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel » adoptée par l’Unesco et approuvée par le Liban ? Comment peut-il en être autrement sachant que l’éventuelle classification du site de Nahr el-Kalb comme patrimoine mondial de l’humanité est censée d’après l’Unesco conduire à « une augmentation du niveau de protection et de conservation des biens en question » ? Hélas, nous assistons à tout le contraire.

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Si ça commence aussi mal, avant même la classification, ça ne pourra pas se terminer mieux. Comme pour la belle plage de Ramlett el-Baïda, voilà comment un projet d’intérêt personnel et partisan l’emporte sur un projet d’intérêt collectif et national. On avait la possibilité de faire de cette bande côtière beyrouthine, la plus magnifique des plages méditerranéennes. C’est raté. De même, on avait la possibilité de faire de ce site historique libanais, le plus extraordinaire livre d’histoire à ciel ouvert du Moyen-Orient. C’est encore raté. Rien n’a changé depuis le 17 octobre, la raison et les intérêts des plus forts sont toujours les meilleurs. Et le plus désolant dans tout cela, dans un cas comme dans l’autre, responsables, dirigeants et magistrats sont aux abonnés absents, après avoir donné leur aval pour certains. La révolution se doit de continuer. Maigre consolation, peut-être pas si maigre !, on raconte depuis la nuit des temps que tous ceux qui se prennent pour des conquérants devant ce promontoire sont frappés par la malédiction de Lycus ! Tôt ou tard, ils tomberont du piédestal sur lequel ils se sont hissés.


vendredi 14 février 2020

Affaire Benjamin Griveaux : liberté d’expression et démocratie tirées par le bas. Merci à la France d’accorder le statut réfugié politique au nombriliste Pavlenski et pas au héros Snowden ! (Art.732)


Benjamin #Griveaux dernière victime du Kangaroo Court ! Il était candidat de "La République en Marche" (parti de la majorité présidentielle en France, Emmanuel Macron) à la mairie de Paris. Il se retire de la course au grand bonheur de ses rivaux, Hidalgo, Dati et Villani. En cause, une vidéo à caractère sexuel avec une femme, pas la sienne. Shocking ! Tous les coups sont permis. Même les plus bas et les plus ignobles. Le politicien s’incline. Il prend la décision de se retirer de la course pour protéger sa famille. Il aurait pu y rester, le puritanisme n'a normalement pas droit de cité en France. Mais les temps changent, avec les populistes et les opportunistes, les réseaux sociaux et la recherche du sensationnalisme par certains médias.

L’homme qui a publié la vidéo devenue virale, car les adversaires de Griveaux croient que la fin justifie les moyens, même les plus minables, s’appelle Piotr Pavlenski (PP). En tant que Parisien, il se sentait concerné. Il voulait dénoncer l’hypocrisie de Griveaux au sujet des mesures en faveur de la « famille ». Le justicier est accusé de viol en Russie, soit dit au passage.

Voici les œuvres de sa vie :
- 2017. PP met le feu devant la succursale de la Banque de France, pour mettre en lumière la vérité que les autorités françaises nous forcent à oublier. Condamné depuis à un an de prison.
- 2014. PP se blesse à l’oreille pour dénoncer le mur en béton d’un hôpital psychiatrique qui sépare la société saine d’esprit des malades mentaux. On comprend mieux maintenant ses motivations ! Au passage, l’imposteur n’a pas eu le courage du génie de la peinture, Vincent Van Gogh, pour trancher son lobe et l’offrir à une amie prostituée.
- 2013. PP cloue ses bourses sur la place Rouge, pour protester contre l’adoption des lois répressives en Russie.
- 2012. PP s’enroule dans les barbelés, contre la censure en Russie.
- 2012. PP se coud les lèvres, pour soutenir les Pussy Riot.
- Et j’en passe et des meilleures, et des pires surtout.

Piotr Pavlenski est un grand nombriliste, qui se considère comme un activiste, soutien des gilets jaunes à ses heures perdues, ayant passé le réveillon chez un avocat ex-candidat La France Insoumise, il est recherché depuis par la police française pour violences avec arme, il se prend pour un artiste, et encore plus grave, certains le considèrent comme tel. Vive la liberté d’expression pervertie, le show nihiliste, la stupidité et la laideur.
Merci à Mediapart d’avoir tiré la sonnette d’alarme, afin de pousser les services administratifs à lui accorder le statut de réfugié politique sous François Hollande.
Pas de doute, l’art et la démocratie sont tirés par le haut, le rayonnement de la France est assuré par PP.
Bons baisers de Moscou 😋
Santé à Vladimir Poutine 🍷
Les pays occidentaux doivent bien le faire rire parfois 😊

PS : Merci à la France d’accorder le statut de réfugié politique à un imposteur-nombriliste, Piotr #Pavlenski, et de la refuser à un héros-lanceur d’alerte, Edward #Snowden



Dans l'indifférence générale, la déclaration ministérielle du gouvernement libanais sous-entend que le Tribunal Spécial pour le Liban est politisé et que son verdict dans l'assassinat de Rafic Hariri pourrait menacer la paix civile au Liban (Art.731)


Saint-Georges, 14 février 2005, 10h10. Il y a 15 ans jour pour jour, personne ne pouvait imaginer une seconde ce que l’histoire nous réservait dans ses pages.
. Primo, que cinq membres du Hezbollah, chiite de confession, oseraient exécuter le plan d’assassinat de l’une des plus importantes personnalités libanaises, Rafic Hariri, sunnite de confession.
. Secundo, que trois semaines plus tard, le Hezbollah aurait le culot d’organiser une manifestation monstre le 8 mars pour dire « Merci la Syrie des Assad ».
. Tertio, que quatre semaines plus tard, un raz-de-marée humain envahirait la place des Martyrs le 14 mars, la plus grande manifestation de l’histoire du Liban, pour dire « la Syrie dehors », ce qui se réalisera le 26 avril 2005 après 29 ans d’occupation, et réclamer haut et fort, « vérité et justice », en cours de réalisation grâce à l’enquête internationale et le Tribunal spécial pour le Liban.

