samedi 13 juin 2020

Le quintet Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah oblige Riad Salamé à injecter les dernières réserves de dollars des Libanais sur le marché au Liban, sachant que les billets verts partent massivement en Syrie ! (Art.800)


🇱🇧 Quel rapport entre ces gracieuses femmes peintes par John William Waterhouse en 1903 et la situation financière du Liban en 2020 ? Faites défiler la peinture vous découvrirez à quel point ce tableau résume à merveille le calvaire que nous vivons actuellement dans notre bien-aimé pays. Nous y reviendrons avec plus de détails, voyons d'abord le contexte. Après l’envolée délirante du dollar américain, passant de 1 500 LL à 5 000 LL et jusqu’à 7 000 livres libanaises, en quelques mois, c'est le branlebas de combat au plus haut sommet de l’État qui a donné beaucoup d'espoir aux Libanais. Nous avons osé espérer qu'aux grands maux les grands remèdes ! Sauf qu’au Liban, nos dirigeants font tout à l'envers. Ils ne sont même pas bons à rien, ils sont mauvais à tout.

Pour remédier à la situation financière alarmante du pays, le pouvoir officiel, le trio Aoun-Diab-Berri pour être précis, et le pouvoir officieux, le duo Bassil-Nasrallah, a imposé au gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, d’injecter des milliers de milliers de dollars sur le marché à partir de lundi ! Il ne faut pas être triplement diplômés du MIT, de HEC et d’Oxford pour comprendre que cette décision irresponsable est d’une stupidité inqualifiable. C'est un véritable crime contre le peuple libanais qui est commis avec préméditation.

• Primo, parce que les politicards libanais ne veulent jamais puiser dans leurs comptes bancaires personnels et dans les fonds volés par la classe politique corrompue. Encore une fois et comme toujours, ils piochent dans les réserves financières de la Banque du Liban, donc dans celles des banques privées. Il n'y aura donc aucun mystère, c'est de l'argent des Libanais dont il sera question.

• Secundo, parce que le trio officiel et le duo officieux ne font rien pour ramener la confiance au Liban, comme l’ont prouvé la mascarade des nominations des hauts fonctionnaires répartis entre les fromagistes des ex-8Mars (même Frangié négociait sa part sous la table !), la non-promulgation des nominations judiciaires et le renvoi des projets de lois anti-corruption (notamment sur l’indépendance de la justice, la levée des secrets bancaires sur les transactions financières individuelles et familiales, et la récupération des fonds volés) aux calendes grecques.

Pire encore, ils font tout ce qui est possible et imaginable pour que les Libanais perdre confiance dans l’avenir de leur pays. Allocution après allocution, comme celle prononcée aujourd'hui même, le Premier ministre Hassann Diab prouve non seulement qu'il est un grand narcissique imbu de lui-même et don quichotte à ses heures perdues (ex-aequo de GebB), mais qu'il est aussi entièrement soumis au diktat de ceux qui l'ont installé au Grand Sérail, Hassan Nasrallah et Gebrane Bassil. Cela est confirmé entre autres par son volte-face sur la construction inutile de la centrale de Selaata/Batroun (refusée, puis acceptée sous la menace de ce dernier de retirer ses ministres, alors que ça coutera plus de 200 millions $ rien que pour les expropriations !) et son mutisme sur le saccage organisé des commerces du centre-ville de Beyrouth par la horde de motocyclistes à la solde du duo chiite Hezb-Amal, qui n'a même pas sorti les ministres de l'Intérieur et de la Justice de leur sommeil, soit dit au passage.

Pour ce qui est de la hausse du dollar précisément, les dirigeants libanais ne s’attaquent pas aux racines du mal : les bureaux de change illégaux des fiefs du Hezbollah (qui contrôlent sur le terrain le taux de change), l’hégémonie du parti-milicien chiite sur le port et l’aéroport de Beyrouth, les milliers d’emplois fictifs dans l’administration, l’hémorragie des finances publiques sur le secteur électrique (responsables de la moitié de la dette abyssale de 90 milliards de dollars) et j’en passe et des meilleures.

• Tertio, parce que c’est un secret de Polichinelle, les dollars américains du Liban partent massivement en Syrie, avec la complicité du pouvoir libanais, pour sauver le régime syrien de l'effondrement économique. C'est que le taux de change à Damas connait lui aussi une hausse vertigineuse, bien pire que la nôtre. Le billet vert valait 46 livres syriennes la veille de la révolte en mars 2011. Il est passé progressivement, au fur et à mesure du triomphe en trompe-l'oeil de Bachar el-Assad, à 1 030 LS en janvier 2020. Il a continué son ascension à 1 800 LS il y a quelques semaines et à 3 200 LS la veille de l’entrée en vigueur des lourdes sanctions américaines contre le régime criminel syrien, la loi César. La Syrie est aujourd’hui un gouffre pour les dollars libanais et un paradis pour les spéculateurs sans scrupules ni vergogne des deux pays.

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Parlons peu, parlons bien. Le quintet infernal, Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, s’imagine freiner la hausse du dollar au Liban en injectant les dernières réserves en dollars des Libanais sur le marché économique et financier. C'est d’un amateurisme affligeant qui ferait dire à certains qu’il serait judicieux de placer le Liban sous la tutelle de l’ONU ! Au train où vont les choses, et si nous ne révoltons pas !, nous aurons bientôt des chiffres sur les relevés bancaires qui ne correspondront à rien, comme ce billet de cent mille milliards de dollars du Zimbabwe qui me sert de photo de couverture. Nous connaitrons une inflation à un million pour cent comme le Venezuela. Le tout par la faute d’une classe dirigeante incompétente qui devrait démissionner sur le champ et raser les murs, en attendant le jugement dernier. Aux grands maux les petits remèdes, la fuite en avant et la politique de l’autruche. Tout est décidé en dépit du bon sens par ces cinq personnes. Si nous ne protestons pas tout de suite, le pire est à venir, ça ne peut qu’empirer.

On peut injecter tous les dollars des États-Unis d’Amérique au Liban, nous n’échapperons pas à notre destin. Nous serons comme les cinquante filles du roi Danaos dans la mythologie grecque, qui ont été contraintes de remplir un tonneau pour expier leur pêché, d'avoir tué leurs époux la nuit de leur noce, les quarante-neuf fils du roi Égyptos, leurs cousins, qui projetaient de les tuer. C'est l’histoire d’une famille compliquée avec une morale, cela ne servira absolument à rien, nous resterons aux Enfers comme les Danaïdes, condamnées jusqu’à la fin des temps à remplir un tonneau troué. Revenons sur Terre, notre dollar continuera son ascension vertigineuse car rien n’est fait pour résoudre le problème à la racine, comme évoqué précédemment. Mais pourquoi diable avons-nous deux monnaies déjà ? Oh, c’est une longue histoire. Personne n'aimerait se rappeler quand tout avait commencé.

Le quintet au pouvoir en général, Hassann Diab et ses ministres en particulier, ont perdu toute crédibilité aux yeux d'une grande partie des Libanais. Ils doivent démissionner ou corriger le tir sans plus tarder. Pour les placer sous pression, nous devons manifester massivement et sans relâche dans la rue et sur les réseaux sociaux demain, dimanche et les jours suivants, notre opposition à la mesure stupide qu’ils ont prise, « l’injection » des dernières réserves du peuple libanais dans le tonneau troué des économies du Liban, et d'une Syrie en ruine, c'est un comble ! Pour commencer, nous devons crier haut et fort et réclamer à cor et à cri la fermeture hermétique sur le champ des passages illégaux entre les deux pays et le contrôle d’une main de fer de la frontière syro-libanaise, enfin !, afin d'interdir jusqu'à nouvel ordre la sortie des dollars américains du Liban vers la Syrie.



Quel destin pour le Liban : le Venezuela ou le Zimbabwe ?



vendredi 12 juin 2020

La ministre libanaise de la Justice Marie-Claude Najm, préfère commenter les affaires financières, mais pas les affaires judiciaires ! (Art.799)


Elle était présentée pendant la période de grâce des 100 premiers jours de sa prise de fonction au ministère de la Justice, comme la crème de ce gouvernement. Que de naïveté ! Marie-Claude Najm vient de se démasquer au grand jour, c’est une partisane étriquée du Courant patriotique libre qui l’a nommé et du Hezbollah qui a accepté sa nomination. Elle est intervenue, au cours de la réunion d’urgence qui s’est tenue au Grand Sérail ce matin, bien énervée pour faire savoir un tas de choses. Disons qu'elle a raté une bonne occasion de se taire comme le prouvent ces extraits marquants de son intervention.

وتوجهت بكلامها الى حاكم مصرف لبنان بالقول: انت مسؤول (...) يللي حامل ٤٠٠٠ $ على الموتوسيكل بالضاحية مش هو سبب الازمة. ١٧ تشرين مش سبب الازمة. هذه نتائج الازمة... انت مسؤول عن سلامة النقد الوطني وضروري تلاقي حل. مش عم افهم صرلكم اشهر تصدرون تقارير تطمئن لسلامة الليرة واذا بالدولار يقفز دون رقيب او رادع. فيك تضبط الوضع ام لا؟ اذا نعم تفضل قول كيف وهلق مش بكرا. واذا لا، تنعرف ونستنتج ولكن لن نقبل بعد الان بالوعود الفارغة. وما تقوم به يحملك مسؤولية جزائية

Waouh, 4 000 $/motocycliste et elle ne trouve pas ça louche! Chérie, cela fait beaucoup de dollars qui se baladent dans la nature. Alors les amis, soit notre brave ministre de la Justice fait l'autruche, soit elle l'est vraiment. Le dollar entre 5 000 LL et 7 000 LL est le résultat entre autres, du manque de confiance des Libanais dans un gouvernement de fromagistes hezbollahi-compatibles, des spéculations des spéculateurs sans vergogne des bureaux de change illégaux des fiefs du Hezbollah que le gouvernement de Hassann Diab n'est pas fichu d'interdire et du trafic hémorragique des dollars du Liban vers la Syrie car le pouvoir Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah s'obstine à garder la frontière syro-libanaise grande ouverte. Ainsi, soit Marie-Claude Najm et ses collègues ont une petite idée comment y remédier, qu'ils nous l'expliquent sur le champ, soit ils devront partir se tourner les pouces et bronzer sous d'autres cieux avec leur propre argent. Nous ne regretterons pas un Conseil de ministres fantoches et narcissiques.

وضعنا خطة مالية... اصطدمنا بعدم وجود ارادة في مجلس النواب لاقرار القوانين بالصيغة التي تحقق فعلا مكافحة الفساد

Palabres. A l'heure de vérité, le CPL n'a pas voté les lois anti-corruption au cours des trois jours législatifs de l'Unesco en avril, le Hezb et les FL si. Quant au plan financier, cela ne relève pas de la compétence d'un ministre de la Justice ! Elle n'a qu'à s'occuper de ses oignons et à balayer devant sa porte. Force est de constater que Marie-Claude Najm s'est trompée de cible ce matin. Ce n'est pas Riad Salamé qu'elle aurait du attaquer violemment mais le Michel Aoun qui l'a nommé. Le président de la République a affirmé qu'il est soi-disant "le parapluie protecteur des juges face aux pressions politiques", alors qu'il a refusé de signer le décret des nominations élaborées tant bien que mal par le Conseil supérieur de la magistrature, pour combler les postes judiciaires vacants et renforcer l'indépendance de la justice libanaise, dans l'espoir de juger un jour les politiciens libanais corrompus et récupérer les fonds qu'ils ont volé. On ne l'a pas entendu protester avec autant d'ardeur que ce matin. Quelle mascarade ! Eh oui Madame, si la parole est d'argent, le silence est d'or parfois.


