mercredi 1 juillet 2020

Le juge de Sour s'est prononcé "au nom du peuple libanais" avec la permission de "mon souverain l’imam Hussein" et de "mon souverain Ali le Grand" (Art.811)


Un dernier mot avant de tourner la page de la mascarade qui a mis un peu de joie et de fierté dans les esprits des « idiots utiles » du Hezb, le temps que le ministre libanais des Affaires étrangères retourne au travail. Après ce weekend grotesque marqué par la tentative du juge de Sour de museler les médias libanais, sous-prétexte de leur interdire d’interviewer l’ambassadrice des Etats-Unis au Liban, afin de créer une « jurisprudence » pour faire taire toute critique du parti-milicien par les citoyens libanais du pays du Cèdre, Nassif Hitti a convoqué Dorothy Shea lundi.

Côté libanais, c’est la langue de bois pour éviter le ridicule qui tue. « La discussion a été franche (…) concernant les développements actuels, les relations bilatérales et la coopération entre les deux gouvernements ». Hitti a souligné aussi l’importance de la liberté d’expression et d’information au Liban, qui sont des « droits sacrés ». Bon, disons que le ministre a compris qu’il faut éviter l’ânerie commise début mai, quand il a convoqué l’ambassadeur allemand, après l’interdiction des activités du parti milicien chiite libanais en Allemagne, pour lui signifier que le « Hezbollah est une composante politique essentielle du pays qui représente une large catégorie du peuple et qui fait partie du Parlement libanais ». D'ailleurs c'est mot à mot ce qu'a dit le juge de Tyr pour justifier son jugement bidon. Les pauvres ils ont tous les deux été frappés d’amnésie sélective, ils ont oublié de préciser à tout hasard que le Hezb est accusé aussi de l’attentat terroriste commis en plein coeur de Beyrouth le 14 février 2005 ayant tué un ancien Premier ministre du Liban, Rafic Hariri, et 21 autres personnes.

La vérité sur la rencontre, il faut la chercher du côté américain. « La question la plus importante dont nous avons discuté était la décision judiciaire. Nous avons tourné la page sur la décision malheureuse dans laquelle je vois un détournement de l’attention (des Libanais) de la détérioration de la situation économique au Liban (…) Les États-Unis sont prêts et continueront d'aider le peuple libanais tant que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour s'attaquer aux causes de la crise ». Tu peux rêver ma chère Dorothy !

Le meilleur c’est pour la fin, ce post du juge Mohamad Mazeh, par lequel le grotesque est arrivé. Après avoir appris que ses supérieurs le convoqueraient pour s’expliquer, il a saisi les réseaux sociaux pour se protéger. Décidément ce juge a séché beaucoup de cours de droit au cours de ses études. On se demande comment a-t-il pu obtenir son diplôme, sans jamais entendre parler du « devoir de réserve » qui interdit au fonctionnaire d’utiliser sa fonction pour faire de la propagande. Enfin, hier dans l’après-midi, il est sorti de son silence et il n'aurait pas dû le faire.

« N’ai-je pas raison ? Évidemment, si Allah le veut. Par conséquent, je m’en fous d’être sanctionné ou pas. Louage à Allah, Seigneur des mondes, avec la permission de mon souverain l’imam Hussein et mon souverain Ali le Grand… » Non non non, ce n’est pas la prière d’un docteur en théologie. C’est le constat d’un magistrat libanais qui commente les conséquences d’une décision judiciaire prise « Au nom du peuple libanais », qui pouvait avoir des conséquences gravissimes sur les Libanais, les médias du Liban et les relations du Liban avec la plus grande puissance au monde, les Etats-Unis. لا حول ولا قوة الا بالله, يا يسوع دخيل اسمك . Nous avons eu droit à tout -Allah deux fois, seigneur, souverain deux fois, imam, Ali et Hussein- et pas un seul mot de droit ! Et vous avez toujours des « idiots utiles » du Hezb qui viennent vous expliquer en l’an de grâce 2020, comment le Liban a retrouvé sa dignité et sa souveraineté avec la décision stupide de cet homme et que le pays du Cèdre doit se tourner vers l’Est et s'aligner sur l'axe Damas-Téhéran-Pékin. Et dire qu’à « Berytus » notre Beyrouth de jadis, il y a moins de 1 500 ans, se situait la plus importante école d'enseignement et d'étude du droit et de la jurisprudence de tout l’Empire romain, détruite par un séisme en l’an 551. Nul doute à ce sujet, la bêtise qui frappe le Liban actuellement est le plus puissant des séismes de tous les temps.

#L_iranisation_du_Liban_ne_passera_pas 🇱🇧


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