Mar Mikhaïl, 6 février 2006, 10h10. Il y a 14 ans, pratiquement jour pour jour, personne ne pouvait imaginer un instant ce que l’histoire nous réservait encore dans ses pages.
. Primo, que moins d’un an après l’assassinat odieux de Rafic Hariri, et de 21 personnes, Michel Aoun oserait effectuer la plus incroyable volte-face de l’histoire du Liban, passant du camp du 14-Mars, anti-Hezb/anti-Assad, au camp du 8-Mars, pro-Hezb/pro-Assad.
. Secundo, que dix ans plus tard, les piliers du 14-Mars, Samir Geagea et Saad Hariri, offriraient la présidence de la République, à Michel Aoun, alors que rien absolument rien ne les obligeait et sans aucune et pas une seule contrepartie concernant le Hezbollah.
. Tertio, que quatorze ans plus tard, l’alliance Nasrallah-Berri-Bassil-Aoun soit en réalité la plus solide de l’histoire du Liban (ayant résisté à la guerre de Juillet 2006, la guerre civile du 7 mai 2008 et une vingtaine d’assassinats politiques ayant visé exclusivement des personnalités du 14-Mars), et celle de Hariri-Joumblatt-Gemayel-Geagea la plus fragile, malgré le martyre de ce camp entre 2004-2014.

Voilà le bilan bref des 15 dernières années qui ont suivi le meurtre de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Il a fallu que ce triste anniversaire coïncide presque avec le vote de confiance au gouvernement de Hassann Diab, avant-hier. Un paragraphe de la déclaration ministérielle évoque ce qui est sans doute l’événement majeur de notre histoire contemporaine. Il n’a été relevé par aucun député 8-marsien, cela va de soi, mais aussi, par aucun député 14-marsien, ce qui prouve la léthargie de ce camp, et par personne de ladite société civile et les imposteurs de la révolution du 17 octobre, qui brillent par leur immaturité politique.

ان الحكومة، انطالقا من احترامها القرارات الدوليّة، تؤكد حرصها على جلاء الحقيقة وتبيانها في جريمة اغتيال الرئيس الشهيد رفيق الحريري ورفاقه، وستتابع مسار المحكمة الخاصة بلبنان التي أنشئت مبدئيا لاحقاق الحق والعدالة بعيدا عن اي تسييس او انتقام، وبما لا ينعكس سلبا على استقرار لبنان ووحدته وسلمه الأهلي

Cette déclaration est tout simplement abjecte. Elle sous-entend deux choses précises. D’un côté, via le terme « مبدئيا لاحقاق الحق والعدالة بعيدا عن اي تسييس او انتقام » (en principe...), les rédacteurs hezbollahi-compatibles expliquent qu’ « il n’est pas certain que le TSL veuille appliquer le droit et rendre la justice » et qu’ « il est probable qu’il soit politisé et qu’il cherche la vengeance ». D’un autre côté, via « وبما لا ينعكس سلبا على استقرار لبنان ووحدته وسلمه الأهلي
», les rédacteurs hezbollahi-compatibles mettent en garde que « tout verdict qui condamne les cinq membres du Hezbollah accusés de l’attentat terroriste du 14 février 2005 (des « innocents » et des « saints » pour Hassan Nasrallah), pourrait avoir des répercussions négatives sur la stabilité du Liban, son unité et sa paix civile ». Le Hezbollah cherche à travers le gouvernement officiel du Liban, d’une part d’installer le doute dans les esprits, et d’autre part, à dissuader les juges de condamner ses membres. Et paradoxalement il espère avoir la confiance de tout le peuple libanais et de la communauté internationale, les pays arabes et occidentaux en particulier ! La politique de l'autruche dans toute sa splendeur.

Ce passage de la déclaration ministérielle prouve trois choses :
. Primo, l’hégémonie du Hezbollah sur le gouvernement de Hassann Diab. Le parti-milicien a imposé son point de vue et défendu ses propres intérêts au détriment de ceux des autres.
. Secundo, la faillite intellectuelle des responsables libanais, politiques, religieux et civils. Palabres à longueur de journée, de mur, de colonne et d’antenne, et pourtant, ce passage est passé complètement inaperçu.
. Tertio, l’ingratitude d’une frange de Libanais hezbollahi-compatibles qui ne méritent ni le sacrifice de certains enfants de la patrie, comme Rafic Hariri, ni l’attention de la communauté internationale, à l’origine du Tribunal Spécial pour le Liban.

Aux âmes de celles et ceux qui sont morts pour le pays du Cèdre,
la patrie reconnaissante. En moins une partie 🇱🇧


mercredi 12 février 2020

Le jour de vote de confiance au Parlement, il n’y avait pas foule pour faire tomber le gouvernement de Hassann Diab (Art.730)


« La vérité est comme le soleil, elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder », Victor Hugo. Nous n’allons pas encore nous voiler la face ! Pour faire court, disons qu’hier il n’y avait pas foule pour faire tomber Hassann Diab. Mais pourquoi ? L’heure des comptes a sonné.