Le dollar à 7 000 LL fait éclater la colère des Libanais dans la rue. Mais au Liban, une révolution peut en cacher une autre (Art.798)


1 $ = 7 000 LL, qui l'aurait cru ? C'est après une interminable journée. Et ce n'est pas fini. Les commerces ont fermé leurs portes précipitamment, ne pouvant plus faire face à la hausse continue du taux de change. Des routes ont été coupées et des émeutes ont éclaté au cours de la soirée aux quatre coins du #Liban. Et ce n'est pas fini non plus. Tout indique que nous nous engageons dans une nuit polaire. Les jours ensoleillés, ce n'est certainement pas pour demain. La relation de cause à effet est évidente, mais qu’on ne s’y trompe pas, une révolution peut en cacher une autre.

► D’un côté, on retrouve des Libanais en colère. Ils s’appauvrissent à vue d’œil pendant que leur narcissique Premier ministre s’enorgueillit d’avoir réalisé 97% de son programme en 100 jours. Des compatriotes écœurés par des dirigeants éhontés, ! ما معقول شو وقحين , qui continuent à faire du Liban une République bananière comme si le soulèvement du 17 octobre n'a jamais existé. Et ce ne sont pas les raisons de l'être qui manquent.

• Le soi-disant gouvernement de technocrates qu’ils ont formé a partagé les postes vacants entre les "fromagistes" comme disait le général Fouad Chehab, des ex-8Mars, sans honte et sans scrupules, notamment ceux concernant le secteur bancaire et financier, huit mois à peine après la révolte de la population libanaise, allant jusqu’à avancer la date de la réunion du Conseil des ministres afin de pouvoir nommer un physiothérapeute de formation svp à la tête du ministère de l’Economie d'un pays endetté à hauteur de 100 milliards de dollars, avant qu’il ne soit exclu par la limite d’âge. Merci qui ? Merci Nabih Berri qui considère la présidence du Parlement et le ministère des Finances comme ses chasse-gardées, ملك بييو , depuis 28 ans pour la première.

• Un gouvernement incapable de s’opposer à la magouille financière de la construction inutile d’une centrale électrique à Selaata/Batroun, qui nécessite rien que pour les expropriations, plus de 200 millions de dollars, en pleine crise économique et mendicité auprès du FMI. Merci qui ? Merci Gebrane Bassil, Don Quichotte de la République libanaise, qui considère le ministère de l'Energie comme sa chasse gardée, ملك بييو , depuis 12 ans déjà, contrôlant un secteur électrique responsable d'un gaspillage de 45 milliards de dollars, l'équivalent de la moitié de notre dette abyssale.

• Un gouvernement encore, toujours et plus que jamais incapable de combler les postes judiciaires vacants pour rendre la justice libanaise forte et indépendante, afin de juger les politiciens corrompus et restituer les fonds volés au peuple libanais depuis la nuit des temps. Merci qui ? Merci Michel Aoun qui affirme être "le parapluie protecteur des juges face aux pressions politiques", tout en refusant de signer le décret des nominations élaborées tant bien que mal par le Conseil supérieur de la magistrature.

• Un gouvernement incapable de contrôler le marché illégal de change alors que le dollar bat tous les records et incapable de contrôler la frontière syro-libanaise alors que le trafic dollars-fuel-farine avec la Syrie fait saigner à blanc les finances du Liban. Merci qui ? Merci Hassan Nasrallah, de facto Guide suprême de la République libanaise, qui oeuvre sans relâche pour aligner Beyrouth sur l'axe Téhéran-Damas.

Et certains s'étonnent que les Libanais sont de nouveau dans la rue ! Cette révolution est déterminée à faire tomber le gouvernement fantoche hezbollahi-compatible de Hassann Diab.

► D’un autre côté, c'est toute une autre révolution qui vient parasiter la précédente. Et là on assiste à un énième round organisé par le parti-milicien du Hezbollah, pour contrôler le secteur bancaire privé au Liban, et par le Courant patriotique libre, son fidèle allié, pour mettre la main sur la Banque centrale.

A moins d’une semaine de l’entrée en vigueur des nouvelles sanctions américaines, la loi César (du pseudo d'un ex-photographe militaire ayant fui la Syrie avec 45 000 clichés concernant 11 000 prisonniers syriens, torturés, affamés et mis à mort par le régime syrien entre 2011 et 2013), contre les individus et les entreprises qui collaborent avec la tyrannie de Bachar el-Assad (tant que les auteurs de ces crimes contre l'humanité en Syrie ne sont pas traduits devant la justice), il est urgent pour le trio/quatuor Aoun/Bassil-Berri-Nasrallah de contrôler le secteur financier libanais, surtout que les sanctions à l’avenir pourraient toucher tout soutien au Hezb (une organisation terroriste pour les pays arabes et occidentaux), Berri et Bassil compris, ce qui obligerait ces leaders fortunés d'abandonner le dollar américain et de revenir à la livre libanaise ou de passer dans la clandestinité financière.

Pour cette révolution, tant que les signaux des négociations avec le FMI sont positifs, l’heure n’est pas venue ni pour se débarrasser du narcissique en chef, Hassann Diab, ni pour sortir l'ami personnel de Bachar el-Assad du chapeau l'illusionniste de Dahyé, Najib Mikati, ni pour faire les yeux doux aux frères Hariri, Saad et Bahaa. Pour l'instant, c’est plutôt le moment opportun pour écarter Riad Salamé et mieux contrôler tous les dépôts bancaires du pays du Cèdre, des Libanais comme de la Banque du Liban, avec l'aide précieuse des imbéciles heureux et des idiots utiles, qui croient bêtement faire la révolution et écrire une page glorieuse de l'histoire en tenant cette dernière pour leur bouc-émissaire.

*

A laquelle des deux révolutions appartiennent les révolutionnaires de la rue, des salons et des réseaux sociaux ? Tendez l'oreille pour le savoir. Hassann Diab ou Riad Salamé, le gouvernement ou le gouverneur, Aoun/Bassil-Diab-Berri ou Audi-Blom-Byblos, problème économique ou confessionnel ? En vérité, je vous le dis, c'est à leurs cris que vous les reconnaitrez ! Méfiez-nous des imposteurs et ne nous trompons pas d'objectifs. Résistons encore, au moins jusqu'à l'entrée en vigueur des nouvelles sanctions contre la Syrie et ses vassaux, et le durcissement des anciennes sanctions contre l'Iran et ses vassaux, deux pays au ban des nations vers lesquels veulent nous conduire le Hezbollah et ses alliés. Après cela, chaque chose en son temps. Et n'oublions pas, face à ce pouvoir temporel, le Liban est éternel 🇱🇧


mercredi 10 juin 2020

Le pub Radio Beirut ferme définitivement ses portes, une page de la vie culturelle de Beyrouth se tourne (Art.797)


Les raisons sont multiples, mais au final, le dénouement est immuable. Après tant d’animations et de performances, live et on line, Radio Beirut ferme définitivement ses portes. C’est une bien triste nouvelle qui se renouvelle trop fréquemment par le sale temps qui court de nos jours. C’est aussi une page de l’histoire d’un lieu mythique auquel mon nom est associé. Mais bon, « Ainsi suis-je, mon ami, gracieux avec les gracieux, mais rugissants avec les rugissants et lion avec les hyènes ! », Albert Cohen dans la « Belle du seigneur ».

Nos chemins se sont croisés il y a un peu plus d’un an, sur une soi-disant affaire de harcèlement qui a défrayé la chronique beyrouthine. Il était alors de mon devoir d’utiliser mon verbe haut, à contre-courant, pour dévoiler la basse imposture, notamment du Kangaroo Court qui s’est constitué pour faire le buzz, juger et condamner à l’emporte-pièce. Je ne regrette rien. Cela nous a permis au passage d’évaluer Mr1$Blogger 😋

Pendant huit années, le pub-radio a offert aux artistes libanais et étrangers, ainsi qu’aux publics, résident et de passage, au cœur du quartier de Mar Mikhaël et en streaming sur internet, des occasions et la chance de se rencontrer sur une plateforme unique dans son genre. C’est pour dire que c’est une perte pour la scène musicale locale. Une page de la vie culturelle de la capitale libanaise se tourne, une autre s’ouvre pour BaBa Ji son propriétaire. L’aventure physique de Radio Beirut prend fin, l’aventure numérique sur les réseaux sociaux continue. L’imposture de quelques-uns aussi !

Bonne continuation à Radio Beirut et Baba Ji. Au fait, « les lions ne mangent pas avec les hyènes », Djibril Konaté, footballeur malien. Take care. Et en attendant des jours meilleurs, artistes et clients, soyez prudents. Si la distanciation individuelle ne peut pas être respectée en public, un conseil, couvrez le nez et la bouche par un masque, et à défaut, par un slip ou un soutien-gorge, pourquoi pas. Santé 🍷


mardi 9 juin 2020

Pandémie de Covid-19 : la France s'en sort bien, n'en déplaise aux Français ! Les taux d'infection par le SARS-CoV-2 en Europe (Art.796)


Mais au fait, question Covid-19, où est-ce que nous en sommes ? 406 913 morts, au niveau mondial, et ce n'est pas fini. Eh bien, c'est bien plus qu'une année de grippe ! Et même 7 136 366 cas confirmés, malgré les mensonges du régime communiste chinois et des mesures draconiennes de confinement de plusieurs milliards d’êtres humains sur Terre. Certains pays s’en sortent mieux que d’autres, comme le Liban et la France. D'ailleurs, à ce propos, depuis le début de la crise sanitaire, je défends la stratégie française pour circonscrire la pandémie et limiter ses conséquences économiques et sociales. Pas par nationalisme parce que j’ai reçu l’amour de la France dans le lait maternel, avec celui du Liban pardi !, mais pour deux autres raisons. Non seulement elle était adaptée aux contextes (population, démographie par tranches d’âge, densité de la population des principales villes, densité/usage des transports en commun, capacité touristique, etc.), mais surtout, je n’ai jamais cru à la mythologie des modèles exotiques de la Corée du Sud, d’Allemagne ou de la Suède.

Apparemment je ne suis pas le seul à le penser. Le New York Times du weekend partage aussi cet avis : « Macron repousse le coronavirus. La France n'est pas impressionnée. » Mais c’est méconnaitre les Français ! « Le gouvernement du président Emmanuel Macron a repoussé le coronavirus, empêché les licenciements massifs, soutenu les salaires des chômeurs, évité les longues files d'attente pour la nourriture et atteint un taux de mortalité inférieur à celui de ses voisins, à l'exception de l'Allemagne. » Oh l’Allemagne, mollo-mollo, le contexte est fondamentalement différent et le pays se retrouve avec 8 727 morts quand même. Avec 29 212 morts, la France fait mieux que les Etats-Unis, le Royaume Uni, l’Italie et l’Espagne, les pays les plus touristiques au monde, et les plus frappés par le SARS-CoV-2. Et pourtant, les Français sont fidèles à eux-mêmes. Éternels râleurs, ils estiment pour 2/3 d'entre eux que le duo Macron-Edouard n’a pas été à la hauteur (sondage du 10 mai / Figaro-France Info). Le quotidien américain rajoute avec ironie, « Ne dites pas cela aux Français, qui en veulent plus que jamais à Macron… Meilleurs sont les résultats, moins les Français semblent disposés à applaudir leur président. » 🤔

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Faute de changer de peuple, passons à l’autre élément important de ce début de semaine, l’étude de la prestigieuse université britannique Imperial College London, publiée hier sur le site de la non moins prestigieuse revue scientifique anglaise, Nature: « Estimation des effets des interventions non pharmaceutiques sur la COVID-19 en Europe ». L’étude concerne 11 pays européens (dont la France, l’Allemagne, le Royaume Uni, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, la Suisse et la Suède), sur la période allant du début de la pandémie jusqu'au 4 mai 2020. Malgré les limites de ce travail scientifique, voici ses conclusions :

- « Nos résultats montrent que les principales interventions non pharmaceutiques et le verrouillage en particulier ont eu un effet important sur la réduction de la transmission. »

- Ces mesures auraient permis d’éviter 3,1 millions de morts dans les 11 pays étudiés. Pour la France, ce sont près de 690 000 vies épargnées, soit 14 000 vies par jour !

- Comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises dans le passé, si la mortalité en France est beaucoup plus élevée par rapport à l’Allemagne, c’est entre autres parce que le nouveau coronavirus circule beaucoup plus dans l’Hexagone qu’outre-Rhin. Le taux d’infection serait de 3,4 % en France contre seulement 0,85 % en Allemagne. Et si c’est le cas, c’est entre autres parce que la France est le premier pays touristique au monde, près de 90 millions de personnes par an, elle reçoit 2 à 3 fois plus que l’Allemagne, c’est la première destination touristique européenne pour les Chinois.

- Si le Royaume Uni est si frappé par le SARS-CoV-2 (40 680 morts, 2e pays après les Etats-Unis, 111 007 morts), c’est parce que le virus a longtemps circulé "By Appointment to Her Majesty the Queen" et de son sympathique Premier ministre, Boris Johnson, dans l’optique d’immuniser la population. Et malgré cette hécatombe, on estime que seulement 5,1 % de la population a été infectée.

- Le taux d’infection en Suède, qui a dédaigné à prendre des mesures contraignantes, est de 3,7 % de la population, un chiffre qui ferait dire à quelques esprits simplistes que les mesures de confinement relève de l’hystérie collective et ne servent à rien, à part à plomber les économies nationales. Faux et archifaux pour deux raisons.
. Il faut comparer ce qui est comparable, on ne mélange pas les melons et les cerises. Ce taux d’infection de la population suédoise est près de 4 fois celui du Denmark (1%) et 8 fois celui de la Norvège (0,46%). C’est accablant pour la stratégie arrogante et bidon de ce pays scandinave qui a voulu se distinguer.
. Encore une fois, la densité de la population à Paris est 4 fois celle de Stockholm. Si on avait appliqué la technique suédoise dans la capitale française -fumer la moquette, compter les éléphants roses dans le ciel et ne rien faire- on n’aurait pas eu 4 fois plus de morts, mais 10, 50 ou 100 fois plus.

- On estime que seulement entre 12-15 millions de personnes ont été infectées par le SARS-CoV-2 dans ces 11 pays, soit 3,2-4 % de la population européenne étudiée. On est loin de certains chiffres fantaisistes qui circulent.

- Les principales interventions non pharmaceutiques sont l’interdiction des rassemblements, le confinement de la population, la fermeture des écoles et des commerces, le port du masque, la distanciation sociale et d'autres gestes barrières, notamment le lavage des mains.

L’Imperial College London estime que « le maintien de mesures doit être envisagé pour garder la transmission du SARS-CoV-2 sous contrôle. » La France a évité le pire malgré ses 29 212 morts (191 313 cas confirmés) et le Liban s’en sort plutôt bien avec ses 30 morts (1 350 cas confirmés), chacun pour diverses raisons. Il n’empêche que la vie quotidienne sur Terre est loin d'être revenue à la normale : les aéroports sont fermés, les accès aux transports en commun limité, beaucoup de commerces n’ont pas ouvert, les restaurants n’accueillent les clients qu’en terrasses, les cinémas/théâtres/matchs n’ont pas retrouvé leurs publics, les beaux jours poussent les gens de l’hémisphère nord à être à l’air libre, etc. Par conséquent, la prudence et la prévention restent de mise. Si la distanciation individuelle ne peut pas être respectée en public (1-2 m), un conseil, mettez ce que vous voulez sur le nez et la bouche, un masque certifié, un soutien-gorge ou un slip, mais couvrez les sources de contamination et les portes d'entrée du nouveau virus, le nez et la bouche par un tissu, et les yeux par des lunettes, en attendant des jours meilleurs 😎


samedi 6 juin 2020

Les violences post-manifestations du Hezbollah à Ain el-Rémmaneh




Pour mettre nos ennemis publics au Liban, les politiciens corrompus, hors d’état de nuire, il nous faut agir comme les Américains avec Al-Capone (Art.795)


Al Capone, le plus célèbre gangster, fut arrêté, emprisonné, condamné et mis hors d’état de nuire, pas pour tous les crimes qu’il a commis, mais simplement pour fraude fiscale. Il fallait y penser. Oh mais cela ne suffisait pas, il fallait aussi des juges incorruptibles, dans un solide État de droit, ainsi qu’un dossier judiciaire accablant, pour neutraliser l’ennemi public numéro 1 de l’époque aux Etats-Unis. Jusqu’à 3 680 pages et 21 chefs d’accusations au total. Il ne pouvait plus échapper à son destin, 17 ans de prison.

Beaucoup d’entre nous répondraient volontiers à l’appel pour manifester aujourd’hui place des Martyrs à Beyrouth. Ce qui pourraient nous retenir ce sont uniquement les risques de dérapage et de parasitage orchestrés par les sbires du pouvoir politique hezbollahi-compatible en place. Aux sceptiques sincères qui hésitent à adhérer aux protestations en cours et se demandent pour quoi faire, nous répondons que c’est pour redonner du souffle au soulèvement du 17 octobre. Aux sceptiques hypocrites qui font semblant de ne pas comprendre pour quoi faire, nous leur rappelons que c’est pour construire notre nouveau Liban.

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Des compatriotes idéalistes croient encore qu’ils pourront juger la classe politique libanaise et récupérer les fonds qu’ils ont volés en un claquement de doigt, alors qu’un député de la nation vient d’octroyer des « permis de tuer » aux politiciens corrompus sans que cela ne tire le Premier ministre et le ministre de la Justice de leur sommeil. Et pourquoi donc, parce Jamil el-Sayyed dont il est question est un député du Hezbollah et le pouvoir en place, le trio Aoun-Diab-Berri, ainsi que la majorité parlementaire, est hezbollahi-compatible. Alors que faire ?

Le principal problème au Liban n’est ni le Pacte national islamo-chrétien ni l’esprit communautaire. Répartir le pouvoir au niveau communautaire serait le cadet de nos soucis, si on mettait des personnes compétentes aux postes à pourvoir et si ces personnes rendaient des comptes. Fixer des quotas par communauté choque les bobos-révolutionnaires, libanais et occidentaux, qui réclament par ailleurs, des quotas féminins ! Bonjour la cohérence. Le principe de ces quotas est justifié par l’évolution des mentalités, même des sociétés occidentales, qui ne permet pas aux femmes par exemple de trouver leur place en politique et dans les entreprises. Idem pour les communautés. Sans quotas féminins ou communautaires, il y a inévitablement des dominations. Alors que faire ?

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On peut briser tous les miroirs du Grand Sérail et obliger Hassann Diab à teindre ses cheveux en blonde. On peut nommer Nabih Berri comme ambassadeur de bonne volonté pour la défense de la paternité du Liban et non d'Israël concernant le hommous. On peut confectionner un pyjama rétro sur mesure pour Michel Aoun avec comme logo un tank. On peut organiser des élections législatives anticipées lundi matin à 10h10 précises et faire de Paula Yacoubian et de Joumana Haddad les Mariannes de la République libanaise. Mais tout cela ne changera rien. Les filles seraient mieux dans des ONG et les partis traditionnels resteront toujours là, fidèles aux postes et aux commandes.

Pour nous sortir du pétrin, il n’y a qu’une voie, celle suivie par les Américains dans les années 1930 pour coincer Al Capone. Oublions, au moins pour l’instant, les « crimes » de nos politiciens, les fonds volés et les enrichissements illicites, concentrons-nous sur leurs « fraudes », fiscales peut-être, mais aussi sur la mauvaise gestion des affaires publiques au Liban. Du triptyque qui a permis de réussir à mettre Al Capone HS, nous n’avons que le volet sur les dossiers accablants. Mais c’est l’essentiel ! La gestion désastreuse du secteur électrique, l’endettement astronomique, la frontière passoire entre le Liban et la Syrie, le casse-tête des réfugiés syriens, la contrebande concernant les dollars, le fioul et la farine, les emplois fictifs au sein des administrations, les naturalisations abusives, le parasitage de la douane, la gestion privatisée des ports et de l’aéroport, et j’en passe et des meilleurs. Que des dossiers accablants pour les politiciens libanais. Et pourtant, rien ne bouge, nous n’avons jamais eu de procès pour fraude fiscale, corruption ou mauvaise gestion.

Pour réussir à mettre nos ennemis publics, les politiciens libanais corrompus, hors d’état de nuire, il nous faut agir à deux niveaux.

• D’une part, nous devons étoffer nos dossiers en matière de fraude fiscale, de corruption et de mauvaise gestion, les consolider, et surtout les rendre recevables sur le plan judiciaire, afin de pouvoir porter plainte contre les corrompus et les faire condamner. Il faudra sans doute instaurer le principe d'une prime ou d'une amnistie, publique ou privée, accordée à toute personne qui fournirait une information clé permettant de coincer un-e politicien-ne corrompu-e.

• D’autre part, nous devons continuer à bâtir un solide État de droit et à nommer des juges incorruptibles. Nos efforts doivent donc se concentrer pour mettre fin par tous les moyens à « l’anomalie » que constitue la situation du Hezbollah au Liban, qui est le principal obstacle à l’édification d’un État de droit au pays du Cèdre, et à faire pression pour parvenir à un corps judiciaire de magistrats sain et intègre, qui veillera à rendre la justice d'une manière indépendante, au nom du peuple libanais et conformément aux lois en vigueur.

*

Il faut descendre des autruches ou être idiots utiles, voire hezbollahi-compatibles, pour imaginer que nous pourrons nous concentrer sur la relance économique, les problèmes quotidiens des Libanais et le retour de la prospérité au Liban, en nous offrant le luxe de ne pas nous occuper du reste, le contexte politique. Pas un dollar ne sera donné, viré ou investi au pays du Cèdre, par une bonne partie des Libanais du Liban et de la diaspora, les investisseurs étrangers et les donateurs arabes et occidentaux, tant que notre pays est dominé par un parti-milicien classé terroriste par la communauté internationale, le Hezbollah, et tant que nous ne montrerons pas au monde une détermination infaillible pour édifier un État de droit au Liban, et mettre fin à cette anomalie. Le filtrage sévère des manifestants anti-pouvoir tout au long de la journée, pour retarder leur arrivée à Beyrouth, et le laxisme flagrant pour empêcher la horde des intrus du duo chiite Hezb-Amal de pénétrer à Ain el-Rémmaneh, où des balles réelles ont retenti en fin d'après-midi, prouvent exactement le contraire.


Luttons contre le racisme, Plantu




vendredi 5 juin 2020

La blague de Canteloup sur TF1, après la mort de George Floyd : l’indignation de certains esprits obtus en France (Art.794)


On peut rire de tout mais pas avec n’importe dit un jour Pierre Desproges au « Tribunal des flagrants délires », l’émission satirique de France Inter dans les années 1980. Il ne croyait pas si bien dire. Surtout pas avec les imbéciles à l’indignation aussi obtuse !

#Canteloup, n’est pas toujours très drôle, mais il lui arrive souvent de l’être. Il y a deux jours, l’humoriste et ex-imitateur des Guignols de l’info de Canal+, a osé un trait d’humour dans son émission sur TF1, dans la bouche de Michel Cymes, le médecin-conseiller qui a pédalé dans la choucroute du Covid-19 et continue sa carrière sur le petit écran comme si de rien n’était. « Mon conseil santé, respectez les gestes barrières, restez chers citoyens noirs américains toujours à plus d’un mètre d’un policier, ou alors, faites comme Michael Jackson, devenez blanc. »

Caricatural, fin, drôle. Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? Un Kangaroo Court s’est aussitôt formé sur les réseaux sociaux pour lui faire un procès. « Je suis outré, c’est trop, c’est révoltant, faut boycotter TF1, cette émission est un déchet de la télé, on ne blague pas sur le décès d’un homme noir, c’est scandaleux, comment on peut laisser ce sale type faire son petit spectacle, j’ai envie de pleurer », et j’en passe et des meilleures.

