jeudi 2 juillet 2020

En 2030, le taux de change du dollar américain au Liban pourrait être à 500 000 LL ! (Art.812)


Vision 2030 🇱🇧 Flashback 2020. Le Liban traverse l’une des pires périodes de son histoire. Ce n’est pas la pire, il y a eu plus graves. Je pense surtout au désastre économique sous le règne d’Amine Gemayel/Rachid Karamé, Michel Aoun Premier ministre, Elias Hraoui/Omar Karamé (1982-1992) et les députés de l’époque (1972-1992). A cause de tout ce beau monde, le dollar américain a grimpé de 5 LL à 1 700 LL, soit une augmentation de 34 000 %. Eh oui ! Rapporté à la situation actuelle, il faut imaginer un dollar sautant de 1 500 LL à 500 000 LL en dix ans. Le Liban vision 2030, c’est bonjour le Venezuela, bienvenue au Zimbabwe, avec son billet mythique de "cent mille milliards de dollars", si nous ne décidons pas de nous révolter 🤺

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Certes, nous avons encore de la marge mais avec un dollar qui s’approche de la barre des 10 000 LL, le pire est encore à venir. C’est inéluctable parce le quintet infernal au pouvoir, Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah & Co, ministres et députés inclus, la poule mouillée d'Achrafieh comprise, « n’est pas bon à rien, il est mauvais à tout ». Concentrons-nous sur le pouvoir exécutif.

• On a un président de la République Michel Aoun et un chef de Parlement Nabih Berri, qui ont beau se montrer en pleine forme, ont l’âge de leurs artères, octogénaires, et qui passent plus de temps sur leurs ennuis de santé que sur les dossiers financiers.

• On a un président de l’ombre Gebrane Bassil qui se prend pour Don Quichotte de la République libanaise et qui a réussi l’exploit de ramener les Libanais de la voiture à l’âne et de l'électricité à la bougie en à peine 12 ans.

• On a le chef d’un parti milicien islamiste, Hassan Nasrallah, qui se prend pour le Guide suprême de la République libanaise et qui a réussi l’exploit de transformer la Suisse de l’Orient en Venezuela de l’Asie en moins de 30 ans.

• On a un grand narcissique Hassann Diab, un dyslexique du Sérail qui se teint les cheveux et qui explique devant son miroir malgré le désastre en cours qu’il a « réalisé 97% de son programme » alors qu’il n’a pas encore franchi la barre des 3% de ce qui est demandé.

• On a une ministre de la Défense Zeina Akar qui nous annonce que « la communauté internationale a fermé ses portes à ce gouvernement » au lieu d’aller fermer la frontière syro-libanaise pour inverser la tendance, ou encore mieux, de la boucler.

• On a un ministre de l’Intérieur Mohammad Fehmi ex-militaire qui avoue sans aucune gêne avoir tué deux miliciens durant la guerre (Kataeb/FL probablement) et jure fidélité à celui qui l’a protégé de la cour martiale, Michel Aoun.

• On a une ministre de la Justice Marie-Claude Najm experte financière qui agresse le gouverneur de la banque centrale Riad Salamé mais qui zappe son domaine d’activité, le rejet des nominations judiciaires par le président de la République.

• On a un ministre des Affaires étrangères Nassif Hitti qui rappelle à l’ambassadeur d’Allemagne que le Hezbollah est une composante du Liban mais oublie qu’il est poursuivi dans l’attentat terroriste du 14 février 2005 par le TSL.

• On a un ministre de l’économie Raoul Nehmé qui se contredit deux fois par jour.

• On a une ministre de l'Information Manale Abdel Samad qui nous annonce avec son joli minois que le gouvernement ne s’est pas excusé pour le jugement stupide pris par un juge égaré à Sour alors que l’ambassadrice américaine avait affirmé le contraire.

• On a un ministre de la Santé Hamad Ali Hassan qui conseille aux Libanais de rester chez eux avant d’aller faire un bain de foule non masquée dans la Bekaa porté sur les épaules des militants du Hezbollah.

• On a un ministre de l’Énergie Raymond Ghajar qui se bat pour imposer en pleine crise économique la construction d’une troisième centrale électrique dans le fief de Gebrane Bassil, le Batroun.

• On a un ministre des Finances Ghazi Wazni le soi-disant technocrate, qui a un rôle important dans les négociations avec le FMI actuellement, qui fait savoir que son parti (Nabih Berri) refuse l’audit approfondi sur les comptes de la Banque centrale par une société reconnue sous prétexte, avancé par les deux ministres du Hezbollah, qu’elle serait liée à Israël, car ses experts seraient de confession juive, et qu’il y a « un risque sérieux que certaines informations soient divulguées à des entités hostiles. » Non sans blague, comme quoi, que le Liban est au bord de la faillite ?

• Et on a un tas de ministres aux abonnés absents et qui ne servent absolument à rien, à part à s'engraisser au frais de la princesse, l'Etat et les Libanais.

• Et on a d’innombrables conseillers, des Alain Bifani à la pelle, qui accusent le système actuel alors qu’ils sont le système depuis la nuit des temps, qui dénoncent l’impasse dans laquelle on se trouve alors que ce sont eux qui nous y ont conduits, qui refusent d’être complices alors qu’ils sont les fautifs, qui quittent les ministères à temps, comme les rats fuient les cales des navires naufragés, afin de ne pas avoir à rendre des comptes devant le tribunal du peuple libanais.

Non mais comment voulez-vous que cette bande de guignols nous sauve du pire moment de notre histoire ? Qui ne veut pas faire les réformes nécessaires au Liban ? Qui a peur d’un audit approfondi des comptes publics ? Qui craint qu’on découvre comment l’argent public a été gaspillé au cours de toutes ses années ? Qui a la trouille qu’on dévoile le degré de corruption de la classe politique libanaise qui a ruiné les Libanais et placer le Liban au bord de la banqueroute ?

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Nous sommes face à un grand scandale et un danger existentiel. Ce détail gravissime sur les tergiversations à effectuer un audit sérieux est à mettre en perspective avec certaines infos qui circulent en coulisse. A l’issue de la 16e réunion du Liban avec le FMI, Martin Cerisola, le directeur adjoint du FMI et chef des négociateurs internationaux, aurait fait savoir à ses interlocuteurs libanais que « malgré six semaines de négociations, nous n’avons pas avancé d’un iota (…) vous ne pouvez pas continuer comme ça, vous n’êtes pas sérieux dans la mise en œuvre du plan financier et des réformes (…) et tant que vous ne l’êtes pas, les négociations n’ont aucun intérêt ». Affligeant. Une classe politique nase croit que la communauté internationale va encore lui filer des milliards de dollars de l'argent des contribuables occidentaux et arabes, sans contrepartie, sans engagement et sans preuve que les fonds ne seront pas gaspillés et pillés comme à l'accoutumée.

L’histoire se répète. Si nous voulons éviter le scénario catastrophique des années 1982-1992, que le dollar passe de 1 500 LL à 15 000 LL, et continue son chemin vers les 500 000 LL, il est temps de descendre massivement dans les rues et sur les routes pour réclamer la chute du gouvernement de Hassann Diab. Pas parce que c'est une bande d'imposteurs, narcissiques et pas sérieux, mais parce qu'aujourd'hui ils représentent un véritable danger pour le Liban et pour les Libanais.


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