samedi 30 mai 2015

Finale de la FIFA : le Corleone suisse contre le prince arabe, le match Nord/Sud (Art.290)


C’est un euphémisme de dire que Joseph Sepp Blatter‬ est une personnalité contestée. « Vito Corleone », comme on le surnomme, a transformé la FIFA‬ en « une petite mafia ». Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a « toujours fermé les yeux et profité de ce système ». Il n’a pas su faire face aux scandales de corruption qui ont éclaboussé la fédération au cours de sa présidence, notamment en ce qui concerne l’attribution contestée en 2010 de la Coupe du monde de football‬ de 2022, au Qatar‬. Même s’il est blanchi à l’heure actuelle, il n’est pas sûr qu’il puisse sortir indemne de la tempête judiciaire transatlantique qui frappe la FIFA depuis mercredi, et qui a conduit la procureure générale des Etats-Unis à demander l’arrestation de hauts responsables de la FIFA, pour « racket, fraude, blanchiment d'argent, corruption, pots-de-vin et commissions... (en usage) depuis 24 ans ». Il faut dire que cette « association à but non lucratif », mdr, fondée en 1904 à Paris, brasse beaucoup d’argent de nos jours : 4,5 milliards $ de recettes télévisuelles et commerciales. C’est très bien pour le foot sauf que la FIFA consacre plus d’argent pour ses charges de fonctionnement que sur les programmes de développement de ce jeu dans le monde. Le train de vie de ses membres au vu et au su de tous, laisse perplexe quant à la capacité de Blatter d’assainir la fédération lors de ce 5e mandat, à 79 ans en plus. L’Europe et l’Amérique du Nord voulaient tourner la page du vieux Corleone et confier la FIFA au jeune et honnête prince Ali Bin al-Hussein. L’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, en ont décidé autrement. Une chose est sûre, ce qui s’est passé dans le luxueux hôtel du Baur au Lac à Zurich marquera l’histoire de la plus puissante fédération sportive au monde.

© 2011-2020 Bakhos Baalbaki