Non mais hé ho, il faut arrêter de vouloir à tout prix castrer les humoristes et stériliser le débat public ! Ames sensibles de tous les pays, opinions, ethnies, idéologies et religions, protégez-vous quand ça ne vous plait pas, zappez 😋


jeudi 4 juin 2020

Les homicides aux États-Unis et dans le monde : beaucoup de fausses informations et de surprises (Art.793)


On peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres surtout quand ils concernent la répartition ethnique et notamment quand ils sont faux. Depuis quelques jours des statistiques sur les homicides aux États-Unis circulent sur les réseaux sociaux. Hélas, une bonne partie d’entre elles est fausse.


- Les victimes « Blancs » sont essentiellement tués par des Blancs à hauteur de 81% (et non 16%). Ils sont tués par des Noirs à 16% (et non 81%).

- Les victimes « Noirs » sont essentiellement tués par des Noirs à hauteur de 89% (et non 97%). Ils sont tués par des Blancs à 8% (et non 2%).

Le soi-disant Crime Statistics Bureau est une entité bidon ! Les chiffres ont été inversés et modifiés dans les fake news, selon les besoins. Ces fakes stats ont déjà été reprises dans un tweet par Donald Trump en novembre 2015 et par le polémiste Eric Zemmour sur CNews il y a deux jours. Et pourtant, en réalité, voici ce qu’il en ressort : en matière de meurtres aux USA, chaque « race » s’occupe d’elle-même, elle n’a pas besoin de l’aide de l’autre.

*

Et puisqu’on y est, pour compléter le sujet, trois séries de chiffres :

- Les 14 000 victimes de meurtres aux États-Unis sont des « Noirs » à 52,5% et des « Blancs » à 43%, c'est clair et c'est officiel. Par contre, pour ceux tués par la police, c'est plus compliqué, car il n'y a pas de statistiques officielles dans ce domaine. D'après certains médias, comme le Washington Post ou le Guardian, le nombre de Blancs tués par la police américaine dépasse en nombre absolu le nombre de Noirs. Rapportés à la démographie des deux populations, on estime qu'on a 2,5 fois plus de chance d’être tué par la police américaine quand on est Noir que lorsqu’on est Blanc. D'après le site « Killed By Police », très exhaustif sur le sujet, 1 004 personnes ont été tués par la police américaine en 2019, 24% d'entre elles étaient noires, alors les Noirs ne représentent que 13,4% de la population. Mais on sait aussi, que sur 2,2 millions de personnes incarcérées aux États-Unis (2013), 50% d’entre elles sont Afro-Américaines et 25 % des Latinos. Sans se voiler la face, on peut dire qu'il y a plus de « victimes noires » en général, mais aussi plus de « délinquance noire ». Les causes sont multiples et la situation est bien plus complexe que ne voudraient faire croire les adeptes de l'antiaméricanisme primaire. Dans tous les cas de figure, l’écrasante majorité des victimes, Noirs et Blancs, ne sont pas tués par des policiers, mais par des civils ! Houston we have a problem, et il est social.

- Les 328,2 millions d’Américains sont Blancs à 76,5% et Noirs à 13,4%. Et pourtant, un certain noir, Barack Hussein Obama, a été élu président des États-Unis à deux reprises, par les représentants de 70 millions d’électeurs américains (52,9% des 131,2 millions de votants en 2008, un record de participation ; les Noirs ne représentaient que 13% des électeurs, soit 2% de plus qu’en 2004, et les Latinos que 9%, soit 1%). Alors, pour présenter les Etats-Unis comme un pays profondément raciste, notamment dans la sphère des antiaméricanistes primaires, dans les pays arabes par exemple, il va falloir repasser !

- Elargissons le cercle de recherche et penchons-nous sur les taux d’homicide volontaire dans le monde, en se basant sur les chiffres de l'UN-ODC. Eh bien là, on a pas mal de surprises. En haut de la liste, on a les pays d’Amérique centrale, prévisible, et le Venezuela, pour lequel commandante Mélenchon était prêt à quitter l’Union européenne (entre 56 et 83 meurtres pour 100 000 habitants). Après les îles paradisiaques, dangereuses par ailleurs, on a l’Afrique du Sud, le Brésil et le Mexique (19 à 34 meurtres). Défilent ensuite des pays africains et des pays arabes . Mais figurez-vous que les Etats-Unis, malgré 300 millions d’armes à feu en circulation, n’arrivent qu’à la 90e place (avec 5,4 meurtres pour 100 000 habitants), soit la moitié du taux de la Russie, qui arrive à la 44e position (avec 11 meurtres). Et devinez qui n’est pas loin des Etats-Unis ? Mais oui, c’est le Liban ! Nous sommes à la 107e position (avec 4 meurtres pour 100 000 habitants). Autre surprise, dans les pays du Sud de l’Europe -Italie, Espagne, Portugal, Grèce- à la mauvaise réputation, il y a presque 2 fois moins de meurtres pour 100 000 habitants, que dans les autres pays européens à la bonne réputation (Belgique, France, Allemagne, Royaume Uni, Suède, etc.). Une dernière, le taux d'homicide de la Turquie est quatre fois celui de la Grèce (0,8), le taux d’Israël est deux fois celui de la Palestine (0,7). C'est la Suisse de l'Orient question homicides, on aurait tout vu !

*

Des meurtres odieux et des bavures policières, il y en a tous les jours et partout dans le monde. Le racisme a certainement joué un rôle central dans la mort de George Floyd, mais il n’explique pas entièrement ce meurtre odieux. Le sentiment de toute puissance du policier, pas qu'aux Etats-Unis, y a contribué. Toujours est-il que le racisme fait partie de l’Amérique, mais ce n’est pas l’Amérique. Il fait partie de l’Occident, mais ce n’est pas propre à l’Occident. Il est vieux comme le monde car il fait partie intégrante des êtres humains.

Le meurtre de George Floyd est odieux, mais ce fait divers ne doit pas faire oublier la réalité. Que l’on soit femme ou homme, quand on fait partie d’une minorité -que l’on soit étranger, noir ou blanc, chrétien, musulman ou juif, hétéro ou homosexuel, et j’en passe et des meilleurs- nulle part dans ce monde on peut vivre sa différence d'une manière paisible autant que dans les pays occidentaux.


mercredi 3 juin 2020

Après maintes réflexions, j’ai décidé d'installer l'application StopCovid, pour aider à briser les chaines de transmission du SARS-CoV-2 en France. Voici mes raisons, une quinzaine (Art.792)


#StopCovid France est disponible depuis mardi sur Google Play et Apple Store. L’application a fait couler beaucoup d’encre. Après maintes réflexions, j’ai décidé de l’installer. Voici mes raisons, une quinzaine.

1. J’ai confiance dans l’environnement politique qui encadre l’application, France-Union européenne, bastion de la sauvegarde des droits de l'homme, des libertés fondamentales et des données personnelles. Je ne serais pas aussi enthousiaste dans le cas de la Chine, Russie, Hongrie, Turquie, Iran, Israël, Zimbabwe, Brésil ou Liban.

2. Utiliser les progrès technologiques pour aller faire une escapade sur Mars en 2049 c’est bien. C’est encore mieux si on peut en tirer profit pour mieux lutter contre une pandémie sur Terre en 2020. Le traçage numérique des contacts est impressionnant. Il est plus rapide et plus exhaustif, il englobe même les contacts inconnus. Il a ses limites, des voisins séparés par une cloison ou deux conducteurs pris dans un embouteillage seront alertées, pour rien. Est-ce une raison suffisante pour y renoncer ? Non.

3. Son utilité est certaine, permettre de prévenir en cas de contamination par le SARS-CoV-2, les personnes qu'on a croisées les deux semaines précédentes -plus de 15 minutes à moins de 1 m- afin qu’elles puissent prendre leurs précautions pour se tester et prendre les dispositions nécessaires pour mieux protéger les personnes à risque qui les entourent.

4. L’application n’utilise pas le géo-positionnement par satellite (Galileo/UE ou GPS/USA), mais le Bluetouth, technologie d’échange entre deux téléphones se trouvant à proximité. En d’autres termes, on ne peut pas savoir où l’on a été, mais qui on a croisé.

5. Les données des personnes croisées sont codées sous forme de pseudo-identifiants, elles sont stockées sur les smartphones et effacées au bout de 14 jours. Cet historique des contacts anonymes n’est transmis au serveur central du ministère français de la Santé que si on est contaminé, et seulement si on décide de le faire savoir anonymement. Les données du serveur contiennent les ID des personnes testées positives et leurs contacts sur 14 jours. Elles sont effacées au bout de deux semaines. Le fonctionnement de StopCovid est dit centralisé. Les applications des utilisateurs interrogeront le serveur pour savoir si elles ont été à proximité d’une personne testée positive. Si c’est le cas, les personnes concernées recevront une notification pour les informer qu’elles ont été exposées à un risque de contamination et qu’il conviendrait de contacter leurs médecins traitants. Ce modèle de traçage centralisé a été adopté par la France, le Royaume Uni et l'Australie.

6. Des modèles décentralisés ont été choisis par l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche, dont le fonctionnement dépend d’Apple et de Google, deux entreprises américaines privées. Ne sont transmis au serveur central que les ID des personnes infectées. Les applications des utilisateurs téléchargent cette base de données et vérifient si parmi les contacts stockés sur les smartphones il y a des personnes testées positives. Si c’est le cas, les personnes concernées recevront une notification. Centralisé ou décentralisé, chaque modèle a ses avantages et ses inconvénients. Les deux ont été approuvés par l'Union européenne.

7. Tout est basé sur le « libre arbitre ». On peut décider à la fois d’installer l’application ou pas, de la désinstaller sans aucune sanction, d’activer ou de désactiver le Bluetooth temporairement, de tenir compte des alertes pour se faire tester ou non, et de rentrer le code signalant sa contamination ou de ne jamais le faire. À tout moment et par un simple clic, on peut effacer toutes les données et quitter StopCovid sans regret, après l’avoir testé. What else ? 🤔

8. Même si elle n’est pas téléchargée par la majorité de la population, l'appli est efficace. Entre 0 et 100, il y a des dizaines de nuances. StopCovid vise à briser les chaines de transmission du virus.

9. Le code source de StopCovid est ouvert et l’appli est testée continuellement par des hackers pros honnêtes, toute faille de sécurité sera corrigée. Il y aura par ailleurs, une évaluation continue quant à son efficacité. Le détournement d’usage est possible, mais assez limité et à faible portée au final. Il reste illégal et sanctionné par la loi.

10. Ce n’est qu’un outil parmi d’autres pour contrôler la diffusion du coronavirus dans la société, les gestes barrières et le port du masque demeurent incontournables jusqu’à nouvel ordre.

11. Je fais partie des personnes qui se déplacent fréquemment au niveau local, régional et international. J’ai donc un risque élevé de devenir un vecteur du coronavirus, d’être contaminé par les autres et de contaminer les autres. Installer StopCovid est pour moi un geste intéressé mais aussi citoyen.

12. La pandémie est loin d’être circonscrit. Beaucoup de secteurs d’activité tournent au ralenti ou sont encore fermés (magasins, restaurants, cinémas, théâtres, salles de sports, parcs d’attraction, matchs de foot, concerts, etc.), la majorité des gens sont encore en télétravail, les transports en commun restent beaucoup moins fréquentés, les frontières sont toujours fermées, etc. Crier victoire relève de la pure bêtise. Maintenant que la situation est maitrisée et que les gens ont intégré les gestes barrières, c’est le moment idéal d’effectuer le traçage des contacts, afin de garder la courbe des contaminations basses.

13. Encore une fois la stratégie suédoise qui consiste à ne rien faire, est totalement bidon, elle relève de la mythologie. Appliquer à Paris ce que l’on fait à Stockholm, laisser faire dame nature, c’est s’assurer d’un taux de mortalité quatre fois plus élevé, densité de la population oblige. Et encore, c’est sans tenir compte des différences entre les deux pays, la taille démographique, le développement et l’utilisation des transports en commun, les données touristiques, la culture latine, l’institution de la bise et de la poignée de main, etc.