• Les autruches ne sont pas de bons guides 😎 Si vous n'avez pas le temps, vous êtes dispensés de tout lire, c'est la principale raison, la vie peut reprendre son cours, pour le meilleur et pour le pire.

• La majorité des Libanais refusent la violence qui accompagne les protestations depuis un certain temps, qu'elles qu'en soient la forme et les justifications.

• Une partie des Libanais pragmatique a jugé qu’il n’est pas utile de se déplacer pour rien. Étant hezbollahi-compatible, comme l’a révélé la déclaration ministérielle, le 3e gouvernement de Michel Aoun va droit dans le mur, il est comme un fruit pas sain sur un arbre, il tombera tout seul.

• Tout mouvement fini par s’essouffler. Le lyrisme sur les réseaux sociaux ne peut pas servir d’arguments révolutionnaires et le sensationnalisme des chaines de télé d’informations politiques. C’est l’erreur d’une révolution qui surestime ses forces depuis le début.

• Le gouvernement de Hassann Diab a été composé par la majorité parlementaire actuelle, il avait la confiance de la partie des Libanais qui soutient ce camp, le 8-Mars. Il était donc assuré d’une certaine légitimité. C’est l’erreur d’une révolution qui sous-estime la force de ses adversaires depuis le début.

• Étant donné la gravité de la situation, beaucoup de Libanais en difficulté ou pas, savent qu’on n’a plus le luxe de continuer à nous engager des mois dans des batailles don-quichottienne à la poursuite de revendications chimériques depuis le jour J, comme la « formation d'un gouvernement de technocrates indépendant des partis politiques aux pouvoirs législatifs exceptionnels », la mise en place d'une « assemblée constituante » et la « démission du président de la République Michel Aoun ». Un pays avec un gouvernement en exercice vaut mieux qu’un pays avec un gouvernement démissionnaire.

• On ne peut pas faire confiance aux bobos-cocos-zozos révolutionnaires, les imposteurs de la révolution du 17 octobre.

• Boycotter la séance de vote de confiance au Parlement qui est un acte constitutionnel par excellence, comme l’ont fait les députés Sami Gemayel, Najib Mikati, Chamel Roukouz et Paula Yacoubian, était de facto un acte anticonstitutionnel. Des Libanais ne voulaient pas y être associés.

• Empêcher les députés par la force d’accomplir leur devoir politique, accorder ou ne pas accorder la confiance, était un acte antidémocratique. Là aussi, des Libanais ne voulaient pas y être associés.

• Une frange de Libanais sait parfaitement, que pour plus d’efficacité, il vaut mieux concentrer notre énergie pour garder Hassann Diab et ses ministres sous pression, s'opposer aux mesures concrètes qu’ils seront amenées à prendre, influencer leurs choix politiques et préparer la relève électorale.

C’est important de savoir pourquoi il n’y avait pas foule hier pour la suite. Quand on a raté sa cible, on rectifie le tir 😊


mardi 11 février 2020

Deux passages surréalistes de la déclaration ministérielle qui prouvent que le gouvernement libanais est sous l'emprise du Hezbollah (Art.729)


Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad : « Ce gouvernement ne ressemble pas à notre camp politique. Mais pour faciliter sa formation, nous l’avons accepté. » Le sens du sacrifice jusqu’en haut de l’hémicycle ! C’est c’là Tartuffe. Et peux-tu nous expliquer les deux passages surréalistes de la déclaration ministérielle de notre Narcisse-en-chef ?

- « Le gouvernement met l'accent sur le devoir de l'État à déployer ses efforts pour libérer les fermes de Chebaa/Kafr Chuba/Ghajar, par tous les moyens légitimes, avec l'affirmation du droit des citoyens femmes et hommes, de résister à l'occupation israélienne, de repousser ses attaques et de reprendre les territoires occupés. » Avec des pistolets à eau sans doute ! Désormais, les « miliciens » du Hezbollah, sont de simples « citoyens ». C’est pire que l'autre formule, « armée-peuple-résistance ».

- « Le gouvernement suivra le cours du Tribunal spécial pour le Liban, qui a été créé en principe pour établir la vérité et la justice, loin de toute politisation et de vengeance, et d’une manière qui n’affecte pas négativement la stabilité du Liban, ainsi que son unité et sa paix civile. » « En principe », parce qu’en pratique, et c’est ce que sous-entend cette déclaration ministérielle abjecte, « le TSL cherche la politisation et la vengeance dans l’assassinat de l’ancien PM Rafic Hariri ». Et c’est parce que « le verdict du TSL, basé sur la culpabilité certaine du Hezbollah, pourrait affecter négativement la stabilité du Liban, ainsi que son unité et sa paix civile, Diab, ses ministres, le Hezb et ses alliés, tous les hezbollahi-compatibles et les idiots utiles qui leur font confiance, pourraient ne pas être concernés par le verdict ». Donc, les contribuables libanais et les contributeurs arabes et occidentaux, auraient dépensé 1,5 milliard $ pour rien.