14. Récapitulons. Certains personnes sont prêtes à partager toutes sortes de données personnelles sur les réseaux sociaux, les médias, les moteurs de recherche, les sites de ventes en ligne et les grandes surfaces -qui donnent des indications précises et nominatives sur leurs opinions politiques, croyance, centres d’intérêt, résidences, goûts, joies, peines, familles, consommations, sorties, vacances, look, QI, bêtises, et j’en passe et des meilleures- dans un souci nombriliste ou pour avoir des bons de réduction, et dont le smartphone déborde de dizaines de Go de toutes sortes d’applications inutiles, sont subitement réticentes à l’idée d’installer, même temporairement pour la tester, une application de 11,5 Mo ultra-encadrée créée par un pays ultra-regardant sur l’usage des données personnelles et qui vise pourtant à les protéger et à protéger leurs proches. Avouez que nous vivons quand même dans une drôle d’époque !

15. Terminons par une anecdote. La seule petite voix qui a failli me dissuader d’installer StopCovid France, est celle de Benjamin Franklin. « Ceux qui renonceraient à une liberté essentielle, pour acheter un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté ni la sécurité. » L’ironie de l’histoire de cette citation, qu’on utilise à tort et à travers, réside dans le fait que le père fondateur des États-Unis voulut dire exactement le contraire de ce que beaucoup de gens pensent qu’il a dit. Nous sommes au 18e siècle. La Pennsylvanie est en guerre contre les Français et les Amérindiens. L’Assemblée locale souhaite imposer une taxe sur les terres des Penn, la famille anglaise à l’origine de la colonie de Pennsylvanie, afin de financer l’effort de guerre et mieux protéger les frontières. Les Penn faisaient pression sur le gouverneur pour mettre son veto. Benjamin Franklin était scandalisé par cette immixtion partisane privée dans les affaires souveraines publiques. La « liberté essentielle » dont il parle est celle de l’Assemblée de légiférer et la « sécurité temporaire » qu’il évoque est celle de la protection des Penn. Près de 250 ans plus tard, la « liberté essentielle » serait celle de se protéger collectivement via StopCovid France, et la « sécurité temporaire » ne peut être que celle de ceux qui crient au loup, fustigent l’application et dénoncent ses risques supposés, au nom de la sécurité. Sacrée ironie 😊


dimanche 31 mai 2020

Une énième histoire nous rappelle que la législation libanaise concernant les travailleurs domestiques étrangers au Liban est complètement archaïque (Art.791)


La page et le site « This is Lebanon* » (voir PS), ont été créés il y a 3 ans. Ils sont consacrés aux abus dont sont victimes les travailleurs étrangers au Liban, notamment les domestiques. Dieu sait à quel point on peut en baver dans notre pays, que l’on soit étranger, autochtone libanais, oiseau migrateur, animal sauvage, chien errant, chat de gouttière, arbre de trottoir, pierre de taille ou même paysage reculé.

Selon le poste datant du 30 mai, une dénommée Maria Luz Villaneuva, ressortissante des Philippines, ayant servi au Liban pendant 14 ans, dont une partie chez le couple Sabah Joumblatt et Michèle Sabbagha Joumblatt, aurait été battue vers la fin de l’année 2019 par ses employeurs, avant d’être jetée en prison plusieurs mois et renvoyée dans son pays en février 2020, sans un sou en poche.

Selon la victime qui apparait dans une vidéo qui aurait été enregistrée aux Philippines, les Joumblatt lui devaient 25 000 $ d’arriérés de salaire, alors qu’ils détiendraient des résidences à Beyrouth (Achrafieh, Koraïtim, Mar Elias), Baabdat, Saïda et Jounieh (un immeuble de 7 étages). Pour ne pas la payer, ils l’auraient accusé du vol d'un, puis de deux et même de trois manteaux luxueux, à 7 000 $ la pièce, lors d’un déménagement et l'auraient menacé de la jeter en prison. La victime aurait tenté de se jeter du balcon de l'appart, des travailleurs syriens l'auraient retenue. Lui, serait un rentier sans emploi, présenté comme un cousin de Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste libanais. Elle, avocate, travaillant d’après la victime, pour le gouvernement libanais et Blom Bank.

Soyons clairs, je ne suis pas en mesure de vérifier la véracité de ce témoignage. Mais si l’histoire est vraie, elle est ignoble, elle fait froid dans le dos. Si l'histoire est fausse, la démarche est diffamatoire et infâme. Dans tous les cas de figure, le ministère public devrait se saisir de l'affaire afin de rendre la justice, personne ne devant être au-dessus de la loi au Liban. Il faudrait alors rendre à la victime, l'employée philippine ou le couple d'employeurs libanais, ses droits et sa dignité.

En attendant, une chose est sûre et certaine, cette énième histoire nous rappelle encore une fois que la législation libanaise, et même moyen-orientale arabe, concernant les travailleurs domestiques étrangers au Liban, mais aussi dans les pays du Golfe, est complètement archaïque. De l'aberrant principe du parrainage (كفالة pour faire venir une employée de maison de l'étranger) au fonctionnement des agences de recrutement chargées de l'offre et de la demande (les frais de dossier engagés ; le fait que n'étant pas libres de changer d'employeurs, les employées se retrouvent de facto prisonnières de ces derniers), en passant par les innombrables pratiques abusives (les conditions de logement ; les horaires de travail ; les congés et les vacances ; les contrôles administratifs ; etc.). De ce fait, cette législation doit être revue et corrigée en profondeur. Non seulement elle fait de nombreuses victimes parmi cette population vulnérable, comme en témoignent les nombreux faits divers rapportés régulièrement par les médias libanais, mais elle nuit gravement à la réputation du Liban et à l’honneur des honnêtes citoyens du pays du Cèdre.

L’histoire de Maria Luz Villaneuva a été partagée plus de 1 100 fois en moins de 48 heures, c'est pour dire que le narcissique chef du gouvernement libanais Hassann Diab devrait quitter son beau miroir un moment et se résigner à ne pas se teinter les cheveux la semaine prochaine, afin de prendre tout son temps pour se pencher d'urgence sur ce chantier législatif. Et avant que je n'oublie, la prochaine fois que sa femme implore les Libanais du haut sa tour d'ivoire du Grand Sérail d'accepter les petits boulots, de femmes de ménage et de domestiques, il faudra s'assurer auparavant que les gens aient des conditions de travail dignes et qu'ils soient payés à temps !

PS : Cela étant dit, la page « This is Lebanon » devrait envisager de changer de titre au plus vite, si ses auteurs veulent être pris plus au sérieux et ratisser large notamment au sein de la population libanaise, afin d'espérer changer les lois en vigueur et améliorer la protection des travailleurs domestiques étrangers au Liban. La bonne cause qu’elle défend, à laquelle nombreux Libanais adhèrent bien entendu, ne pourrait justifier ce titre clairement diffamatoire pour le pays du Cèdre et tous ses habitants. A moins que ça ne soit l'objectif ! C’est comme si on réduisait les Etats-Unis à l’affaire George Floyd et aux bavures policières raciales. Cela fait partie de l’Amérique, mais ce n’est pas l’Amérique. Les Etats-Unis resteront un grand pays, malgré leurs défauts. Idem pour le Liban, les abus font partie du Liban, mais ce n'est pas le Liban, nuance. Toute généralisation est par essence injuste, injustifié et stupide. « C’est cela aussi le Liban » conviendrait mieux.


vendredi 29 mai 2020

Affaire George Floyd, la énième bavure policière visant un Noir aux Etats-Unis : la nécessité de mettre un terme au sentiment de toute puissance du policier américain blanc (Art.790)


🇺🇸 Des homicides odieux se produisent quotidiennement aux quatre coins du monde. Des bavures policières abjectes surviennent régulièrement, pas seulement aux États-Unis. La mort de George Floyd est un homicide odieux et une bavure policière abjecte. C’est ignoble mais le scandale est ailleurs.

Ce qui révolte dans la mort de cet Américain noir par des policiers blancs le 25 mai, c’est un faisceau de trois éléments:

- Primo, l’attitude et le geste ahurissants des quatre policiers blancs, notamment de celui qui a donné la mort. George Floyd est soupçonné d’avoir utilisé un faux billet de 20$. Il est arrêté, puis plaqué par terre sur le ventre et menotté dans le dos. Il n’a montré aucun signe de résistance à son arrestation. Et pourtant, son meurtrier va poser son genou sur son cou. Alors qu’il va répéter à plusieurs reprises « je ne peux pas respirer » et que des témoins de la scène alertent les flics sur l’état de la victime, les trois policiers complices ne branchent pas et le policier-meurtrier maintiendra son genou sur le cou, pendant sept interminables minutes !, tout en exhortant la victime de se calmer.

- Secundo, les sentiments de toute puissance et de racisme qu’on retrouve chez certains policiers américains blancs. Le meurtre de George Floyd rappelle tant d’autres, notamment celui d’Éric Garner, un Afro-Américain du même âge tué à New York en 2014. Ça s’est passé à peu de choses près de la même façon : le motif de l'arrestation est sans gravité (il est soupçonné de vente illégale de cigarettes), l’étranglement pour assurer l'immobilisation, la scène est filmée par des témoins et la victime de l’époque ne cessera de crier elle-aussi « je ne peux plus respirer », en vain.

- Tertio, une certaine impunité des policiers blancs aux États-Unis. Derek Chauvin, le policier-tueur qui a causé la mort de George Floyd, fait l’objet de 18 plaintes en 20 ans de carrière, il est même impliqué dans trois interpellations mortelles (2006, 2008 et 2011). Pour beaucoup moins que ça, on est viré de son job sans sommation aux États-Unis. Le policier-tueur d’Éric Garner en 2014 n’a été limogé par le NYPD que cinq ans plus tard (2019) et il n’a fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire. Certes, les quatre flics impliqués dans le meurtre de lundi ont été viré de la police. Mais il a fallu trois jours de protestations et d'émeutes à Minneapolis pour qu'au cinquième jour après le crime, le tueur soit arrêté et inculpé d'homicide involontaire. Et encore, nous sommes loin de la condamnation et rien ne garantira qu'il écopera d'une peine proportionnelle au crime qu'il a commis. Rajouter à cela que les policiers complices du meurtre sont toujours libres et ne sont pas inquiétés pour l'instant.

Cette nouvelle affaire nous rappelle non seulement que la vie est sacrée, mais aussi qu'il est grand temps de mettre un terme au sentiment de toute puissance du policier américain, surtout s'il est blanc de peau.

#BlackLivesMatter
#BlueLivesMatter
#AllLivesMatter
Et même, #PalestinianLivesMatter , tiens 🤔


Réflexion de confinement : s’interroger sur l’influence de certaines activités humaines sur la qualité de vie ! Cas Disneyland Paris (Art.789)


Plus de 15 millions de visiteurs par an pour le divertissement, 42 000 par jour en moyenne, et 16 500 employés à l’œuvre, pour faire tourner la machine économique. C’était une ville à part entière avec ses lieux de divertissement, sa gare, ses hôtels, ses restaurants, ses boutiques, ses cinémas. Et pourtant, malgré le déconfinement du 11 mai, il n’y avait personne en cette belle fin de journée printanière, hier, sur les 22,5 km2 du domaine de « Disneyland Paris ». Wala doumaré, quelques chats faisant la sieste et des oiseaux qui s’en donnaient à cœur joie. Le calme régnait sur cette contrée du pays d’entre les deux fleuves, la Seine-et-Marne. Fermés depuis le 14 mars 2020, à cause de la pandémie de Covid-19, les deux parcs d’attraction n’ouvriront pas avant le 22 juin, au minimum.