Ces deux passages prouvent magistralement que le 3e gouvernement du mandat du président Michel Aoun, Hassann Diab & Co, est un gouvernement sous l’emprise du Hezbollah. Et pour cela, il n’a pas ma confiance et il ira droit dans le mur. Et plus vite que vous ne le pensez. A part ça, la déclaration ministérielle est excellente, hein ? Logue vie aux autruches et aux imposteurs de la République libanaise, le Liban leur appartient. Un laps de temps ! Paix aux âmes de tous ceux qui sont morts pour la patrie et merci à la communauté internationale, pour tant de sacrifice et d’attention non mérités. 😈


Faut-il accorder la confiance à Hassann Diab, sur la base de la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement libanais ? (Art.728)


🇱🇧 S’il est question de confiance demain, il est forcément question de déclaration de politique générale du nouveau gouvernement sur laquelle nous devons nous baser pour l’accorder ou pas. Technocrates ou non est le cadet de nos soucis. Certains d’entre nous ont dépassé l’âge de croire aux princes charmants et aux sauveurs providentiels 😊

Qui est habitué à ce genre de lecture politique, n’a pas été vraiment surpris par le contenu des 16 pages du « البيان الوزاري » de Hassann Diab et de ses ministres. A première vue, il n’est ni bon ni mauvais, c’est une déclaration et des promesses d’ordre général qui n’engagent que ceux qui les croient. Et pourtant, quand on plonge dans les détails et on lit entre les lignes, on parvient à débusquer le diable à divers endroits. Extraits.

*

• Salaires. Le 20 octobre 2019, j’ai proposé de diviser le salaire de tous les « hauts responsables libanais » par deux, de les lier au salaire minimum du peuple et de les plafonner. Ce n’est pas cela qui nous sauvera de la faillite, mais c’est symbolique, inscrire ce principe dans le marbre et les esprits : une carrière politique ne doit pas conduire à l’enrichissement personnel, même licite. Bingo, après 72 heures de réflexion, le Premier ministre Saad Hariri avait accepté de baisser de 50 % les salaires des actuels et anciens présidents, ministres et députés. Trois mois plus tard, Hassann Diab et la majorité 8-Marsienne ont renvoyé la proposition Baalbaki-Hariri aux calendes grecques.

• Finances. « Lutter contre la contrebande légale et illégale ». La mascarade ! Légale, c’est notamment par le port et l'aéroport de Beyrouth, actuellement tous deux sous le contrôle du Hezbollah, la colonne vertébrale du gouvernement Diab. Illégale, c’est notamment par la frontière syro-libanaise, grande ouverte aux miliciens du Hezb, aux armes, au pétrole, aux dollars et à tous les trafics. Elle n’a jamais été tenue d’une main de fer et ne le sera jamais. Il n’y a pas un seul mot explicite en ce sens dans la déclaration ministérielle.

• Dette. « Élaborer un plan de réduction du service de la dette grâce à la coopération entre le ministère des Finances, la Banque du Liban et les banques privées… Travailler à réduire la dette publique en prenant plusieurs mesures (…) partenariat public-privé. » C’est tout ce que prévoit le gouvernement Hassann Diab et le ministère des Finances de Nabih Berri (la chasse-gardée du mouvement Amal), alors que notre dette est abyssale (150% de notre PIB).

• Transport. « Approuver notamment la stratégie nationale de transport routier, notamment, les chemins de fer, les trains, le métro et le transport maritime. » 90 milliards $ de dette et des ministres pseudo-technocrates qui nous bassinent toujours avec le « métro » à Beyrouth ! Je parie que c’est encore GebB. Il en a parlé en 2013 dans sa BD électorale, « Rêve d’une nation ». Figurez-vous, c’était pour 2020. C'est comme lorsqu'il a promis l'électricité 24h/24 en 2010 pour 2015 😋

• Banque du Liban. « Nomination des vice-gouverneurs de la Banque du Liban. » Alors, vous comprenez mieux maintenant l’offensive contre le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, menée par le Hezb et le CPL ?

• Gaz. « Accélérer l’octroi des secondes licences d'exploration pétrolière et gazière. » Évidemment, c’est la bouée de sauvetage économique. Et heureusement que la révolution a précédé l’exploitation, pétrolière, gazière et financière !

• Déplacés. « Approuver le plan de fermeture du dossier des déplacés… » Si, si, trente après la fin de la guerre ! Bons baisers de Moukhtara, c’était la chasse-gardée de Joumblatt.

• Électricité. Une autre chasse-gardée, du CPL. « Mettre en œuvre le plan qui a été approuvé à l'unanimité le 8 avril 2019… Préparer une étude et développer un plan alternatif prendra plusieurs mois… », blablabla et patati et patata. Hallucinant. Alors que le gouffre du secteur électrique nous coûte 2 milliards $/an, voilà ce que nous sort le ministre de Gebrane Bassil en charge du secteur électrique, après 11 ans de contrôle du ministère de l’Énergie par le Courant patriotique libre ! 30 ans après la fin de la guerre, nous sommes encore au stade de l’ « étude » et du « plan alternatif » pour ramener l’électricité public 24h/24. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, quand l’incompétence épouse la corruption, ça donne le ministère de l'Energie au Liban !

• Israël. « Le gouvernement met l'accent sur le devoir de l'État à déployer ses efforts pour libérer les fermes de Chebaa, les collines de Kafr Chuba et la partie libanaise du village de Ghajar, par tous les moyens légitimes, avec l'affirmation du droit des citoyens femmes et hommes, de résister à l'occupation israélienne, de repousser ses attaques et de reprendre les territoires occupés. » Notez l'insertion surréaliste du terme « citoyens » dans ce texte pour désigner indirectement les miliciens du Hezbollah, ainsi que l'ordre d'arrivée délirant sur le champ de bataille, les « femmes » avant les « hommes », mais voyons ! Tragicomique. C’est la politique de l’autruche dans toute sa splendeur ! Cela donne cette tournure bidon trouvée par un gouvernement sous l’emprise totale de la milice chiite libanaise, afin de justifier encore et toujours « l’anomalie » que constitue la situation du Hezbollah au Liban, responsable par son existence armée et ses interventions miliciennes internes et externes, de plusieurs dizaines de milliards de dollars de dégâts matériels, de pertes économiques et de manque à gagner. Le gouvernement Diab zappe le principal obstacle à la prospérité du Liban d'une manière ahurissante.