L’ambiance est inquiétante pour certains, apaisante pour d’autres, surréaliste pour tous. La reprise progressive des activités économiques en France, au Liban et partout dans le monde, s’accompagne d’une augmentation de l’agitation humaine et d’une hausse générale du niveau acoustique dans les villes. Les voitures, les motos, les embouteillages, les marteaux-piqueurs, les interminables chantiers, les couloirs aériens, les afflux touristiques, les pompes à eau, les karchers, les aspirateurs, les taille-haies, les tondeuses, et j’en passe et des meilleurs, la liste des bruits parasites qui nous pourrissent la vie est bien longue, hélas.

Malgré le drame humain et économique de la pandémie, le confinement nous a donné une chance inouïe de ralentir notre rythme de vie et de baisser les décibels générés par nos activités individuelles et collectives. Il nous a donné la chance inouïe de déguster un autre mode de vie, mais aussi de consacrer plus de temps à la réflexion. Double raison pour aller jusqu’au bout ! Aujourd’hui, on ne peut que s’interroger sur l’influence de certaines activités humaines sur la qualité de vie. On doit le faire. Nom de Dieu, ne pouvons-nous pas vivre et travailler, se divertir et prospérer, aller et venir, en « mode silencieux », enfin, en générant moins de bruit, comme les hiboux* par exemple ? Ça serait chouette* quand même ☺️

* Contrairement aux autres oiseaux, le vol de ces rapaces nocturnes ne génère aucun bruit ! Zéro décibel. Il est d’une élégance incroyable. Ces animaux sont des merveilles de la nature pour un tas de raisons. Et ce n’est pas par hasard, que cette dernière était le symbole de l’Athènes antique.


jeudi 21 mai 2020

Un imposteur nommé Walid Joumblatt : « L'Occident ne peut que revenir à ses origines coloniales » (Art.788)


Deux tweets le même jour, l'un en français, l'autre en arabe, c'est que le beik veut faire passer un message important. Patience, j'y reviendrai, commençons par le personnage. Walid Joumblatt a réussi à tromper son monde. Hariri, père et fils, malgré les couacs. Berri, en temps de paix et de guerre, à part quelques escarmouches. Geagea et Gemayel, récemment mais il n’y avait rien de durable. Aoun et Bassil, ponctuellement. Avec Nasrallah le rapport de force est inversé, c'est la carotte et le bâton, très efficace. Le chef druze est insaisissable. Comme un poisson, vous avez l’impression de l’attraper, et hop, il vous file entre les mains.

A l’étranger, il a séduit beaucoup de monde aussi, des néo-orientalistes. Pas spécialement de son club, l’Internationale socialiste. Il y a eu bien sûr les deux François et présidents de la République française, Mitterrand et Hollande. Ce dernier l’a reçu un jour de juillet 2015, pour faire la connaissance de l’héritier du trône de Moukhtara svp, Teymour. Oh, à force d’être invité à Paris, le beik connait l’Elysée comme sa poche. Dieu merci, Macron n’est pas tombé dans le piège ! Dans le filet, on y trouve même Marion, la benjamine des Le Pen, une dynastie de l’extrême droite française, qui a rendu visite au beik mais pas au hakim, en octobre 2019, soit dit au passage.

Il faut dire que le chef du Parti socialiste progressiste libanais a quelque chose de séduisant. Pas au niveau politique voyons ! Ce seigneur féodal, affairiste avéré, est aussi socialiste que je suis bolsonariste. Pas au niveau des principes non plus. Le fils de Kamal a commencé sa carrière en 1977 en s’alliant avec l’assassin de son père, Hafèz el-Assad, pour combattre la « droite chrétienne ». Une vassalité poursuivie avec le fils, le tyran de Damas, Bachar el-Assad, de 2000 jusqu’en 2005. Oh, la rupture n’a pas duré longtemps. En 2010, il était de nouveau à Damas. Et pas qu’une fois, mais plusieurs fois, même après le déclenchement de la révolte syrienne. Il aidera le Hezb à virer Saad Hariri en 2011, comme le souhaitait l’axe Téhéran-Damas. La réconciliation avec la Syrie, a duré un temps. Belote et rebelote. Vous avez déjà le vertige ? Normal, « la girouette » est le surnom de Walid beik.

*

Ce qui séduit chez Walid Joumblatt, c’est plutôt son originalité et sa culture. Sauf que d’après l’écrivaine Françoise Sagan « la culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale ». Ce n’est pas que le beik n’en ait pas, mais il en fait mauvais usage. La preuve, lundi.

A peine réveillé, il balance deux tweets sur la pandémie de Covid-19. L’un en français et l’autre en arabe. Ils sont censés dire à peu près la même chose, sauf qu’il y a une grande nuance entre les deux.
- A son public francophone, Walid Joumblatt dit : « L’histoire se répète dans les moments de grandes crises. Trump avant le coronavirus s’était lancé dans une guerre commerciale contre la Chine. Aujourd’hui c’est l’accusation de la Chine d’avoir provoquer le virus. Sommes-nous devant une nouvelle guerre d’opium? »
- A son public arabophone, il avait ajouté un détail : « L'Occident ne peut que revenir à ses origines coloniales. Aujourd'hui, nous assistons à une guerre froide à haut risque de la part de l'Occident qui exige de la Chine une indemnisation colossale sous prétexte qu'elle est responsable de la propagation de la pandémie de Coronavirus. L'Occident ne veut la Chine qu’un marché pour lui. Souvenez-vous des guerres de l'opium au XIXe siècle et l'occupation de la Chine afin de commercialiser l'opium. »

Vous avez noté la nuance et le détail entre l’arabe et le français ? J’y reviendrai plus loin. La guerre de l’opium désigne un conflit commercial survenu de 1839 à 1842 entre le Royaume-Uni, qui avait le monopole de la vente de l’opium dans l’Empire du Milieu (depuis 1773 déjà !), et la dynastie Qing qui régna sur la Chine de 1683 à 1912, qui s’y opposait. Elle a connu un deuxième round (1856-1860), au cours duquel la France et les Etats-Unis sont venus prêter main-forte au Royaume-Uni. Les deux guerres se sont soldées par la défaite de la Chine. Qu'en est-il aujourd'hui ? Eh bien disons que 170 ans plus tard, c’est exactement l’inverse qui se produit. C’est la Chine qui exerce une hégémonie économique sur le monde. La pandémie de Coronavirus a montré l’effroyable dépendance de ce dernier à l'égard de ce géant d'Asie. Il n’y a qu’à voir les bilans commerciaux. Le déficit commercial des Etats-Unis face à la Chine n’a cessé de grossir au fil du temps. Il est passé de 200 milliards $ en 2005 à 419 milliards $ en 2018. C’est la raison de la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump, à juste titre. Avec l’Union européenne, même topo, plus de 200 milliards $/an de déficit. Ainsi, la réflexion de Walid Joumblatt est le moins qu’on puisse dire à côté de la plaque.

*

Mais le plus grave ce sont les propos diffamatoires de Walid Joumblatt à l’égard des pays occidentaux. « L'Occident ne peut que revenir à ses origines coloniales. » Oh le chef du PS est un habitué des réflexions méprisantes, comme avec la communauté maronite du Liban en 2008 par exemple, qui a été qualifiée de « mauvaise graine » à huis clos. Le beik commet la stupide erreur de réduire la glorieuse histoire de l’Occident à la parenthèse coloniale. Son mépris ne permet pas d’expliquer pourquoi tant d’ex-colonisés ne pensent qu’à immigrer chez leur ex-colonisateurs, et pas en Chine, dans les pays arabes ou en Afrique. Il prouve qu’au fond, l’âge ne lui donne pas de la sagesse et n’atténue pas sa rancune de jeunesse. N’en déplaise au beik, l’Occident reste un havre de paix, de sécurité, de prospérité, de démocratie, d'égalité, de fraternité, et surtout, de liberté. Il ne l’a pas toujours été. Mais aujourd’hui, il fait si bon d’y vivre.

La réflexion de Walid Joumblatt est abjecte pour trois raisons.

. Primo, à cause de son timing. Au moment où le gouvernement libanais cherche désespérément à obtenir le soutien financier des pays occidentaux, une douzaine de milliards $ quand même, pour sauver le Liban de l’effondrement général dû à l'incompétence et la corruption de sa classe politique, Walid Joumblatt en tête, le beik a raté une bonne occasion de la fermer.

. Secundo, à cause de la charge haineuse qu'elle contient. D'après le beik, « l'Occident ne peut que revenir » à cela, c'est inéluctable, il est donc condamné à être « colonial » ad vitam aeternam. Les naïfs occidentaux sauront désormais à qui ils ont affaire, un hypocrite qui fait semblant d'être ouvert à l'Occident.

. Tertio, à cause du positionnement politique qu'elle reflète. Libre au leader socialiste libanais de défendre le Parti communiste chinois, mais il ne peut pas nier à moins de jouer à l’autruche, qu’une écrasante majorité des pays du monde soutient l’initiative australo-européenne pour mener une « enquête indépendante » sur la gestion de l'épidémie par l’OMS, et indirectement par la Chine.

Et pour cause, le régime totalitaire en Chine a trompé le monde sur l’ampleur et la dangerosité de la nouvelle maladie. Même l’Iran l’a reconnu ! Par son incompétence il a transformé l’épidémie en une pandémie aux conséquences désastreuses sur les plans humains et économiques, et dont on n’a pas fini d’en payer le prix. Il est donc normal de lui demander des comptes. Si le beik a eu la chance d’échapper au questionnement et au jugement en 43 ans d’une carrière milicienne et politique truffée de fautes et de trahisons, l’imposteur doit comprendre que ce n’est pas la règle en Occident 🤫


samedi 16 mai 2020

Le Liban demande la confiance et un financement de la communauté internationale, alors qu'il n'est toujours pas décidé à contrôler sa frontière avec la Syrie (Art.787)


« Aide-toi, le Ciel t’aidera », conclut La Fontaine une de ses fables, Le Chartier embourbé. Eh non, ça ne vient pas de la Bible. Le Liban est également embourbé, sauf que ses chartiers ne s’aident pas, mais espèrent naïvement que le Ciel les aidera.

Après des mois de tergiversations, le gouvernement de Hassann Diab s’est décidé enfin à demander l’aide du FMI. Pour ce faire, il a présenté un plan de réformes. La propagande officielle voudrait nous faire croire qu’il est « historique ». Et comment ! Officiellement le dollar américain passera à 4 300 LL. Qui avait 100 $ sur son compte dans la monnaie nationale, n’aura plus que 33 $ sur son relevé. نعيماً pour le haircut.

En contrepartie, le pays du Cèdre espère obtenir des aides financières conséquentes pour redémarrer la machine. Une dizaine de milliards de dollars, rien que ça. En pleine récession au niveau mondial où le surendettement menace les potentiels donateurs, les pays arabes et occidentaux, certains compatriotes ont espéré que le pouvoir en place, le quintette Aoun-Bassil-Diab-Berri-Nasrallah, aura l’intelligence de se montrer bon élève. Que de naïveté !

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Au commencement du nouveau chapitre de l’histoire, il y a le scandale du trafic d’hydrocarbures et de farine vers la Syrie, des produits achetés en devise étrangère, le dollar, et dont le prix de vente est soutenu par la Banque du Liban. Scandale à triple dimension, le dossier est accablant. Jusqu’où remontera l’enquête, si enquête il y aura ? Nulle part. Et pourquoi ? A cause de « l’anomalie » que constitue la situation du Hezbollah au Liban.

Le scandale cache en réalité un problème de plus grande importance, celui des frontières grandes ouvertes entre le Liban et la Syrie. Ce fut déjà le cas tout au long de l’occupation du Liban par la Syrie, de 1976 à 2005. Beaucoup de compatriotes ont espéré un changement radical à la seconde indépendance. Mais c’est sans compter avec les deux camps politiques du Liban.