• TSL. « Le gouvernement est soucieux de connaitre la vérité concernant le crime de l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri et de ses compagnons. » 21 personnes. Le même tribunal doit encore se pencher sur l’assassinat de Georges Haoui et les tentatives d’assassinat de Marwan Hamadé et Elias Murr, trois personnalités du 14-Mars. Jusque-là, RAS. Hassann Diab et ses ministres ajoutent, tenez-vous bien, « le gouvernement suivra le cours du Tribunal spécial pour le Liban, qui a été créé en principe pour établir la vérité et la justice… » Ils ont osé l'insérer ! « En principe », مبدئياً , parce qu’il faut voir en pratique ce que vaut ce tribunal expéditif, hein ? Et ils s’offusquent quand on leur dit que le troisième gouvernement de Michel Aoun est le gouvernement du Hezbollah par excellence.

Et ce n’est pas fini. Diab & Co rajoute « … loin de toute politisation et de vengeance … ». La meilleure ! Ils doutent de la plus haute juridiction internationale et viennent ensuite demander la confiance de la communauté internationale. Pire encore, ils osent nous balancer en guise de conclusion, « … et d’une manière qui n’affecte pas négativement la stabilité du Liban, ainsi que son unité et sa paix civile ». Palme d'or ex-aequo pour tous les imposteurs de la République libanaise qui prétendent bâtir un État de droit : les « hezbollahi-compatibles », les « idiots utiles » et les « autruches de la révolution » du 17 octobre.

Le Hezbollah et ses alliés préparent donc l’opinion publique au verdict imminent du TSL. Et pourtant, personne n’a d’illusion à ce sujet : cinq membres du parti-milicien chiite du Hezbollah ont exécuté minutieusement un plan d’assassinat visant l’ancien Premier ministre du Liban, Rafic Hariri, sunnite de confession. Les accusés ont même été élevés par Hassan Nasrallah au rang de « saints ». Et dire que Hassann Diab rêve toujours d’être reçu par le mufti sunnite de République libanaise, son gouvernement espère avoir le soutien financier des pays arabes sunnites du Golfe, Michel Aoun pense encore pouvoir sauver son mandat, et tout ce beau monde croit naïvement qu’ils auront la confiance de l’ensemble du peuple libanais !

*

Parlons peu, parlons bien. « Accorder la confiance » à un gouvernement hezbollahi-compatible jusqu’à la moelle, quand on est hezbollahi-incompatible, est antipatriotique (et vice versa). « Boycotter la séance » parlementaire, comme le souhaitent certains pôles du 14-Mars, comme l'a toujours fait le trio du 8-Mars (Hezb-Amal-CPL), est antidémocratique. « Empêcher les députés » d’accomplir leur obligation, comme le souhaitent certains révolutionnaires et des militants du 14-Mars, est anticonstitutionnel. Perdre encore du temps est nuisible pour le Liban. Faut pas rêver, nous sommes face à un dilemme ! Quel que soit notre choix, les ennuis nous rattraperont. La question que nous devons nous poser en ce début de semaine est plutôt de savoir quoi faire étant donné le contexte politique, les enjeux et les risques.

« Mother, should I trust the government? (…) Ooooh aah, is it just a waste of time? » se demande Roger Waters des Pink Floyd dans The Wall. Les réponses sont évidentes. Pour un certain nombre d'entre nous, nous ne pouvons pas accorder notre confiance au gouvernement de Hassann Diab pour diverses raisons. Cela étant dit, nous ne devons pas perdre notre énergie pour le faire tomber. C'est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre, ça détériorera la situation. De toute façon, nous avons mieux à faire : s'opposer à ses décisions quand cela s'avèrera nécessaire, influencer ses choix politiques et préparer la relève électorale. Comme n’importe quel fruit pas sain sur un arbre, il tombera tout seul ; secoué par la tempête ou avec la pointe de l'épée 🤺


vendredi 7 février 2020

« The Silent Leaders » : l’exploitation pécuniaire de la révolution libanaise, le business en famille et le manque de transparence du livre de Mariejoe Raidy (Art.727)


120 $ le livre, consacré à la Révolution libanaise en plus 😳 on s'attendait à un sans faute. Eh bien, c'est complètement raté ! Et pourtant rassembler les œuvres artistiques inspirées par la révolution était une bonne initiative. La sortie de « The Silent Leaders » a donné lieu à une séance de signature organisée hier soir à Beit Beirut (Sodeco). Ce fut l’occasion de dévoiler au grand public des créations de quelques-uns des 200 artistes sélectionnés, comme celles de Tom Young, « an alien Englishman in Beirut » qui peint avec talent et amour notre histoire. Ce fut également l'occasion de découvrir la face cachée du projet.

On retrouve dans les 232 pages du livre des photos, des peintures et des articles rassemblés par une dénommée Mariejoe Raidy. Quand on fouille un peu, on s’aperçoit que le livre couvre la période allant du 18 octobre au 22 novembre. Oups, un mois après le début de la « sawra », certains commençaient déjà à réfléchir comment en tirer profit. Dans l’article complaisant publié par L’OLJ à ce sujet, on retient que l’auteure est une artiste et une altruiste, alors que sur le site de promotion du livre, The Silent Leaders ↓ on découvre qu’elle est surtout « une experte en image de marque, une entrepreneuse sociale et une consultante en affaires ». Business as usual. Il faut dire qu’elle a suivi « un cursus de Graphic Design à l’AUB et un autre en Business Administration ». Sacré mélange, on dirait qu’on est sur la table culinaire du député de Jezzine, l’Assouad.

Qui clique sur le lien pour se procurer le bouquin d’art, est renvoyé sur le site de vente en ligne des imprimeries Raidy. On travaille en famille on dirait ! C’est le mélange des genres qu'on n'aime pas par les temps qui courent.

Dans l’introduction du livre, l’auteure Raidy met tout est en avant pour convaincre les lecteurs. « C’est une protestation d’amour… Rencontrez les leaders silencieux de mon pays, le Liban : les citoyens libanais. » Sur le site du livre, l’éditeur Raidy met tout en lumière pour stimuler les ventes. « La Révolution libanaise du 17 octobre 2019… une collaboration d’environ 200 artistes ».

Mise à jour (dimanche 9 février) : Après la publication de cet article, et le débat qu'il a provoqué, le site internet « The Silent Leaders » dédié au livre de Mariejoe Raidy, ne renvoie plus vers le site de vente en ligne des imprimeries Raidy, où le livre a été édité ! Il nous reste tout de même cette capture d'écran 😊

Tout cela pour 120 $. Les acheteurs et acheteuses potentiels sont persuadés de faire une bonne action en l’achetant, croyant que des droits d’auteur seront reversés aux artistes concernés. Quelle illusion ! Rien de rien ne sera reversé à qui que ce soit, à part aux Raidy, puisque les artistes les ont autorisés à reproduire leurs œuvres gratuitement. Aucun exemplaire ne leur sera même donné en échange. Ils n’ont même pas droit à un tarif préférentiel. Tout artiste intéressé devra acheter le livre comme tout le monde, au prix du marché, fixé par les Raidy.

Aux hésitants, on dit qu’une « partie des bénéfices sera reversée pour soutenir les ONG libanaises ». C’est très bien, mais ça aurait été encore mieux de mentionner le pourcentage et le nom des heureuses ONG. Donner 5% ou 50%, ce n’est pas pareil. Arroser les ONG des friends, ce n’est pas ce que souhaitent les acheteurs du livre et les acteurs de la révolution libanaise. Dans tous les cas de figure, des artistes estiment avoir été roulés dans la farine et des révolutionnaires ont vivement protesté hier contre l'exploitation pécuniaire de la révolution. Ils ont été repoussés par le service d'ordre comme on peut le voir dans cette vidéo.

Enfin bref, « The Silent Leaders » manque beaucoup de transparence. C’est très fâcheux quand on a la prétention de consacrer un livre à la Révolution libanaise, car c’est l’une des principales revendications du soulèvement populaire du 17 octobre 🤔
#لبنان_ينتفض
#كلن_يعني_كلن

PS : Débat sur la page Facebook ↓


jeudi 6 février 2020

Ziad Assouad ne supporte pas d'être traité comme les autres « députés indésirables » du Liban (Art.726)


Il y a des signes de mauvais augure qui ne trompent pas. Avec de l’arak et du hommous, je veux bien, mais manger le kebbé avec la hindbé, tout arroser avec du whisky et tout enfumer avec les volutes du narguilé, non mais comment voulez-vous qu’une telle hérésie culinaire et cette insulte à la gastronomie libanaise se terminent ? En eau de boudine oui ! 😊

*

Pour s’extraire du sale pétrin du côté d'Antélias/Jal el-Dib, Ziad Assouad a appelé à l’aide le député CPL Edy Maalouf et l’ex-ministre de la Défense CPL, Elias Abou Saab, avec leurs gardes du corps. Ça n’a pas suffi. Pour l’extraire du pétrin, on a mobilisé l’armée libanaise. Ça n’a pas suffi non plus. Pour l’exfiltrer la tête haute, il a fallu mobiliser les militants du CPL de la contrée. Bingo, le coq est libéré, il peut enfin fanfaronner. Sûr de lui, maintenant qu’il est protégé et entouré des siens, il s’est livré à quelques بهوريات وعنتريات وتهديد ووعيد .

Si le député Ziad Assouad s’est retrouvé dans un sale pétrin, c’est uniquement par sa faute et la faute de son parti, le Courant patriotique libre (CPL). Un fait, un seul, ce parti contrôle le secteur de l’Énergie depuis 11 ans. Il considère ce ministère vache à lait comme une chasse-gardée. Et pourtant, jamais les coupures électriques n’ont été aussi intenses, même en pleine guerre civile, sous l'occupation syrienne et sous les bombardements israéliens. La gestion désastreuse du secteur électrique au Liban est à l’origine de près de la moitié de notre dette abyssale, 90 milliards $, donc de tout notre malheur économique et financier. Le CPL n’est pas le seul responsable de cette désolation. Le peuple libanais est en partie tout aussi fautif, puisqu'il se sert sans payer depuis des décennies. Le Hezbollah, Amal, le Parti socialiste progressiste et le Futur, sont en pole position également, ils étaient aux commandes du navire, de facto ou de jure, depuis la fin de la guerre en 1990. Mais eux au moins, ils ont la décence de faire profil bas depuis la révolte du 17 Octobre.

Belote et rebelote, le lendemain de l'incident du Metn, le député est encore la cible d'un autre incident du côté de Jounieh-Maameltein. C'est que désormais, les révolutionnaires le traquent par GPS. Et belote et rebelote, il s’est livré de nouveau comme la veille à quelques بهوريات وعنتريات وتهديد ووعيد . Il a beau dire et redire comme la veille que ما حدا بيضهّرنا لا من مطعم ولا من بيت ولا من طريق, Ziad Assouad et ses friends auraient été obligés hier, d’après le propriétaire du restaurant Al-Jazira, de prendre le large et de fuir les révolutionnaires par la mer, sous la protection de la Sûreté de l'Etat.