. D’une part, les pro-Assad. Ils sont légion. C’est la majorité d’aujourd’hui. C’est le camp du 8-Mars d’hier, celui qui s’est formé place Riad el-Solh derrière le slogan « Merci la Syrie des Assad », Nasrallah, el-Sayyed, Frangié et Berri notamment. A la formation originelle se sont joints en février 2006, Aoun et Bassil.

. D’autre part, les anti-Assad au Liban, le fameux camp du 14-Mars de la place des Martyrs, Hariri, Joumblatt et Geagea notamment, qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Il n’a jamais eu le courage d’avoir les moyens de ses ambitions. Il est mort de sa belle mort, en soutenant en 2016, deux figures importantes du camp adverse, les pro-Assad, Frangié et Aoun, pour la présidence de la République.

La situation s’est considérablement détériorée entre 2011 et 2014, lorsque le camp du 8-Mars, a pu accéder seul au pouvoir, grâce à la volte-face de la girouette de Mekhtara, W. beik. Le pouvoir, la coalition formée autour du président Sleimane et du Premier ministre Mikati (Nasrallah, Berri, Joumblatt, Frangié, Diab lui-même, Bassil, Aoun, etc.), a tout fait pour garder les frontières libano-syriennes grandes ouvertes à tous les trafics et dans les deux sens. Cette politique a eu trois conséquences nuisibles : l’implication du Hezbollah dans le bain de sang de la guerre civile syrienne ; l’afflux de millions de réfugiés et de déplacés syriens (moitié de la population libanaise, un casse-tête sans solution à moyen terme) ; l’installation des jihadistes syriens sur les versants ouest de l’Anti-Liban.

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Belote et rebelote, les ex-8-Mars sont de retour en janvier 2020, seuls comme en 2011-2014, à cause des caprices de Hariri et des orientations à courte vue de Geagea-Joumblatt. Le pire est à craindre. Alors que le scandale du trafic fuel-farine exige le contrôle de la frontière syro-libanaise d’une main de fer, le gouvernement de Hassann Diab ne fera rien dans ce sens, parce qu’il est hezbollahi compatible et le hezb ne le souhaite pas.

Son chef l’a fait savoir officiellement jeudi. C’était à l’occasion de la commémoration de la mort de Moustafa Baddreddine en Syrie (2016). Le présumé cerveau de la cellule terroriste qui a organisé et exécuté le projet d’assassinat de l’ex-PM du Liban, Rafic Hariri, et de 21 autres personnes, poursuivi par un tribunal international dans ce meurtre odieux, a été qualifié avant-hier de « grand chef jihadiste, bien-aimé et cher frère ». Malgré cela, le gouvernement et la ministre de la Justice, sont restés aux abonnés absents. Et ça va demander une aide internationale !

. Le chef du Hezb a insisté sur « le rétablissement de relations de coopération normale entre le Liban et la Syrie, qui serait soi-disant dans l’intérêt du Liban plus que de la Syrie, et nous permettrait d’exporter nos produits vers l’Irak via la Syrie ». C’est comme si les règnes de la tyrannie des Assad père et fils, au Liban et en Syrie, ne sont entachés ni de terreur et ni d’horreurs.

. Il a affirmé que « le poids de la contrebande entre le Liban et la Syrie est surestimée et son contrôle impossible, il est au-dessus des moyens de l’armée libanaise ». Le dénigrement de l’institution militaire comme toujours, pour justifier la pérennité de l’anomalie de la milice du Hezb au Liban.

. Hassan Nasrallah a sous-entendu que « le passage des miliciens et des armes du Hezbollah par la frontière syro-libanaise est hors de débat ». La souveraineté libanaise reste donc privatisée jusqu’à nouvel ordre.

. Il a « refusé catégoriquement que le Liban demande la contribution de l’ONU pour l’aider à sécuriser la frontière syro-libanaise ». Non seulement l’ONU en serait incapable mais ça serait selon le chef du Hezbollah un des objectifs israéliens de la guerre de Juillet 2006 et cela affecterait la force de dissuasion qui protège le Liban face à Israël ». Mais voyons, c’est une telle force de dissuasion qu'en 2006, Israël a pu s'acharner sur le Liban pendant 33 jours (tuant 1500 personnes, déplaçant 750 000 personnes et occasionnant une douzaine de milliards $ de pertes et de dégâts); que depuis 2006, le chef du Hezb est obligé de préenregistrer ses discours dans un bunker et de ne pas dormir deux nuits de suite dans le même lit ; et que depuis 2011, Israël bombarde les bases du Hezb et de l’Iran en Syrie, quand et comme bon lui semble.

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Le contrôle de la frontière entre le Liban et la Syrie, on en parle depuis la nuit des temps. En vain. Les ex 8-Mars ne veulent pas en entendre parler et les ex 14-Mars n'ont jamais eu le courage d’avoir les moyens de leurs ambitions. Le timing du discours de Hassan Nasrallah ne doit rien au hasard. Il vise à saboter la démarche entreprise par le gouvernement libanais de Hassann Diab auprès du FMI, surtout après le succès du premier round des discussions pour obtenir la douzaine de milliards de dollars promis par la conférence CEDRE en 2018 à condition de faire des réformes. Le chef du Hezb veut rendre la route de Damas comme la seule voie de secours pour le Liban, pour nous placer au ban des nations avec la Syrie et l'Iran. Il veut aussi rendre Bachar el-Assad comme le grand sauveur du Liban, alors qu'il sera le fossoyeur du pays du Cèdre, il ne pense qu'à sa colonisation via les réfugiés syriens d'ailleurs. Le discours n’a suscité aucune réaction de la part des alliés du Hezbollah, Michel Aoun, Hassann Diab, Gebrane Bassil et Nabih Berri. Et dire qu'ils espèrent convaincre le FMI de leur faire confiance ! C’est méconnaitre et le FMI et les pays donateurs et cette fable de La Fontaine, « Aide-toi, le Ciel t’aidera ».


mardi 12 mai 2020

Première journée de déconfinement à Paris : récit, premières impressions et matière à réflexion sur la pandémie en France et au Liban (Art.786)


Première journée de déconfinement hier à Paris, première journée d’intervention. Récit, premières impressions et matière à réflexion, sur la pandémie en France 🇫🇷 et au Liban 🇱🇧

• C’est comme si tout n’était qu’un rêve. Ce qui est fabuleux et inquiétant chez les êtres humains sur Terre, c’est leur faculté d’ADAPTATION et d’OUBLI 🤔

• Les villes du monde ont toujours un AIR DE CAMPAGNE, on ne va pas s’en plaindre !

• La vie reprend progressivement, mais ici les rues sont moins fréquentées que d'habitude. On dirait que le monde entier est sur le MÊME FUSEAU HORAIRE, un DIMANCHE MATIN. L'ambiance dans les transports en commun parisiens, dans la photo le RER-B vers 14h30!, est digne d’un lendemain de réveillon, au moins sur mon trajet. A Paris comme à Beyrouth, il n'y a pas de doute, les populations se réveillent avec une gueule de bois.

• Le port du MASQUE dans la RUE ou dans les voitures, est observé par à peine 10% des personnes, un peu plus dans certaines zones. Dieu merci, la France reste un pays latin et le Liban un pays méditerranéen. Non à l'obligation d'en porter quelqu'en soient les circonstances. Il faut que ça soit justifié par un risque avéré.

• Le port du MASQUE obligatoire dans les TRANSPORTS en commun où le risque de contamination est élevé, est respecté par 95% des usagers, par civisme, égocentrisme et simplement pour éviter les 135 € d’amende, au choix ou les trois à la fois.

• Couleurs, formes, matières, les MASQUES sont plus LAIDS les uns que les autres. Vivement que les stylistes s'en mêlent surtout que la mode est appelée à durer ! L’horreur ce sont ceux en bec de canard, le masque-sopalin de la ville de Paris et le masque-serpillière de la ville de Lyon. Mais aussi tous les masques fixés derrière les oreilles, soit 99% d'entre eux. Pas de doute, il faut que je fabrique le mien. J’ai la forme, un prototype, comme une coque de chevalier du Moyen-Age, pas plissé, dégagé un peu sous les yeux, fixation par élastique derrière la tête, comme ceux des chirurgiens, pas les oreilles, avec peut-être des coussins pour éviter la formation de la buée sur les lunettes.

• Première COLÈRE de la journée, un constat, 95% des MASQUES portés sont JETABLES, en France comme au Liban et partout ailleurs. Ils sont là les milliers de millions de masques promis aux populations, essentiellement « Made in China ». Pathétique. La pandémie de Covid-19 ne peut pas être une occasion de gaspiller l’argent public et les ressources de la Terre, et pire encore, de recourir à des matières dérivées des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), comme le polypropylène, le polystyrène, le polycarbonate, le polyéthylène et le polyester, pour fabriquer des masques chirurgicaux qui ne serviront que 4 heures et finiront au milieu des trottoirs, dans les décharges, incinérés ou sur le « 7e continent » (soupe de déchets plastique du Pacifique nord). Et comble de l’absurde, si on respecte les règles d’usage, ils coutent 4 fois plus cher (à raison de 2 usages/j, 36€/personne/mois contre 9€ si on les achète, voire 0€ si on les fait soi-même !). On est entre l’absurde, la bêtise incarnée et le grand scandale ! Oui c’est une faute impardonnable de tous les pouvoirs publics du monde. Mais pas uniquement. Ils m’étonnent tous ces gens en France, au Liban et ailleurs, confinés depuis des semaines et des mois et même pas fichus de consacrer une demi-heure pour coudre quelques protections rhino-pharyngées avec le tissu d’un vieux pantalon ou de draps, mais toujours prêts à râler et à critiquer les Etats et leur gestion des masques ! Tous coupables. Le masque chirurgical doit être réservé au personnel médical, aux personnes à risques et aux malades, point barre.

• Autre colère, les GANTS, très à la mode au Liban. Nom de Dieu, ça ne sert absolument à rien en dehors de l'hôpital et si on ne fait pas partie du personnel médical, à part à gaspiller les ressources de la Terre et l'argent public et privé. Le lavage des mains à l’eau et au savon est largement suffisant.

• Les frotteurs du métro sont en voie d’extinction il me semble, grâce à la distanciation sociale, sauf sur les lignes populaires, la 13 par exemple.

• Le sticker collé sur les sièges des rames parisiennes semble être une énigme pour certains. Une nette majorité d’usagers a compris qu’il désigne le siège à ne pas occuper pour respecter la distanciation sociale, mais une petite minorité croie exactement le contraire, qu’il s’agit du siège à occuper. Et pourtant le dessin est parlant et le message est clair, « Pour notre santé à tous, laissons ce siège libre ». Cela me rappelle un compatriote libanais qui croyait qu’il fallait centrer la voiture sur une des lignes de guidage de l’autoroute et non rouler entre les traits blancs.

• Première POIGNÉE DE MAINS, par réflexe, sauf que je ne me suis pas gêné pour aller aussitôt me laver les mains en balançant avec le sourire, « sans offense ».

• Pas de BISES, ni d'embrassades ni d'accolades pour l’instant, même si j’y tiens, pas à tout va, mais après une absence et une séparation. En tout cas, c’est trop tôt pour reprendre ces pratiques.

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• Première DISCUSSION « live », enfin officielle disons, une occasion de concentrer deux mois de RÉFLEXIONS en quelques grandes lignes.

- La lourde responsabilité du régime communiste chinois d’avoir transformé l’épidémie en une pandémie est indiscutable.

- La certitude que nous n’aurions pas eu une pandémie si le virus était apparu à Paris, Berlin, Rome, Londres, Sydney ou New York, dans un pays démocratique occidental, est incontestable.

- La nécessité de diminuer la dépendance du monde de la Chine et de relocaliser certaines usines. A force de baisser les coûts et augmenter les profits, aujourd'hui, non seulement 60% du paracétamol consommé dans le monde est produit en Chine, mais comble de l'absurde, un régime communiste contrôle une grande partie de l’économie mondiale, alors que la première puissance économique, libérale et démocratique, les Etats-Unis, s'enfonce dans l'isolationnisme. C’est tout de même surréaliste !