Avant de partir l'autre soir, le député CPL a tenu à menacer les Libanais :
الرسالة لكل اللبنانيين... ما حدا يلعب معنا، من هلأ ورايح المزح خلص
Mettant ses menaces à exécution dans la région du Kesrouane, des militants non identifiés, mais manifestement pro-Assouad, probablement tournant autour de la mouvance CPL, aux attitudes miliciennes et xénophobes, ont pris à partie plusieurs concitoyens libanais, venant d’autres contrées libanaises, notamment de Tripoli. Ils les ont molestés en leur faisant savoir que les « Tripolitains » n’avaient rien à faire au « Kesrouane ». Et comme c’était prévisible, cette action abjecte a tiré tout le monde par le bas, l'incident secondaire a occulté l'incident principal. Les contre-posts xénophobes à l’égard des « Kesrouanais » ont fait surface sur les réseaux sociaux, sachant ironiquement que le Kesrouane et le Metn sont parmi les régions les plus cosmopolites et mixtes de tout le Liban, que Ziad Assouad n’est pas originaire du Kesrouane (ni son député d'ailleurs), et comble de l’absurde, les molesteurs ne le sont pas non plus, d’après leurs accents. Et le pompon du grotesque, c’est que la distance qui sépare tout ce beau monde, entre Jounieh et Tripoli, n’excède pas les 63 km et que ce fait divers éloigne les Libanais de l’essentiel.

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Ziad Assouad n’a pas supporté qu’on le culpabilise de prendre du bon temps comme si de rien n’était, dans un bon restaurant de la côte méditerranéenne alors que le peuple libanais trime, et de se faire plaisir et se délecter de mets relevés et exquis, alors que les Libanais trinquent. Gare aux protestataires qui ont classé Ziad Assouad dans la catégorie des députés indésirables par les temps qui courent. Gare à celles qui l’ont invité à débarrasser le plancher et à raser les murs dorénavant. Gare à ceux qui voulaient le mettre sur un pied d’égalité avec les autres personnalités qui ont la malchance de croiser la route d’un peuple en colère contre une classe politique pourrie et corrompue qui le gouverne et suce son sang depuis la nuit des temps.

Aux dernières nouvelles, le député du CPL a menacé de se servir de son arme, « si ma dignité et ma sécurité personnelle sont en jeu ». La révolution se doit donc de continuer contre les pratiques miliciennes de Ziad Assouad et consorts, avec intelligence, pour plus d'efficacité, loin des Kangaroo Courts, quelle qu’en soit leur nature 🤺 Dans ce long combat, les enfants de la patrie, de Tripoli comme de Jounieh, de Tyr comme de Beiteddine et de Beyrouth comme de Baalbek, seront unis comme les doigts de la main et les branches d'un Cèdre du Liban 🇱🇧


mardi 4 février 2020

Une plainte contre les restrictions financières drastiques imposées par les banques au Liban (Art.725)


Pour l’info elle-même, il n’y a pas de doute la démarche judiciaire contre l’Association des banques du Liban finira en eau de boudin. Si j’étais le juge chargé de la question, je les débouterais sur le champ. L’intérêt suprême de la patrie l’emporte sur les actions nombrilistes, l’intérêt collectif du peuple libanais tout entier dépasse celui des individus.

Ça ne sert à rien de se mentir et de tirer des plans sur la comète. Aujourd’hui, si on lève les restrictions financières au #Liban, avant que le gouvernement libanais n’ait la confiance parlementaire et ne se mette sérieusement au travail, qu’un plan politique ne soit adopté pour relancer l’économie libanaise, des réformes structurelles ne soient mises en œuvre, la chasse à la corruption et au gaspillage de l’argent public ne soient engagée, la restructuration de la dette publique ne soit programmée, les milliers de millions de dollars ne soient retirés des bas de laine, la fuite des billets verts vers la Syrie ne soit stoppée, plusieurs milliards de dollars arabes et occidentaux frais ne soient injectés dans l’économie libanaise, le marché financier et nos compatriotes ne retrouvent la raison et une certaine sérénité, eh bien, il ne faut pas être doublement diplômé de Stanford et de la Sorbonne pour imaginer qu’une frange des Libanais se précipitera pour retirer ses dépôts bancaires, l’effet de foule et la crise de panique amplifieront les retraits, les banques seront rapidement dévalisés, elles finiront par déposer le bilan et la Suisse de l’Orient ira rejoindre l’Atlantide de Platon, engloutie par les flots de la bêtise humaine dans un cataclysme provoqué par l’irresponsabilité légendaire des dirigeants et du peuple libanais à la fois. Inutile de dire que c’est dans l’intérêt de personne, à part de celui des autruches qui ont une tendance suicidaire et des bobos-cocos-zozos de la révolution du 17 octobre qui prennent les vessies pour des lanternes.

Cela étant dit, si j’ai partagé cet article de L’OLJ avec vous, c’est autant pour la photo que pour l’info elle-même. Regardez-la bien, il y a de quoi écrire une thèse sur la psychologie de la société libanaise. Monsieur Salopette est aux anges. Maintenant que c’est enfin son tour, il prend tout son temps. Il est accroché au distributeur de billets, il déguste ce moment d’intimité devenu si rare de nos jours. Son compte est toujours là, Jean de La Fontaine avec sa fable-malheur peut aller paître chez les Grecs, le solde n’a pas bougé, il va pouvoir se servir avec délicatesse et une grande joie. C’est qu’on ne connait la valeur d’une chose que lorsqu’on la perd ! Il a beau entendre Jésus de Nazareth lui chuchoter à son oreille, « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur », il reste imperturbable et se dit, à chaque chose son temps.

Et comme à toute bonne chose une fin, il doit céder la place. Il est triste de partir et d'abandonner son solde aux rapaces de la finance. Son malheur fait le bonheur des autres, sauf qu’on a un gros problème. Regardez bien, il n’y a pas de doute, il faudra une étroite collaboration entre un mathématicien médaillé Fields et un informaticien spécialiste des algorithmes, pour deviner qui sera l’heureux élu qui pourra remplacer Monsieur Salopette, parmi les six personnes qui se tiennent en cercle rapproché autour de la machine à sous, sans déclencher une révolte ! Oui bien sûr, les six protagonistes le savent très bien en vertu d’un accord non-dit tacite conclu entre eux par le clignotement des yeux et que nous vilains observateurs ignorons. Si chacun d’eux sait qui est devant lui, il ignore totalement l’ordre d’arrivée à l’ATM.

Les protagonistes avaient le choix. Option A, se mettre dans une file d’attente, en file indienne et à la queue leu leu, où tout est clair, qui est devant qui et qui est après qui. Option B, se mettre au hasard, où tout est compliqué par l’obligation imposée à tout arrivant de mémoriser non seulement le nombre, la tête et l’emplacement GPS de ceux/celles qui étaient avant lui (afin de suivre leur déplacement sur le trottoir car le Libanais a la bougeotte !), mais aussi, de ceux/celles qui viendront après lui, notamment de la catégorie spéciale des petits malins qui prétendront qu'ils étaient là, mais que la voiture est en double file, que la belle-mère s'impatiente, et patati et patata et blablabla. La première solution est simple et sans aucun risque de conflit. La seconde est compliquée et avec un grand risque de conflit entre les protagonistes. Et si cette dernière a été préférée, c’est hélas parce que l’indiscipline, le non-respect des règles et la volonté de doubler les autres font partie de la nature profonde d’une grande partie des Libanais. Eh oui, je vous l’ai dit et redit, et vous ne voulez pas me croire, il n’y a pas que le comportement des politicards qui posent problème au Liban 😊


lundi 3 février 2020

Que faire pour sortir des restrictions financières drastiques imposées par les banques libanaises ? (Art.724)


Puisque nous sommes en petit comité, petite confidence. On a tous les yeux rivés sur le bulletin de santé économique de notre banque, ne me dites pas le contraire ! Nous prions matin, midi et soir, pour que Dieu bénisse Bank Audi et ses consœurs et les préserve du malheur de la faillite, la samahallah, et de la bêtise de certains Libanais, qui n’ont plus qu’une obsession en tête, retirer leur argent pour le mettre au fond du jardin, sous l'oreiller et dans les bas de laine, et filmer leurs crises hystériques et les poster sur les réseaux sociaux. Avec ces bêtises, ce n'est pas demain la veille que nous disposerons librement de nos comptes, au plus grand bonheur de nos banquiers.

Désormais, à partir de ce jour, Bank Audi fixe le nombre de retraits des comptes en dollars à deux fois par mois et le plafond des retraits à 600 $/mois (pour les soldes inférieurs à 100 000 $) et à 1 000 $/mois (pour les soldes entre 100 000 $ et 1 000 000 $). Pour les comptes en livres libanaises, le nombre de retraits est illimité dans la limite de 25 millions LL/mois, soit près de 12 500 $/mois. Dans un pays normal, cette dichotomie ne devrait pas exister tout court, à grande échelle au moins, sauf au Liban et au Zimbabwe, qui a connu une inflation de 2,2 millions %, l’ayant conduit à mettre en circulation des billets de 100 000 milliards de dollars zimbabwéens. Ça remonte le moral, nous avons encore de la marge. Mais nous sommes dans un sacré pétrin quand même. Pour s’en sortir, il va falloir prendre des décisions à l’échelle individuelle comme au niveau gouvernementale. Faisons un brainstorming, que faut-il faire précisément à votre avis ? QCM à réponse multiple.

◾️ A. Convertir les comptes $ en LL (c’est sans doute le but de Bank Audi & Co), volontairement ou par la force (il faudra une loi pour cela !)
◾️ B. Interdire l’usage populaire du dollar américain au Liban (et le limiter bien sûr aux transactions internationales indispensables)
◾️ C. Abandonner la livre libanaise et adopter définitivement le dollar américain comme monnaie nationale (le Zimbabwe l’a fait en 2009 d’ailleurs ; mais bon, le pays de Mugabe n’est pas une référence financière !)
◾️ D. Obliger les Libanais arabophones sur les réseaux sociaux à utiliser la livre libanaise, les anglophones le dollar américain et les francophones l’euro (61 % des réserves de changes en devises allouées dans le monde sont en $, 27 % en €, il est peut-être temps de diversifier)
◾️ E. Faire une campagne de propagande sur la possibilité de contamination des billets de dollars avec le Coronavirus (eh oui, les billets de banque sont des nids à microbes)
◾️ F. Tourner la page de la monnaie (qui arrivera tôt ou tard, soyons pionniers en la matière !) et imposer la carte bancaire pour toutes les transactions financières quotidiennes effectuées au Liban (par les Libanais, comme par les étrangers, notamment les réfugiés syriens).


C'est l'histoire de Félicienne, la chatte astronaute française envoyée dans l'espace en 1963, puis euthanasiée à son retour pour être étudiée !







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