- Le confinement général était incontournable, prétendre le contraire relève de l'hérésie, à moins d'accepter la surmortalité dans les populations, notamment un taux de mortalité prématurée élevé.

- Les comparaisons des statistiques des pays au sujet de la pandémie est ridicule, tellement les paramètres sont nombreux. Un exemple, Stockholm c'est 1 million d'habitants sur 200 km2, Paris c'est 2 millions d'habitants sur 100 km2, appliquer à Paris ce qu'on fait à Stockholm, c'est s'assurer d'avoir 4 fois plus de contaminations. Autre exemple, la France c'est près de 90 millions de touristes par an, l'Allemagne c'est moins de 39 millions, soit près 2,5 fois plus de risque potentiel de diffusion du virus pour l'Hexagone. A ce propos, ce n'est pas par hasard que les 4 pays les plus touristiques au monde, France/Espagne/Etats-Unis/Italie sont aussi les 4 pays les plus touchés par la pandémie de Covid-19. Rajoutez la démographie, la répartition de la population par tranches d'âge, la fréquentation des transports en commun, le mode de vie, la discipline, la fiabilité des chiffres, l'attachement aux libertés fondamentales, et j'en passe et des meilleurs, tout cela rend ce travail de comparaison complexe, pas simpliste.

- Les modèles sud-coréen, allemand, suédois et bien d'autres, relèvent de la mythologie. Je m'explique, une stratégie de lutte contre le Covid-19 qui n'est pas transposable d'un pays à un autre, n'est pas un modèle à suivre. Il y a autant de modèles que de pays, libanais compris.

- Jamais l'expression "Cool Raoul(t)" n'a été aussi juste, n'est-ce pas Didier ?

- Fermer les parcs et jardins et s'étonner des piques-niques et apéros organisés aux bords du Canal Saint-Martin à Paris après 7 semaines de confinement et par une belle journée printanière, relève de la bêtise. Avis au gouvernement français, au préfet de police et à la maire de Paris.

- Ne pas voter le plan d’aides de 1 200 milliards LL aux Libanais en difficulté le 22 avril et s'étonner que le peuple qui subit une triple crise économique, sociale et sanitaire descend dans la rue pour crier sa colère, relève de la stupidité. Avis au gouvernement, aux députés et aux leaders libanais.

- Au niveau des pays comme au sein de chaque population, soit on s’en sort tous ensemble, soit personne ne s’en sortira vraiment, le non-respect des lois par toutes et tous n’est pas une question d’opinion, mais d’amende.

- Etant donné la diffusion large de nouveau Coronavirus dans les sociétés, le retour à la normale ne se fera pas avant le milieu de l’année 2021, par éradication du SARS-CoV-2 grâce aux mesures sociales et par immunisation naturelle de 66% des populations, voire par vaccination, ce qui n’est pas à l’ordre du jour. Plutôt on le comprendra, mieux on résistera.

- En attendant, nous devons redémarrer la machine économique nationale et mondiale, tout en adoptant une « économie de guerre ». Plutôt on le comprendra, mieux on s’en sortira.

- Afin d’éviter de nouveaux pics d’infections et d’hospitalisations, et de surcharger le personnel médical, nous devons perdurer le télétravail, le téléachat, l’automatisation, les gestes barrières, la distanciation sociale, le sens civique, la solidarité, etc.

- Il faudrait sans doute développer de nouvelles pratiques sociales, provisoirement, comme le port du masque dans les magasins/cinémas/hôtels/lieux de culte/avions ; le port de visière dans les restaurants/cafés/pubs/musées/expos/trains, etc.

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• S’il faut résumer notre nouveau MODE DE VIE en une comparaison, disons que le « masque » dans la pandémie de SARS-CoV-2 sera l’équivalent du « préservatif » dans la pandémie du VIH et le « confinement » vaut et vaudra une « abstinence », avec une triple nuance, le coronavirus est l'affaire de toutes et de tous, il est moins meurtrier et il sera moins durable. Si nous devons faire qu'un seul reproche aux gouvernants politiques en France comme au Liban et ailleurs dans le monde, au corps médical, aux médias, et surtout à l'OMS, ça sera celui portant sur le cafouillage au sujet de l'importance du PORT DU MASQUE dans la lutte contre le Covid-19. C'est un raté monumental. Oui il fallait réserver les masques aux professionnels de santé, mais il fallait dire aussi, depuis le 31 décembre 2019, mettez ce que vous voulez sur le nez et la bouche -un foulard, un col roulé, un masque de nuit, le soutien gorge de votre dulcinée ou le slip à bosse de votre prince charmant- mais couvrez les sources de contamination et les portes d'entrée du nouveau virus (le nez et la bouche par un tissu, et les yeux par des lunettes), si la distanciation individuelle ne peut pas être respectée !

• Fin de journée avec encore une POIGNÉE DE MAINS, cette fois par conviction, j’y tiens. C’est l’invention immatérielle la plus fabuleuse de l’histoire de l’humanité. Difficile de m’en passer ! Cela étant dit, je ne me suis pas gêné pour me frotter aussitôt les mains avec du gel hydroalcoolique tout en balançant, « rien de perso, hein ! » 😊


samedi 2 mai 2020

Du tchat de Saad Hariri avec les journalistes, il ressort beaucoup de malveillance sur Gebrane Bassil et de la bienveillance sur Nabih Berri (Art.785)


Qui suit les déclarations de Saad Hariri depuis cinq ans jusqu’à hier, ne peut qu’être étonné parfois par la ligne politique de l'ex-Premier ministre libanais.

En 2015, le chef du Courant du Futur a tenu en coulisse puis en public, à commercialiser la candidature de Sleiman Frangié à la présidence de la République. Proposer celui qui considère Bachar el-Assad comme « son frère » et Hassan Nasrallah comme le « maître de tous », pour aller jurer devant Dieu de « protéger la Constitution libanaise », constituait une grave erreur politique, surtout de la part du fils de Rafic Hariri. On connait la suite. La gageure a précipité Samir Geagea dans les bras de Michel Aoun, une lourde faute politique aux conséquences désastreuses ! Depuis, rien ne va plus entre tout ce beau monde, ni entre les ex-piliers du 14-Mars ni entre les ex-ennemis réconciliés.

Au cours de ses innombrables points de presse, cheikh Saad adopte au sujet de son ex-allié du 14-Mars, une des deux attitudes. Parfois, c’est comme si le chef du parti des Forces libanaises n’existe pas. Ce fut le cas il y a quelques jours, lors de la « دردشة » avec les journalistes. Disons c’est justifié. D’autre fois, c’est comme si el-hakim est le cœur du problème. Ce fut le cas par exemple lors de la désignation du nouveau Premier ministre Hassann Diab, après la démission de Saad Hariri le 29 octobre 2019. Ce dernier a pardonné à tout le monde de ne pas l’avoir reconduit, sauf à Samir Geagea. C’est injustifiable surtout que le blocage pour cette reconduction venait de son caprice politique, qu’on peut résumer ainsi : moi, homme politique ayant gouverné et contrôlé les gouvernements pendant 11 des 14 dernières années de 2005 à 2019, accepte d’être de nouveau Premier ministre, mais je ne veux aucun politicien dans mon prochain cabinet ! Une façon rusée et malhabile de tenter de récupérer la rue protestataire qui réclamait plutôt un gouvernement technocrate de la tête au pied.

Passons sur les joutes verbales régulières qui opposent Saad Hariri à Gebran Bassil depuis un moment. De « صدقي » pour lequel les électeurs du Futur devaient voter lors des élections législatives de 2018, نكاية بالحكيم, à « فشر على رقبتك » hier, نكاية بالجنرال. Bon, disons que GebB peut se montrer très lourd. Il est parfois, même souvent, une tête à claques, surtout quand « Monsieur Fiasco », surnom décerné et hautement mérité pour sa gestion désastreuse du secteur électrique (qui laisse un trou cumulé de 45 milliards $, la moitié de la dette publique du Liban), se prend pour « Don Quichotte de la République libanaise », comme il se voit tous les matins devant le miroir de sa salle de bain, et prétend lutter contre la corruption et le gaspillage de l'argent public.

Ce qui attire l’attention dans les fraiches déclarations de Saad Hariri, ce sont deux points précis.

. D’une part, toute cette malveillance concentrée sur Gebrane Bassil, justifiée en partie, mais pas jusqu'au point de l'accuser de tous les maux, « raciste » compris. A écouter et à lire cheikh Saad, GebB est le manitou au Liban. Pire encore, on dirait que Hariri fils n’accorde au Hezbollah et son chef que le rôle de comparses et la faute de « couvrir Gebran Bassil et ses agissements ». On croit rêver.

. D’autre part, toute la bienveillance politique déployée à l’égard de Nabih Berri. A ce point, c’est hallucinant. Le chef du Parlement a humilié le chef du gouvernement de la pire manière il y a un peu plus d'une semaine (« ni toi ni personne ne me dira ce que je dois faire ! », avec en bonus, cela 🤪 ou un truc de ce genre, à ce qu'on raconte, et une leçon de morale quelques jours plus tard, « il faut apprendre à présenter les projets de loi », càd toujours commencer en coulisse pour peaufiner et conclure les deals politiciens entre les fromagistes, avant d'aller à la mascarade du vote protocolaire !). C'est une première dans l’histoire de la République libanaise. Un couac qui théoriquement ne passe pas مرور الكرام au pays des 18 communautés. Et pourtant, Saad Hariri n’avait rien à redire à ce sujet hier, chez lui, à Beit el-Wasatt à Beyrouth, durant le tchat avec les journalistes. Pire encore, il a tenu à féliciter ألاستاذ qui « joue un très grand rôle au Liban (…) il a la sagesse, il sait comment se conduire avec les gens et dire ce qu’il faut quand c'est nécessaire ». Saad Hariri sait de quoi il parle, il a suffi un clin d’œil de Nabih Berri pour faire sauter le quorum parlementaire le 22 avril, avec l’aide des députés du Futur et du PS svp, et renvoyer le vote du plan d’aides de 1 200 milliards LL aux calendes grecques. La synchronisation et l'harmonisation était impressionnante.

Parlons peu, parlons bien. Je l'ai dit et redit, je persiste et signe, Saad Hariri ferait mieux pour le Liban que le hezbollahi-compatible gouvernement de Hassann Diab. Néanmoins, les conseillers de l'ex-Premier ministre libanais doivent bien comprendre et attirer l'attention de Saad Hariri sur trois points.

- Primo, la diabolisation excessive de Gebrane Bassil, pas de Nabih Berri, et l'ignorance manifeste de Samir Geagea, pas de Walid Joumblatt, ne peut qu'être mal perçu par la rue chrétienne.

- Secundo, cette politique de l’autruche et du compromis, تدوير الزوايا وتبويس اللحية, qu’il pratique comme tout le monde au pays du Cèdre, sans exception aucune, est responsable de la détérioration constante de la situation au Liban.

- Tertio, avec tout le soutien du FMI, les Libanais ne connaitront ni paix ni prospérité que si et seulement si les politiciens libanais, notamment les ex-piliers du 14-Mars, Hariri et Geagea, ainsi que les personnalités indépendantes et la société civile, travaillent sérieusement pour mettre un terme à « l’anomalie » que constitue la situation du Hezbollah au Liban, une organisation classée terroriste par les pays arabes et occidentaux ainsi que par l'Union européenne et les Etats-Unis, d'où viendra l'argent du FMI. CQFD et à bon entendeur, salut 🤔

PS : Quelques heures avant le tchat de cheikh Saad avec les journalistes hier, le monde apprend du ministre fédéral allemand de l'Intérieur que « l'Allemagne a interdit aujourd'hui les activités de l'organisation terroriste chiite du Hezbollah sur son territoire ». De l'autre côté de la Méditerranée, on continue la politique de l’autruche et du compromis.


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